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Discours sur les avantages du commerce ([Reprod.]) / par M. l'abbé Baudisson

De
84 pages
chez Leclerc (Paris). 1789. Commerce -- France -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCHCOLLECT1ON
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
WTTNEY ̃ OXFORDSHIRE 0X8 6YH
779043
COUP-D'ŒIL
SUR
LES AVANTAGES
DU COMMERCE.
Par M.' l'Abbé B audi sson.
*7^9f
P 11 Ë F A C E.
mZj Ncore un écrit fur
tnerce me dira -t-on
ne
m' étonnera point. Les negoa'ans de
Veurope entière ont peut-être envoyé
moins de navires aux Indes que Ces
écrivains n'ont compofé de livres
fur Il ejl sûr,
fu'on en auroit fait d'énormes car^
nétoient pas plus curieux de notre
tous ces livres ont
iv
pkilofbphes & celui-ci
de l'ejîime } de l'intérêt de La recon-
noiffance pour ceux qui exercent,
ou qui favorifent cet art jî utile, &
fon objet il ne fera pas inutile à la
vrojpérité, au bonheur des peuples;
il ne le fera pas a la fortune des
çommerçans.
Je me perfuade auffi que les per->
Jbnnes
une foule défaits épars
dans
Plus d'un homme de bien trouvera
V
l'importance que j'aï
du commerce;
Epi-
curiens déterminés crieront encore
plus haut là -diffus- que le.s gens de
bien. Mais
ges les plus grave s -de tous les rangs,
par habituel qu ils font des
productions les plus fuavcs les plus
précieufes des deux mondes me
&j'ai penfé qu'on
pou'Voit louer un ufage modéré des
fruits du commerce..
qu'on peut
faire au commerce d'autres reproches
très -mérités. Vivement frappés des
nes des maux fans nombre que
produit le luxe qu'il nourrit, des
de l'intempérance qu'il
Vf
favorife, d'une
ab^s } d'autres excès qu'on a\u trop
fouventjmarcher+afa fuite pùtfieurs
foi fin anéantiffèment. Ils ont ùoulu
produciions de la terre & les écha ges
de première nécejjité
offrir fur le fol même qui les \ut
naître.. '• A
Je ne fuis pas de leur avis parce
'lu' on peut remédier aux maux qu'ils
nous oppofent mais leurs objections
méritent d'être examinées., Cet
lieu
de développer plus au long l'in-
merce, & fin influence
frappante fur
A IV.
G OUP-D'CEIE
.LES AVANTAGES
DU COMMERCE,;
Es richeJTcs, les commodités^
les plaifirs,
ges que nous devons aux
ncKccians, font immenses,
& peu d'hommes s'en doutent. Oit
trouve dans les ma^aiins des grandes
.villes, Au tous les çU-
m;us i< iijotiia or. en a joui, & on ne
prc\'ojt !>uere las circonAances qui
pas chic ii noi te l-i' ions avec les quatre
par1. ic du momie avec les îles du vaiiç
g
vendent à être interrompues pendant
une tente année nous manquerions,
tout-coup, de mille chofes que nous
croyons abiolument néceffaireë à notre
exittence & qui du moins ne le font
que trop à notre bien-être.
Mais pour comprendre combien le
genre Ïhumain eft redevable cette
heureufe communication des peuples
entre eux à ces échanges mutuels* le
commerce voyons ce qu'une ville
particulière du globe, ce -que Paris
par exemple, feroit fans le commerce,
& ce qu'il eft devenu par lui.
Nous commencerons. par les
fances
fournit pouf notre logement,
réelles -qu'elles
fur les arrs
la
attention.
murs de la capitale de la France, non'
en fortiions pour coniidérer d'abord
{es campagnes, & devenus citoyens
du monde avec les cornmerçans, nous
nous répandrons enfuite fur toute la
terre, pour indiquer. du moins rapide-
ment, la révolution dri'il a opérée dans
les mœurs, dans les lumière;, dans la
puhTance dans lé bonheur &. le gou-
de tous les peuples.
