Épître à MM. Ravel et Jasmin

Épître à MM. Ravel et Jasmin

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imp. de Hubler, Bayle et Dubos (Clermont-Ferrand). 1854. In-8°. Pièce.
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Ajouté le 01 janvier 1854
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Langue Français
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ÉPITRE
MM. RAVEL ET JASMIN.
Clmtwnt-Jmaiiïr,
IMPRIMERIE DE HUBJLER, BAYLE ET DUBOS,
Hue Barbauçon , nu 2.
1854.
ËPITRE
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MM. RAVEL ET JASMIN.
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IMPRIMERIE DE HUBLER, BAYLE ET DUBOS,
RUE BARBAKCOÎ*, X» 2,
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ÉPITRE
A
MM. RAVEL ET JASMIN.
Ami, je bouquinais le long de la rivière
Qui baigne l'Institut; une brise légère
Soudain, pour s'égayer, lance de toutes parts
D'un beau papier vélin quelques feuillets épars ;
Moi, pour les enchaîner, je les suis dans la plaine,
Dans le cercle des vents je cours à perdre haleine,
Je tourne, je retourne; après vingt tourbillons,
Je puis enfin saisir ces brillants papillons,
Que je gourmande un peu. « Ne sois pas si sévère,
» M'a répondu l'un d'eux : Ravel est notre père ! »
Alors j'ai lu tes vers adressés à Jasmin,
Au poète patois que la ville d'Agen
Se plaît à célébrer à l'égal de Virgile,
De Sapho, de Linus et du chantre d'Achille.
J'ai lu Jasmin aussi, le superbe barbier,
Qui met à son chapeau le plus riche laurier
Qu'ait jamais décerné la docte Quarantaine,
Qui choya Chapelain, dédaigna La Fontaine,
Sublime imitateur qu'on ne peut imiter,
Qui rajeunit Esope et parut l'inventer,
La Fontaine, l'auteur que la raison surnomme
Le peintre sans pareil, l'admirable bonhomme;
Qui surprit la Nature, et créa quelquefois
Aussi bien que les dieux qui parlaient par sa voix.
Dans son livre étonnant, à notre sotte espèce,
Tous les êtres divers enseignent la sagesse :
Le roseau, le renard, la fourmi, le roussin,
Chacun y philosophe aussi bien que Cousin.
La Fontaine a toujours charmé ma solitude ;
Pardonne donc, Ravel, à ma vieille habitude
De m'accrocher souvent aux buissons du chemin
Pour admirer un sage, honneur du genre humain.
Mais je reviens au fait, et je dis à ta muse,
Qui sourit aux lecteurs et gaîment les amuse
De ses joyeux grelots, de leurs sons éclatants,
Capables d'éveiller des vieillards de cent ans :
Je te trouve charmante, agreste bayadère,
Avec ton jupon court et ta guimpe légère,
Toi (1), que l'on vit jadis dans le hameau d'Herbet
(1) Voir les ouvrages de M. Havel.