Etat des finances et des ressources de la République française, au 1er janvier 1796 : pour faire suite au Coup-d

Etat des finances et des ressources de la République française, au 1er janvier 1796 : pour faire suite au Coup-d'oeil sur les assignats, et aux Réflexions sur la guerre ([Reprod.]) / par M. d'Ivernois

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130 pages

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de l'impr. de W. & C. Spilsbury (Londres). 1796. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le 01 janvier 1796
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Langue Français
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THE FRENCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
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Telephone: (0993) 776396 Fax: (0993) 779043
'DES
A N C E S
ET ]DES
RESSOURCES
%Ji*y '̃ DE LA
AU 1er JANVIER,,1796-
PAR M. D'IVERNOIS.
FOUR FAIRE SUITE AU COUP-D'OEIL SUR tSS
JSSICNJTS, ET AUX RE'FLEXIONS
SUR LA GUERRE.
/r LONDRES:
m l'imprimerie DR W. & C. SPILSBURY.
Se vend chez P. Elmsley, Strand; J.Pebrett, Piccadilly;
J. De Boite, Gerard-Strcet, Soho; J. Sswill, CornhiK}
& chez les principaux libraires. y
as JANVIER,
li
1 T A T
DES FINANCES ET DES RESSOURCE;
DE LA
AU i" JANVIER, 1796.
I\ PEINE avais-je achevé fur les aflïgnats le tr.ava'1
où j'annonçais leur cataftrophe comme prochaine?
que j'apprends que cette cataftrophe eft déjà arrivée
& qu'afin de colorer les moyens violens qui l'accom-
pagnent, le Direétoire vient de révéler aux deux
Confeils, que l'heure des palliatifs eft palée; que toi»
les rejbrts Je Irifent dans Jes Mains, de que là Repu-
blique touche à Jon dernier terme, J quelque reffource
inattendue ne fort, pour ainft dire, avec la rapidité c'a
'J'éclair du génie de la liberté (
(i) Meffage du Dirtttgire au Confeil de. le 6 Dtctmbrt
179S.
[ a 1
J'avais d'autant plus befoin de cette confirmation de
mes prorioftics, que dans le temps même où l'on re«
connaifl'ut à Paris que le Jyjlême des alignais était ri
mauvais qii'il nt pouvait plus durer, {-î) il venait ce
s'élever à Londres un ancien adminiftrateurdesfinancts
calculs fur leur inévitable épuifement. A en cioi.e
l'écrivain dont je parle, celui des Réflexions jur la Paix
avait fcul raifon en attribuant tous les triomphes de )a
République au mouvement révolutionnaire & au fana-
tifmc de la liberté: le commentateur va même pi JS
loin } il ne diflimule point que cet cnthoufiafme dure
encore, & peut opérer les mêmes merveilles.
̃Lôrfqu'on fisura que ce champion politique, le pre-
mier qui fc (oit encore préfenté fur l'arène pour de*
fendre généreufement envers & contre tous, les opi-
nions de la fille de M. Necker, n'eft rien moins q iî
le il n'eft perfonre,
je penfe, qui à ce. trait d'héroïfme ne foit tenté de
Du Chevalier Fronçais tel ift le caratàri 1
Mais comment fe fait-il qu'cn'combattant fous les
bannières du beau fexe, il fc Ibjt cru difpenfé vis-à-vis
de moi des égards dont je m'étais honoré envers fon
héroïne ? N'aurait-il pas du lui fupire d'avoir C'cir.-é,
par de fimples aflertions,;toute h chaîne des faits que
j'avais pris tant de peine à raflembler, fins rendre nu
défaite plus humiliante encore, en me prodiguant ks
(t) Rtv/id/, PféGdcnt du Dit»%bire.
l 3
B 2
de grand fror>ofliqueur~dî dcgxaùjeur i
perle de vue– de pampklétifeur politique–de
d'oracle– de folliculaire, &c. &c. &c ? (i)
Après avoir employé mes faibles moyens à plaider
la caufe de la'Monarchie Françaife,& devant d'infor-
jiincs dépouilles, il m'aurait été peut-être difficile de
deviner comment j'ai pu encourir l'indignation de
M. de Caionne,- s'il n'en eût lui-même trahi d'entrée
l'objet, en attaquant monécric/w les par les
déux.dernières lignes où je dirais que, la Monarchie
Françaife tivait péri par les finances: fur quoi il s'écf.e,
que CELA N'EST PAS VRAI, que CELA NE SERA JAMAIS
vrai que jamais le tréfor public n'avait été dujji dé'
tbargh de dettes exigibles). auffi povflu,el dansfespaiemsns
ta 'aujft 'puijfant encrédit'qu'à. l'époque de la convocation
des Notables, &c.
A la manière délicate, mais formelle, dont il me
donne ce démenti, je dois fuppofer qu'il a en maio,
comme il l'annonce, des preuves incenteft allés de mon
(1) Il' CI .vrai que M. de Ct'onre, exercé de longue mail à
toutes les évolutions de la guerre polcmlqjc, a pris de temps en
temps la pcine de voiler légèrement quelques-unes de ces f sr«
fonalitcs fous des rc flexions ^entrâtes. C'ctt ainîi par exerrp'e
qu'il parlc le plus iouverit a pluriel, lorCqu'il veut s'adrelfer à
ruoi de manière que perfonne ne paifl'c fe méprendre fur (Ci
apoili-ophes. Apres s'être fervi très-librement de mon non)-. il
a jugé à-propos de cachcr le fien fous le manteau de l'anonytr.e
ce qui ne 1°a pas .empêche de s'en aller publiant par tout qu'il et\
1'auteur du '-fabliau de ÏE-tir/e, inféré dani le journal cc Monfleur
fon frcrc. Voyez !a fuite du Ccurier de tendra, des mois de No«
verobre tt Dccc(i)bre
[ 4 ]
rmpofture, & qu'il ne me refte qu'à faire amende
honorable. Auffi fuis-je prêt à reconnaître mon
^erreur, (i) pourvu qu'il me permette de déplorer.
avec toute l'Europe, qu'il ait caché fi long-temps
ces grandes vérités, & qu'en réuniffant les Notables,
lieu de leur déclarer un déficit de w^ millions, il
n'ait pas jugé à-propos de mettre fous leurs yeux les
pièces, justificatives qu'il pofsède fur le brillant état
des finances de la Monarchie.
• Aù refte, il ne s'agit plus à présent de favoir fi la
Monarchie Françaife a péri par le délabrement de fes
finances, mais uniquement de "càlçêlér fi la Répu-
blique s'écroulera par le difcrédit de fon papier-
monnaie. C'eft ce que nie également M. de Ca-
lonne, qui m'oppofe d'abord la grande refiburce des
Français, leur énergie exaltée par le fanatifme, & le fa-
•naiifme redoublé par la calamité mêmes. Ce n'eft là>
,ce me ferhbley que la paraphrafe des premières lignes
de l'auteur des Réflexions Jur la Paix. Or je crois
avoir prouvé que fi l'enthoufîafrne a commencé la
Révolution, ce font les affignats qui ont créé la Ré-
publique, & qui lui ont procuré fes conquêtes. (2)
Si quelque cliofe peut me faire pardonner cette erreur par
M. de Calonne, c'eft qu'il m'y avait en quelque forte induit lui-
Jriême, -en accufant l'Affemb'ée Conflieuante d'avoir empir-é le
DEPARTEMENT DES FINANCES qu'elle devait REPARER,
difaïtril. Voyez fon onvrage de PEtat de la Francs pré/eut &
àyenir, p. 5.
(i) Voyez page première & fuivantes du Çoup-d'ceil fur les
Jljfignati, ou r age 229 des Iic-volutions de France & de Genèv(t
cJùion in-81, publiée à Londres au mois d'Oétobre
̃ C'êit
1
M. de Calonne efl loin de mé l'accorder; m$is en
Padrnettanc comme hypothèfe, il Contient qu'il n'eft
pas impofiibîé de prolonger le règne de ces affignats;
èc il connaît plufieurs moyens d'y réuiïir, malgré leur
• diferédit actuel. Ceux qui par\uelques lignes de décret
ont créé, dit-il, d'immenfes ricbejh, qui les cnt multipliées
autant qu'ils ont voulu, & qui ont greffi leur tnajfe faits
C'eft là où. je me fuis attaché à projver par les aveux même des
Légiflatéurs Français, que toute la puiffance de leur Révolution con-
Jîjie exciufi'vemenl dans leurs ajfigmis. Si cette proportion avait bê-
foin de nouveaux développemens, on pourra les trouver dans le
dernier rapport qu'a préfenté la nouvelle Commiffion des Fi-
nances au Confeil des 500 le 13 Novembre. En voici quelques
paffages
La en ouvrant une carrière de gloire au peuple Fran-
fais, a ou'vert aujji une fource de dépenfes publiques. La gwflee
que nous a-vons faite à vos ennemis ejî le compte général
,le «es f,nan<es.
Des amies portées jufqu'a 1400,000 rombattans, entretenus depuis
'quatre ans de tous les objet > nn/ffaires à laguerre; Pétablijfemiint d'une
multitude d'aitdîers y d'arfinaux créés prefque à Vinftant toutes
les part:es de la Rrpuilique, une marine nombreufj jetée dans un mt»ne>:t
fur les chantiers U armée; une confommatio-i en tout genre dont aucun
peuple n'avait dcnné l'ixeuiple; des approijifionnemeiis immenfes de
fibfijïaHces de marine f3 de guerre, achetés chez l'étranger four
remplir le gouffre dévorant de nos befoins mille dépenfes imprévues
dont les événement de lit Révolution -eut amené par intervalle la
nîccjpté -voilà les ca'ifes honorables de l'état de nos finànces,
Durant ce temps, ajoute le Rapporteur Echafféàaux, aucun pris-
cipe, aucune réglé déttrmittée, ne dirigeaient les finances de l'Etat. Let
émiffions d'i'Jpgnati venaient rfparer tous les déf ordres, & combler toutes
les dépenfes. Le mi/iiflere de la guerre devint un gouffre. Des cé mo-
ment on égara l'équilibre de la recette Ü de la dipenfe, le défordtt
s' accrut, f impôt fut la planche des effignats fut la reffmrct
C 6 ]
hnitStfons tljlè.cUSy ne Pas, aujourd'hui
gu'ils eut encore ot mains la mhq&baguelle enchanter ejfey
terrifique là toute-puiffante.fcutenir leur cuvrage, ou te
remplacer, en réparer la caducité, eu le remonter à neuj,
̃ fréjerver du néant ce que d'un mA ils eu ont fait for lit
ou y Jubftiluer d'un met d'autres créations femblables?
Nejl-cepas un adage reçu, que qui te ut plus peut moins ?
N'ejl-ce pas une vérité éternelle que le pouvoir couferva-
leur efl inhérent a:t pouvoir créateur ?
Voilà vraiment un tableau de la nouvelle écolo.
Si quelques amateurs le trouvaient un peu chargé,
même à l'aris; je dois les prévenir que l'auteur, en
Texpofant à Londres, a eu la précaution d'inferire au
bas quV« doit être enfin convaincu par la lefon des
iyéntrnens que la plus nmuvaife manière de rai/onner
̃ aujourd'hui y cefi de raifonner comme autrefois.
Siip cet avertiffement falutaire, h leçon des événe-
'mens m'aurait peut-être convaincu de plus en plus
Km'jue filrt lef dit gouvernement pour les de la guir/l,
feur les le/Ans crJinains de P intérieur, (J jour icutti les déperQs
extraordinaires.La fitihhjfe des doute adiiiniftmliùnt ne fit $u\<c-
treîtrt'la di^exfe, (J la trt/ertrie nationale, j.v. pour l'e.iï.
»,ent(r^S fairt le Jcrvite, il/toquait toujours de nouvelles imifana
d'ejfignats.