Quelques légumes grofliers quelques,
fleurs, la plupart d'une côulèur terne-,
«l'une odeur peu luave, qut Iques fruits
iniyid'js, des arbres communs, d'abon-
dans pâturages &. des animaux peu
variés c'eit-là tout ce que la nature
fi généreule bridante, fi pompeuie
fous tant d'auires climats "a" d'âbcJfd'
départi de biens à ce coin de terre oû
font aujourd'hui réunies les plirs riches
productions du globe. Paris n'a dans .les
campagnes aucun dés métaux, aucun
des minéraux qui contribuent tant à
FembeHilïemeht de la vie elles ne
poîsè.dent ni bois précieux ni marbres
fcrillans" par la vivacité & la nuance
des couleurs. Les plantes même que
le commerce y a apportées & comme
naturalisées ne peuvent la plupart y
produire des fleurs des fruits compa*
An6en èfs&
Ce Fans.
fo
ceux dont elles
loi natal, 6c beaucoup d'ani»
maux étrangers qu'on y a fixés, n'y
ont pas moins dégénéré.
Si cette ville n'a jamais été bien
célèbre par le*
elle ne Velt pas d'abord plus diilingué
par i'indullrie de <es habitans & dans
aucun iëms, montre uti
efprit vérirablement créateur dans les
arts, ii a n'eft, les rfîiliniers
& les taiteules d.- modes.
AuiR ion a<;>e.-t pcndrfnt une Ion»"
gue fuite ^1 _• (!:eclcs, hir-ii bien trille
& !)i
file qui compolc
la ciré,
ci^- la
places
Ijf
Couvraient le fol de riche*
à les i>roifier>. hangards des punis au(5
folides que hardis prennent la place
des nourrcs & des» madriers tremblant
qui en faifeitnt les communications ôi
des chars plus brillans plus com-
modes que ceux qui tranlportoient les
Triomphateurs romains au Capirole,
celle des incommodes charrettes qui
voituroient autrefois tes citoyens les
plis, forî-inôs. Des quais
donnent la Seine dans ton lir &. s'op-
putenr à ifs inondations des tours
légères, des dômes immenln s'clanctnt
vers le ciel des
OCCiiD-nt un vane efpace lur la terre.
De tous côtés on
bre la
ne font plus généralement répandues*
plus

les «£s qu'elle reçoit d'ail*
Jeuc, elle ajoute à leurs productions,
lune élégance une grâce dignes des
plus beaux tems de Rome 6c d'Athè*-
ne$ et des commodités que Rome Ô£
̃Athènes ne connurent jamais. Elle elt
le rendez-vous des hommes les plus
riches, les plus délicats les plus éclai-
rés de toutes les nation-, policées.
Ce n'eft que (ucceifivement qu'elle eft
parvenue à ce haut degré de iplendeur,
parce que le commerce d'abord très-
feflerré a pri-. jui^u'à no, jours des^
accroifTemens continuels C'eit a pro-
portion de l'induit rie & du nombre de
îes nyncians que les jouiflances de.
fes citoyens le font mulripliécs.
Les mailons de campagne des Rois
des deux premières races, étoient de
bonnet l'on
des vaches, des montons,
de la au
profit des Rois, les productions qu'ils
ne
magnifique.
Sous Louis le Gros les droits qui
feules
*̃*
noie. Les vivres y étoient 6 peu abon*
dans que Philippe-le Bel défendit de
fervir dans un fellin plus de deux plats
de viande, avec un potage au lard. Dans
les repas ordinaires, on ne pouvoir pas
avoir plus d'un plat de viande, avec tm
feul d'entremets. Par une ordonnance
du même Prince, il étoit défendu aux
Dlics & à leurs Epoufès de le donner
plus de quatre robes par an, aux Uour-
geoiies plus de deux & l'ufage des chars
était encore interdit à ces dernières.
Ces chars ne dév-oient pas être
cependant bien magnifiques puilqu'il
nous relie désaxes du feizième fiecle,
par lesquels un premier Prdident de la/
Chambre des Comptes obligcoit les.
Fermiers à lui apporter de la paille
fraîche y différentes- époques de Pan-r
née pour garnir le tond de la voiture
qui devoit conduire Madame la première
du 'Sang le. promenèrent humblement
fur des ânes. Les Rois fe
ner fur des charrettes attelées de boeufs»
les & juf*
un Préfixent
<.onl'ii!t.'r de Grana'Chambre au for-
tir de l'audience & en robe
orTroi.nf gravement la croupe de ltuf
mule à quelqu'un de leur.-» Confrères,
au Procureur, à l'Avocat Général j
four le jeter che^ lui.
