Essai sur l

Essai sur l'école du cavalier . Poëme didactique et militaire, par Ph. Auguste Milet,...

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18 pages

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Impr. de la Garde Royale (Madrid). 1813. 21 p. ; in-12.
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Ajouté le 01 janvier 1813
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Langue Français
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ESSAI
SUR
LÉCOLE DU CAVALIER.
POÈME
DIDACTIQUE ET MILITAIRE,
PAR
P H. AUGUSTE M I L ET, ,
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A MADRID
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ESSAI
SUR
L ÉCOLE DU CAVALIER-
POEME
DIDACTIQUE ET MILITAIRE,
CHANT l>
\J vous dont le sommeil trahissant les-desseins,
Fit tomber mille fois l'Ordonnance des mains,-, ,■ '_
Illustres Compagnons , qu'on voit dans la carrière, x
Se couvrir chaque jour d'une noble poussière;
Et qui devez par zèle , autant que par devoir,
D'un détail ennuyeux grossir votre savoir,
Jusqu'ici l'Ordonnance, a , par un froid langage,
Torturé votre esprit, glacé votre courage;
Et par son stile sec , dépouillé' d'omemens,
Fait bailler ses lecteurs par tems eimoiivenièns;.,*
Pour chasser loin de nous sa vapeur somnifère,
(0
J'ai conçu , mes amis un projet téméraire.-
J'ai voulu , de mon art sectateur exalté,
Sur ce Koran nouveau répandre la clarté,
L'animer , l'embellir, en être l'Interprète,
Proclamer ses décrets au son de la trompette....
Eh quoi! m'allez vous dire avec un juste effroi,
Par un coupable zèle emporté loin de toi,
Profane , voudrais-tu d'une main sacrilège,
Entraîner sur tes pas les neuf soeurs au manège,
Les forcer d'assister à tes tristes leçons,
Leur mettre dans les mains longes et caveçons;
Et t'oubliant toi même en ton humeur altière,
■Peut être, leur donner des coups- de chambrière;
Ou bien sans craindre encor d'alarmer leur pudeur,
Pourais-tu sous leurs yeux, impudent novateur,
■Pu superbe Pégase avilissant la croupe,
En faire , sans rougir , un vieux cheval de troupe.
Il est vrai, j'en conviens, qu'autrefois les neuf soeurs
Sous leurs pieds délicats ne foulaient que des fleurs;
. Et qu'elles ne quittaient les rives du Permesse,
Qu'en suivant des amours la piste enchanteresse;
Mais depuis qu'un auteur, a , de leurs doigts mignons,
Fait planter la laitue et semer des oignons;
Depuis , que, sans égards pour leurs robes divines,
Un gourmand Jes a fait présider aux cuisines,
Ne pourais-je dans l'art de former des soldats,
Comme eux-les inviter à marcher sur mes pas?
Aurais-je à redouter les docteurs du Parnasse?
Qu'ils tremblent !... J'ai pour moi le sabre et la cuirasse}
Ainsi, j'irai sans crainte en dépit d'Apollon,
Tracer un champ de Mars dans le sacré Vallon.
(7)
Si je puis applanîr ce terrein difficile,
Si je rends ma leçon , plus simple , plus utile,
Si je surmonte enfin tant d'obstacles divers,
Ce n'est qu'à l'ennui seul que j'aurai dû mes vers.
Déjà de tous côtés paraissent à ma viie,
Les timides essaims de nouvelle recrue,
Qui, des extrémités de cent Départemens,
Le coeur gros , l'oeil humide , arrivent à pas lents.
Qui croirait en voyant cet informe assemblage
Où réside encor brut le germe du courage,
Que ces hommes bientôt exercés et soumis,
Seront l'ame des corps , l'effroi des ennemis?
C'est ainsi qu'on a vu sur le sol de la France, •■
Ces chênes ignorés qui croissaient en silence.
Succomber sous la hache aux ordres d'un héros,
Enchaînés sur des chars , dirigés iur les eaux,
Arriver , s'élever , se façonner ensemble,
