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Histoire abrégée de la session de 1828 , écrite à l'avance par David Hume

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Documents
14 pages

Description

chez tous les marchands de nouveautés (Paris). 1829. 15 p. ; in-8.
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Ajouté le 01 janvier 1829
Langue Français
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HISTOIRE
ABREGEE
DE LA SESSION DE 1828,
ECRITE A L'AVANCE
PAR DAVID HUME.
Paris,
AU PALAIS-ROYAL,
ET CHEZ TOUS LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS.
1829.
IMPRIMERIE DE SELLIGUE
RUE DES JEUNEURS, N° l4.
AVIS DE L'EDITEUR.
LA session de 1828 est certainement une des plus im-
portantes par ses résultats et par l'influence qu'elle doit
avoir sur les destinées de la France. Après en avoir suivi at-
tentivement les débats, je m'occupais d'en écrire l'histoire,
lorsque je m'aperçus qu'elle avait été écrite long-temps
d'avance, et avec la plus minutieuse exactitude, par David
Hume, dans son histoire des Stuarts.
A l'instant j'abandonnai mon travail, et quittant le rôle
d'historien pour celui de copiste, je présente à mes lecteurs
le tableau, tracé par une main nécessairement impartiale,
de ce qui vient de se passer sous nos yeux. Heureux si, par
un rapprochement aussi frappant, je pouvais ouvrir les
yeux de tant d'hommes honnêtes qu'on trompe avec de
belles phrases , et que la droiture même de leurs intentions
ne rend que plus faciles à abuser.
Ils verront que, dans tous les temps et dans tous les pays,
la marche des révolutions est uniforme ; que dans ce siècle
de perfectibilité nous n'avons pris la peine de rien in-
venter, et que nous ne sommes que les copistes serviles des
Anglais du dix-septième siècle.
Les méfaits de l'administration, les élections irrégulières,
l'ultramontanisme, les pétitions collectives, l'accusation
constructive, les comités directeurs, la prévoyance tournée
en ridicule, rien de tout cela n'est d'innovation moderne;
rien, pas même l'avidité avec laquelle les partisans désinté-
ressés des libertés publiques se partagent les places, dé-
pouilles du parti vaincu.
4
En 1640, le retour à l'ordre légal fut le prétexte d'une
révolution dans laquelle toutes les lois furent violées ; et
un désir immodéré de liberté plongea la nation dans une
anarchie dont elle ne put être tirée que par le despotisme
d'un usurpateur.
Aujourd'hui ne pourrions-nous pas dire comme les roya-
listes anglais en 1641 : « Jamais souverain eut-il plus de
» modération en partage, avec plus de justice, d'honneur
» et de grandeur d'âme? Quelle pitié qu'un tel prince soit
» sans cesse harcelé par des soupçons, des calomnies et des
« plaintes! Supposé qu'il y ait eu des abus, n'y a-t-il d'au-
» tres moyens d'en prévenir le retour que l'entière abolition
» de l'autorité royale ? D'où les jalousies peuvent-elles naî-
tre? Quelles sûretés peut-on désirer de plus? Les conces-
«sions du roi, loin d'être insuffisantes pour la sûreté pu-
» blique, doivent plutôt paraître excessives. L'autorité n'est
» pas moins nécessaire au gouvernement que la liberté, elle
«est nécessaire pour le soutien de la liberté même. Quelle
« folie, lorsque tout est heureusement réglé par d'anciennes
» institutions , de faire le dangereux essai d'une constitution
» nouvelle, et de préférer à la sagesse éprouvée dé nos an-
» cêtres, les fantaisies mal digérées de quelques turbulens
« innovateurs (1) !»
Fasse le ciel que les sessions qui suivront celles de 1828
n'aient pas une telle ressemblance avec celles qui suivirent
chez nos voisins celle de 1640, et que nous nous écartions
bien loin de modèles si funestes! Tel doit être le voeu de tout
Français ami de son pays.
S'il en était autrement, si nous continuions à avancer
aveuglément dans cette route périlleuse des innovations, il
ne resterait aux bons citoyens qu'à répéter avec le sentiment
(1) Hume , tome XIV.
5
de la plus vive douleur ces paroles que l'infortuné Charles Ier
adressait à ses sujets dans une proclamation : Tout ceci
considéré, il y a un jugement du ciel contre cette nation,
si ces désordres continuent (1).
(1) L'histoire qu'on va lire est si singulièrement exacte, qu'on pourrait
me soupçonner de l'avoir arrangée : cependant j'ai copié sans changer un
mot. J'ai eu soin de noter les volumes et les pages afin qu'on puisse véri-
fier : je me suis servi de l'édition de Londres de 1766.