Du roi, de la chambre, et des ministres, par un royaliste. Le 12 décembre 1821

Du roi, de la chambre, et des ministres, par un royaliste. Le 12 décembre 1821

Français
13 pages

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chez les marchands de nouveautés (Paris). 1821. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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Publié le 01 janvier 1821
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Langue Français
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DU ROI,
DE LA CHAMBRE,
ET
DES MINISTRES.
PAR UN ROYALISTE.
Le 12 Décembre 1821.
PARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
IMPRIMERIE DE A. BELIN.
DU ROI,
DE LA CHAMBRE,
ET
DES MINISTRES.
LORSQUE tous les intérêts sont compromis, que la
marche du Gouvernement est paralysée, et que de
nouvelles divisions viennent arrêter le bien qui
commençait à s'opérer, tout Français doit la vérité
à ses concitoyens, s'il n'a que ce seul moyen d'ac-
quitter sa dette envers la patrie. Etranger à la poli-
tique , à ses discussions et à ses sophismes, je n'écris
que pour dire la vérité. Aucun préjugé ne guide ma
plume , aucune passion ne la commande. Je n'ai rien
du Gouvernement, je n'en attends rien ; mais il est
de mon intérêt comme de celui de tous les Français
de publier ce qui peut être utile , et j'écris.
La France lasse de troubles et de discordes, après
trente années d'une pénible agitation , se relève
lentement et marche vers un système de paix et
d'union. Chaque jour est marqué par quelque amé-
lioration : les passions se calment, les défiances
se dissipent, tout tend à un rapprochement, et il
semble que de la France, d'où partit le signal des
(4)
agitations de l'Europe, de la France devoit aussi
partir bientôt l'exemple d'une entière restauration
politique et morale. Cependant ces espérances f fon-
dées sur le concours de tous les ordres de l'Etat
pour le bien, viennent s'évanouir, à l'ouverture
d'une session qui pouvait contribuer si puissamment
à réaliser tous les voeux et tous les désirs. Le mo-
narque paraît au milieu de ces fidèles et loyaux
Députés. A la pensée du bien qui s'est fait et du bien
qu'il médite, au souvenir de nos misères passées , à
la vue de notre prospérité présente, il appelle la
Chambre à marcher dans cette unité de vues qui
peut seule désarmer la malveillance et comprimer
les derniers efforts de l'esprit de trouble et de dé-
sordre. Il semble que pour répondre aux voeux du
prince et à l'espérance des peuples , on allait oublier
des divisions passées pour ne pas en former de nou-
velles, et songer au bien qu'on pouvait faire plutôt
qu'à celui qu'on avait omis; lorsqu'un incident,
qui n'avait pas été prévu , est venu paralyser tous
les projets utiles , et plonger tous les citoyens dans
un état d'incertitude dont ils ne connoissent ni le
terme ni l'issue.
Le Gouvernement, qui toujours ne fut pas si
susceptible, a cru la majesté royale outragée dans
l'adresse des Députés. Il a représenté vivement l'in-
convenance des paroles qui pouvaient attaquer le
caractère personnel du monarque, et il a demandé
qu'elles fussent retranchées. Ces représentations
(5)
justes et bien fondées n'ont pas été accueillies. L'a-
dresse a été votée ; et de là.... inde mali labes. Dans
cette circonstance, un silence prudent, une sage
dissimulation de quelques mots peut-être hardis,
aurait sans doute comprimé ou du moins retardé un
éclat dont les suites pourront devenir funestes. Mais
la Majesté royale elle-même a cru que dans une
occasion aussi solennelle se taire c'était s'avouer
coupable : elle a répondu avec toute la dignité d'un
grand prince et toute la tendresse du meilleur des
pères. Qui oserait la blâmer, et que suis-je pour
censurer un acte dirigé sans doute par de puissans
motifs et dont on a dû calculer toutes les consé-
quences?... Taisons-nous et poursuivons.
La réponse du Roi était à peine connue, que les
mandataires du Gouvernement se présentent à la
Chambre avec des vues pacifiques et des projets que
naguères on n'eut pas rejetés avec violence. Aussitôt
on les attaque. Ils demandent le concours des Dé-
putés pour améliorer la prospérité nationale-, on
leur déclare qu'ils n'en sont pas dignes ; qu'ils ne
méritent pas et qu'ils n'ont jamais mérité la con-
fiance . ni du Roi qu'ils ont induit en erreur, ni
de la nation dont ils ont aggravé les maux. On ne
dissimule pas que le changement de ministère est
devenu nécessaire, que son impéritie le rend inca-
pable d'opérer le bien ; on ne veut plus voir dans
ses projets que des projets hostiles, on le menace
de lui refuser tout secours, et l'on pose l'alternative