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´Mes romans constituent des sortes de parcours dÕapprentissage de lÕidentitÈ humaine, comme le sont souvent les contes, les lÈgendesª
Biographie Interview Œuvres publiées aux éditions Gallimard Jeunesse (et pistes pédagogiques)
G A L L I M A R DJEUNESSE
NÈ le 31 octobre 1941 pendant la Seconde Guerre Mondiale ‡ Saint-Pierre-…glise, dans une famille de sept enfants dont il est le cinquiËme, Pierre-Marie Beaude passe sa jeunesse auprËs de la gare maritime de Cherbourg o˘ faisaient escale les grands paquebots comme leQueen Maryou leQueen Elizabeth. Son pËre et ses grands-pËres travaillaient tout prËs, ‡ lÕarsenal, o˘ lÕon construisait les sous-marins.
En 1952, il commence ses Ètudes secondaires ‡ lÕInstitution Saint-Paul de Cherbourg. Il apprend le grec, le latin et lÕanglais. En 1960, aprËs son baccalaurÈat, il entre au grand sÈminaire de Coutances. Il commence alors lÕÈtude de lÕhÈbreu.
LÕÈtÈ 1965, il fait son premier voyage au Proche-Orient : Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, IsraÎl.
De 1966 ‡ 1970, il Ètudie ‡ lÕuniversitÈ grÈgorienne et ‡ lÕinstitut biblique de Rome. Il commence son doctorat sur lÕhistoire de lÕinterprÈtation de la Bible et en fait sa spÈcialitÈ. En 1971, il devient professeur au Centre dÕÈtudes thÈologiques de Caen.
¿ cette Èpoque, il commence ‡ Ècrire des histoires pour le journalOkapi.
AprËs lÕhÈbreu et le grec, il apprend lÕaramÈen, lÕallemand et lÕitalien. Il passe son dernier diplÙme, une habilitation ‡ diriger des recherches en sciences religieuses, ‡ lÕuniversitÈ Marc Bloch de Strasbourg en 1987, ‡ lÕ‚ge de 46 ans. Il devient, en 1988, enseignant chercheur ‡ lÕuniversitÈ de Metz.
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En 1987, il publie son premier roman pour la jeunesse : Flora, lÕinconnue de lÕespac,e aux Èditions Flammarion; son deuxiËme roman,Le Muet du Roi Salomonest publiÈ chez Gallimard, deux ans plus tard, et obtient le prix Erckmann-Chatrian. Pierre-Marie Beaude a aussi ÈtÈ rÈcompensÈ par le Grand Prix du comitÈ franÁais pour lÕUnicef, en 1996, pour Issa, enfant des sables.
Depuis 1996, il a nouÈ des liens avec lÕuniversitÈ Laval de QuÈbec et fait une dizaine de voyages au Canada, dÈcouvert le Saint-Laurent, la forÍt. En 1999, il fait lÕexpÈrience de lÕhiver pendant un sÈjour de plusieurs mois. De ces voyages est nÈCÏur de louve, paru en 1999.
AujourdÕhui, il est professeur ‡ lÕuniversitÈ de Metz et Ècrit pour la jeunesse mais aussi pour un public adulte, notamment des textes sur les origines du christianisme : Premiers ChrÈtiens, premiers martyrsetLa Passion des premiers ChrÈtiens, (DÈcouvertes Gallimard).