Je ne (ais fi ce nouvel aveu me réconciliera avec mon advçr.
faire, qui voudrait, à toute force, attribuer à quelque c'iofe de Fius
noble qu'une planche de graveur les fuca» de fes compatriotes fur
la des ¡lus grande! Puiffunces. C'ejl un Jullime (J
dit-il avec ironie, que celui de combattre tn:U
t Europe rv:c du /c/îVc, dt faire da flet les (onfutttt avec dp
llifom
4
il }
que la manière de raifonncr comme autrefois eft en*
core la meilleure; eV fi l'auteur du Tableau del'Europs
n'avait pas volontairement renonce à ce qu'il appelk
les vieilles méthedes, les vieilles maximes, les
habilités, il me femble qu'il aurait fort bien fu dire
La baguette enehantereflè avec laquelle la Révolu-
tion Françaife créa d'immer> fes richefles, & grofl'c
leur mauVfans bornes, avait pour talifinans à ka
deux extrémités; l'enthoufiafme & la terreur elte
a vu s'évanouir pou/ jamais avec eux fa toute*
puiuance, & ne peut déjà plus aider conjurer kV
cfprits, qui d'un mot avaient tiré les aiïignats cl'i
néant. Plus de cent fuis le Magicien déconcerté ;i
promis folemnellement de leur rendre tout icurpre»
mitr crédit; & cependant leur diferédit n'afait que
s'accroître. Il n'avait pas même fu l'arrcttr
lorfquc baguette était «Sr.core ter^flque; coin-
Cf ment d'autres créations kir.*
blablcs, aujourd'hui que cette baguette elle-mwe^
"̃lui a échappé? N'eilTce pas un adege reçu, que
'celui qui n'a pas pu le moins, ne peut pas le plus?
NVft-ce pas vtîc vérité éternelle, que Je pouvoir
créateur n'elt point inhérent au pouvoir qui n'a p?s
fu :e montrer confervatturr"
Il t^vrai que le financier qui m'a réfuté nYoppofï
la Nation Françaife, comme la Nation la plus crédu't
là qu'il y ait au m vide & il en con
dur, que le bon sens ne permet
(eux qui ont trouvé fi facilement chez leur imprimeur
des fends fuffij "ans pour faire face aux attaques de Unît
l'Europe, u trouvent encore quand il le faudra qud>ii>s
C « 3
autre expédient femblabU, 13 ne parviennent à remplace
une fïfion par une autre fiflion.–Lafource des illx-
fons 0-elle dpnc tarie ? s'écrie-t-il,
Je l'avais cru. tarie, je l'avoue; & quoique M. le
Colonne en connailVc mieux que moi les divers
canaux, le bon fins ne me permet pas de pré-
fumer qu'elle puille fe rouvrir avant qu'on ait réuOÎ
â^peifuader aux i", que la guerre eji rn
lefoitt de leur manière d'être (i)*; 2°, que pour
prolonger, il leur convient d'adopter quelque expédient
Jcmbl&ble à celui des aiïignats qui les a ruines que
ce nouvel expédient, fi c'eft un papier-monnaie,
repofe fer une hypothèque, abfolument dilîcrente de
celle du précédent.
Ici, & entre mille moyens de rouvrir h/ourec des Ûiu* y
j3ons,Ya\)ieur(\uTai>!<?vitdenîurcpeà(:bi)ie par indiquer
celui qui lui paraîtle plus firnple. Pourquoi donc, mede-
mànde-t-il, les Chefs de laCcnvextlon ne parviendraient'
ils pas, aujourd'hui que V exigence de la chofe publique
<, 'eftplusimpirieufe qu'autrefois,
faut retrancher quelques chiffres aux affignats, pour fimpli--
ferle dénominateur, comme on a introduit en arithmétique
les frallions décimales pour faciliter les calculs? ï.a
comparaifon h'efl pas exafle, mais n'importe on [,dit'
l'idée; & l'on doit convenir clue c'efi: une concep-
tion hardie que de redonner un nouvel empire a »,x
aflîgnats, en déiruifaiu leur principe appui, la.
confiance. Cependant, comme la nouvelle Lcgifia-
tore^^rançaife vient d'enlever à M. de Calonne fe
mérite
(t) Affcrùondc l'auteur du Tableau de l'Eun/t:
1 9 )
c
mérite de cette grande découverte en le gagnant d«
vîtefle(i), il ne lui fera plus permis d'alléguer que 4
j'impéritie des moyens propofts à la Convention ne prouve
que contre ceux gu: les ont adoptés. Refte » favoir
maintenant jufqu'à quel point ce qu'il appelle le
dénominateur ftmplijiê pourra arrêttr le diferedit des
affigrrats qu'on foumet à une pareille épreuve, ce
difcrédit qu'il n'envifage, dit-il, que comme une ir..
régularité exceffive dans fon mouvement.
Et certes, il ne s'en tient point là j car il ne vo:t
dans cette irrégularité que la preuve d'un agiotage.
défordenne, auquel il affirme qu'il ne Irri parait pu
ippoffible de mettre un terme.
Telle ett, mot pour mot, ce me femble, la ma-
nière de raifonner des Légiflateurs Français & cepen-
dant, depuis dix mois qu'ils tiennent prccifcmcr.x
le même langage, il ne leur a pas encore _été
potable de découvrir l'apparence d'un frein contre
l'agiotage dont ils fe plaignent. J'en fais bien la
railbn; c'eft que cet agiotage de/ordonné n'eft autic
chofe qu'une défiance profonde, & que fe défier d'un
papier-monnaie, c'eft en d'autres termes fe défier ci.
ion g3T;e bu de fon rembours.
Il e(V vrai que M. de Calonn.e ne fait pas difficulté
(1) Il développait cette idée lumineufe dans le Ceurier 4po
itndrttàu lif Novembre j & nois fcmainei après, les deux Co:t.
feil» Français fe font téuuis pour la mettre en pratique, Ils ont
décrété, fans doute pour facilittr ks calculs, que les affignats t's
ico liv. ne vaudraient que i Ht. encore fefa-ce dans un ernprus
forcé que le Gouvernement les recevra à ce taux. Je ne fais fi
c'cft-là ce qui s'appelle Jimplifn un démminateur.
I 10 ̃]
de UilTer deviner i'un dcs freins qu'il aurait oppofV:» à
cet dciiance. Mais, en l'indiquant à H s compatriotes,
je Ici r l.iiiic à prononcer s'ilb liront tentés do s'y fc.u-
mettre. I, exécrable tilt- auj/i petit
(H iiiiuufiS que gyiiiui î.l barL\.rie-) i"ob:s ignorant et
Ciliiihiijlraticn, ïs? mohis er.clin eboifir dt ̃préférence les
voies les plus tyi'tumitjucs, ne.t pas cru de
recourir à une 'U r.ujji vexatohe que V'ctait celle du.
Maximum. Il je fut ccnhulé de rendre le cours des
ôffignalsj.ïcé-, r.x excluant cei.i i ors matures
V'OR £-ï b'slRCHKT.
J,c liiiancier Bourdon avait devancé :\1. de Qilom ?,
en prceiunt cette nienie mefure piécilenient 6 mois
av.in: lui. Je veux croire qu'elle eût été moins iy~
rann'uy.ic nvis ciit-cile Lx moins vaine que celle du
Maximum; n'aunilt-elle point fait fn:buir toutes ies
̃ffpcces qu'on n'aurait pas rcufli r à espédier dons
l'étranger ? Comment fe figurer qu'elle eût tn'jiêchc
,le d'ricrtdit des alîign'ts ? Tout ce qu'avance à ce
fujet l'auteur qui me iéfutc p.iiv.îwa bien faible. Une
viohïiuie cïlif;cîdU't dit-il, ne perd ou ne que
cjl centre une monnaie celle.-
I..c taux du cïir,;ge cjl mot vuide de feus.
Ct'îe u\ù- par;:îc l'idéo-nitrc de tome la dec-
trille de M. de Galonné tk i! ne ctlïc de revenir À
la charge, contre ceux qui, fans avoir aucune ru-
lion faine du taux du change dcs aflis>nats, s'aviûnl
néanmoins Je r.e fais trop comment
il s'y lera |):is p-our fe foriïicr ce qu'il appelé
des r.oiior.s'Jiùr.is fur le taux du change d'un papier-
monnaie q..c les cndolïcu/s, ainfi qu'on l'a fer(
bkn dir, k font conltair.mcnt panes de mains en
[ il 3
C 2
Mains comme un charbon ardent quant à moi, je r.c
me vante" ni de- fiifir ni de fixer tous les clémens
révolutionnaires qui, en tell,Ç ou telle époqre,
ont influé plus ou moins fur le cours du change
aflignarsé» M.iis s'il cit inmile d'an.ilyfer les divcrles
caufes des variations de ce cours, il (fit be:uicoiu> plus
important de conllatcr leur baille continue & leur tar.x
«duel, pnreo que c'eft l'unique principe à l'aide di-
quel on puifie arriver l'évaluation du gage alYeélé
à ltriir rembours.
Ce principe vient d'être expofé avec beaucoup <!e
clarté au Ccrncil des Anciens par CI Commifllon (If
Finances. La 'taleur de i'ajjignai, lui a-t-elle dit !e
3 Décembre, cjî irrévocablement fixée dans Jcn rapport
avec le gage qui lui eji affeiti.- Après avoir pôle re
principe, aprcs avoir déplore l'incertitude toujou-s
croifîante fur la réalité des propriétés qui fervent
de gage aux affignats cette même Coimiifllon en
concru que, pour anéantir Je difaédit du papier-
ir.onn.iie, il fallait vérifier la valeur réelle des domainri
.national/ Il cft vrai qu'elle n'a pas lardé à dé-
couvrir quecette vérijicntk» fcrait un remède pire qrc
le mal mais fi tlle n\\ pjs jugé à propos de l'enrre-
preivJiï, il ne me fua peut-être point inripollible d'y
ilipplécr par Ia feule application du principe C!.
deJÎ'us. (i) En efTet, dès que j'ai la certitude que h
(l) Dans la féance du ro Oflobrc, Le Cculftux ajouté un l'i-.
Veloppcmcnt de plus îi ce principe the
êudtfrétié, a-t-ildir, cu'eu de h plus ou v:v'ms f.vte qu.tsé
C J
valeur de l'affignat & celle du gage font ta rapport;
il me fuffit d'apprendre que les 20 milliards d'aftîgnats
qui étaient en circolation le 3 Décembre étaient
tombés pour cent de leur valeur nominale, & ne
rcpréièntaknt ainfi que 125 millions de valeur ef-
feétive; je trouve tout à la fois dans ce produit celui
de la valeur fuppofce au gage avec lequel celle de
l'aflignat ejl irrévocablement fixée dans /on rapport.
Cette évaluation paraîtra peut-être trop faible
fnais il eft eflenttel d'en foumettre le calcul à
diverfes épreuves avant de le rejeter comme er*
ronéo En fuivant dan3 fa gradation la baiflé des s.f-
fignats,%on verra qu'à mefure que le public a tt£
Fclaité fur l'étendue des restitutions, if'fur le bas priw
auquel fe vendaient les biens non reftitucs, il a eu
grand foin de fuivre une progrefiion à-peu-pièa
femblable pour la baifle à laquelle il a fuccefiive-
ment condamné les afllgnats: enfin, l'on le cou-
vaincra que l'opinion de ce même public, fur la va.
leur des biens nationaux, s'eft trouvée repréfentée de-
jour en jour plus fidèlement par ce qu'on appelle le
taux du change. ̃
(1) Dans la (tance du Décembre le banquier Le Ceuheux a emyé
d'indiquer quelques degré» de l'cchelle de cette baifle En
Pltviofe de l'an 3, a-t-il dit, ©ncakuîait 6 milliard» n?iï-
•' li6ns, qui étant avec la monnaie métallique dans le rapport de
,Il i 4, repréfentaient millions. Deux mois après, les *f.
n (¡goals s'élevèrent à 6 milliards & demi/ qui tombant'dans Je
rippott de à 6 ne repréfentèrent plus que milli.ws
valeur métallique:'
Je 1e faurais m'étonner de cctte chute, fic'eft dans cet inteml/ç
quc Cambon ri\ih l'atTreux (wtl de la détériouUoo de« bi.'nj
PfitionaHK. f
1 ]
Qu'on me. permette d'entrer ici dans une dif«
cuflîon que l'auteur du Tableau de l'Europe a fant
doute jugée au-defibus de fon fujet, puifque le mot
hypothèque ne fe rencontre pas même dans la partie ?