S'étonner de la main, du lieu qui les rassemble,
Présenter tout à coup à l'ardeur des Soldats
L'appareil imprévu d'une forêt de mats.
C'est l'art seul qui fait tout : à la voix du Génie,
Tout s'ordonne , se meut, se transforme , se plie,
Et i'arbre des forêts et l'habitant des.champs
Prennent un nouvel être à ses mâles accens.
Toutefois consultant les lieux qui l'ont vu naitre,
Sa taille , sa vigueur, l'ardeur qu'il fait paraître,
Assignons à chacun l'arme qui lui convient.
Vous dont dépend souvent le succès qu'on obtient,
Le robuste Comtois , le Belge plein d'audace
Soutiendront dans vos rangs l'honneur de la cuirasse
Pour porter la grenade et le casque aux longs crins
( 8)
Pour être tour à- tour cavaliers fantassins
Courir double danger, acquérir do uble gloire,
Les deux Sèvres, la Meurtrie et le Rhône et la Loire
Offriront leurs enfants ; mais vous légers soldats
Qui voltigez sans cesse au milieu des combats
Surveillans éclaireurs , vélites intrépides
Qui servez à nos camps de flambeaux et de guides,
N'importe le païs : vous saurez faire choix
D'hommes pleins de vigueur, jeunes, souples, adroits
Qui puissent tout braver ,et dont l'ardeur guerrière
Assure des lauriers à la troupe légère.
Et vous dignes soutiens de mes nobles travaux,
Disciples de mon art, créateurs des héros,
Vous tous qui possédez la science profonde
De former des soldats faits pour vaincre le monde,
Et qui dans tous les corps dont vous êtes l'appui,
Ainsi que mes devoirs partagez mon ennui-;
Terribles Instructeurs dont les vieilles moustaches
Attestent les travaux, saisissez vos cravaches!...
Accourez à ma voix!..', qu'à votre sombre aspect
Le conscrit ébahi soit saisi de respect.
Vous voyez sa tournure et sa marche pesante,
Sa tête vers la terre incessamment tombante,
Ses deux yeux entr'ouverts, son air gauche, emprunté.
Et sa bouche béante et son rire hébété.
Je remets en vos mains cet espoir de la France,
Instruisez-le avec art, douceur , intelligence;
Qu'il soit toujours soumis : faites lui concevoir
Qu'obéir en silence est son premier devoir.
Pour commencer, d'abord, sachez avec prudence'
Faire choix d'un coursier qui dans la vétéran ce
(9) '
Ayant perdu sa fougue et sa vivacité,
Soit l'exemple vivant de l'immobilité.
Que placé devant vous votre Élève docile,
Les rênes au bras gauche , attentif , immobile,
Joigne les deux talons qui sans se rechercher
Devront en s'alignant plus ou moins s'approcher;
Tandis que ses deux pieds,moins ouverts que l'équerre,
Iront tracer d'un V la figure angulaire.
L'un et l'autre genou flexiblement tendu,
Le haut du corps d'aplomb sur les hanches reçu,
Doit avoir en avant une légère pente;
Chaque épaule en arrière également tombante,
Les coudes sans roideur s'approcheront du corps;
La main droite offrira tant soit peu le dehors.
Sur ce corps maintenu dans un juste équilibre,
La tête avec fierté paraîtra droite et libre,
Unissant au menton , par un simple toucher,
La cravatte qui doit ne jamais le cacher.
Je veux qu'ainsi placé, déjà sur son visage;,
Tous ses traits ennoblis soient encor votre ouvrage,
Et qu'animé par vous du geste et de la voix,
Le feu brille en ses yeux pour la première fois.
Après avoir ainsi, modulant l'Ordonnance,
Fait monter à cheval votre Élève en cadence,
Avec art aussitôt redoublant vos efforts,
De son corps incertain disposez les ressorts :
Qu'en tous ses mouvemens , d'une noble attitude,
On reconnaisse un jour et l'usage et l'étude:
Qu'il ait la tête altière, un regard imposant,
La poitrine en dehors , la ceinture en avant.
Qu'évitant la rondeur , l'épaule avec souplesse,