Dites-nous en plus sur votre enfance…de deux voyages : lÕun au Sahara avec des Touaregs, lÕautre au Le bord de mer, les dimanches aprËs-midi ‡ laRwanda o˘ jÕai rencontrÈ des gens qui travaillaient dans plage, o˘ se retrouvaient les familles ouvriËres delÕhumanitaire. Ensuite, il y a le temps de la mise en intrigue (ou Cherbourg.Lesbains,lapÍche,lesÈtrillesquÕonscÈnario),ensuitelÕÈcritureproprementdite.Souvent,quandjÕai appelait des anglettes, les pieuvres quÕon appelaitÈcrit six ou huit chapitres du roman, jÕentrevois la fin et je lÕÈcris des satrouilles. Le matin, quand jÕallais ‡ lÕÈcole, jedans une sorte dÕillumination. Il reste enfin ‡ complÈter les respirais lÕair trËs doux, au go˚t de sel, qui venait dechapitres qui me conduiront vers cette fin. la mer. La mer, cÕest une prÈsence de tous lesVos textes trouvent-ils leur inspiration d’expériences réelles, instants. JÕai Ècrit dansLeÔla, les jours: ´On ne se?de rencontres, ou sortent-ils tout droit de votre imagination lasse pas de la mer. Elle vous berce. CÕest commeJÕaime mÈlanger le rÈel et lÕimaginaireJ.Õinvente des villages, des une peau qui vous enveloppe, un air que vousroutes, des riviËres et les situe dans une gÈographie rÈelle, ‡ cÙtÈ respirez ª.CÕest exactement lÕimpression que jede noms existants. Si jÕutilisedes expÈriences vÈcues, jÕai besoin retire de mes premiËres annÈes. La mer est l‡,de les dÈcaler, de les transformer. JÕutilise mes carnets de voyage, jamais loin, endormie ou furieuse, ou tranquille.les informations, les rencontres que jÕy ai consignÈes ; mais je fais JÕentendais souvent la corne de brume, par les nuitspasser tout cela par le filtre de la fiction qui Èpure. de brouillard. CÕest un son que vous nÕoubliez pas.?Êtes-vous un auteur qui raconte ou un auteur qui écrit Il y avait aussi le cri des mouettes au-dessus des maisons. Il y avaitPour moi, lÕÈcriture est essentielle.Il y avait un dieu des scribes les corvÈes de varech, quÕon allait chercher dans des camions ‡chez les anciens. Nabou, chez les Babyloniens ;Thot, le dieu ‡ tÍte bras et quÕon rÈpandait dans les jardins comme engrais. Il y avait,dÕibis, chez les …gyptiens. LÕidÈe est que lÕÈcriture apporte ‡ tous les ÈtÈs, la colonie de vacances, ‡ Gouberville. JÕy ai appris ‡lÕhistoire que je suis en train de raconter quelque chose de nager. particulier,quelque chose de plus secret, de plus chuchotÈ. Thot Je lisais des B.D. comme Tintin. JÕai commencÈ la lecture de livresest aussi associÈ ‡ la lune, la lumiËre qui brille dans la nuit, pas avec la collection ´Signe de Pisteª. JÕavais dix ou onze ans.celle du soleil qui Ècrase tout de sa clartÈ. Je travaille beaucoup Ensuite, jÕai lu Jules Verne.lÕÈcriture, non pas pour la compliquer, mais pour lui demander Nous nÕÈtions pas vraiment pauvres, en tout cas pas desdÕapporter des Èchos, des vibrations. Par exemple, dansIssa, prolÈtaires, car nous avions des racines, mais la vie Ètait rude; ilenfant des sables, je parle dÕune scËne de chasse gravÈe sur la fallait nourrir sept enfants. Ma mËre nous a ÈlevÈs dans troispierre par les hommes prÈhistoriques. Des chasseurs entourent petites piËces, avant quÕon construise un Ètage ‡ la modesteune panthËre. JÕai dÈcrit les yeuxde la panthËre ´comme deux maison quÕavait b‚tie mon arriËre grand-pËre. CÕÈtait une force delunes qui regardent le mondeª. CÕestce type de travail dÕÈcriture la nature. Il menait trois vies ‡ la fois : le jour, il travaillait ‡qui me range du cÙtÈ ´des auteurs qui Ècriventª. lÕarsenal, la nuit, il prenait sa barque et allait pÍcher et, les jours de congÈ, il construisait une maison. Mes grands-parents et monÉcrire pour la jeunesse pËre avaient le sens du travail bien fait. Ils possÈdaient chacun un?? Est-ce un choix délibéréPourquoi écrivez-vous pour la jeunesse petit appentis dans lequel ils rÈparaient, fabriquaient. Mon grand-Un jour, jÕai Ècrit un roman pour adultes,Le muet du roi Salomon. pËre paternel avait installÈ une petite forge quÕon actionnait avecLÕÈditeur, Gallimard, mÕa proposÈ de le publier dans