Avant qu'on cultivât les cannes à
.lucre en Amérique on vous ofFroit
galamment, dans les plus grandes fêtes,
un cornet de muicade &
te vin de Surène croit réfervé loigneu-
fement pour la bouche du Monaraue
& Henri IL fut le premier François
qui porta des bas de foie.
Il n'auroit pas été affurément bien
malheureux pour Je peuple, ni bien
humiliant pour les Souverains que
patriarchale dans les fermes
lervoient de palais que les Grand*
de frugalité dans
être
inférieures }
Âùffi, fous les Rôis même de la tfow
Hème race rien n'étoii plus pauvre
plus groifier que les habits que les
meubtes, que la nourriture de la plu*
part des habitent de Paris. & la ta ce
tiere de la ville n'étoit ni plus
'nte ni plus magnifique. Peu de rttes
éteient pavées; aucune n'éloit éclairée;
fOutes étoknt prelque'auiii ilangereules
qtte les routes les plus écartées des fo-
les épidémies y étoient encore plus
Mais quels changemens heureux n'y
B pas opéré le commerce Jamais il
n'avoit été plus .floriilant que de nos
moyens de jouir plus de véritable
4nag ificence que la Capitale de
pire françois.
̃ Un (impie citoyen fait élever un de
(pmpt ueux hôtels qui le diiputent
Si
que les matériaux les plus greffiers la
envoie ar i la
Bohême (es verres la Bretagne (on
plomb la Suède (on cuivre Tonnerre
L'Habit?.
t&
lé Languedoc le Luxembourg Iélirs
marbres auffi briltans que variés Ma-
dagaicar Fcrnambuc, Sainte Lucie
leurs bois auffi riches qu'agréables.
Il faut le meubler. Les tapis qui en
en Turquie les riches étoffes qui El
ornent les murs, en Perfe. Les pai»-
vens ont été faits à la Chine les vernis
viennent du Japon l'ivoire a été arra-
chée aux Eiéphans de la Guinée 6c
Fccaille aux Torrues du Golphe du
Mexique. Le cùûA a été pris dans les
rochers des Alpes les glaces ont été
coulées à Cherbourg ou à Saint-Gobin»
Ces chef- d'oeuvres de
Statues
fi élégantes, ces bas-reliefs 6 intérêt
Le.
Déjeuner.
Ce
plaines du Tchékiang c'ëft dé la même
région,, qjç'a été apportée la tafte dans
la q u etU; Sf eft fervi. Préférez-vous du
chocekt ^Lc cacao qui en fait la bafe
eît le fruit d'un arbre dont pîufieurs
provinces de la Nouvelle-Eipagne font
couvertes la vanille qui lui communi-
que fon agréable parfum, eS fur-tout
cultivée dans celle de Soconufco &l
le fucre que l'on mêle à ces liqueurs,
pour en corriger l'acrete, pour en rele-
ver le goîtt a été fabriqué dans les
Antiltes par des Nègres venus de
l'intérieur de l'Afrique.
Du déjeûner vous paffez à la toilette.
Il faut être bon Géographe pour vous
indiquer toutes ks contrôes-qui lui ont
payé leur tribut.- Ces odeurs fuaves
viennent du Roman,- de i'Yémen ou de%
côtes de Bornéo.- Ges
déliées, ont été brodées au
Ces ô
teinture à Matulipatan.
la
celles-ci ont été enlevées aux Hérons-
des ces gants >
aux
glaces de
font
Toilette»/
claire la plus pure. C'eft clans Tes
plaines arides du Goleonde que l'on
trouve les diamans les plus parfaits.
En voilà un d'une moindre dureté
d'un éclat moins \if, mais d'un volume
bien plus confidérable que tous les
autres; il a été choifi parmi les cailloux
qu'entraînent les torrens du Bréfil.
Examinez tout l'écmin les rubis du
Pégu les topazes d'Amikan les tur--
quoifes de Perfe, le grenat Syrien
l'émcraude du Papayan, l'Amctifle le
faphir d'Orient, le joignent aux difïé-
renres ei'pèces de diamans, pour vous
éblouir par la vivacité de leur jeu.
