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Encore quelques vérités. Réflexions politiques, par M. le comte O'Mahony

De
10 pages
Librairie grecque-latine-françoise (Paris). 1821. In-8° , 11 p..
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ENCORE
QUELQUES VÉRITÉS;
RÉFLEXIONS POLITIQUES,
PAR M. LE COMTE O' MAHONY.
Prix : 75 centimes.
A PARIS,
A LA LIBRAIRIE GRECQUE-LATINE-FRANÇOISE ;
RUE DE SEINE, N° 12.
ET CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS
JUILLET l821,
ENCORE
QUELQUES VÉRITÉS-,
RÉFLEXIONS POLITIQUES.
Si les royalistes n'écrivoient que dans l'espérance
d'ouvrir les oreilles des sourds et les yeux des aveu-
gles qui conduisent, les affaires publiques, dès long-
temps ils auroient jeté la plume; car ils ont dès
long-temps acquis la certitude qu'il n'y a point de
remède à la cécité et à la surdité politique des
hommes d'état de ce siècle. La Providence elle-même,
qui sembloit avoir entrepris cette cure en les environ-
nant, comme par miracle, de lumières chaque jour
plus éclatantes, en faisant retentir à leurs oreilles et
les hurlemens des régénérateurs des peuples et les
gémissemens des peuples régénérés, la Providence a
échoué dans cette tentative miséricordieuse. Quel
homme oseroit donc entreprendre ce qu'elle n'a pu
achever? Qui se croiroit quelque pouvoir où elle est
demeurée impuissante ? Qui pourroit enfin se flatter
d'éclairer de ses seules lumières des insensés que l'in-
cendie révolutionnaire n'a point éclairés, ou de faire
entendre sa foible voix à des stupides restés sourds
au fracas des trônes écroulans et à la voix terrible
qui sort de leurs ruines?
Ce n'est donc pas pour convertir les hommes en
pouvoir que nous écrivons. Six ans perdus en inutiles
efforts frapperoient désormais de ridicule cette pré-
( 4 )
tention obstinée. L'expérience nous a trop bien ap-
pris, et chaque jour elle nous le confirme, qu'il y a
dans ce siècle une telle fatalité attachée aux hauts
emplois politiques, que sitôt qu'on y arrive, sitôt
même qu'on en approche, la vue se trouble, la raison
s'égare, le bon sens s'enfuit; on ne voit plus ce qu'on
fait, on ne sait plus ce qu'on dit; bien plus, oubliant
et ce qu'on a dit et ce qu'on a fait la veille, on défend
ceux qu'on attaquoit, on attaque ceux qu'on défen-
doit. C'est comme un charme; et l'influence magique
en est si puissante, que nous l'avons vue naguère,
métamorphosant les plus honnêtes gens en cham-
pions des hommes les plus pervers, les forcer à prêter
l'appui de leur innocence aux intérêts du crime, et à
couvrir de l'éloquence de leur fidélité les complots de
la félonie.
Encore une fois, ce n'est donc pas d'eux que nous
espérons être compris : pour leur parler nous atten-
drons la fin de l'enchantement.
Mais si nos réflexions ne s'adressent pas si haut,
nous avons en revanche la confiance qu'elles par-
viennent plus loin, que , repoussées des régions éle-
vées, elles n'en sont que mieux reçues dans les
moyennes régions, et que si les hommes qui en ga-
gnant des places ont perdu la tête les dédaignent
sans les comprendre, les hommes de tête qui n'ont
pas de places les comprennent et y applaudissent.
Tous ceux-là en effet, et particulièrement ceux
d'entre eux qui sont éloignés du théâtre des affaires
publiques, éprouvent un besoin de la vérité qui s'ac-
croît précisément en raison directe des progrès de
Terreur. Comme plus leur esprit est droit, plus ce
qui se passe leur semble étrange, absurde, incom-
préhensible, inexplicable, plus aussi ils désirent une
explication qui les aide à comprendre tant d'absur-
dités. Cela ne les rassure pas, je le crois; mais cela les
soulage;.et ils nous savent gré, ne pouvant faire le