une collection un pÈdalier de bicyclette reliÈ au soufflet. Il forgeait les cerclespour la jeunesse qui dÈmarrait alors, ´Page Blancheª. JÕai acceptÈ. pour les camions ‡ bras et les tonneaux ; il fabriquait des objets deDepuis, jÕai continuÈ ‡ Ècrire la plupart de mes romans dans des toutes sortes.collections pour la jeunesse. JÕajoute que jÕy trouve une grande libertÈ pour dÈvelopper le type de littÈrature qui me convient. En Écrireeffet, le temps de lÕadolescenceest celui des apprentissages, des Qu’est-ce qui a motivé votre passage à l’écriture?initiations, des passages. Or beaucoup des textes anciens que je …crire est une passion que jÕavais tout petit. Il y avait pour moifrÈquente se prÈsentent sous forme de voyages initiatiques o˘ les quelque chose de magique ‡ voir un texte signÈ de son nomhÈros engrangent des expÈriences en cours de chemin (pensez ‡ paraÓtre dans un journal. Le premier de mes textes publiÈs le futOdyssÈe, ‡ lÕExode, ‡ lÕ…popÈe de Gilgamesh). Je trouve donc l‡ dans le journal local. JÕavais onze ans. Je faisais le compte-renduune bonne faÁon de faire lÕunitÈ. dÕun camp de jeunes. Ma mËre lÕavait fait relire par ma sÏur quiVos romans sont souvent un hymne à l’humanité. lÕavait rendu un peu plus vivant. Mes annÈes dÕÈtudes nÕont pasVoulez-vous partager des valeurs? favorisÈ lÕÈcriture de fiction: cÕset trËs difficile dÕapprendre laJe nÕai aucun go˚t pour injecterdes valeurs dans les mondes que techniquedelecturedemanuscritsanciens,delirePascaloujeconstruis.SijÕÈcrislÕhistoiredÕneupetiteaveugle,commedans Spinoza pour votre thËse et de vous adonner ‡ lÕÈcriture de fiction.LeÔla, les jours, ce qui prend toute mon Ènergie, cÕest dÕhabiller Je suis arrivÈ tard en littÈrature, mais je ne le regrette pas; jÕy suisson histoire avec des dÈtails trËs concrets, non avec des valeurs. venu avec un univers culturel trËs riche qui nourrit mon Ècriture.Cela dit, tout roman met en place des valeurs. Chez moi, il y a une Comment naît le sujet d’un livre?valorisation de la vie nomade ; la vÈritÈ est trËs souvent du cÙtÈ de Il y a souvent un dÈclencheur Èmotionnel : un film, une rencontreceux qui sont en mouvement. On me dit que mes personnages ont au cours dÕun voyage.Issa enfant des sablesÈiarituqohesdhÕoissurtoe.Jecrlquecueq,xemeaprsteÈeg,pslnÈÕilsutquengasont 3
dans des sortes de rituels dÕexistence. Ce qui mÕintÈresse, cÕest de les engager dans des faÁons justes et vraies, dÕÍtre au monde, de respirer, dÕaffronter la vie, lÕamour, la violence, la mort. Le fil rouge de mes personnages, cÕest le dÈsir. Une psychanalyse mÕa dÕailleursappriscombieniletsdouloureuxetdifficiledese donner le droit de dÈsirer vraiment. Vous avez écrit des textes dans un cadre humanitaire. Est-ce important vis-à-vis de la jeunesse? Est-ce le rôle de l’écrivain? Question difficile, surtout aujourdÕhui o˘ lÕon a vite fait de soupÁonner les artistes et les hommes politiques de se promouvoir gr‚ce ‡ lÕaction humanitaire. Ce qui prime ‡ mes yeux, cÕest la qualitÈ littÈraire du texte quÕon Ècrit. SÕil peut aider les jeunes ‡ dÈcouvrir lÕurgence des problËmes humanitaires dans le monde, tant mieux. Qui saurait le reprocher ? En quoi la relation avec les animaux est-elle primordiale pour vous puisqu’elle traverse presque toutes vos œuvres? LÕintÈrÍt pour les animaux me vient, je crois, de ma connaissance des textes anciens, mythes, lÈgendes, contes, car on y trouve tout un bestiaire. Mes Ètudes mÕont permis de comprendre que, pour dÈcouvrir qui nous sommes, nous devons nous intÈresser ‡ ce que nous ne sommes pas. La frontiËre entre les animaux et les hommes existe, mais en mÍme temps nous rÍvons souvent de lÕeffacer. Quand je lis les vieux mythes, je vois toujours un animal se transformer en humain et vice versa. Dans mes romans, je mets mes hÈros en situation de transgresser cette frontiËre. Mais ils retournent toujours dans le monde des humains. Mes romans constituent des sortes de parcours dÕapprentissage de lÕidentitÈ humaine, comme le sont souvent les contes, les lÈgendes.