'de fon tableau où il traite des affignats. Moint
rapide que lui, il ne me fuflit point d'avoir dé-
couvert à quoi s'éléve la valeur de leur hypothèque
dans l'opinion des agioteurs Français il nie relie en-
core.à examiner fi ces agioteurs font réellement fondés-
à tuppofer une valeur de t25 millions aux biens in-
vendus: or, je fuis fi éloigne de m'en tenir à leur
fuppofition, que je nie fans balancer que les biens
nationaux aient aucune efpèec de valeur pour la Ré-
publique qui s'en eft emparée. Je leur foutiens qu'eue
n'en peut abfolurriént rien tirer pour faire face à fa
dette, & les porteurs d'affignats vont en avoir h trille
démonftration, s'ils veulent prendre la peine de me
fuivre.
Je ne connais qu'une feule route pour arriver à
l'ertimation precifc d'un domaine rural, c'eft de fe
faire exhiber le tableau de fon revenu net. Quoique
depuis long-temps le Gouvernement Français, afin
d'e^gérer la valeur de fes domaines, s'efforce de jeter
uri voile fur le cadavre de leurs devenus, il fera faci'e
de lever- ce voile à l'aide des aveux indiscrets que
fit Jobannot, il y a environ une année. ï^e premier de
ces aveux, que j'ai déjà rapporté, eft trop précieux
pour en laifler perdre la trace. Le voici Le rtvem
d'une année de$ biens nationaux invendus tjl d'es-
viron 300 millions. Ici fe préfentent trois obfer-
yatioos importante». La ie que depuis te 2 2 Dé- r
cembre date de cet aveu, on a
[ H
telié les confifeations, mais on a reftitué toutes celhâ
qui avaient eu lieu fous le règne de Robtfpicrre, & s
cela fans aucune autre exception'quelconque que celle*
des biens de la famillc Du Barré. La î<lc, que JLejCcul-
teuK vient de reconnaître, que le 1 4 Avril fuivant,
c'eft'-à-dire fc ni en vent quatre mois après, la ma:fe
de ces rettituiions avait ié<luk le gage laiffêen
thlque àfept milliards, de (les revenus
ejlimis il ejl vrai-, dit-il, rjt denier (1) ) cftjmation
qui réduit par conféquent millions le revenu de
toutes les tares dont Il nation fe rcierva li propriété
°à cette époque. 1.a y, que depuis cette même époque
on a al:éné une grande partie de ce revenu de uo
mil1ions.
Or, comme pour fe procurer des acheteurs on
leur a donné un choix fans linvucs entre tous les
domaines à leur bienfcar.ee, il n'rfl: pas douteux
qu'ils n'aient choifi les meilleurs; <n: l'on eu: en droit
de fuppofer, ce me femble, que c:ux qu'ils auront
dédaignés, Se qui retient encore à la difpolition
de la nation, font pour la plupart, ou des bic^tS
d'émigrés fitucs dans les dtpartemens infurbés, ou
'des domaines ravagés par l'incendie de la guérie,
ou bien de ces domaines donc parlait Qimbon, il y a
onze mois, en annonçant qu'ils entre les
mains de la nation, ou enfin de cette dernière clalfc
de domaines dont parlait le même Cambon, en coi*
venant que des acheteurs frauduleux ies abandon
naient après en avoir vendu en détail les arbres la'
(1) Voycï le Moniteur du 9 Dcccmb;e, 179J.
L ]
les matériaux. Ce; circonfhnces cénfidérccs; je
doute que 1 totalité des biens ron-refli tués & (Ce.
tous ceux qui demeurent invendus, ait jamais produit
la mi)it:c du revenu doiif- vient de parler Le Goutteux ï
mais je conferts admettre l'euimation des 140 mi!-
de qui, ce Députe,
encore il y a huit mois d.ins les maris de la Ré-
publique.
Maintenant, à ces premières données, il en fuît
C°, q-.ie le Fr Janvier 1795, la Convention adéclué
cfttc dette privilégiée
l'Elu; f:, que [K-u de temps ?près la reflitutio.l
faite aux fédéràliilcs, Jobra^ot a aflliié q-.ie cct-;e
dette, qu'il appela à'<n:ces Jur les émigrés,
dait cas 1500 m/V/ww de capital,' ce qui était cor-
venir en termes déguifés qu'elle excé.l lit le proJuic
d' revenu de dix'annécs de toutes les terres, non ref-
l'ous mes lc-cleifrs me devancent dans la réflexîo.i
qui C<i prélVnte ici. Si le revenu des biens iivyemluj
ne s'élève qu'à ï4o millions, foit dû fur ces
biens millions, c'efe-à-dire au-delà de 10 années
de revenu, il ellplus clair qiu-.fr jour, que h natior,
qui s'en cft em'pirée a la durée d'en acquitter les hy-
pothèques, ne peut pas fc il ai tu- de s'en appliquer
feu! ccu à moins qu'elle ne icufliflc a les vendre mieu<
qu'au denier IQ. Or, comment s'en flatterait-ello
encore, depuis qu'afin de fe de faire des meilleurs, clic
s'eft vue réduite à en on'rir l'aliénation pour un capital
t ]
eorrefpondjnt à 2 ou 3 années de leur ancien revenu ?
Supputons néanmoins, par impofftble, qu'elle par-
vienne à les vendre tous au denier 10 à quoi lui kr~
virait encore ce produit inefpéré, finorr- à acquitter
les anciens hypothécaires privilégiés ?-Et alors,
que devient, je le demande, la fortune colofïale que
l'État s'était promis d'une pareille proie? Cette
proie lui échappe, il ne lui en refte déjà que 14
honte du brigandage & les mortifications du dés-
appontement. A peine s'était-il emparé par la vio·
Içnce, mais à fes périls & ri fq lies, d'une fiïcceffion
«qu'il favait être immenfe, & il s'appe.çoit avec effroi
quec'eftune fucceftion ruineufe dont le paflif furpafte
de beaucoup l'attife A peine avait-il réuiîî, à force de
dépenfes & de crimes, à fe défaire de tous les héritiefè\
collatéraux, & il apprend qu'en partant dans les mains
d'un héritier auffi fufpeét que lui, ce prétendu héritage
perdu tout-à-coup les neuf dixièmes de fa valeur
primitive Enfin, pour comble de maux, ce Gou-
vernement fpoliateur n'a aucun moyen quelconque
'de fortir du dédale inextricable où il s'eft enfoncé.
Lui propoferatton de fufpendie la vente de fias
terres, afin d'en remonter graduellement la valeur?
Il vous répétera avec l'accent du défefpoir, que les
fraix annuels de leur gettion lui ont coûté jufqu'ici au-
delà de tous les revenus qu'il en perçoit, & que, malgré
fa vigilante redoublée, celles qui demeurent invendues
fc détériorent chaque jour à vue d'œil. FlTayera-t-il
de dépouiller de leur titre les anciens créanciers? eu,
ce qui reviendrait au même, acquittera-t-il encore
cettc dette privilégiée en aflîgnats où en céduks
[ 17
D
Il réduirait Infailliblement par-là à la mendicité un
forcé malgré lui d'accourir; car unc expérience
âfFreufe & prolongée l'a enfin convaincu qu'après avoir
ruiné les rentiers de Paris, en les rembour Tant m
papier-monnaie, il lui en coûte infiniment plus cri
distributions gratuites de fubfiftances pour les foulagcr,
eux, & toutes les clafles qu'ils faif lient vivre, qu'il
ne lui en aurait jamais pu coûter pour relier fidèle à
fes engagemens (t). Ain6, quelque qu'il porte
fes* regards, il ne découvre autour de lui qu'écueils
te précipices!
J^e-;on à jamais mémorable de ce que le fyfttW
des confifeations a de perfide pour les Gouvernemcns
qui s'y livrent, cV de défaftrtux pour les partis qji
espèrent en profker Ils croient dépouiller leurs ad-
verfaires, & ils fc volent eux-mêmes. Porteurs d'af-
(t) Dans fon mcfi'agc du 16 Décembre, le Dlrcftoirc \'?e-t
d'avouer que lar de Prrb exigent eu ce moment plus Jï
370 mi/lions far décade. Qu'on juge, d'aprts un pareil aveu, fi
Dupont avait eu tort de s'écrier quinze jours auparavant
faùéli policée ne peut lever fur fin peuple un impôt fujffatit peur munir
Avant la Révolution qui a ruiné fins retour les capitalises, hi
rcntieii, & toutes les autres clafles, non-feuiemcnt les fubfiltaric i
'de la capitale ne coûtaient rien au Gouvernement, mais il rn
retirait un revenu annuej de 77 à 78 millions. C'efTcn en dor.
«a'nt le relevé, que M. Necker remarque que le Roi de Frr.m
i tirait plus de revenu de fa Capital, qn ht mit Kycurr.es tnfemlh
JeSardaigne, de Suide, Le; de
Que lcs temps font changés
[ is 1
fignats Français qui aviez cru receler impunément
le fruit de tant de brigandages ouvrez vos porte-
feuilles' qu'y trouvez-vous maintenant ? Les titres
enregiftrés de votre indigence & de cette avide cré-
dulité qui vous a rendu les complices de tant de
vois déjà difiîpés, & vous a fait plonger les mains dans
le fang de tant d'innocens.
Oh, qu'il fera important de s'arrêter un jour fut'
une époque qui fait fi bien renbrtir l'accord éternel de
la juftice & de l'intérêt Et quel fujet intariffable
de méditation pour l'hiftorien ou l'adminiftrateur,
lorfqu'il fixe déjà fa penfée fur les premières quêtions
qui viennent l'affiéger en ce moment
Si les Chefs de la Révolution Françaife avaient re-
ligieufement refpectë les propriétés des individus; s'ils
ne s'étaient appliqués qu'à répartir les anciennes con-
tributions d'une manière plus équitable; n'auraient-
ils point levé réellement fur le produit bien ménagé
des propriétés refpectées, un fubfide plus efficace,
quoique moins confidérable, qu'en fe livrant aux con-
> fifcations ? N'auraient-ils point été préfervés par-là
du projet chimérique de révolutionner l'Europe par
la propagande, & de la démembrer par une guerre de
conquêtes ? Enfin, n'auraient-ils pas fondé plus
furement & plus rapidement une Conftitution libre,
& un Gouvernement fulfifamment doté pour pourvoir
à fes dépenfes ?
En admettant que Robefpierre Se les Jacobins
enflent pu continuer à régner impunément par la
[ «9 3
D i
terreur, & à l'alimenter leur gré par les fpolk-
tions combien d'années doit-on préfumer qu'Is
auraient pu rouler autour de ce cercle, avant que la
France eût été en friche, >& que fes tyrans euflerrt
été appelés par leur propre intérêt à renoncer volon-
tairement à un pareil régime ?
Au point où en font réduits aujourd'hui les fuc-
cefleurs de Robefpierre, pourraient-ils faire en 'tÎ.
nance une opération plus productive que de réintégrer
(dans leurs propriétés toutes les familles dépouillées, à
la charge par elles, de fatisfaire avec le temps leurs
anciens hypothécaires, dont le Gouvernement fpôlii-
teur a garanti fi imprudemment la créance
En fuppofant deux Princes voifins montant fur le
trône, égalemcnt abfolus cV également riches, mîis
dont les revenus de l'un confieraient en contributions
levées fur un peuple de propriétaires, tandis que tous
les revenus de l'autre confifleraient en terres don? il
aurait la propriété, cV qu'il affermerait; lequel d*s
deux augmenterait le plus fa puiflance, & celle ciÇ
les fucceiVeurs ? Serait-ce le premier, en s'en fervai-.t
comme Robcfpierre, pour confifquer à fon profit les
terres dont fes fujets étaient propriétaires! ou le fecond,
en imitant la conduite du Gouvernement Anglais, qui
vient d'aflurer à perpétuité & fous certaines conditions
aux peuples de l'Inde les terres qui lui appartenaient
& que ceux-ci n'avaient cultivées de temps immé-
morial qu'à titre de fermiers ?