Ouvrez cette corbeille lès points,
de Flandre, de Venife d'Alençon, fe
disputent la préférence. Parcourez t on-
ces vsfres armoires les
de Canton de Naples de
que magnifiques les Chafl'eurs
de fa Sibérie
que ialutaires en
hiver.
La garde-robe dy M. le Comte, n'a
pas mis à contribution un moindre
Les
rg
Bi;
tors, qui formenr d'innombrables repu1
bliques fur les rives des fleuves & des
lacs du Canada lui ont fourni les cha-
peaux & les Vigognes, qui paillent
fur les vaftes flancs des Cordiliieres
quelques-uni dc fes habits. Sa canne a
été arrachée dans les mirais de Malaca,
&C l'acier de ton épée a été trempé
&C poli à Birmingham.
Mille autres manufactures répandues
fur tenue la face du globe ont con-
couru à fon habillement 6c à celui de
Madame ainfi qu'à l'ameublement de
leur fuperbe hôtel.
Les
turcs.
Plufieurs de ces manufactures font
établies dans Paris même, Se elies y
donnent un fpeciacle bien' intéreflànr.
Hé qui pourroit voir,
ce cette mukiï'ude d'attçliers qui-nour-
rifîent un nombre infini d'hommes
fans cetTe occupés à offrir à leurs conci-
toyens des nouvelles ou
ces fabriques. Ici on emploie l'indigo
les
Le Diner.
i'Andalorefie, les poils de Chèvre d'Ait-
gora plus loin on façonne des bois, des
pierre; des métaux précieux, trouvés
à plus de miile lieues de Teurope.
Nous avons employé une partie de
notre matinée à parcourir une multi-
tacle d'atteliers tous bien dignes de
Satisfaire la curiofitc la plus avide
qui tous ne, que par
que leur envoient une foule de
régions différentes, L'heure du dîner
approche, & nous nous rendons à un?
lomptueux feftin. qui nous attend.
Voûtez-vous.de ce potage il eu aux
pâtes d'Italie. Préferez- voua de ce r iz?
il a a été recueilli dans les marais de la
Caroline. Cette mortadelle a- été faite
à Bologne ce beurre à la Prévalayc
Ces anchois ont été pochés dans les
mers de Fréjus ces huîtres fur les vo-
chers de
cé veau des
volailles.
du
il
la Loire ou de cette carpe du Rhin?
Faut-il vous fervir des cardons d'Ei-pa»
gne, des truffes de Périgord, ou du
jambon de Mayence La plupart de
ces plats dont je ne vous ai pas encore
offert viennent de contrées encore
plus éloignées.
Vous êtes accoutumés depuis votre
enfance, aux aiiaiibnnemLns qui relè-
vent le goût de tous ccs mets.; chaque
année les Hollandais envoient des
vaiiïeaux dans les mers des Indes, pour
en renouveller la proviiion. C'eir de
Geylsn qu'ils apportent la canelle y
e'eït v. Java qu'ils., forment fur-tout,
leurs cargaifons de poivre le macis &C
la mufeade ne ,fe trouvent guère que-
dans l'ile de Banda prefque tout le
gerofle qui Ce confomme en europe eft
ïccolté dans les campagnes d'Amboine,
La diverfitc des vins vous étoryie
les uns viennent de Chambertin de
Volnay ou de Grave les autres de
Chypre
neufes du Cap de
Vous admirez la multitude des plats
qui forment le deffert les vergers de
22
^uefs parfumes de l'île de Malthe & dû
Portugal les gras pâturages de ta Hol-
lande tk du Parmefan, les grottes de
Saftenage 6c de Roquefort, les cl paliers
de Montreuil les jardins dé la Svrie
les bois toufîus du Lyonnois, les plaines
brûlantes de la Barbarie l'Auvergne
l'Andaloufie Reims Dijon Agtn la
Guadeloupe Saint-Domingue vous
ont envoyé à l'eqyi', de quoi iatistaire
ou ranimer votre appétit mourant.
