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Du Retour des Bourbons en France et du gouvernement paternel de Louis XVIII, par A. Galland,...

De
29 pages
l'auteur (Paris). 1815. In-8° , 30 p..
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DU
EN FRANCE,
ET DU
DE LOUIS XVIII.
IMPRIMERIE DE MADAME Ve JEUNEHOMME,
RUE HAUTEFEUILLE, N° 20.
DU
EN FRANCE,
ET DU
GOUVERNEMENT PATERNEL
DE LOUIS XVIII;
PAR A. GALLAND,
Membre de la Commission des Sciences et Arts d'Egypte.
PARIS,
CHEZ L'AUTEUR, RUE DU PAON SAINT-ANDRÉ, N° 8.
20 mars 815.
AVANT-PROPOS.
PRÈS le 31 mars dernier, les Fran ¬
çais, en général, ne paraissaient pas éloi-
gnés de se ranger sous le sceptre des Bour-
bons. Napoléon avait fait de grandes
choses; mais enfin Napoléon avait ab ¬
diqué, et l'élévation de Louis XVIlI
rompait cette formidable ligue de l'Eu ¬
rope armée contre nous. Son exil, ses
infortunes inspiraient de l'intérêt à un
peuple naturellement sensible; et nous
pouvions nous flatter aussi, avec quelque
raison, qu'instruit à l'école du malheur
et de l'expérience, il apporterait au ti ¬
mon des affaires cette profonde sagesse ,
fruit de longues méditations et de longs
(6)
séjours dans les différentes cours de l'Eu ¬
rope; ses amis l'assuraient, et nous ai ¬
mions à le croire.
Quelle a été la douleur des Français
de ne voir dans leur nouveau roi qu'un
esprit rancunier, entiché de ses pré ¬
tendus droits et des institutions de la
vieille monarchie ! Il nous avait donné,
il est vrai, une charte qui pouvait ga-
rantir nos libertés; mais qu'est-ce qu'une
constitution, quand celui qui a le pou ¬
voir eu main est animé d'un autre es ¬
prit? Cette charte fut violée dès sa nais ¬
sance. Les hommes sages, amis de l'or ¬
dre et de la tranquillité, tout en gémissant
des fautes sans nombre du nouveau gou ¬
vernement, auraient été assez enclins à
imputer ces fautes aux personnes qui
entouraient le monarque, et ses parti ¬
sans ne manquaient pas de le faire; mais
(7)
ces mêmes partisans ne cessaient aussi de
nous représenter Louis comme un prince
doué de vastes connaissances et d'une
tête forte. Avec la meilleure volonté du
monde et l'esprit le plus conciliant il
était difficile d'asseoir un jugement fa ¬
vorable.
Si Louis XVIII avait gouverné avec
autant de sagesse que lui et ses partisans
ont montré de zèle et d'ardeur à soule ¬
ver Paris et la France contre l'Empe ¬
reur, à armer les citoyens les uns contre
les autres, ils ne se seraient peut-être pas
trouvés dans le cas d'employer des
moyens aussi indignes. A entendre les
déclamations virulentes, incendiaires de
ces messieurs, on ne pouvait pas être
Français, on ne pouvait pas être homme
d'honneur, on n'était que de la canaille,
si l'on pensait autrement qu'eux. Nous
(8)
n'imiterons pas leur langage, nous par ¬
lerons avec plus de modération, nous
ne leur ravirons pas l'honneur, et nous
respecterons le malheur dans la per ¬
sonne de Louis XVIII. Nous nous con
tenterons de dire que Napoléon a fait
en vingt jours ce que Louis XVIII n'a ¬
vait pu faire en vingt ans.
DU
EN FRANCE,
ET DU
DE LOUIS XVIII.
O
s ne peut se dissimuler, malgré qu'en disent
les partisans zélés de Louis XVIII, que les
Bourbons sont rentrés en France dans le mo ¬
ment le plus favorable. La guerre d'Espagne,
comme un chancre rongeur, nous minait de ¬
puis long-temps, lorsque les désastres de Mos ¬
cou relevèrent les espérancesde nos ennemis
abattus, et jetèrent l'empereur des Français
dans un tourbillon d'événemens qu'il ne put
plus maîtriser. En vain déploya-t-il ce génie,
cette activité et celte audace qu'aucun mortel
ne posséda dans un degré aussi éminent, la
trahison et la perfidie lui creusaient un préci ¬
pice à chaque pas, et le vainqueur des nations.