20 J
Que d'utiles développemcns pourraient offrir de
pareilles dilïertaiions Avec que'!e clarté, de ces
exemples tous vivons encore, Je déduirait la preuve
que lt propriété rit la pierre angulaire de la voûte Ju-
ciale, qu'elle eft li fource unique & première de Pin~
duftrie, des reproductions, de la puiflance ? Comme
on en verrait fonir avec ce grand pi-inerte,
Vinjujîice porte toujours ava elle Jes fruits de ruine
Peuples que la République Francaife avait clprrc
pervertir par l'exemple de ils ccncifcations béniPèz
Je Gcnie prote&cur del'eJpèce humaine, de ce qu'il
.a parais que la pétulante imprévoyance de cène
nation dilripatrice, vous ait mis à portée d'entendre fes
cris de detrefie & de misère prefqu'en même terri p»
que les vanteriesMe ion opulence. Attendez le c-é-
nouement de fa Révolution, 6c tous enfemble, en
Jifa^nc te dernier chapitre de cette hiiloirc de fpol a-
tions, vous vous écrierez: Voilà pour les gérihalkm
futures l'Evangile de lu fropriciê.
Que^cette leftfn ne rede point perdue pour les ad-
mini(lrateurs des peuples! Le rcfpe.fl des propriétés
fera toujours la garde la plus ndefle qu'ils pourront v
placer autour de leurs trôncs. fe fouvienneot
clue tout Gouvernement qui ofe violer la propriété de
fcs fujets, prépare inévitablement leurs
& certes, je ne crains pas de le dite, il les juftifîe.
Il eft temps d'en revenir aux sffignats. Serait-il
donc vrai, qu'on en eût arrêté la baille dans fon cours,
en excluant celui des mntières d'or & d'urgent? Ou je
fuis fort trompé, ou, malgré cette exclufion, les aJl?--
gna;s fur les biens nationaux n'en au:aient pas ir.oiys
t 21
continue à prendre leur valeur- dans les échanges,
1°, fuivant qu'en aurait cftimé le dividende que pour-
rait fournir la ver.ee de ces biens £*, fuivant qu'on
aurait plus ou moins redouté de nouvelles cmiflîons,
qui, poulfées au-delà d'un certain terme, opèrent tou-
jours la démonédfauon des précédentes; fui va il
que les individus auraient cru ou douté que la Nation
pût livrer les terres aux por;eurs des afiignadons, ou
quelle fe trouvât forcée en réfuîtat de les reftituer:
aux poffrfteurs légitimes. Ces trois élémens, en Ce,
modifiant chaque jour, auraient donné lieu pour airfi
dire chaque jour à un nouveau calcul de probabilités »
pour fixer le taux du change du papier-monnaie. Lors
mêmequ^'on aurait oublié jufqu'au fouvenir des ancien
fignes méralliques, la valeur relative du nouveau figre
fe ferait établie fur les marchés contre toutes cfpèct§
de marchandiies & de denrées, à peu de chofe prè«,
dans, 'a même proportion où elle s'tft établie fur h
bourfe de Paris, contre le numéraire qu'on a eu iç
bon efprit de ne point en exclure.
Que fait l'auteur du l'Europe, pour rer-
verfer cette man'ùre de 'raifonncr d'autrefois ? Il jette en
avant l'idée d'un houveau/igne monétaire qu'on appel
lerùt Jeptier' de bled, pain d'une livre, pain d'une demi'
¡¡vu. Ici, je me bornerai à lui demandeur s'il penfe qt-;
Y àîûgnx. d'une livre de pain en aurait acheté plus d'une
enie, à l'époque où les allignats perdirent \?6 dans
l'opinîon^c'eft- à-dire à l'époque où le public en ht
-venu à croire, que leur gage territorial ne valait qc
la 16- partie des aflîgnations que ce gage devait
[ V ]
Je pouvais d'autatfr moins me difpenf«f_de traiter
fond & le principe & l'exemple, qu'on verra bien-
tôt que les Cédules qu'on le propofait dé fubfti'uer
aux affignats, n'auraient été. autre chofe qu'un nou-
veau ligne monétaire, non de livres de pains, nuis
d'erpats dt terres: d'où l'on peut s'affluer, quc te
taux de leur change fe ferait établi fur les données
que je viens d'expofer, & fur la défiance qi'on
aurait conçue, que quelque décret de trois lignes fût
venu fimpiifier le dénominateur, en fopprima/n les
'deux derniers zéros d'une cédule de 100 arpens,
comme on fupprime en ce moment ceux d'un affi-
nat de 100 liv. Un d'autres termes, le taux de leur
(bauge avec le bled (J) ou toute autre
fe ferait gradué exactement fur 1e thermomètre dç
la confiance.
De la confiance! s'écrie M. de Calonnc. Qumj-
à-t-e/le donc exijlé ? T ell avait-il lorjque dès la ¡lande
fnnée les alignais perdirent ju/qu'à 28 pour cent ?
(1) Je renvoie à la fin dc cet écrit une longue note addition»
pour laquelle je r.iflVmble des faits qui uic paraiffent fincu-
lièrejntnt curieux. Je crois qu'ils pourront jeter un grand
jour fur la malfc du numéraire qui cft forti de France, fur l'énorme
du revenu des individus, fi fur la dépréciation de
la valcur des terres. On y trouvera aufii fur le prix de la mat>f^
d'ecuvre des documens d'autant plus furprtnans qu'ils fourni-onï
la preuve, que le plix dcs falaires a baiffé progicrtivcmc'iit en
jaifoji invcife du renchériflem'ent des denrécs. Ce n'en qu'en
KCueil.'ant & en rapprochant de pareil* faits qu'on, pourrn Ce!
faire une jufte idée de la longue chaîne des calamités auxqutllct ¡
la Révolution a condamné la France.
t n ]
Yen avait-il ? .T en avait-il lâc. lâc. Y a-t il
penfc féreufement en propofant de femblables que.
tions ? & puis-je mieux y répondre, qu'en lui de-
mandant à mon tour, par quelle >fpcce de miracle,
à l'époque où il les élevait, on aurait payé jufqu'à
24 liv. en créées à Paris, & même dans les pays ne )-
tres un aflîgnat de 3600 liv. fi ce papier, qu'il appelle
un chiffon, ne confervaif point encore un faible rette
de confiance & fi l'on n'eût pas penfé qu'il y av^lt
I contre à parier qu'il ferait rembourfé ? Je
conviens que les paris en faveur de ces chiffons or.c
conftamment baillé à mefurc qu'a augn:enté lads-
fiance qu'ils infpircnt mxis je, foutions que c'cîl
cette baiffe continue qui peut feule conduire à ia
folution du grand problème à réfouclre, favoir, .iît
comme je le penfe, cette défiance accélérée conclu
rapidement le papier-monnaie à fon ancantiffement
total ou ri, comme l'affirme M. de Calonne, ce
n'en peut rien conclure de pat eil,
il cft vrai qu'il affirme en même temps que h Ré,
publique, pour arrêter eette défiance & l'anéanti^,
ment des aflignats, a en icTervc bien d'autres moyens
que la fimplification de leur dénominateur. Ecou
tons-le Quand il y a une force inef.Jlible quand et
qu'on veut ejl évidemment qu'on le veut
Qvec une autorité abjolue, commet t ,v .aurait -il Js
la réfijîance £• La grande erreur ejl de ne pas an-
fidérer ce que font les moyens Révolutionnaires. oN
l'en était auffi convaincu qu'on devrait l'être qu'ils fur-
pajfent dt beaucoup en foret fis? en étendue les moyens
tnî
légitimes là réguliers, en neJe repaitrnit pas de thU
Ce tableau des moyens Révolutionnaires, ou plutôt
ce fpectre de la terreur, évoqué fans doute par la ter-
reur rnl/ne qu'en a l'écrivain, peut-il fe reproduire
Encore avec fuccès fur le théâtre de la France, qu'it a
ri long-temps ervfanglanté, & où il a déjà été une pre-
mière fois faifi & terraffé? En un mot, fera-t-il poiffib'e
d*y ramener ce régime affreux?.Je ne dis pas fetiie-
ment que les violentes pallions qui agitaient alors le
peuple le foni calmées par l'expérience & le malheur)
mais j'ofe garantir que le fceptre de la Terreur eft
brifé, ne fàt-ce que par cela même qu'il faut en'ln
brifer la planche des aflignats. Je répète que ce fu-
tent' ces aftignats, cV ces afngnats feuls, qui fovr-
hirent au Gouvernement Terrorise le moyen d'arrrer
& de falarier la moitié de la Nation, pour opprimer U
terrifier l'autre moitié (i). Quoi qu'on puifle en dite,
ces aftîgnats conlérvaient 'alors dans l'opinion su
moins un tiers de leur valeur nominale, & à moini
(t) Lorfqoec«tte foule imruenfe d'artifans & de cultivatetrs
cléforuvfés, dont parle Cambon, reçut to. promette de 5 liv. par
jborpcjr entrer dars les Comtes Révolutionnaires, afin de pro.,
Jpagtr la terreur; bien que l'alTignat perdit ator^o pour ter tk
UeilévtJent que ces niiniflrcs de la terreur recevaient, ou croyaient
ie«Toir, un falairc cficcUf d'enviroa 2 Ji/. 10 f. Avant de /«cré^r
ces 20 jnille Coraité» de terreur, & d'enroler ce qu'on appelait du
il s'agira donc de trouver prcalâbl >•'
Aeatdjcs fonde pou ri les {Mer de nouveau, car « ne fera aflWc-1
neot p as avec des affignati de 5 livres,
[ *<> 1
E
<k leur rendre leur premier crédit, je défie qu'on
puifiè découvrir aucune autre reflburce pour orga-.
nifer de nouveau ce régime, c'eft-'à-dire pour folder
une, armée de fpoliateurs plus nombrcufe que celle
,des fpoliés; & je conclus que, dans la chûte de leur
papier-monnaie, les Français ont contre le retour
effectif du règne de la terreur précifément le même
garant que les Puiflances Continentales trouvent dan;
cette chute, en. faveur de la reftitution de leurs pro.
vinces conquifes. Í
M. de Calonne aurait beau m'aceufer de les rt~
faître de il aurait beau chercher à les con-
vaincre que les moyens révolutionnaires l'emportent de
beaucoup en force en étenduefur les moyens légitimes
j'en conviens mais ce dont il s'agit uniquement ici,
c'eft de favoir, d'abord s'ils les furpalïcnc en durée, &
co fuite
Si l'on peut y rtntrer quand en en ejl debcri P
Quoi m'a-t-il répliqué d'avance, m venons-nous
par d'apprendre que le nouveau Confeil a décrété que le
Jeul département de la Seine fournirait dans troisjours à
la Capitale 2 50,000 quintaux de bled? Nous apprei-
drons.au premier jour que celafera fait. Où pourrait-
6» prendre & exécuter de telles mefures ?
