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Fac-simile du testament de Louis XVI , seule édition autorisée par S. Ex. le ministre de la police générale, comme conforme à celle faite sur l'original ; gravé par Pierre Picquet,... On y a joint le fac-simile d'un fragment d'écrit de Madame Élisabeth, et des signatures de la reine Marie-Antoinette et du jeune Louis XVII ; accompagnés d'une Notice historique, contenant des détails... sur le testament du roi Louis XVI et sur l'origine du testament de la reine, par L.-E. Audot

De
18 pages
Plancher [etc.] (Paris). 1816. France -- 1792-1795 (Convention nationale). 16-[1 bl.]-[6] p. ; in-4.
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FAC SIMILE
DU
- TES-TA MENT- DE LOUIS XVI,
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comme; dur Ori^/inaù;
GRAVÉ PAR PIERRE PICQUET,
- «
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Et des Signatures
De la Reine MARIE-ANTOINETTE
el ~Jw jewic LOUIS XVII;
Q/Lccoutpague<b d'uuej 'Tloïicej Sutozi(jiiej, contenante de-cù -DÉTAILS TRÈS-INTÉRESSAIS
ef.) utcouinuXj juje/u'eo co jouir, Jiur IV fé.J/otltetlt.J d,u /60; LOUIS XVI, el-) éuv
L'ORIGINE DU TESTAMENT DE LA REINE ,
PAR L. - E. AUDOT.
— ——————————— ^—
- y
1 - ûru von/ auay ac/rej^ej ci - c/e^cttJ :
, y Ú
Ùb---1' A C SIMILE DU TESTAMENT DE LA REINE.
L -
PARIS,
GUE FF IEJl j eune, Marché-Neuf, n.o 16, vis-à-vis-le pont Sainl-Michel.
AUDOT, JLibra ire, rue des Matburins - Saint - Jacques, n.o 18.
PLANCHER, Libraire, rue Serpente, n." 14.
PIERRE PICQUE T , Graveur d'écritures, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés, n.° I8.
1
- NOTICE HISTORIQUE
SUR
-- r -~ - -
1 i-,
LE 'S~~ENT DE LOUIS XVI,
- JANVIER 1793.
NE LE 23 AOUT 1754, MpRT LE 21 JANVIER 179^.
DEPUIS long-temps la Providence a permis que les dernières
pensées du meilleur des Rois fussent offertes à son peuple. Depuis
long-temps on a reconnu, empreintes dans le Testament de
Louis XVI, cette grandeur d' âme, cette sagesse profonde, cette
résignation inaltérable , cette bonté infinie que toutes les puissances
du crime n'ont pu vaincre , que des juges cruels n'ont pu com-
prendre , mais qu'ils ont voulu punir. Depuis long-temps enfin les
vrais Francais conservent dans leur mémoire tous les traits tou-
(2 )
chans de ce monument de vertu, devenu vénérable par l'amour
de tout luno-peuple pour ses Souverains légitimes. Mais à présent
ce n'est pas assez d'y voir à découvert l'âme d'un excellent prince,
on veut encore connaître par quels traits sa main nous l'a peinte,
et l'on est dans l'impatience de posséder l'original de ce précieux
Testament, relique sacrée d'un Roi-martyr, présentée, sous les
Auspices de son frère, dans un fac simile, ou dans une imitation
parf-aité.
Mais par quels miracles est-il parvenu jusqu'à nous , quand l'im-
piété a détruit tant de choses bien moins dignes de sa colère ? Com-
ment les barbares qui arrachaient la vie à leur maigre n'ont - ils
pas fait disparaître aussi le pardon qu'il leur accordait? C'est ce que
nous nous proposons de faire connaître ici en peu de mots.
Dans les jours qui précédèrent la fête de Noël, le projet était
formé dans la convention de conduire le Roi aux .Feuillant pour le
juger sans désenIparer, et cette résolution étant bien connue, il se
décida à écrire ses dernières pensées. « Ce fut le jour de Noël, dit
cc Cléry, que Sa Majesté écrivit son testament ; il fut remis au conseil
« du Temple : il était écrit entièrement de la main du Roi, avec
* des ratures (i). » Mais le déplacement du Roi n'eut pas lieu, et il
(i) Quelques personnes pensent que S. M. l'Empereur de Russie possède un
testament écrit de la main de Louis XVI : ce fait nous paraît douteux; mais
l'exemplaire qui existe aux archives , et dont nous esquissons l'histoire , est
bien celui dont parle Cléry. H porte bien la date du jour qu'il le lui a vu
écrire , et on le reconnaîtrait aux ratures qui y existent, quand il ne serait
pas paraphé par le conseil-général de la Commune.
- Pour satisfaire les personnes qui ne pourraient pas lire sur le fac simile ce
que couvre la grande rature de la troisième page, nous l'indiquons ici.
- MOTS RATUllÉS:
S'ils apaient le malheur de perdre mère.
C 5 )
garda son testament, puisque, le 20 janvier, aussitôt qu'il se trouva
seul avec M. Edgeworth de Firmont, le digne confesseur de son
choix , il tira de sa poche ce même testament cacheté, dont il
rompit le sceau , en lui disant : Voici un écrit que je suis bien aise
de vous communiquer. « Tous ceux qui ont lu cette pièce intéres-
cc santé et si digne d'un Roi chrétien, ajoute M. de Firmont, juge-
« ront aisément de l'impression profonde qu'elle dut faire sur moi.
