//img.uscri.be/pth/fd3d13e169dc6333ae85ca7e19218836fe6e182f
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Esquisse descriptive de l'Africaine, opéra en 5 actes : paroles de Scribe, musique de Meyerbeer ; d'après les représentations qui en ont été données sur le théâtre de Dijon, en mars 1867. Par un Dijonnais

18 pages
[...] (Dijon). 1867. In-8°. Pièce.
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

ESQUISSE DESCRIPTIVE
DE
L1AFRÏCAINE
"ÉffRA EN CINQ ACTES
i>AR>pi;t;svJ!È SCRIBE, MUSIQUE DE MEYERBEIÎR
d'après '^"représentations qui en ont été données sur le Théâtre
de Dijon
en. - xxxstrrs 1867
PAR UN DIJONNAIS
Prix : 5© Centimes
DIJON
ROP1TEAU, EDITEUR
» n ,■' i-}
I.Ou/
ESQUISSE DESCRIPTIVE
DE
L'AFRICAINE
d'après
les représentations qui en ont été données sur le Théâtre de Dijon
EN MARS 1867
Préliminaires.
Depuis quinze jours, noire théâtre est envahi par une
foule empressée. Un enthousiasme subit semble avoir élec-
trisé notre population ainsi que celle des villes voisines qui
accoure comme à une fête. C'est à se croire aux époques mé-
morables de Guillaume-Tell, de Robert, de la Juive, des Hu-
guenots, du Prophète, donnés douze ou quinze fois de suite
devant une salle comble.
C'est qu'en effet on joue l'Africaine, et que celle oeuvre est
pour ainsi dire la continuation, ou plutôt le couronnement
de la grande phase lyrique qui a si profondément passionné
la génération qui s'en va.
Ce réveil général prouve éloquemment quelle influence
exerceront toujours sur les esprits les oeuvres du génie, et
que si l'indifférence artistique a gagné le peuple dans ces
dernières années, c'est qu'à l'art véritable, aux convictions
fortes, aux nobles inspiralions, qui transportent, ont succédé
des productions incolores, frivoles ou vénales, qui éloignent.
L'Africaine, qui est le dernier ouvrage de Scribe et Meyer-
beer, a été jouée à Paris pour la première fois le 28 avril
1865, quatre ans après la mort du poète, un an après la mort
du maestro. Il n'a pas été permis à ces deux grands hommes
qui, pendant plus d'un demi-siècle, ont illustré la scène fran-
çaise, de jouir ici-bas de leur triomphe suprême.
La flamme immortelle de leur génie flotte encore devant
nous, nous pénètre et nous éclaire, alors que leur corps a
depuis longtemps disparu dans l'ombre du tombeau; et la
pensée de ce fait fatal saisit le spectateur dès le première
mesure, et ajoute encore à la solennité de la représentation
Analyse.
Le sujet de l'Africaine est la découverte des Indes Orienta-
les par Vasco de Gama qui, le premier,, comme l'on sait,
doubla le cap de Bonne-Espérance, en 1497, et ouvrit aux
Portugais cet important passage.
1" ACTE.
L'ouverture commence sur le motif des adieux de Vasco
chanté par le hautbois, et se termine par un majestueux
andante, qui se retrouve à la fin du second acte, et qui est
modulé dans tous les tons, avec des trémolos de violons et
des mesures de bassons graves comme des grondements de
pédales.
Au lever du rideau, Inès, fiancéede Vasco de Gama, attend
le retour de l'audacieux voyageur, et redit la mélancolique
sérénade qu'il chantait en partant :
Adieu, rive du Tage !
■ -" !."'■. .■„., *ïïiyjfS.
- 6 -
Tout à coup, l'on apprend la nouvelle de la destruction de
la flotte conduite par Diaz; mais Vasco, échappé à ce désastre,
revient raconter les détails de la catastrophe et demander
au conseil du roi une nouvelle flolle.
Il expose ses plans, fait part de ses projets, affirme le suc-
cès de l'entreprise avec un enthousiasme superbe, et pro-
duit, comme des preuves vivantes de la découverte d'un
monde ignoré, les beaux types de Sélika et de Nélusko qu'il a
achetés en Afrique sur un marché d'esclaves. La prière qu'il
adresse à Sélika et les réponses de celle-ci où l'on devine un
amour caché, sont des chefs-d'oeuvre de sentiment d'ex-
pression. En présence de l'obstination du conseil, Vasco s'ir-
rite, s'emporte ; et il est condamné à la prison perpétuelle.
Dans son indignation il s'écrie :
Oui, vous avez raison, devenez mes bourreaux,
Vous qui redoutez la lumière,
Enfermez-la dans les cachots
De peur que malgré vous elle ne vous éclaire !
Protestation véhémente du génie méconnu et persécuté
par une puissance aveugle et inflexible, admirablement
symbolisée dans la prière des évoques à l'unisson :
Dieu que le monde révère !
sombre cl terrible comme la voix de l'inquisition, et qui
règne sur tout ce premier acte, glaciale et ténébreuse comme
la voûte d'une basilique du temps de Torquemada.
- 7 —
2" ACTE.
Au second acte, Vasco est couché dans sa prison. Près de
lui veille Sélika, l'esclave africaine, qui, en réalité, est une
reine indienne dont le canot, emporté par un orage loin de
son mystérieux royaume, a été surpris par des peuplades des
côtes d'Afrique. L'amour de Sélika se révèle et déborde
dans la berceuse :
Sur mes genoux, fils du soleil,
Enfant, dors sans alarmes.
qu'elle chante en agitant doucement un chasse-mouches sur
le front de Vasco, mélodie d'une originalité et d'un caractère
exotique adorable, rayon de soleil dans lequel bourdonnent
et voltigent des tourbillons de mouches d'or, mille soupirs
de bengalis et de ramiers amoureux.
Nélusko survient pour poignarder Vasco. L'esclavage et la
jalousie ont fait naître dans son coeur la soif de la vengeance.
Surpris dans son projet par Sélika/il s'incline et chante les
couplets :
Fille des rois, à toi l'hommage!
pleins de tristesse résignée et de respectueuse adoration.
Vasco s'éveille et, toujours préoccupé de son idée domi-
nante, il interroge Sélika et obtient d'elle la confirmation de
ses pressentiments sur l'existence du passage qui conduit aux
contrées inconnues Mais, à la persécution, récompense trop
ord^.aiuedes novateurs, vient s'ajouter la trahison. Ses
^a^iïx Al^s plans lui ont été dérobés par l'amiral don
/i^drîfeet'fqèA consenti à donner sa main à celui-ci pour