Un professeur écrivain Quel lien y a-t-il entre vos préoccupations d’universitaire et votre écriture? Quand jÕenseigne le mythe dÕAthra-Hasis, les textes de la GenËse ou lÕÈpopÈe de Gilgamesh, je suis dans des rÈcits, dans des ´ histoires ªsi vous voulez. Ces histoires, qui paraissent fantaisistes aux yeux des lecteurs trop pressÈs, sont de merveilleux instruments pour parler du monde, de lÕhomme et de la femme, de la sexualitÈ, de la mort, de la violence, de la rivalitÈ entre frËres, de la gÈmellitÈ, et jÕen passe. On dit que les mythes ont une fonction instauratrice, cÕest-‡-dire quÕils permettent de mieux comprendre et de mieux fonder le rÈel. Cette culture acquise par mes Ètudes fournit le fonds o˘ je puise pour Ècrire mes romans. Elle gÈnËre assez naturellement une Ècriture ‡ destination des adolescents qui affrontent, eux aussi, dans le passage ‡ lÕ‚ge adulte, la mise en place dÕun univers cohÈrent. Lire les vieux mythes, cÕest acquÈrir une sensibilitÈ anthropologique et ethnologique. Cela se retrouve dans mon Ècriture. Je ne sais pas Ècrire de romans miroirs; je sais, en revanche, raconter lÕhistoire dÕnue vieille femme restÈe seule dans un village abandonnÈ du Sahara, celle dÕun vieux fou qui se nourrit de lÈzards, ou dÕun professeur qui passe sa retraite ‡ creuser les sables pour retrouver la bibliothËque quÕune tempÍte de sable a enfouie sous la dune. De telles intrigues me permettent de bien dialoguer avec ce que je connais par mes Ètudes universitaires.
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Quelles influences littéraires marquent votre écriture? Deux riviËres mÈlangent leurs eaux en moi. La premiËre charrie ma connaissance de la littÈrature antique; la seconde porte ma connaissance de la littÈrature plus rÈcente, franÁaise ou ÈtrangËre. Le livre qui mÕa le plus marquÈ est sans contesteLe rivage des syrtes, de Julien Gracq. Mon frËre aÓnÈ me lÕa fait dÈcouvrir quand jÕavais dix-sept ans. Je lÕai relu trois ou quatre fois depuis et jÕai dÈcouvert toutelÕÏuvre de Gracq. Je ne savais pas, alors, quÕon p˚t Ècrire avec tantde force, avoir une Ècriture aussi suggestive. De plus, Gracq est un auteur ´gÈographiqueª, et cela correspond ‡ ce que je suis. Autrement, jÕai lu tout ce quÕun Ètudiant de mon Èpoque pouvait lire : Camus, Sartre, Giono, Malraux, Beckett... JÕai aussile souvenir de mes lectures amÈricaines : Hemingway, Steinbeck, plus tard Saul Bellow. Mais aussi les Sud-Africains AndrÈ Brink et Nadine Gordimer, et les Sud-AmÈricains, et encore les Italiens :Pavese, Calvino, Buzzati, Tabucchi, Baricco, Erri de Luca, que je lis en italien. Pourquoi ne pas faire revivre le monde biblique à travers vos écrits puisque vous le connaissez si bien? Il mÕarrive de puiser dans la littÈrature biblique pour construire tel ou tel aspect de mes personnages. Par exemple dansLeÔla, les jours, mon hÈros Soufiane, parti ‡ la recherche de LeÔla dans les rues de Tanger, pourrait rappeler, ‡ qui connaÓt ce texte, la femme duCantique des Cantiques‡ la recherche de son amant. Ce type dÕintertextualitÈ discrËte est assez frÈquent dans mes livres. Mais je ne veux pas transformer en matiËre romanesque tous ces textes que jÕanalyse depuis des annÈes. La littÈrature est pour moi un espace de totale libertÈ et je ne dÈsire Ítre lÕesclave dÕaucun Ècrit ni dÕaudeiodepÈrcneeJser.tsioÕlihsai tout ce que je dois ‡ ceux qui mÕont formÈ et appris, mais je revendiqueuneparolelibre.LÕÈcritureestmonvraipays.Jene lÕÈchangerais pour aucun autre. Continuez-vous à beaucoup voyager? Oui, je continue ‡ voyager. Ces derniËres annÈes, jÕai surtout frÈquentÈ le QuÈbec pour ma recherche et lÕenseignement. JÕy ai fait