Entraînes par la variété 6i fexcellen-
ce crs mets, vous avez plus mangé que
la nature ne vous le demandoit pour
y remédier, prenez de ce café c'eft
le meilleur que fon verfe' l'ur aucune
table du mande les Sultanes du ferrail
de Conftantinople n'en boivent pas de
meilleur l'Arabe brûlé d'un ioleil ar-
dent, l'a ramage pour vous, fur les
qui environnent la
ville de Moka., Goûtez de ces liqueurs;,
celles de France ou de Bourbon cent
Le- repas que je
f inaire le récit
̃*f
fait fi agréablement dans une cle /es
Satyres, &. j'y tins à peu près les me-'
mes diicoïus que je viens cie rapporter
c'etoit ft
connu par ion immenie tomme par
le noble ufage qu'il en rait, Se auquel
on ne pourvoit reprocher qu'un peu
trop de penchant peur la magnificence,
quoiqu'il emploie une partie très- con-
sidérable de les richeil'es, à encourager
les talens fecounr les malheureux,
J'avois déjeuné le matin chez la ret-
peftiible époufe c'eft dans ion appar-
ternent qu'avoit commencé la couver-
fatioti fur l'utilité du commerce c'eft
chez elle que j'avois entrepris de faire.
fentir tout ce que nous lui devons v
pour notre habitation pour notre ha-
elle avant le dîner, plusieurs des .ma-
Du
par elle comme un ennuyeux pédant.
Elle
de
Tavois peut-être involontaitemetit,
Contribué à faire oublier à quelques-uns
des convives leur iobriété ordinaire.
Tout en enfant l'éloge des liqueurs que
je leur verfois j'ajoutai comme en
riant mais ufez-en fobrement &£ ne
vous y fiez pas trop pour faciliter la
dis^ftion elles font elles-mêmes un
remède bien dangereux. Au milieu
d'une 6 grande abondance la nature
vous preient févèrement la frugalité
elle nous dit & plus d'un Philoiophe
l'a obfervé avant moi, elle nous dit
que quand même il ne feroit pas né-
ceflaire d'être fobre par vertu il fait:
droit encore l'être par fenfualité li
vous méprifez fa voix cent maladies
tempérance & un exercice modéré font
̃pour les citoyens les plus fortunés de
les autres hommes les meilleures
Cependant au milieu des maux: qui
vous menacent toutes les parties du
monde
Calabre vous envoie
îy
C
pays des Mongols fa rhubarbe. Des Cn-
liques violentes vous tourmentent le
jour la nuit elles châtient loin de vos
paupières le pailible fommeil: l'écorce
d'un arbrifleau qui croît dans le Bréfil,
peut feule les' calmer. De tous les
remèdes connus le iïmarouba de la
Guiane eu Je plus efficace contre le
flux de fang; & le Marquis de Valcourt,
que vous connoiflez tous, ne feroit pas
encore délivré de la fièvre opiniâtre
qui l'a tourmenté pendant plufièurs
mois, fans l'écorce d'un arbre que l'on
ne voit qu'en Amérique & qu'on ne
trouve nulle part auflî parfaite que dans
la province de Quito.
Ces détails font bien triftes après un
excellent dîner dit un des convives
convenable grand c'eft ie
tableau d'une pharmacie quoi de plus
utile que de préfenter le fpettacle du
me ? Tous l'ont fenti.
ble mojflpnnent plus d'hommes que
la guerre. Jamais vous n'éviterez la
douleur fi vous ne modérez, votre
appétit jamais vous n'échapperez aux
24
La
Campagne.
contre Fart des C.uifinkrs. Pourquoi,
donc, dit la Comteffe nous vanter le
commerce qui en nous offrant tant
de mets exquis, nous expoie.à tant
de maux cuifans-& à la mort même?
Il en en: de même répondis-je, de
toutes les jouiffances que la nature bien-
faifante nous offre fi l'ufage en eft très?
doux l'abus en eft funeite.
Le Comte de Sonbury de voit partir
le même jour pour Sallivan la plus
belle de fes maifons de campagne avec
famille & plufieùrs de lies amis.
Les neiges avoient difparu de deffus la
terre les glaces ne refferroient plus
(on fein & dopais brouillards n'inter-
ceptoient plus les rayons du foleïl peu-
dant des femaines entières déjà le
ipuguet la violette l'aubépine parfu-
inoient les forêts & les marguerites
prairies une tendre
& les plai-
dans la variété de leurs
chans, fembloient adreffer des hymnes
-#
Cil
bons dit même genre querelles qui nous
avoient occupes toute la journée.