( 1o)
accablé de toutes les forces de l'Europe, mais
plus encore par la mauvaise foi de ceux qu'il
avait comblés de ses bienfaits, se vit contraint
de céder un moment à sa mauvaise fortune. Il
avait fallu des moyens extraordinaires pour sur ¬
monter tant d'obstacles. Les sacrifices furent
immenses, et les peuples se trouvèrent néces ¬
sairement foulés, accablés d'impôts.D'un autre
côté, le fer de l'ennemi, la fatigue, les priva ¬
tions moissonnaient la fleur de la jeunesse, et le
bruit courait que l'Empereur refusait obstiné ¬
ment la paix. Enfin , le mécontentement était
général, et les Bourbons furent reçus comme
des libérateurs. Ce sentiment prévalut d'autant
plus que le peuple, quand il souffre, s'attache
aisément à l'espérance d'un meilleur avenir.
Ajoutons aussi qu'après l'affaire du 30 mars
dernier les Bourbons parurent comme une
planche de salut, et que l'orgueil national se
trouva flatté d'avoir plutôt cédé au désir de
rétablir l'ancienne dynastie qu'à la force de
l'ennemi. Ajoutons encore que la crainte de
voir démembrer celle belle France influa
beaucoup sur nos sentimens.
A aucune époque de la révolution, les
Bourbons n'auraient donc trouvé un moment
plus opportun; car on ne peut pas raisonna-
(11 )
blement objecter l'embarras des finances : les
suites ont prouvé que cet embarras se rédui ¬
sait à bien peu de chose. Nous allons voir
comment ils ont su profiter de celte disposition
des esprits.
La première démarche du roi a été d'hu ¬
milier, à la face de l'Europe, une nation qu'il
était appelé à gouverner, une nation fière de
vingt ans de succès. Louis, en disant au prince
régent d'Angleterre qu'après Dieu il tenait sa
couronne de lui, ne semblait-il pas nous dire
à nous-mêmes : J'ai armé l'Europe entière
contre vous, pour vous forcer à me recevoir
pour maître? n'était-ce pas nous ravir l'illusion
consolante que nous avions moins cédé au
nombre qu'à des sentimens généreux pour lui?
D'ailleurs était-il bien de la dignité d'un roi de
France de dire une chose qu'il ne pensait pas,
qu'il ne pouvait pas penser? En effet, qu'im ¬
porte à l'Angleterre, qui règne en France,
pourvu que la France , malheureuse, agitée ,
lui laisse s'assurer tranquillement de toutes les
positions importantes du globe, de la domi ¬
nation exclusive des mers et du monopole uni ¬
versel? L'orgueil anglais a bien pu se repaître
un instant du plaisir de donner un maître à la
France; mais son but réel, son soin constant
( 12 )
Sera toujours de jeter des germes de discorde
dans cette terre classique de héros, chez cette
nation belliqueuse, toujours prête à paralyser
des entreprises injustes : c'est la guerre civile,
c'est l'épuisement de cette France si fertile en
ressources, que l'Angleterre veut; et l'on ne
peut pas supposer que Louis XVIII l'ignorât.
Il pouvait profiter de la chance heureuse qui
se présentait, sans compromettre la majesté
royale, et, puisqu'il faut des complimens, n'é ¬
tait-il aucun moyen d'en trouver un qui n,e
blessât ni son honneur ni celui de sa nation?
Mais Louis voulait entrer en conquérant au
milieu des baïonnettes étrangères , et non en
souverain appelé par son peuple. Louis avait
ses vues pour cela.
Pendant que cette étrange scène se passait
dans la Grande - Bretagne , que faisait son
frère à Paris? Après avoir promis au peuple
plus qu'il ne pouvait tenir, il accorde aux
puissances étrangères plus qu'elles ne pou ¬
vaient espérer. D'un trait de plume la France
est réduite de plus d'un tiers; des places im ¬
portantes, qui auraient tenu des années, sont
livrées de la meilleure grâce du monde; notre
marine est anéantie ; et tout cela sans la
moindre compensation, si l'on excepte une