Je fuis heureux qu'il me fournifle ici un exemple
fi favorable à ma thèfe. En effet, je le prierai
d'abord d'obferver que ce famèux décret ne' réel a-
° mait- après tout qu'une avance fur la contribu-
tion en nature & que c'eft pour obtenir cette avance
qu'il a fallu employer les moyens les plus «xtraordi»
t. »*̃ 3
naire&. (1) Je lui demanderai enfuite pourquoi l'on
n'a o^é étendre cette efprce de coup d'autorité que fur
les feuls diftricts environnans Paris; & s'il n'eft pis
évidcnr.q.ue c'efi parce que le Directoire y avait fous fi
main une fôrce ioldce,.fupcriture de beaucoup à celle
du peuple qu'on venait de vaincre 6c de défarmer
Enfin, tnfoppofant qu'on réuiïiQ&àétendre cette foui-
mation, &, qui plus en, à lever rcînprunt force dans )çs
provinces où le peuple eft.arme, & où il n'y a point de
troupes à lui oppofer; je demanderai à tous les homrntj
qui réfléenifienr, je leur demanderai, dis-je, fi ce der-
nier fuccès de la terreur (auquel je fuis loin de
croire) devrait effrayer les adverfaires d'une telle na-
tion ? En la voyant tout fouffrir parce que fcs tyrans.
orent tout, faudrait-il en conclure que fcs reffourcos le
multiplieront à mefure que ces tyrans continueront à la
dépouiller? Je ne puis lepenfer: & quand je merap-,
pelle que, pour obtenir dans les environs de Paris, une
rmple avance fur l'impôt en nature, il a fallu mettre en
mouvement les bataillons qu'on avait fait veriiyxiur
combattre les Seétions de la Capitale; quand je con-,
fidère que, pour foumettre celles-ci, il a fallu affaiblir
l'armée du Khin, & l'cxpofer à tant de revers; qua-
,près les avoir vaincues & défarmées il a fallu fe fervir
de leurs vainqueurs, pour leur procurer des fub-
fiftances & qu'enfin le plus grand fuccès de cette
(i) L'un de ces moytnsa été, de décréter que 'aux gui n'y
falisf traient pas dans le délai preferit payeraient un,(f en fus de
Force armée Se foWée pour mettre cette mçnacc à exécution.
[ »7 ]
E 2
•violence s'eft réduit à alinienter, la Capitale pour
/quelques femaines; pu je fuis fort trompé, ou il y a
encore loin dè-là à alimenter les armées, & fur toute$.
chofcs à foutenir la guerre, en extorquant de la .maflfe
entière du peuple les métaux précieux avec lefquds
on foudoie ces armées, .& que la terreur lu; a fait
exporter ou enfouir. Encore moins la terreur (xnirra-
t' elle jamais donner ou rendre la confiance à aucune
efpêce de, papier-monnaie, par lequel on tëntmie
de fuppléer au numéraire. La confiance par la ter-
ieur [quelle étrange afibeiation d'idées
Je dois convenir que le défenftur des affignats pa-
raît avoir conçu quelques' doutes fur leur réfurrec-
tion par la puifl'ance d<? la terreur; car il invite cn
quelque manière fes compatriotes à n'envifager l'ané-
antliTement du papier-monnaie, que comme une perte
âiçricbeffes artificielles.– S'il rejle il la Fr(?»ce,$'écrk't~
il, cette principale partie' de fa puiffance qui ejt enracip.lt
dans Ion fol, ta confolidêe par des, millions de guerriers,
quepen/er des oracles de M. lXIvernois, lorfqu'il répète
avec une confiance redoublée, que /ans affignats la France
ne peut rien ? i
Qu'il me permette de lui rappeler'que, loin d'avoir
répété, je n'ai même jamais avancé que jans affignats la
France ne puife rien. J'ai dit feulement, & je le Ri-
PÈTE avec une confiance toujours plus redoubiéé,
que la France ne pourra bientôt plusfaireface à une
guexre de Conquêtes combinée avec le di/crédit de/es cf-
fignats, ni au di/crédit de /es affignats combiné avec le
Même de modération qui interdit de piller à me/me qtCm
a be/ain d'm mettre.
[ a* 1
Quoi me réplique-t-il, en perdant Vu/age de Jet
ejfigiiats, la France perd-elle toute /a puijjfance? De ce
moment ri 'a- t- elle plusjon folfon climat ,/es productions,
/on iadufirie, /es /oldats,/es canons ?-On ne me fer-
/uadera 'point qu'elle perde les riche/fes naturelles & '/es
forces pbyjiques. &c. &c. &c.
S'il entend par-là cette population a£tive qui met-
tait à profit les dons du beau climat de la France, je
crains bien que le fer de la guillotine, & de la guerre,
n'en aiènt' déjà fauché l'élire. Au furplus, quant
aux moyens de foutenir cette guerre, la qùeftion
ne confifterait pas feulement à favoir fi la France
n'a rien perdu de /es force; naturelles phy/tques
mais à décider fi ces forces, quelqu'inta&es qu'on
veuille les fuppofer encore, font & feront plus long-
tctïips à la difpoCition de fon gouvernement belligé-
rant. J ufqu'ici, je ne lui ai connu, pour en difpofer,
que la planche féconde des afftgnats, & l'on verra -bien-
tôt que cette planche même lui échappe dans fond
naufrage.
Il eft difficile de fe faire une idée des refîburces
inépuifables de l'antagonïfte qui m'a attaqué. Croit-
on l'avoir forcé à lever fon eamp ? C'eft un Géné-
ral habile qui n'avait fait mine, de fortifier quelque
temps un faible retranchement, que pour s'en mé-
nager un autre inexpugnable, & derrière lequel
il préfente tout-à-coup une contenance cent fois plus
impofante qu'avant fa retraite. Ecoutez-le.– ÏÏ'bê-
fitons plus à foutenir, que fi les affignats deviennent
nuls, l'État en fera déchargé, &? que ce qu'on veut
faire envi/ager comme le principe de /a délrefle fera
1
plutil le principe de Ja libération. C'était pour ât-
̃ veloppcr ce dernier principe que M. de Calorne
av^ic réfcrvé toutes fes forces. Il a découvert, par
un calcul bien (impie, que comme les 780 m.fllhns,
fterling déperfér par la France depuis le commencement
de la Révolution ne repréfentent aujourd'hui que mil'
lions £.100,000 fterl. il que quatre campagnes
de guerre, iâc. &c. n'ont pas coûté à- la France, le
quart de ce que l'Angleterre dépeijfe en une feule améè
de guerre.
II faut que ce calcul ait quelque chofe de Ixcn
fpécieux, car p'ufieurs perfonnes en oiit été ébranlées.
ElTayons de les raflureri
D'abord, pour fe faire une juRe idée de ce cie
cette guerre a coûté à la France, il faudrait co.
naître les fonds énormes en numéraire, en vaiflelîe,
en métaux, en bijoux dHoute efpcce, que fon Gou-
vernement a diflipes après les avoir enlevés aux in-
dividus, aux compagnies de commerce, & auxéglifcs.
Eftfuite, pour calculer ce qu'il a réellement dépcnfé en
papier-monnaie, il faudrait avoir fous les yeux le fuir
exaâ de la valeur des afllgnats contre I'efpèce, ou
contre les denrées, à chaque époque d'une nouvelle
émilTion. Or, fans avoir toutes les pièces néc^f-
faires pour un femblable dépouillement} je ne crains
point d'avancer que la France a dépenfé réellement
pendant la guerre, & pour la guerre, deux fois
plus que coures les Puiflanccs Coalifées enfembie;
& je peux déjà citer en preuve l'aveu que vient de
faire l'un des membres les plus éclairés du Con'tfil
des Anciens, qui évalue à cinq Milliards de valeurt
[ 3o ]
métalliques, les 3C? millianls d'aflîghats émis ou à
omettre. ('i ) Contentons un moment à prendre ce
calcul pour bafe admettons que la' France n'ait de*
Dénfé en aflignats qu'une valeur correfpondawe à
cinq milliards Tournois, fou 20o millions i\ci J..
s Suppofons même que le Gouvernement Anglais ait
ocpenfé de Ion cô;é J 9S millions fterl. au moyen*
Depuis la, première éiniilion des affignats," a dit le
Coliex, le 3 Décembre, à compter de l'époque où le Gàu-
• versement s'en cft ferv; Four acquitter les dépenfes, on doit
calculer qu'il a dépenfé 'au moins un milliard de valcurs
réeltes par an. Cambon, dans fon rapport du 3 Pluviofe,
an dit à cette époque, que la. révolution & la guerre avaie.it
coûté 5 milliards millions en fus des dépenfes ordinaires
qu'il évalue à 700 millions par an. AinG, au conimenccintnt
de l'année en contentant qu'il dût être ftit la forte c!e-
daQion d'un tiers fur la fomme annuelle, en raifon delà pert^
fur les changes on avait de'pekjï' par an un milliard
DE VALEURS RE'ELLES; & certainement cette depenfe r'a
pas été moindre cctte année. Le Gouvernement a corn-
rhencé à acquitter toutes les depenfes en adignats en
Aînfi, depuis 1791 jufqu'à la fin de t-95, on peut dire que.
les 30 milliards d'alfignats, qui feront émis, repréfenteront une
dépenfe réelle de 5 milliards; lefquels font tien dur par la
'̃ Nation aux i/ingt-quati't i/tiltions d habitant qui la amprftnt,
Voilà le compte jjc plus approximatifqu'on ait eu jufqu'à ce
jour fur les dépenfes de la Répuhliquc Françaife & il eft bien
loin d'être exagéré, puifque fes dépenfes en valeurs métalliqtej
n'y font point comprifes. Maintenant, pour Établir la vraie pio»
pordoiv entte, les fraix de la France & ceux de la Grande-Bre-
tagne» il faut te rappeler que la guerre n'a coûté à cette dcc.
nitre qu'un milliard & demi de livres Tournois, foit 60 mil-
lions flerl. empruntés depufs le ltr Janvier 1793, jufqu'au
Jânvier- pour pourvoir toutes les déperfes extraorm-
aàiresi & même à celles de la campagne prochaine, (avoir:
i; 31
d'emprunts aftis fer de.rjouveaux impôts tandis q%
la République Fràïrçaife trouvait le fecret de pour-
Emprunts faits depuis la guerre, y compris
^elui de Décembre 1795 flerl. ^i.joo.oW
Billets de l;t marine fondés en 1794 &
Billets femblablcs déjà émis, mais non cncore
..fondés, quoique les taxes le foicm déjà, & qui
feront vraifembtablemcnt fondés pendant le cours
de la fcflion artuelle s,ooo,coo
On m'objccler.1 fans doute, que quoiqu'on n'ai:
«JîpenJc en n'alité que ces fornmes les deux pre.
mières n'en ont pas moins ajouté au capital nomii-al ̃*
de l'ancienne dette une mafl'e de ^.75,630,000.
J'en conviens; mais l'unique moyen d'éclàir-
cir 1a quertion entre le montant nominal Jt le
montant réel de cette nouvel!e dette, c'e.1 de
le calccrler par le montant des nouveaux intérêts
dont l.i nation fe trouve chargée, k qui foitt
invariables. Or la totalité de ces intérêts, en
y comprenant jusqu'aux fraix de payés
à la Banque, s'élève à
Il eft Sentie! de mettre ici en ligne de compte,
ce .qu'en a ajouté à ces intérêts, & par eonfcquçnt
au. nouvelles taxes fur kfquelles ils fe prélèvent,
(avoir, une fomme équivalente à la centième
partie du nouveau capital emprunté; addition def-
̃ tinec à former un fond d'amortifiement. jT. g
Les intérêts à fonder pour les 5 millions de la
dette flottante, & l'excédent 9e pour cent qu'on
y ajoute invariablement, peuvent être eftimes d'a-
VânCcà ̃ • ̃ -J^J^W
Totalité des intérêts de la nouvelle Dette, y
comprit le fond d'amortifleroent pour la liquider. 3,687,6S)
[ 3? ]
vo'tr à tout avec de (impies frome£es% de payer, ap-
pelées papier-monnaie, promènes l'aide defqueDcs
Je dois inviter ici ceux des lecteurs étrangers qui étudieront,
ce tableau, à s'arrêter fur quatre obfervations importantes ¥̃
La il 11, que par des arra\»gemens qui n'avaient jamais été adoptas
jufqu'ici, la Grande Bretagne a pourvu dans la guerre actuelle
aux intérêts des nouveaux emprunts à mefjre qu'elle les a con-
tractes puifqu'ori voit que les 5 millions de (. dette flouante fo
trouvent ct-deftus dans' le tableau de la dette, aux intérêts .Je
laquelle on a déjà pourvu par des taxes. Il n'en était pas de
même lors de la dernière guerre, puifqje les Miniltres qui firent
la paix curent à pourvoir aux intérêts d'une dette flottante de
l.37 millions fie ri. –La r'c', que ces nouveaux intérêts ne y.a-
'raiflent fi difproportionncs au nouveau capital, que parce qu'en-
viron la i2e partie confiée en longues annuités, qui s'ctàndrct»
d'elles-mêmes dans ans; mais fiir-tout parce que le Miniîlùe
eu le courage d'ajouter à la mafie de ces nouveaux intérêts,
tt par cela même à eclle des nouvelles taxes, une Comme corref.