Les uns entrent dans des carrelés
traînes par des attelages du Holftein Se
de ta Weftfrife les autres montent des
chevaux Barbes, Andaibus ou Ançlois,
Combien n'eft-il pas fâcheux, dit le
Comte, en continuant toujours fa mar-
che, que la France d'ailleurs fi fécon-
de, foit réduite à faire venir de fi loin
pour en
avoir, elle envoyé des fommes iramen-
fes à fes propres ennemis? Bientôt, lui
dis-je, nous n'aurons rien à leur envier
fur ce point. Le Berry, la Normandie,
plufieurs autres provinces nous promet-
rapi-
des, auiïî vigoureux que ceux que l'on
admiré le plus à Newmarket cela ne
les races étrangères les plus eftimées.
Déjà ils
Les
Haras*
l'amélioration
de
d'Inde, de Peupliers
Le Jardin
Anglais,
*fc.
& de plufiéùrs autres fortes d'arbre^
inconnues dans nos forzts fes détours
nous conduisent à une maifon Superbe,
conftruite dans un goût approchant de
celles que le Palladio bâtit fur les rives
enchantées de la Brenta. De tous les côtés
fe développe- ta plus ravifiante cam-
pagne qui eut jamais fixé mes regards
e'étoient les jardins de M. de Sonbury.
La campagne la campagne Ce mot
toujours t'éveillé' dans mon efprit
mille idées agréables & dans mon
cœur mille fentiirtens délicieux. Faut -il
$'en étonner ? j'ai paffé mon enfance
gnon adolefcence à la campagne &
depuis que j'ai atteint l'âge mûr, j'ai
toujours été emprifonné dans les villes.
Quelque féduifant que foït pour moi
le façonnés pa»:
les mains de leurs vertueux &c agretfes
cultivateurs rte fuis pas ialenfible
pux beautés plus recherchées d'e -l'art
piais il manque aufli l'on effet fur moi
s'il eft trop apparent
̃rsqr
Ciij
magnificence rien ne me plaît tant qu6
les jardins que nous appellons Anglois,
mais dont le goût & les premiers mo-
dèles nous viennent de la Chine, fi au
lieu de parodier ou d'outrer la nature,
ils fe bornent à l'embellir tels font
les jardins de Sallivan.
Leur fituation merveilleuse encore
plus que les richefles immenfes du pro-
priétaire, en a fait un des lieux les plus
délicieux de l'univers. Des montagnes
qui préfentent cent formes bizarres les
unes efcarpées & furmontées d'aiguilles
de roche vive les autres, dans leurs
vailes flancs couvertes de forêts ;des
vallées profondes, des plaines fertiles,
une rivière conudérable qui fe préci-
pite avec fracas à travers une gorge
étroite préfentent des fites pomper
qui ne dépareroient pas les plus beaiîx
tableaux de Vernet & de Salvator-Rofa.
Tous ces magnifiques objets le confon-
dent avec l'horizon du jardin dont ils
femblent faire partie & qui n'e n eft
féparé que'^par une baie touffue ou
par des canaux d'une eau limpide.
Des collines moins élevées que les
montagnes qui bordent l'horizon des
martes de rochers les unes tout-à-fait
arides les autres enrichies de buiffons
dans leurs fentes & couronnées de
grands arbres à leurs lommeîs des
bois (ombres, des clarièrei riantes, des
grottes, des vallons, de riches iavanes,.
une grande profuuon d'arbriileaux Se
de fleurs,. une grande abondance d'eaux
auflî pures que le criilal cent objets
enchanteurs en diveriifient la furface.
Ici c'eft une hauteur efearpée qui
menace vos têtes là un gouffre ef-
frayant qui femble prêt à vous englou-
tir ici c'eft la nature dans toute fa
fplendeur Si. dans toute fa richeiîe là
elle fe preiente avec toute l'aridité des
climats brûlés & dans fes afpecis les
plus fauvages par-tout elle eft imitée
dans fonheureufe négligence, dans
ion infinie variété.
'tueurs. les allées dans leurs circuits
multipliés rappellent les routes incer-
rivière
par différentes
parie»