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Hudibras. T. 3 / . Poëme ecrit dans le tems des troubles d'Angleterre ; et traduit en vers françois avec des remarques & des figures. Tome premier. [-troisieme.] = Hudibras. A poem written in the time of the civil wars. Adorned with cuts

De
369 pages
A Londres [i. e. Paris]. M. DCC. LVII. = London. M. MCC. LVII. [sic]. 1757. 3 t. ([14]-365-[1] p., [5] f. de pl. ; [4]-480-[1] p., [8] f. de pl. ; [4]-365-[1] p., [2] f. de pl.) ; in-12.
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HUDIBRAS.
P O È ME
ECRIT DANS LE TEM.S
des Troubles d'Angleterre
ET
TRADUIT EN VERS FRANÇOIS
avec des Remarques & des Figures.
TOME TROISIEME.
A LONDRES.
M. D C C. LVII,
HUDIBRAS.
POÈME.
T'ÔME TROISIEME.
ETUDIERAS-
A POEM
W RITTEN
IN THE TIM.E OF.THE
CIVIL WARS·
ADORNED W1TRQUT$..
L 0 N D 0 N.
M. DCC. LVII.
i$m* nu a
HUDIBRÂS.
HUDIBRAS.
THE ARGUMENT
OF THE EIGHTH CANTO.
The Knight andSquire'sprodigious Flighî,
To quit th'Inchanted Bow'r by Night
He plods to turn his Amorous Suit
T'a Plea in Law and profecute
Repairs to Counfel, to advife
'Bout managing the Enterprife
But firft Refolves to try by Letter;
And one more fair Addrefs to get her.
CANTO VIII.
ry HO vu oui believe whàt ftrange Bugbears
Mankind créâtes itfeif, of Fears
Ai;
HUDIBRAS.
S U JET
DU HUITIEME CHANT.(r)
Hudibras avec Ralpho fuit
Du logis enchanté de nuit
Au lieu d'amoureufe pourfuite,
De faire un procès il médite
17p. Avocat il va trouver
Son affaire pour confulter:
Mais avant veut faire remettre
A fa Dame encore, une Lettre.
CHANT VIII.
Vc UI pourroic croire les fantômes
Que par crainte fe font les hommes,
4 C A N T 0 VIII.
Thatffringj like Fern, thatlnfeït Weed
Equivocally witbout Seed t
And have no poflible Foundation
But meerly in ih'lmagmuxion
And yet can do more dreadful Feats,
Ihtn Hags, with ail fheir Imps and Teati
Make mort bewiteh andhaunt tbemfelves
Than all their Nurferies of Elves.
For Fear does Things fo like a Witch
'Tis hard t'unriddle %vhich is which.
Sets up Communities of Senfes
To chop and thange Intelligences;
As Rcjîcrucian Virtuofo's
Can fie with Ears, and huer with Nofes;
Jindwbenthey neither fèe nor hear >
Hâve more th4n both jupply'd by Fear;
That make 'em in the D*rk fee Vijions
Aydhag tbemfelves with Apparitions;
And when ibeir Eyes difcover leajl
Difcern thefubt'lejl Objetts befi
Do Things not çontrary alone
To th' Courre of Nature, but its own;
The Ccurage ofthe Bra.vefl daunt
CHANT ri IL
a i4
QuinaifTenton ne fipic Comment
Et fans vifible fondement,
Comme, fans graine, la fougere (1)
Prend croilfance & couvre la cerre l
Etres d'imagination
Qui font pourtant telle aftion
Dont forcieres font incapables
Avec leurs terres & leurs diables.
Soi-même on fe lutine pis
Que ne feraient un cent d'esprits.
Car la crainte agit en forciere
A s'y méprendre d'ordinaire;
Renversant les fens de façon
Qu'ils troquent tous de fonftion
Comme Rofecroir par merveille (4)
Entend du nez voit de l'oreille (f)
Et quand on ne voit ni n'entend,
La crainte Cupplée amplement.