) onefante à la centième partie du capital emprunte excédent
qui fournira de quoi éteindre la nouvelle dette dans l'efçice
xîe 40 annéçs. La ;e, que le fond d'amorliflerncnt.de toute noq-
vtlle- dette doit être à l'avenir fondé de la méme màniére, &• <\j
mefurr qu'elle fc contractera. –La 4', que, tandis que ce mê ne
Miniftère pré.pare ainfi l'extinélion de la nouvelle dette, par ce
nouveau fond d'amortiflcincnt, il n'en a pas moins continXit à
appliquer fidèlement l'ancien fond d'amoriiirement à la liq.ûoa-
tion de l'ancienne dette, puifqu'on en ^liquide plus de 7,2oo,ccft
liv. fterl. depuis le commencement de la guerre.
C'eli parces arrangemens admirables, Se religkufemcnt fuivi»,
que l'Angletcrre, chofe inouïe vient de voir augmenter on
crédit en même temps que fa dette, & qjo l'Adminillratôn-
afluelle a réufli à emprunter pour les dépenlls de celte 4e anr.ee
de guerre, des intérêts moindres de 1 & -g pour cent que les
prédecefleurs n'avaient pavé pour l'emprunt de' la ànnée de la,
dcrnière guerre avcc la J'rante. 'En effet, fi l'on prvnd en
çonfidcrilion, non-feulement la diHcrcncc de l'efcompte, ir^i|
époque à laquelle commençaient à courir les iutétcts, Si fur-
tout
f ]
E-*
elfe approvifionnaic (es .armées, & acquittait ks tf
falaircs de tous fcs agrns.
tout la part qu'on accordait alors aux prêteurs fur le bénéfice
des loteries on verra que les intérêts de l'emprunt de
c'e(l-j«-dire de la première année de l'avant- dernière guerre,
avec la France, montèrent à
Tandis que ceux de la quatrième Se dernière an-
née de cette même guerre s'élevèrent £.& cT
En l'allant enfuite à la guerre préfente on verra
que, malgré l'augmentation du capital de la dette,
t les intérêts des nouveaux emprunts ont été infini.
ment moindres, puifque ceux de l'emprunt de la
première année ne/e font élevés qu'à jT.a 3
Í Et ceux de l'emprunt de lz quatrième année à o
Qu'auront dit ceux des Français qui avaient ptophétifé le d>f-
crédit prochain & inévitable de la Grande-Bretagne, lorfquSIs"
auront appris par les-derniers papiers que fur la feule garantie
de ce crédit, qu'ils appellent //«;/•> le Gouvernement Brlûa--
nique a pu fe'procurer la fomme immenfe de iS millions rterl. à
un intérêt moindre que la maifon de c,ommcrce réputée la pkis
folide n'aurait pu fc procurer des capitaux? Qu'auront-ils dit
en apprenant que M. Pitt a réufii à emprunter pour le pub!ic
cette fommc immenfe à -,y pour cent d'intérêts de m'oins qu'il
ne lui en aurait coûté, même avant la guerre, pour re p:o-
curer comme individu, la millième partie de cette fomme, en
offrant pour hypothèque une terre parfaitement libre ? Qje
diraient-ils enfin, fi fe trouvant fur les lieux, ils connaîtraient la ri*
ture du grief qa'on a élcvé à cette occafion contre le Minière s'ils
entendaicnt l'Oppofition lui reprocher de n'avoir pas fu profiter
de Tempieftcmcnt des prcteurs, k de la èonfiance que placent !es
riches dans le crédit de h nation( pour fe procurer ces 18 mil-
lions à des conditions plus avantaçcufes encore ?
Mais combien ne feraient.ils pas encore plos frapjnsdc furprife,
a'ils pouvaient voir par le\m propres yeux, que toutes les nru-
[ 1
Ou il faut rcnohccr aux premiers élémens du. est-
cul, ou il faut convenir que, lorfqu'à l'échéance de
pareilles fremejes, l'admininration qui les a fignérs,.
fe libère en n'en acquittant que la tooe partie } Je
peuple qui les reçut, & qui, dans un accès prolongé
de crédulité,-avait ainfi livré à crédit fes denrées, fes
productions, & tant de fervices dont la banqueroute
lui enlève à janïïis le rembours ;-Ce peuple, dis-je,
Telle, taxes qui s'élèvent à plus de 3} millions flerl. n'ont f..sf-
cité aucune clameur, k qu'ellcs ont pu être aflifes de manier? à
porter prcfquc cxdufivcmcnt fur les clafTes riches ou aifées r Que
dis-je On fait déjà que fur le nouveau fubfide que ces cla fcs
viennent de fournir au (gouvernement il fe propofe d'appliquer
environ million rtcrl. en primes fur les bleds étrangers, afin de
'faire baifler le prix du pain. Je n'ai pas bcfoin de faire obfer.er
que comme ce million fc repartira avec une parfaite égalité nuré-
riqoe entre tous les individus du Royaume, & qu'il cflj exclufiva-
ment fourni parles contribuables en raifon de leurs facultés; Hè$
que tous les confommateurs en profitent, on ne peut l'envifacer
que comme un (àcrifice fait à la clafle du pauvre par les ckfos
airées.
Queles Français méditent furce nouvel exemple des reflmmci
de la Grande Bretagne Si qu'ils Ce demandent Ci c'eft en éfij-
fant fes rcfTources qu'ils l'améneront à déferter lâchement la caife
de fes Alliés dépouillés & la tienne propre. Mais fur toutes
«hofes que leur Direéloire /«prime fafTe démentir, s'il le peut, Rus
ces faits authentiques avant d'entretenir fes compatriotes de l'iai-
t puiflTance de !a Coalition. Voici comment s'exprime à ce fojec le
dernier journal du RMaStair, papier officiel qui efl exclufivemîjit
fous les ordres du Pouvoir Executif, & qui répond à la Gazette
de la Cour fous l'ancien régime. L'état de dcirtjji des Puiffanrtt
Jt l'Italie; lVpimsement DES finances même DE l'Av-.
CIITêRRB; fout cenaurt ù nous faire efférer qu'il ne ticut fujfit ¡{/il
f*f de prindre une altitude ferme KS refptûal>le,& de nous frépa-er
guerre par in dernier effort, pour obtenir bitnt't,
far la faix, l'iKDIMNlllV» tous nos facrfrts.
C
̃>
iw,3 fait précisément les mêmes facrifices qu'auront
fait fes adverfaires, en accordant à leur adminirtra-
tion, à diverfes époques, un fub?ide de 198 millions
fterl. que celle.ci reverrait parmi les contribuables en
payant comptant tous fes approvjfionncmens, & tous
leurs Suaires. Je foutiens, qu'en pareil cas, les fa-
crifices réels des deux peuples belligérans auront
été arithmétiquemeht les mêmes, & qu'il n'y aura
entr'eox qu'une feule & unique différence; c'tft
que l'un des deux fe trouvera avoir fait les fraix de
la guerre par corvée, tandis, que l'autre aura .fait ?e$
mêmes fraix à prix d'argent.
Mais, fi fous-ce premier rapport les facrifices
parai fient avoir été les mêmes, leur différence -?.ft
iricommenfurable fous, le rapport le plus important
pour les dertinées futures des deux nations. Chez
celle où cet énorme fubfide fe fera levé gradu-
ellement, à l'aide d'impôts aflîs avec réflexion, &
répartis en raifon des facultés, ces impôts auront di-
biinué, mais non épuifé le revenu des contribua»
blesj & ces derniers, en acquittant les nou^elî»
taxes, ne feront en quelque manière que fe payer i
eux-mêmes les intérêts des 198 millions fier). qu'ils
prêtèrent à leur Gouvernement. Chez l'autre Nation,
où. le fubfide tout entier aura été extorqué fubicemenr,
à la fois, & à' l'aide de la banqueroute du papier-mors-
naic} tous les fraix de la guerre fe trouveront reparus*
au hafard, & fans égard aux facultés relatives de
ceux entre les mains de qui fe trouvera le papier s-u
moment de fa démonétifation. Là, tel individu pauvre
& crédule, qui aura toute fa petite fortune en porte-
f
feuille, fe verra tout-à-coup réduit à la dernière mi-
sère; tandis que tel autre contribuable, fort riche cr»
fonds de terre, &c qui s'était conftamment défié du -pa-
pier-monnaie, ne fe f&tira pas même atteint, pour
ainfi dire, par le décret qui aura ruiné de fond en comble
toutes les familles qui n'auront point pu fuivre fon
exemple. Ce funefte décret ne renverfera pas feulement
toutes les proportions -des fortunes il arrêtera fou-
dainement dans leur cours toutes les cntreprifes d'i;i-
duftrie. En décrétant ainfi fa propre banqueroute,
cette aveugle Admiriiftration aura cru Ce libérer <!e
rengagement d'acquitter les folles d£peîîfc*^ki paflej
mais l'énorme déficit des contribuons préfentes, ne
tardera pas à la plonger dans l'impoffibilité àbfolue
de pourvoir aux dépenfes indifpenfables d^l'avenir.
Elle aura ruiné, pour un fiècle peut-être, le peuple
même' dont l'aifince faifait fon unique foutien. ÏLn
vain efiayera-t-elle de lui perfuadtr que la démonéYi-.
lation du papier-monnaie ne lui enlève que des ri-
dejes artif délies ]esclaffes ruinées lui demanderont
avec fureur fi elles ne lui avaient pas délivré toutes
leurs rithefles réeldes contre ces prétendues riebe/es cr-
t\fi$%lles ? elles lui prouveront que cette banqueroute.
a tari jufques dans leur fource les moyens même de
réparcr les défaftres de la guerre.
Mais que fera-cevfi cette fource fo trouvait d f-
iechçe avant même qu'une guerre aufli défartreufe fut
teeminé/) avant qu'on connût les conditions aux-
quelles l'ennemi fera difpofé à y mettre un terme ?
Que fera-ce. fur-tQut; quand ce malheureux peuple
apercevra que dans le rêve d'opulence in-;a-
[ 1
F a
riflabïe où l'avaient plongé frs Chefs, il a tellement
4)néprifé le figne repréfentatif de fichefles adopté.
*par les autres nations, qu'il a lailfé couler prefque
tout Jbn numéraire chez elles ? Que fera -ce enfin,
lorfque, pour reprendre fon équilibre monétaire, fe
fon rang politique parmi fes voifins, ce peuple,
complettement ruiné au-dedani, fe verra encore
condamné à des efforts continus & furnaturds, pour
repomper lcntement fon numéraire du dehors ?
Alors, mais alors feulement, ce peuple crédule ot«
vrira les yeux (1) il maudira les im'pofteurs qui
(1) Il ya dans l'excellent ouvrage de M. Nccker fur l'admis
mjtratitn des finances de France, un exemple qu'il^prcTente comme
hypothéfc, mais dont les Français ne tarderont guère à Ce fai
eux-mêmes la trille application.
Il foppofe d'abord un pays égal à la France, ignoré jufquei-i»
du relle du monde, & dont dix mille marcs d'argent compoft-
raient tout le numéraire.