dix sÈjours et passÈ environ une annÈe de ma vie. Je voyage aussi pour le plaisir. RÈcemment, je suis allÈ faire le tour du Svalbard, un archipel norvÈgien, sur un petit brise-glace russe. JÕai go˚tÈ au charme de la banquise, observÈ les phoques, les morses, les rennes et les ours polaires, avec lÕimpression dÕÍtre au bout du monde! Je choisis mes voyages en fonction de mon amour des grands espaces. Sahara, forÍt canadienne, le Saint-Laurent, lÕIslande, la banquise. Mon rÍve serait de passer un mois sur un cargo avec pour seule occupation de regarder la mer. Je ne choisis pas un voyage avec lÕidÈe de prÈparer un roman. Mais je sais que ces voyages, lÕespace, les animaux, les baleines, les ours, les morses, nourriront mon imaginaire. Je suis dÕabord un auteur gÈographique.
Pierre-Marie Beaude Tous les textes peuvent être étudiés en sixième ou en cinquième, suivant le niveau des classes. une étrange transformation : il devient lui-même un cheval. Il Issa, enfantva alors devoir vivre avec la troupe mais aussi se plier à ses des sables règles, surmonter les dangers, jusqu’au jour où il aperçoit des Folio Junior n∞ 1220 - 126 pDakotas Sioux. Leur costume ressemble étrangement à sa 4,90petite couverture : Jeremy devine qu’il est face aux siens. Il est Dans un village d’Afrique, au cœuralors prêt à redevenir humain et à regagner sa tribu. du désert, la famine fait rage. Les Pistes pÈdagogiques puits sont asséchés. Adouna, son Ce roman s’adapte autant aux fils Issa, déjà atteint par la dénu-sixièmes qu’aux cinquièmes, trition, et son mari Okoboé, un Touareg, sont obligés de quitterd’un bon niveau de lecture le village où les méchancetéscar le roman est copieux. Le commencent à les atteindre. Le sujet étant une longue quête touareg emmène alors sa famille de soi-même au milieu des chez les siens, comptant trouver chevaux, on pourra demander là-bas eau, nourriture et chaleur humaine. Après cinq ou six aux élèves de retrouver les jours de marche, le vide attend la famille. Le village a été étapes de la vie des apaloo-abandonné. L’enfant se meurt et lorsque l’aide humanitaire sas, leurs différentes occupa-survient, tout sera fait mais en vain. Il est déjà trop tard. tions et déplacements, leur Pistes pÈdagogiques environnement. On pourra in-C’est un roman dur à appréhender par les souf-troduire l’étude du point de vue. Jeremy passant de frances qu’il dépeint et par la prise de conscience qu’il l’état d’humain à celui de cheval puis vice versa, on demande. Aussi semble-t-il difficile de faire une analyse tentera avec les élèves de voir en quoi le récit est mar-littéraire traditionnelle qui banaliserait la famine et la qué par cette nouvelle identité, le vocabulaire convo-mort. Dans un premier temps, on pourra travailler sur la qué. De la même façon que Jeremy devient un cheval, temporalité car le roman est fait de nombreux retours on pourra faire imaginer aux élèves qu’ils deviennent en arrière, moments où les personnages évoquent un animal et qu’ils racontent leur expérience. avec nostalgie un passé heureux. Ce sera l’occasion de travailler sur les temps, sur la notion de passé au sein CÏur de louve du récit, sur l’intrusion du souvenir et d’éclairer aussi Folio Junior n∞ 1280 - 308 p - 5,90 la psychologie de chacun des personnages.En 1871, au moment de la Surtout, on pourra engager les élèves dans un tra-Commune, Mauve et son père, vail «citoyen». Avec l’aide d’autres enseignants, il est qui rêvent d’un monde meilleur, possible de faire des recherches sur les régions du se rendent sur les barricades. Le monde touchées par la famine et par la pénurie d’eau. père est tué tandis que la jeune Ensuite on