La nuit des vifions fait naître
Ou des (pectres affreux paraître,
̃( Car quand on ne voit rien des yeux
C'eft alors qu'on diftingue mieux. )
Fait chofe contraire au fyftême
De la nature, & d'elle-même;
Au brave elle 6te la valeur
Et redonne au poltron du coeur
6 Ç.A.N T O VI IL,
For Men as refolute appear
Wilh too much as too little Fear;
Andwhen they 're out of Hopes'of fiying y
Will run away from Deaih by dying:
Or turn again toftand it eut t
And thofe they fied s liké Lions 3 Routr
This Hudibras had prov'd too tr'ue y
Who by the furies left perdue
And haunted with Detachments fent
From Marsbal Legion^s Régiment
tfasby a Fiend as counterfeit,
Reliev'd and Refcu'd; witb a Cheav
IVhen nothing but himfelf, and Fear s
Was both the Imps and Conjurer
As, by the Rules o'th' Virtuofi j
Ir follows in.dtte Form ofPoefies
Difgtiis'd in all rhe Masks of Night >
We left our Champion on his Flight
At Blindman's Buff to grope hii'way
1n e quai fear ofNigbt and Day
Who took his dark and defp'rate Cotirfe
He knew no better than his Horfe
And, by anunknown Devilled,
( He knew as little whither ) flet/.
CH A N t Fil t. j
Aiiij
Trop on trop peu de crainte caufe
Sur le courage même chofe
Car qui perd tout efpoir de fuir;
fuyant de la mort peut mourir »
Ou fe retournant/faire face
Aux ennemis avec'audace; ̃•
Et les mêmes mener battant
Qui le fuivoient auparavant.
Hudibras tantôt chez la Veuve
En avoit fait la trifte épreuve •.
Qui lailTé feul par les Lutins
Et hanté par efprits malins (6)
En fut tiré, non fans'malice'
Par un Saint tout auflî notice,
Quand les Lutins & l'Enchanteur
N'étoient que lui-même & fa peur,
Comme l'on vérra par là fuite;
Nous en étions donc à la fuite
D'Hudibras courant au hazard
Sans voir comme Colin-Maillard
Craignant de la mênie manière
Les ténébres & la lumiere
Connoiflant 'fa route aufü mal,
Et moins encôr que Ton cheval;
Et dans cet étàt déplorable
Son guide encore étoit un Diable. (7) "̃
8 Ç À NT 0 VIlU
Kenever was in greater Need.,
Nor lefs Capacity of Speed;
Di/abled j both in Man rand Beafi
Tofly and run away his befl
T'o keep the Enemy and Year
Irom equal falling on his.Rear.
And tho' with Kicks and Sangs he ply'd
The further, and the nearer Side
( As Seamen ride wifb all their force,
And Tug as ifthey row;d the Horfe ̃
And whentheHackney ¡ails moftfwift*
Believe they lag or run 4-drift)
So, tho' he pojied e'er fofafi,
Sis Fear was greater than bis Hafle
For Tear tho fieeter than the Wind
Believes 'tis always left behind.
But when the Morn began t'appear,
And shift t'anotber Scene his Tear
Hefound bis new officions Shade
Tbat came fo timely to his Aid,
And fore' d him from the Foe t'efcape
ïïadturrid it felf to Ralpho's Shape;
So like in Perfon Garb, and Pitch
'Twas bard t'interpret which was which.,
For Ralpho h ad no fooner rold
The Lady all he had t'unfold,
CHANT ? III. 9
Av
ta vitelie étoit fon efpoir
Mais il lui manquoit le pouvoir.'
Car l'homme, auflî-bien que la bête
Manquoit de forces & de tête
Pour s'empêcher d'être faifi
Par la crainte ou par l'ennemi.
Et bien que par grands coups de bottée
Du cheval il battît -les côtes
Comme à cheval vont matelots, (8)
̃Qui femblent ramer leurs chevaux,
Et, quand ils font au galop croient
•Qu'ils ne vontpas, ou fe fourvoient j
Il eut ainfi beau fe prelfer,,
Sa crainte il ne put déparer ?
Car, quoique mieux qu'un vent volante
Crainte Ce croit toujours trop lente.
Mais quand le jour recommença
.Pourlui la fcenëfe changea.
il vit que l'Efprit charitable,
,Qui très à propos fccourable
L'avoit fauve des ennemis.,
iDe Ralpho la forme avoir pris,'
A s'y tromper., pour la figure
La taille, la mine.& l'allure.