Par une feconde fuppolition, il rapproche tout-à-coup de notf6
Continent ce pays inconnu, & qui, avec fi peu d'or & d'argent^
n'était pas moins heureux Se floriflant; & il dit: ;̃ Mf.i bkntCt
dam te i ctmiixaifini.polttïiuei, fil loifins itudUnnt fa faibJiJJiyKa
<ber<b(f<»it â (* frtfiter ils atfcrcevrùnt, Sur, diwi tf«f {$ Jt6r»
gent% ce nouvel Etat it/ feu^a de hng-temj>t faudoyir aiicuxi aritr't
hors de f s frontières ils irtnt plus loin, & ils eahuhroit que J&.ii
tn pays eîi la rareté des rfficet entretient tres-tat frix tms les tient
de la l'on peut, ai>cc une petite fonitxe <«" argent, y rr-JJimbhr dût
prwijion;, y établir des mavctfini, y le faut, In g*-
nhaitx, lesfddats, les minijlrts, 1$ joindre, in nr ait, hiaftri
toilitairt, ton tés tt»1rtl tnoymt de confite.
Bn citant cet cxcmple, qui me parait fingtilîèremcntapflkabîe
sruxcircofiflafices où va fe trouver la France, je ne prétends point.
.adopter Icfropinions que M. Necker avance dans ce m«/fc« Chf.>
f 36 i
ont pu le féduire,- en lui faifant croire Qu'ils le
conduiraient à la liberté fur les .ruines de toute*
.les propriétés. I1` les appellera à un compte terjible
pour l'avoir wstraîné à «ne guerre de conquêtes.
Que nous importe, leur criera-t- il, fi vous n'avez
dépenfé que la même fomme que nos 'ennemis ?
Ils dnt eu foin de ne faire la guerre que fur leûs
revenus; volis,- vous avei trouvé le funefte fecrct 4
de la faire avec nos capitaux. En nous paralyfafct,
•; vftus-voiJÎ êtes paralyfés vous-mêmes.
Tel fera, que dis:je tel eft déjà pour la Ré-
publique françaife, M'eftet dé la dépréciation de ks
aflîgrïats, &de leur inévitable anéantlflement. CVft
• à fes malheureux citoyens que j'en .-appelle. QuMs
prononcent eux-mêmes s'il eft vrai, comme M. de
Calonne ribéftle point à le JoUkniry que l'anéantiHe-"
pent des aflignats qu'on'veut, dit- il, faire enyifager
de la détrejfe de l'Etat, s0a plu-
4 TÔT LE PRINCIPE DE SA LIBÉRATION. Ou OU*l!s
s'il neft pas bien plus vrai, comme le
Rapporteur du Copfeil, des Anciens viént de le leur
révéler \<zy Décembre, que le. dififêdit des ajjignats
̃eft la plaie la plus'profonde, la feMÎe plaie de la
fiu«,-oùilf(vvifagerintrodudîon.à l'accroîffement annuel de
J'^r tt de l'argent comme l'un des objets,les plus ijiipo;uns de
Vicoporak pblitîqne. Je fuis tous. es jours plus
ÇQMtiitç, qqç .la richeffe relative de deux nations confifte infini.
««.nt moins dans la mallc des méuux précieux qu'elles accumÀ-
lent te p««8ïdent, que dans les autres moyens qu'elles ont ta .-c-
ferve d'appeler ces métaux à & de les
C 37
publique, (f île' -qui appelle toute l'attention du Ltgif-
kteur, touts l'aflivité du. .Gouvernement, ti/ute Vik-
quiétude, tout l'intérêt des citoyens & qu'enfin
le'-terme de ce difcrj-dit pourrait devenir lé terme
futur de fa liberté iâ d efon exifience poîitique.
Je ni'en réfère exclufivement à ce rapport pré-
cieux (I), & 'à ceux qui le fuivront bientôt, poue
• (i) Le tableau que ce même Rapporteùr a ajouté fur Y^^
a&ucl de la France, ne réalïfedéjà que trop celui quej.e vien^^Fra
tracer pour l'avenîf; pliifqj'après avoir avoué qu'on ne peut pu.
talctiler qu'il exitte plus de 300 million$ de numéraire en etreu'a-
tion, il [procède ainfi Sans doute le temps ramènera le- nuiné-
•' raire; mais il ne îe raménera qu'avec les effort» de no:re
iodjllrie, Se notre induflrie fera' Iong.temps fans vigueur & fs.n» •
le numéraire manque à la circulation, les
contributions direilei tc indirectes tomberont. Au lieu de les
t relever au taux où elles étaient fixées, il faut'.que vous, les
rcdjificE pçuç-ître de moitié. Donc, fi vous exigez la coniiî-
bution fur, le pied de veus .incantirex l'agriculture, qui
ne parait en effet profpérèrque parce que, d'un.côté, les contri.
butions font nulles,; & que de, l'autre les prix des baux (ont
réd'jîtçj.» rien. Ou il n'y a ni circulation ni induftrie, il ne
'peut y' avoir accumulation de S'il n'y a pas accu-"
•' mula'.ion de capitaux, il n'y a ri pheemens à attendre, ci
entfeprifes à fjriner. Et c'ert dam un, fanil t'tet de ehy-i,'
qu'cn croirait p*u i-cir* çlunir dit <tmp<ignitï di
tl. commerce non tn<cre/hrméts X ̃
D'après cet extrait, les lecteurs ne s'atterxîeat guùrts que <«
nouveau rapport ta, comice tous les précédens, un alliage in-
forme des principes les plus nifonnables & dcs application.*
plui.ablurdcy. Qui croirait par exemple qu'après avoir conjuré
/es Collègues, de ne pasfe livrer « uni imfuj/îc* iniJUchie, &
de M peint abandonntr euhnfard ht dejHniet de la France, le R*p+
porteur ait ajouté àsîsccr.fciîs deh(àge(ï| loparol«s fui va nus: «5*
v • 4" ̃̃•'̃̃>
t
décider la controverfe que l'auteur du Tableau de
l'Eurcpe a jugé à propos d'élever avec moi. J'aime°®
La deftinée de la République n'eft pas d'être toujours dirigée
par de froidt «<\culs, W fauvée jar do laloritiifet e»nct) 'tioii
llijl, s'écrie-t-il, des infpirationt qui ébranlent force*
ment les imaginations, tourmentent'les coeurs du befoin, de Je
̃ répandre, de déployer leur énergie; & reculent far elki lisionu
le.
Pouf comprendre ce morceau lyriquc, il faut favoir que le Ce i-
feil des Anciens a choifi pour fer jtateur de fes finances, le Dépecé
II Brun, le poëte le plus diftingué de li République. Dès-lors, en
trouvera moins étonnant que, ne pouvant /axver le». finances par
des frtidi tahufi & de laloritvftt il ait invoqué 9 ion
fecourt ce que les poètes appellent des inftitathnt /cuiaixet ^ui
̃ (firanUnt fortement lei imaginations.
Relie à favoir Ci ce mouvement de vervedu Poète, reuflira à r£-
tklif pour la France, ce qu'il appelle comme financier, les ècrniï
(u pojjib'e. En attendant, il peut te vanter d'a`voir élevé le Di-
rçfloire la hauteur de fon flyle j puifquc, dans le meflage que
celui-ci adrcfl'a aux deux Confeils trois jours après, ce DircfWc*
în_voque quelque rtjfoura inattendue qui forte fiur ainfi dire aW( la
rapidité de l'iclair <tngînie'tfe la liberté.
Si l'on veut juger à qucl peint le ^>'i( de la Liicrté, & fur-tout
le Cinit de h Pcïft>,ont réuffi à infpirer les membres du Dircftcire
fupreme, il n'ell pas indifférent de jeter les yeux fur les paflages
fuivaDS de PinJlruSkn qu'ils \i;nnent d'âdref&r six
Marqué/ ou front comme le frsun'r homitidi» les Emigrés fini,
somma lui, (tndamnîs à trrfr Jaki cejfe mauditi icmme lui, dam il
tut fi Je entier, vogabondi comme lui, ils ne file dan,[ le
Peur ter fi/s le Rcjalifne (J fanardie^ ftuf détruire l' agiote ge,
four tinJfi à la natis*fa fhyf.onomie, à la révolution filmera!
pur rtffehr la etnfance, ramener Vabondinie', tour iteindrt h'
wltan de la Fendit; peur terminer cette guerre funejlt qui mn^
i [
à croire qu'il a des occupations trop variées pour
'prolonger davantage un polémique hebdomadaire.
dans ces papiers publics dont il parle avec tant de
mépris. Mais comme mes habitudes & mes goCits
m'éloignent également de ce genre contentieux
j'espère qu'il ne me cherchera aucun autre motif, fi
je. décline t'avenir une lutte fi difpropottionnée. 11
comprendra aifément que plus je me croyais fûr de
l'exactitude de mes calculs fur l'épuifement de la Ré-
publique Français,- plus j'ai dû m'attacher à Jes dé-
fendre, au moins trne fois, contre le financier le plus
'eonfomme dont fa patrie s'honore. La facilité de fon
ftyle, l'élégance & le coloris qu'il faitrépanJre furcete
matière aride, feront pour moi un avertiffement con»,
de déptuphr l'Europe, une feule chefe fuffit c's»T D» VOULOIR
51NCERBMENT, FORTE M E K T, V NI <^U £ M E A T– « Ce/1* t'C-
hniéy quandiicui en feiiz enivre's, i/out lafertxpnjftr tfans l'urne,
dit att>ninij}rit*
En 'vain PUnbvcrt tout la
Hfpùhlijke'' '^omphera de de F Autrichien, elle triùm*
fbtrade Wnivtn.
Agtns en jurez tn notre non, qu'avant qu'un Ri>t
Paris .,v.v; Sugu-iU .tj la Fnn<i
entièrt êevuniirait une l'cnàii-RépùbtieaÎKe h tut avons 'l'a-
verfi Jesf'uves de fang ptur erriver à la République il faudrait
/rawrf.r un mer' de fang pour n/owntr à la Royauté.
Crfyex.Vims quelatttnt diverani* des Rcyalijlts & des Rcîs iKfts
épargnerait?– si vous n'avez PAS fait la Rs'vol vtioî»,,
vous L'AVEZ LAISSE' faire. Cet argumat tirrible /trait *>iirt
arrêt de mort.. •
Celte inrtru&ion pôliiîco-puîloraie CI figr.ée Reividl, PréJiJtnt
•" te l'on voit qu'il aurait fort hien eu le droit d'ajouter– V« Dlm-
loin de la d* PSlo^utnci dt li Répub'iqiie Frar.^i/e..
[ ]
linuel de ne p!us lui oppofer une hefante & sèche dif-
coffion. Je me fouviens d'ailleurs comment il tri-
ompha d'un adverfairc, qui ne fut lui alléguer <^>ic
des faits &. je n'oublierai jamais l'éclat avec lequel
il oppofj ce qu'il appelait une largs économie, à
l'étroite févérité d'un banquier de Genève. Je ne
fais fi, pour la peine qu'il prend à fuppofer des
refiburces inépuifables aux nouveaux Légiflateurs
Français, ceux-ci n'auront point la gratitude de ôc-
créter que, dans aucun temps, il nie cejfa de bien mériter
de la République: mais quoique je ne prétende point
~infinuer qu'il afpire à cette nouvelle couronne, je
prévois que les biographes futurs feront embarrafles à
expliquer quelques circonftances de fa carrière poli-
tique. L'une des bizarres devinées de ce Mi-
niftre d'État, diront-ils, fut devoir ouvert h révolu-
tion, cn>rcvélant aux Notables, j^'ils ne devaient
point fe laifler abufer par h psofpérité apparente de
l'Empire: Français & que cet Empire était -prê; à
s'écrouler fans quelque fecours extraordinaire, puifque
As revenus ne pouvaient point fufRre aux dépenfes cr-
dinaires de paix,.4 Victime de la Révolution qu'en-
traîna cet aveu, il reparut fur la fcène au moment-
où les auteurs de cette Révolutiofl s'écriaient qu'elle
allait périr par les finances. Au moment où la France,
devenue Wpublique, n'avait plus ni commerce, ni
hautement aux ennemis de cette République qu'eue
ne s'écroulerait point par les finances uue, bien que
fes renburces paruflrnt epuifées, elles etaient iné-
puifables & qu'elles pouvaient fu/lue non-feulement.
aux
t 41 J
G
aux dépends ordinaires de paix, mais aux dépenfej
extraordinaires d'une guerre générale.. IVrange dif-
po6tion d'avoir montré tant de terreur en 1787, &
tant de confiance en 1795 ̃"
J'ai prouvé jjufqu'ici mes affertions par des faits
je vais fuivre la même méthode.
