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Discours sur les titres de "Sire" et de "Majesté" conservés au Roi par l'ajournement du décret du 5 octobre 1791 : prononcé dans la Société des amis de la Constitution de Marseille le 16 octobre, l'an troisième de la liberté / par M. Barbaroux, homme de loi

De
13 pages
de l'impr. de A. Mossy (A Marseille). 1791. 12 p. ; 8, 20 cm.
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Il il,, 1
A
DISCOURS
SUR
LES TITRES DE SIRE ET DE MAJESTÉ,
Conservés au Roi par l'ajournement du
Décret du 5 Octobre 1791 ,
Prononcé dans la Société des Amis de
la Constitution de Marseille, le 16
Octobre, l'an troisième de la libertéi
par M. BARBAROUX, Homme de Loi.
CITOYENS,
L'ASSEMBLÉE NATIONALE LÉGISLATIVE A
décrété, dans sa séance du 5 Octobre, que dans
le cas ou Ton Président aurait été chargé d'a-
dresser la parole au Roi , il ne lui donnerait,
conformément à la Constitution, d'autre titre
que celui de Roi des Français. Vous aviez ap-
plaudi à ce Décret qui relevait la majesté na-
tionale , essentiellement inaliénable , comme
tous les droits du Peuple , & qui ne peut re-
poser sur la tête d'un seul homme. Déjà vous
aviez vôté des remcrcîmens à l'Assemblée Lé-
gislative. Citoyens ! arrêtez ces élans patrio-
tiques. Le décret du 5 Octobre n'exifie plus.
( 25
Un ajournement en a suspendu l'exécution ?
comme si l'on pouvait ajourner un décret dé-
jà rendu , & vous aurez encore une Majesté
Royale , contre le terme exprès de votre Cons-
titution ( i ). *
Ils font donc bien difficiles à reconquérir
droits de l'homme , qui font le seul bien de fou
exitfence, & que la main de l'Eternel impri-
ma dans ses yeux , créés pour fixer le
Ciel , & non pour se baisier devant un Maître !
Ils font bien difficiles à déraciner ces préjugés
qui ont fait la puissance des Rois & le malheur
des Peuples. O Parisiens ! je vous croyais libres:
feriez-vous encore des esclaves , & verrions-
nous river nos fers par les héros qui renversè-
:rent la Bastille ?
- Sans doute il faut respecter les décisions du
Corps législatif ; je dis plus , l'intérêt social
farce notre obéissance même envers les mauvai-
ses lois , parce qu'elles ne font , aux yeux 4e
la raison , que des lois provisoires des lois
que la philosophie doit effacer un jour , Se
qu'il ferait dangereux de renverser par la licen-
ce. Mais lorsque nos Légillateurs se trompent,
nous devons avoir le courage de le leur dire ,
& nous opposer sur-tout à la propagation de
( i ) La personne du Roi est inviolable & sacrée ;
son seul titre est Roi des Français. Tit, 3. Chap. 2.
Arc. ïî. de la Constitutiion
'( i )
B
Ces idées serviles que la Capitale nous renvoit,
& qui font plus funestes à la liberté publique
que les armées de Léopold.
Discutons donc la question très-importante
du titre qu'on doit donner an Roi. Mon inten-
tion n'est pas de vous redire ici les difeours
qui furent prononcés le 5 Octobre dans l'As-
semblée Nationale. Je veux feulement vous
présenter quelques principes r & réfuter rapi-
dement les sophismes par lesquels on a com-
battu la raison dans la séance du 6 Octobre ;
séance que je voudrais effacer à jamais du pro.
cès-verbal de la feconde Législature.
Le mot Majesté annonce la plénitude de
la puissance souveraine. On dit la Majesté de
Dieu , parce qu'il est le principe de toute exis-
tence & de tout bien sur la terre. On a dit
long-tems la Majesté des Rois , parce que c'est
d'eux qu'émanait tout le mal qui désolait le
monde. Dans l'esprit des hommes , l'amour
ou la terreur ont presque toujours produit les
mêmes sensations ; ils adoraient également les
bons & les mauvais génies.
Si le Roi est Souverain, nul doute qu'on
ne doive l'appeler Majesté ; mais s'il ne le 11
point , si cette idée répugne à la raison hu-
maine , si Ja Constitution l'a profcritc, le Roi
ne doit point être appelé Majefié. Ce titre