Car, quand Ralph eut fait fon rapport
A la Dame elle 6t d'abord
ro C7ANT0 FI IL
But she convey'd him out of fight
To entertain th' approaching Knight:
And while be gavehimfelf Diverfion
T Hccommodate his Beafi and Perfon
And put his Beard into a Poflure
At beft Advantage } toaccofther:
She order-d th' Antimafquerade
( For his Réception ) aforefaid
But when the Ceremony was done
The Lights put. out, and Fairiesgone
And Hudibras, among the reft
Convey'd away, as Ralpho guefs'd
The wretched Caitijfall alone
( As he believ'd ). began to moan
And tell his Story ta himjelfi
The Knight miftook him for an Elf;
Anddidfoftill y'tillkebtgan
Tofcruple at Ralpho's Outward Mon r
And thought becaufe thty oft agrée d
Tappear in one another's ftead,
And aB the Saint' and Devil's Part
With undiftinguishable Art
They might have donefo now perhaps
And put on one another's Shapes j
e ha NT' vin. h
A*j
Retirer en un coin le traître
Pour aller recevoir fon maître
Et dans le tems qu'il attachoit
Sa bête, & fa barbe arrangeoit
Pour lui faire fa révérence
Avec un peu plus de décence,
Elle donna l'ordre en fècret
Pour la mafcarade qu'on fait.;
Mais après les cérémonies,
Lutins & lumières parties,
Qu'Hudibras auflî difparut ̃
Du moins, à ce que Ralphocrur
Se croyant feul ce pauvre diable
Commença d'un ton lamentable
A fe plaindre de fon deftin } •
Hudibras le crut un Lutin
Et même le croyoit encore
Quand Ralph au lever de l'Aurore
Fit voir fes traits, imaginant
Que puifqu'ils éhangeoientforc fouvënt
L'un avec l'autre de figure,
Tantôt du Saint prenant l'allure
Et tantôt celle du Démon
De méconnoiffable façon
Un Démon ce pouvoit bien étre
Qui l'Ecuyer vouloit paroître.
1% C À N T O FUT,
And therefore to refolve the Dottbt
He flar'd upon him) andcry'd d out;
Wbat art ? My Squire or that bold Sprité
That took his Place and Shàpe to Nitfit î
Some bufy Independent Vug
"Rétamer to his Synagogue ?
Alas quotb he 3 Y m none of thofe
Tour Bofom Friends } asyoufuppofe'
But Ralph himfelf, your trufty'Squire
Wh' bas dragg'djour Donship-out o'th' Miro
Andfrom th'Inchantmerits of Widow
Wh'bad turrid ye int' Beaji bave freedyou j
And though a Prifoner ofWàr 3-
Hâve brought ypufafe 3 wher* now you are
Whichyou would gratefully repay
-Tour confiant Presbyterian way.
That'sjlrangerj quoth the Knight, andjlranger
Who gave thee notice ofmy Danger
Quoth he, Th'Infernal Conjurer
Surfit. d and-took me Prifoner;
CHANT VIII, ij;
il rlfblut donc de douter,
Et de le bien examiner;
Enfin fur lui fixant la vue-,
Cria d'une voizréfolue
Dis moi, qu'es-tu? Ralph ou l'Esprit (9)
Qui l'a contrefait cette nuit,
Une Furie Indépendante
Qui fa Synagogue fréquente ?
Hélas dit-il je ne fuis pas
De ces chers amis d'Hudibras j
Je fuis fon Ecuyer'lui-même
Qui, toujours fidele à l'extrême,
Viens de tirer mon' Chevalier
Avec adreflè du bourbier
Et qui malgré le fortilege
D'une Veuve dont le manege
En bête vous avoit changé
De prifon vous ai dégagé,
Et mis fain.& fauf où vous êtes
Etvous comme toujours vous faites,
Voulez en franc Prefbytérien
Me repayer d'un fi grand bien.
Cela, dit-il, n'eft pas croyable;
Car je ne conçois pas qui diable
A pu t'apprendre mon danger.
Ceft, dit Ralph l'infernal forcier,
14 CANTO V1IL
And knowing y ou were bereabout,
Brought me along, to find you out.
IVhere I in Hugger-tnugger hid
Have noted all they laid or did
And though they lay to him the Vageant
1 did not fee him nor his Agent
Who flay'd their Sorceries out of fight
Tavoid a fiercer 3 fécond Fight.
-But didft thou feé no Devils then ?
Not one, quoth he, > but Carnal Men
A little worfe than liends in Hell
AndthatShe-Devil, Jezabel
Thaï laugh'd and tee-he'd with Benjton
To fee them take yoàr Deporition.