Dans mon écrite lea ajfignais j'avais avancé, que
leur valeur balftrait de 5° pour cent tous les deux mois*
C'était vers la fin de Mars que je calculais leur
dépréciation progreffive; cV à cette époque, ils va-
laient encore t0 pour cent contre I'efpèce. D'après
mon calcul, ils ne devaient donc valoir que 5 poor
^ent à la fin de Mai, 21 pour cent.à la fin de J uiiltt,
y à la fin de à la fin de Novembre,
Je me fuis trompé de trois jours, je l'avoue car ce
n'a été que le 3 Décembre que les aflîgnats ont
éié réduits ,p;écifém«nt à 4- pour cent.
J'avais enfuite annoncé qu'à la fin de l'année il y
auràiten circulation une'nouvdle inajjc d'environ 5
liards; outre les 2 milliards qui circulaient vers la fcn
.de Juin ici mon erreur a été plus grande puifqu'au
J3 Novembre, époque où la Comminion du Conter
des.$00 a fait fon rapport, il y avait environ-
milliards d'émis depuis l'origine^ des anignats; (vr
quoi, il n'eft pas indifférent d'obfervcr, quedui"
Septembre jufqu'au Ier Septembre 1793, on
en avait émis 6 milliards} dans les 16 mois qui fui*
(l) Ceftce jour-là que La/cnd-Lattebat adit, dans le Coofoil dus
Ancien! :–L'iemme qui reçoit aujourd'hui dix-millioni à la $ référer,
Nationa'e, )Il refoit réellement au change aflitel de cinq builiimçi pt'if
(tnt mille <inq tent livra.
r
virent on n'en a émis que milliards, & que tout,
le furplus-a a été émis &c dépenfé pendant l'année
(t) Il n'cft pas inutile d'obferver que cette marre éoorme n'a peint
fcfli toutes les dépenfts du Gouvernement car j*apperçois par
les dernicrs rapports, c;u'il a émis en nie me temps des lions aux- for-
leurs. Au furp'.us, la France doit au f mieux Camion une découverte
bien jilus Importante encore. A peine h Convention Peut-elle liSc'ré
de fftj fers avec la foule des aurres Terrorises, que, pour premier
ufage de fa liberté, il a eu de révéler le grand /Cent de,
financiers qui !ui avaient foccedé. CVft r.ux Rcd.iflcxrs des Papiers
publics, qu'il 5\'iL adrdic direiîccrr.cnt pour (c pLiindro, de ce qwfl
depuis kn a c/r. is' ûivua'.l dt uiuvta:<x
fans e-: parler a Ir. mais fur toutes chofes, de ce y-'»';
a vait créé un: Nouvn.i. y, o n- k a i F. tv f? _f;r vaut ,!es i-ifcrip.iout
/!il' le Giiimi Livre. K: certes il cuit bien en drci: d'annoncer aux
rentier;, comme il le fit, que cette me/ne l:s ;,ri!iiéter, s'il
c(l vrai, comme i! l'a ail'innc, qu'an i:e pAnt le montant Jt
ttttejfûnwie (i':Jtiiîrab!s c'cîl-à-dire inf-
(rite, comme intérêts dus par le Gouvernement pour un. caj isal
qu'il n'a jamais reçu.
Le nouveau Corps Lcgifluif, en atTeflant de tout révéler, & cr re.
connaiffant que depuis le mois de Septembre i7gI).,jufqu'cn Oflobre
en a émis milliards (c demi d'afiignats, n'a point jugi à-
propos de fe faire indiquer le mentant tics in/crif lions dont parle
Cambon cependant cela aurait été d'autant plus indifpcnfable pout
connaitre l'état de la dette, & ee'ui des dépenfe;, que chaque fois
«ju'on. aura infcrit '3o millions d'intérêts fur le Grand Livre, c«tte*
déperfe, indépendante du papier monnaie, aura correfponJu a uno
émifïion d'un milliard d'alligiiats.
Dans fon rapport du 13 Novembre, EfcboJJiria'x, après avoir
gardé fir l'accroifll-mcnt des intérêts de la dette, fur leur rr-.in-
tant, fur celui dcs infcriptions au Grand Livre, un myftcrc non
moins profond que fur le revenu des biens na;ionaux, ne j'en cft
pas n'oins écrié avec cfronterie dans le Confoit des 500: foi/à,'
Oitojuis, ce' bilan que la
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G 2
J'annonçai encore que, fi je me livrais à mes calculs,
j'avais lieu de préfamer que l'émiffion du mois de De'
cembre s élèverait feule à 9I milliards. Je ne fais pour-
quoi j'avais ajouté que je ne regardais point igï pareil
événement comme poffible fi je me fuis trompé, ce n'a
été que pour avoir pu douter de cette poffibiiité
puifqii'au commencement de ce même mois de Dé-
cembre le Miniftre des Finances vient de déclarer à
la France que cent millionr d'cffignats par jour n'ont
pas, jul'qu'icï, fujfi au tiers dès befoins ce qui porte
les besoins de ce mois à 9 milliards & Tlo- encore le
iVéiniflre a-t-il avoué que cela nefuffifaitpas & nous
venons d'apprendre que les befoins du mois fuivant
exigeront 22 milliards
J'avais dit que les cinq moyens adoptés par la
Convention pour arrêter la dépréciation de fon papier,
& pour le repomper,- feraient non moins inluffifans
qu'ils étaient injuftes, & qu'elle ferait forcée d'y re-
nonce,Tous ces moyens ont été fuccefiivement
abandonnés.
J'avais dit de même que leur adoption momentanée
ne ferait qu'accélérer la crife qu'on cherchait à éviter
que cette crife arrivait à grands pas, parce que d'énaif-
fions en émiffions il neferait bientôt plus poffibh d'en faire
de nouvelles, & que la valeur des affignats ne fuffirait
pas long- temps auxfahires de leurs vérificateurs, Eu aux
fraix de leur fabrication. J'aurais fans doute rencontré
plûsjufte, fij'avais ofédirece queje foupçonnais, lavoir,
que cette fabrication ferait fufpendue par le défaut de
papier pour imprimer des affignats en proportion des
befoir;s. C'eft-là cependant ce que Dubois Crancé a
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rcvéic, vers la fin d'Octobre, en publiant que le
<- Gouvernement avait été fur le point de faire banqueroute
par le défaut de papier fi fabriquer en quantité fuffifanie
.̃pour le jer'vice (i). Et cet aveu s'accorde bien
avec celui qu'a fait le Miniflre des Finances cinq fe-
maires après, en informant le Directoire que la con-
yiaiffance que l'on a d'une nouvelle papeterie deflinée a mul--
tiplier les aftgnats, produijait ia la bôurfe les effets lis
Enfin, j'ai ofé pronoftiquer qu'avec l'anéantifTenient-
de la monnaie Révolutionnaire s'évanouira le dernier
charme de la Révolution pour ceux qu'elle avait enrichis,
qu'ellefait combattre ci? qu'elle foudoie que, comme
le Gouvernement ne pourra découvrir aucun moyen
pour falarier fes nombrêufes armées, élks fe diflUi-
dront, faute de paie; que le cri du malheureux peuple
Français forcera inévitablement fe* Chefs à acheter
la paix par le Jacrifice alfolude toutes leurs conquêtes;
& que, pour les amener à ce faerifke, l'Angleterre ̃.
n'aura qu'à repoulTer toute négociation, dont cette
(l) Ce que Dvêiii Cran et n'a point révélé, & que je tiens d'aile..
pcrfônnc digne de foi c'cil qu'à l'époque dont îleftqueftion, à dé-
faut de papier on fe trouva réduit à fe fervir de mouflclincs que
dans plufieurs villes, telles que RheimY'& Nancy, le peuple a re-
fafé de recevoir cI\¡ échanges, foit papitr, foit mpuffelines; &
qu'enfin la défiance,des habitans des campagnes a été peu à
peu portée à fon comble, puifque Gireud s'eft plaint le
Octobre de ce que les agriculteurs réfutaient d'accepter des
aflîgnats, en répondant qu'ili tu frpiJreiim fi hurt duvaux t/t
f 4S ]
Je ne (aurais mieux appuyer ces pronoftics qu'en
reprenant le journal des opérations financières de la
Convention au 6 Septembre, époque où j'en ai lailïç.
l'hiftorique.
Dès le 20 Octobre, Vernier hréfcnta fur les finances
un nouveau rapport, dans lequel il fe plaignit, comm»
tous les devanciers, de ce qucjufqu'alors on avait pris
la cbimehapour la Il fit plus
otîrit enfin au Corps politique, uns guéri/oh plus lente,
mais infaillible. Les défiances, les troubles qui nons
ont déchirés font, dit-il, la feule caufe du diycrédit dont
tn fe plaint, i$ elle ceffera avec le rétablijfement de
l'ordre, de LA PAIX, iâ un bon Gouvernement (i).
Après avoir renvoyé à cetce'grande époque le retour
du crédit, il préfenta fur le dif crédit des aflignats la,'
même efpèce de confolation que M. dc,Calonne à,Q
bien développée. Il obferva que 450 millions en-.
Terminer la guerre au-dehors par une paix prompte h:
folide: voilà fins doute, comme le reconnaît le
k mcntc l'unique moyen de rendre aux afignats un crédit quel-
conque. Cependant- le Député Chapelain vient d'en indiquer
ait autn-, qui, bien qu'il paraîtra nouveau, nc'mc fcmblerait r,ï
moins urgent 'hi moins ci!icace. Tfj-iniiier la guerre civile."
a-t-il dit le 5 Novembre cctte'opcra'fèjn eft la plus certaine
le pour rappcler h confiance au papier. En àitt-uî/ant Ciareiî-
Ce Chapelain, députa de la Vendée, rfnéfiti point à aceufer
Convention de cett^guerre déralireufe, qui, à l'entendre, avait
faivi Uf pba/ti d'un Gcu:verutmn-l tantôt furibond, tantôt
tantôt avtugle txttrminateur de tout le monde, & tantôt humain, naît
faible 13 trqmpi far des brigends. Ce portrait, fait, d'après-
nature, eft aflcz piquant.
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numéraire fuffiraient four les éteindra. Cependant,
comme il ne Savait où les trouver pour le préient, il
en alïura le rembourfement futur fur. les biens na-
tionaux tant de la France, que de la Belgique & de s
St. Domingue, qu'il évalua à dix milliards en efpèces.
Ainfi, ajouta-t-il, fi l'on ne porte la majjfe des ajfignats
.qu'à 20 milliards, comme en l'efpère, les porteurs s aurai
entre leurs mains la moitié de leur*, valeur nomi-
native.
Que d'illufions ont été détruites pendant le cours
de h dernière campagne Toute menfongtre qy'dl
cette nouvelle eftimation, quel trifte rapprochement
n'offre-t-elle pas avec ce qu'avait dft Jobannst dix
mois auparavant; lorfque, fans parler des biens de
la Belgiaue de de St. Domir.gue, il certifia qjie là
valeur dosjjomaincs Nationaux était double de la
valeur nomidalc- des alignais! On fe rappelle com-
ment il s'était fait couvrir des applaudi démens de la
Convention, en demandant à l'univers Jamais fa-
fier-ucMtaie n-t il forte fur une bajc aufli Jolidel
Il n'eft pas indifférent d'indiquer ici que le rapport
ds Vtr.nitr fur l'immenio augmentation du gage ces
offignats avait été précédé d'une obfervation de fan
Collègue Louchct, qui'en avait détruit les bons e/Tcts
fix jcurs à l'avance. Quoi avait-il dit dans un
mouvement involontaire de furprife & de dépit,– la
̃réunion des pays conquis jnfquau Rhin ajfitre un nore-
dijcridil augmente fins que jamais
Il eft vrai, que de peur que l'augmentation de ce
difcrédit ne replongeât l'Afi'cmbléc dans fes premières