mobilisera les élèves pour essayer de trou-fille est emprisonnée. Elle ne ver des articles qui parlent de la faim et voir ce qui ressort qu’à l’âge de 20 ans, est proposé. Différents organismes peuvent êtreaffaiblie, malade et seule. Avec contactés. Dans le cadre de cette sensibilisation onl’aide d’un ami de son père, elle embarque pour le Québec. Le pourra constituer des panneaux au CDI et deux types bateau échoue et la jeune fille va de travaux d’écriture pourront être reliés au livre : une alors s’installer dans cette partie lettre de Marie, le médecin de l’aide humanitaire, évo-sauvage du Québec, ayant pour voisins des Indiens. La quant le difficile moment qu’elle a vécu avec Adouna rencontre avec la louve Wakonda, qu’elle considère comme sa et l’enrichissement qu’elle en a tiré mais aussi un arti-sœur animale, et l’amour de John vont l’aider à surmonter ses cle de presse dénonçant à partir du cas de cette démons et à voir enfin l’avenir sereinement. famille, les difficultés rencontrées par les populations Pistes pÈdagogiques et l’indifférence des pays dits civilisés. On amènera Le roman est complexe et demande de bons lec-ainsi les élèves à l’écriture argumentative et aux tech-teurs. Il s’ouvre sur une période historique qu’il sera niques de persuasion tout en restant modeste. bon d’étudier un peu, notamment en expliquant l’ar-rière-plan politique, les motivations des Communards, Jeremy chevalles conditions de vie des Français, les prisons et la Hors-piste n∞ 11 Ð 192 p Ð 9,50personne de Louise Michel, évoquée par Mauve. Avec Jeremy a été recueilli par les Norton alors qu’il n’était qu’un le professeur de géographie, on constituera une carte bébé. De sa famille, il ne lui reste qu’un petit morceau de pour situer les lieux dans lesquels se déroule l’histoire. couverture. Il grandit, élevé et aimé par sa mère adoptive mais On pourra, dans un premier temps, étudier les deux négligé par le père. À la mort de Mme Norton, il vit dans la éléments constitutifs du roman –le récit et le journal ferme livré à lui-même, aidant à nourrir les bêtes, souvent intime –et voir ce qui fait leur particularité. brutalisé par le fermier. L’arrivée d’un cheval indien le décide à quitter cet univers qui n’est pas le sien et à essayer deCe mélange des deux est d’ailleurs l’occasion de mul-retrouver sa famille. Il suit l’apaloosa qui s’est enfui et va subirtiples pistes d’écriture, notamment sur les épisodes 5
Pierre-Marie Beaude Tous les textes peuvent être étudiés en sixième ou en cinquième, suivant le niveau des classes. qui n’ont pas été transcrits dans le journal de l’héroïne. Ocre Le programme de cinquième accorde une large au place Folio Junior n∞ 1177 Ð 80 p Ð 2aux dialogues. Le roman se prête à ce travail et à l’étude Doumo est un jeune Africain atteint de de toutes ses formes. Il permet aussi de s’interroger sur la polio. Ses frères et demi-frères lui la façon de l’insérer dans le récit et sur son intérêt. font subir toutes sortes d’humiliations Enfin la découverte des grands espaces peut attirer les qui le poussent peu à peu à élèves. On pourra imaginer de faire constituer le journal s’enfermer et à vivre à l’écart des intime de Mauve avec des parties documentaires sur laautres. Sa rencontre avec Papa M’bo, nature, les animaux, en s’aidant de photos mais aussi dele sculpteur, va enfin sortir Doumo de sa solitude et de son désarroi. C’est le dessins, avec un travail sur le vieillissement des photos début d’un long apprentissage… pour les personnages, mais aussi en insérant les parties reconstituées du journal en expression écrite et quelquesPistes pÈdagogiques parties simplement recopiées, le tout formant