« Mais ce qui les étonnera sans doute, c'est que ce prince eut la
« force de la lire lui-même, et de la lire jusqu'à deux fois. Sa
cc voix était ferme, et il ne paraissait d'altération sur son visage
« que lorsqu'il rencontrait des noms qui lui étaient chers. Alors
« toute sa tendresse se réveillait, il était obligé de s'arrêter un
« moment, et ses larmes coulaient malgré lui ; mais, lorsqu'il
cc n'était question que de lui-même et de - ses malheurs, il n'en
et paraissait pas plus ému que ne le sont communément les autres
« hommes lorsqu'ils entendent le récit des maux d'autrui. »
Le 21 janvier, au moment de quitter le Temple pour la dernière
fois, le Roi, s'adressant à ceux qui l'entouraient, leur dit : Y a-t-il
parmi vous quelque membre de la Comm\me ? Je le charge d'y
déposer cet écrit. Sur leur réponse, il l'offrit d'abord à un muni-
cipal, qui le refusa avec dureté , et ensuite à un autre, nommé
Gobeau , en lui ajoutant, dit Cléry : « Remettez ce papier, je vous
« pri^, à la Reine., à ma femme ': vous pourrez en prendre
Et lecture ; il y a des dispositions que je désire que la Commune
« connaisse. »
Il paraît que ce testament fut remis assez promptement à la
Commupe , puisque l'on trouve, sur le registre de ses séances,
qu'il fut annoncé le 21 janvier dès onze heures du matin. En effet,
on lit dans le procès-verbal de la séance de ce jour. : « A onze
« heures du matin, un membre fait part qu'il arrive du Temple, et
« que les membres de la 1 commission l'ont chargé de prévenir le
Il conseil qu'ils avaient un paquet important à communiquer ; et
(4)
« qu'ils invitaient à ne pas lever la séance avant qu'ils l'eussent
<< envoyé. »
En conséquence de cet avis une décision est prise aussitôt, et;
elle est consignée sur le registre en ces termes :
, « Le conseil - général arrête qu'il sera envoyé à l'instant une.
« ordonnance à la commission du Temple, pour la prier d'en-
« voyer au conseil la pièce qu'elle a fait annoncer. »
L'on peut voir par ce qui suit que le Testament fut envoyé aus-
sitôt, C'est encore un relevé du registre pour la séance du 21.
cc Le conseil-général entend lecture du Testament de Louis XVI.
« Il ordonne que le dépôt en sera fait entre les mains du secrétaire-
« greffier, qui sera tenu d'en faire passer l'original au conseil
« exécutif, et d'en consigner une copie collationnée au procès-
« verbal.
« La séance est levée à une heure et demie. »
Enfin voici l'extrait du procès-verbal de la séance du 22.
« Le secrétaire-greffier de la municipalité, en vertu d'un arrêté
a du conseil-général de la Commune, a adressé au conseil exécutif
a provisoire le Testament olographe du Roi. Le conseil exécutif
« a annoncé ce dépôt au président de la Convention. »
C'est probablement à la publicité que donna à cette pièce l'an-
nonce qui en fut faite au président de la Convention, que l'on en
dut la connaissance ; car autrement on ne pourrait expliquer com-
ment elle fut insérée tout entière dans le Moniteur du 28 janvier,
sept jours après la mort du Roi. En effet, si l'on pense aux
sentimens exprimés dans -ce Testament, et à l'effet qu'il dut
(5)
produire sur la partie saine de la nation, Olt devra, s'étonner de
l'imprudence des meneurs qui le publiaient ; mais si l'on se re..
présente ces jours où l'on venait de commettre le grand crime 1
on verra ces mêmes menctlrs, épouvantés de leur propre for-
fait, se méfier les uns des autres , se préparer des embûches t
et l'on concevra quel danger il y avait pour quelques - uns à
cacher aux autres une pareille pièce. Ainsi elle ne fut donc pu-
bliée que parce qu'on craignait bien plus la trahison des complices
que le blâme général. Mais, en la publiant, ces hommes pervers
crurent devoir la faire accompagner d'un commentaire à leur
manière, parce que, dans leur affreuse logique, ils voulaient y
faire trouver la preuve que l'ex - Roi de France était mort dans
l'impérritence finale de la haine contre la liberté et Végalité, etc.
Quoi 'qu'il en soit, les registres 'publics ne présentent plus rien
qui y soit relatif, jusqu'au 4 avril de la même année, et c'est au
conseil exécutif que l'on trouve". sous cette date 7 l'arrêté suivant :
« Le conseil exécutif provisoire, considérant que ses archives
« ne sont pas assez sûres pour conserver des pièces qui sont d'un
cc intérêt général pour la nation, a ordonné l'envoi du Testament
« du Roi aux archives nationales. »
Enfin, la lettre d'envoi du conseil exécutif n'est datée que du
12 juin, et le récépissé délivré par l'archiviste est du 15 juin
1793. Ce n'est donc que depuis lors que l'original, écrit de
la main du Roi, dont nous offrons le fac simile, se trouve aux
archives.
On verra, en lisant ce qui est relatif au Testament de la Reine f
que S. M. Louis XVIII a ordonné qu'il en soit délivré unfac simile
aux Membres des Chambres ; et, dans sa bienveillance ; il a voulu