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Entretiens de Gallus : libération du territoire

De
15 pages
Librairie démocratique (Paris). 1872. 7 fascicules en 1 vol. ; in-16.
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ENTRETIENS DE GALLUS
LIBÉRATION DU TERRITOIRE
IMPOT
SUR LE REVENU
5 centimes.
PARIS
LIBRAIRIE DÉMOCRATIQUE
33, RUE MONTMARTRE , 33
1872
ENTRETIENS DE GALLUS
LIBERATION DU TERRITOIRE
IMPOT SUR LE REVENU
GALLUS. — Eh bien, mon brave Agricole, ta
femme consent-elle enfin à être de notre avis, re-
lativement aux changements que je propose
d'apporter à la loi des successions ?
AGRICOLE. — Cela ne lui va guère. — Ne
plus hériter sans testament de ses oncles, tantes,
cousins et autres parents lui parait une condition
trop dure.
Par exemple, elle est de notre avis et admet
volontiers que les petites successions, celles qui
arrivent au pauvre monde, ne soient soumises
qu'à un droit très-faible, tandis que les grosses
successions payeront un droit d'autant plus fort
— 4 —
qu'elles seront plus considérables et en suivant
une échelle progressive.
GALLUS. — C'est pour nous une victoire à
moitié gagnée. — C'est que, vois-tu, il faut que
les femmes pensent comme les hommes. — Jus-
qu'à présent, on les a traitées comme des êtres
inférieurs qui n'ont besoin de ne rien savoir.
Elles ont été chercher des conseils ailleurs ; il y
a eu deux hommes dans le ménage, le mari et le
confesseur. — Le plus souvent le mari n'est pas
le plus fort. — Comprends-tu ?
AGRICOLE. — Je comprends que nous nous
sommes laissé conduire comme des dindons que
nous sommes, et que l'ignorance de nos femmes
peut avoir pour nous les plus graves consé-
quences.
GALLUS. — Mais, pour le moment, laissons de
côté la question de l'ignorance des femmes, dont
nous causerons plus tard, et revenons aux
moyens de payer les dettes de la France, et de
renvoyer chez eux les Prussiens qui nous ron-
gent jusqu'à la moelle des os.
Je t'ai dit qu'une nouvelle loi sur les succes-
sions nous procurerait des ressources précieuses,
considérables, mais insuffisantes, ce qui nous
met dans la nécessité de chercher ailleurs. —
On avait, entre autres ressources, pensé à impo-
— 5 —
ser le revenu. — Le projet de loi a été repoussé,
mais j'y reviens, parce que j'y tiens.
AGRICOLE. — Je n'en ai pas entendu dire du
bien.
GALLUS. — Par qui ?
AGRICOLE. — Mais par notre curé, par M. le
comte de Folle Avoine et par d'autres personnes
importantes.
GALLDS. — Eh bien, comme il nous faut de
l'argent à millions et à milliards, qu'il n'y a pas
à dire non, vas leur demander où nous en trou-
verons. — Faut-il rétablir les 45 centimes ? —
Faut-il écraser de nouveaux impôts les travail-
leurs des villes et des campagnes, car enfin il
faut de l'argent, coûte que coûte? — Le Prussien
ne fait pas crédit ; il est pressé. — Son armée
occupe nos départements de l'Est à titre de garni-
saire chez un débiteur aux abois.—Nous logeons,
nourrissons et payons ces garnisaires odieux. —
Chaque jour ils nous coûtent plusieurs millions
que nous payons, nous, les travailleurs, car le
travail, qui produit tout, paye tout. — Mais il
faut que ça ait une fin. — Que le curé, le comte
de Folle Avoine et ses acolytes, nous disent
où et comment ils comptent se procurer les mil-
liards dont nous avons besoin, je les attends.
AGRICOLE. — Ma foi, depuis que vous m'avez
— 6 —
appris à me servir de ma raison, j'ai refléchi et
je crois que ces messieurs n'ont dans la cervelle
que l'idée de nous laisser le fardeau sur le dos.
GALLUS. — Quant à moi, j'ai l'idée toute con-
traire. La France a été, depuis 1789, livrée à une
classe qui a su manger les marrons que le peuple
avait tirés du feu en se brûlant les doigts ; tous
les avantages sociaux ont été pour elle ; tous les
capitaux se sont engouffrés dans ses coffres, et ils
se sont arrangés de manière à donner au capital
tous les bénéfices, en laissant au travail toutes
les charges.
A mon avis, les choses ne peuvent pas conti-
nuer ainsi. C'est pourquoi si la France est forcée
de se saigner aux quatre membres : devront se
saigner d'abord ceux qui ont de quoi, d'autant
plus que ce sont eux, formant la classe dirigeante
depuis 1789, qui nous ont mis dans la panne,
nous, la masse des travailleurs, réduits au simple
rôle de classe dirigée.
A la manière dont ils votent les impôts on voit
que ce n'est pas eux qui les payent.
AGRICOLE. — Oui, mais ils en vivent. J'ai en-
tendu dire qu'on appelle un grand nombre
d'entre eux les budgétivores ou mangeurs du
budget.
GALLUS, — Je vais te donner un moyen de