ainsi uneCette courte nouvelle est des-autre œuvre, plus personnelle.tinée à des lecteurs de sixième et sera bienvenue après une séance sur le conte : le récit se construit à la manière d’un conte, avec un héros en quête d’un idéal. On pourra La maison des lointains dans un premier temps tenter de relever ce qui appartient Scripto - 176 p Ð 8,50véritablement à l’univers du conte et notamment du conte Jan et ses parents se sont installés dans africain. Ce sera l’occasion d’approfondir cet univers en en une ferme, en Namibie. Avec l’aide de faisant lire aux élèves et en leur demandant de les racon-Kaboko, un employé africain, Jan ter à leurs camarades, en essayant d’utiliser les techniques apprend à respecter la nature et de récit africaines. L’inscription dans l’univers africain per-s’imprègne de la façon de penser des met aussi un travail de vocabulaire à partir du texte et une habitants. La vie de Jan est bouleversée recherche sur la réalité que recouvrent ces mots. Comme par l’accident de ses parents qui se tuent en camion. Il quitte alors la fermetout héros de conte, Doumo est un être à part et on déter-et se dirige vers la mer. Jan s’aperçoitminera ce qui en fait un héros de conte. Les élèves clas-qu’il est suivi puis protégé par une seront aussi les autres personnages en adjuvants et oppo-lionne. Une complicité s’installe alors sants. Le récit étant au passé on en profitera pour revoir entre eux. ces temps mais aussi, à partir de l’étude de l’imparfait, Pistes pÈdagogiquespour étendre à une leçon d’orthographe qui permettra de différencier les sons «é» et «è» et leurs différentes graphies Dans un premier temps, on pourra faire appel au pro-fesseur de géographie pour préciser le cadre. Puis on(la page 16 offre différentes pistes). demandera aux élèves de collecter des images dans desPlus que l’expression écrite, c’est l’expression orale revues afin de constituer un album illustrant le roman, fai-qu’on s’attachera à travailler avec ce livre, notamment en sant ainsi découvrir la nature, la population, la végétationdemandant aux élèves de s’approprier un épisode de la du veld, les animaux. Ce travail de réalisation pourranouvelle puis de le jouer devant ses camarades. mobiliser la révision des types de textes informatifs mais aussi obliger les élèves à savoir présenter des documents. ¿ signaler On pourra aussi travailler autour de la figure de Kaboko, qui fait intervenir l’univers du conte africain. On Fleur des neiges demandera alors aux élèves de relever les passages du conte et de travailler sur la structure du récit de l’oryx. On Album - 44 p. - 12pourra aussi construire l’étude du roman autour de la tem-Un livre qu’on ne manquera pas poralité :les personnages sont constamment dans l’atten-de faire lire en sixième, pour met-te –de la pluie, de l’arrivée du gibier, du retour du père… tre à profit les travaux sur les Étude des temps mais aussi de toutes les notions tem-contes et porelles, travail sur les techniques de ralentissement de participer l’action. à un tra-Enfin, l’auteur utilise une langue poétique, faite de vail sur les comparaisons, de métaphores et de personnifications, et signes et le travail sur la langue enrichira cette approche de la l’écriture. prose poétique. On pourra, en conclusion, imaginer comment l’expé-rience vécue par Jan et la lionne peut prendre la dimen-sion d’un conte qu’il pourrait raconter aux siens. On auraLeila, les jours ainsi une nouvelle exploitation des étapes du conte et onScripto - 160 p. - 8demandera aux élèves de soigner leur style en utilisant lesVient de paraître : un texte beau et figures de style étudiées.émouvant sur la quête des origines. 6