What then, quoth Hudibras, was he
That flay'd the-Devil ? t'examine me ?
A rallying Weaver in the Town
That did it in a Far/on s Gowri
CHANT FUI. 15
Qui bientôt après votre fuité,
Me rencontra dans fa pourfuite
Et, vous croyant autour d'ici
M'y mena de force avec lui.
Je me cachai derriere un fiege
De là j'ai vu tout le manège.
Et bien qu'on prétende pafTer
Tout fur le compte du forcier
Je n'ai vu, ni lui, ni fon drôle,
Sans doute occupés à leur rôle
Quelqu'autre part, n'ofant rifquér
Encore de vous attaquer.
Quoi donc n'as-tu pas vu le Diable,
Dit Hudibras ? Rien de fèmblable
Dit Ralpho mais hommes charnels
Pis que le Diable & plus cruels;
Et la Veuvé, votre maître/Te
Cette Jefabel & Diablelfe
Qui de rire penfa crever
A vous entendre confefler.
Qui donc, dit-il faifoit le rôle
Du Diable & portoit la parole,
Pour me faire tout avouer ?
C'étoit, dit Ralph un ouvrier,
Et, pour fe déguifer le Cuiftre
Portoit là robe du Miniftre.
ï6 CANTO F1IL
Whom all the Parish takes for gifred
But for my part, I ne'er believ'd it
In whichyou told them allyour Feats,
Tour Confcientious Frauds and Cheats;'
Deny'd your Whipping, and confefs'd
The naked Trutb of all the refi
More plainly than the Révérend Writer
1b at to.our Churches veil'd his Miter.
Allwhich they took in Black and White
And cudgeli'd me to under~writ<e.
What made thee, when they all were gone
'And none 3 buvthouand I alone
To aB the Devil and forbear
To rid me of my Hellish Fear ?
Quoih he j 1 knew your conflant Rate
^nd Frame of Sp'rit, too obftinau
Tobeby me preva.it d upan,
With any Motives of my own
'And thereforeflrove to counterfeh
The Dev'la-while to nick your Wit
The Devil, that isjour confiant Crony
That only can prevail upon ye
Elfe we might fiiU hâve been difpming,
And they with weighty Drubi confu,t'm%.
C H A NÏ VI II. x7
Il paire pour homme à calenc,
Mais ce n'eft pas mon fentiment.
Vous leur avez dit vos fredaines,
Vos tours & vos frauder vilaines,
Nié de vous ètre fouetté
Et du refle la véricé;
Enfuite ifs ont fait tout écrire
Et m'ont roffé pour le foufcrire.
Mais dit le Chevalier, pourquoi
Quand tu rellois feul avec moi,
Contrefaire encore le diable,
Au lieu de m'être fecoorable
Et me tirer de ma frayeur i
Je connois, dit- il votre humeur,
Façon de penrer obftinée
Qui ne peut être ramenée
Par les efforts de ma raifon.
l'ai donc contrefait le Démon,
Pour gagner votre confiance
C'eft le feul de vôtre accointance
Qui puiffe vous perfuader
Et s'il eût fallu difputer
Le bruit qu'eut fait notre querelle
Nous eût fait rolfer de plus belle.
̃i8 .CJNT'O VU h
The Knight > who now began to find
Th' had left the Enemy bebind
Andfaw no farther Harm remain
But feeble Wedrinefs and Pain
Terceiv'd by lofngof their Way,
Th' hadgain'd th' Advantage of the Day;
And by declining ofthe Road
They had } by chance their Rear made good
He ventur'd to difmifs his Fear
That parting 's wonftoRant and Tear,
Andgive the defperat'fl Attack
To Danger flill behind its Back<
.For, } having paus'd to recolleéf r •
And on bis paft Succefs reflet!
T'examine and confider why }
And whence 'and how he came tofyi
And lvhen no Devil had appear'd
What elje, it could be raid he fear'dî ̃
lt put him info fierce a Rage } •
He once refolv'd to re-ingage j
Tofs'd like a Foot-ball back again
With Shame and Vengeance, and Difdain.
Quoth he It was thy Cowardife
That made me from this Leaguer rife
Andwhen 1 had half reduc'd the place
Toquit it infamously bafei
CHANT VU t. tf
Le Chevalier un peu remis x
Et ne voyant plus d'ennemis
N'avoir plus d'aurre inquiétude,
Qie Ces maux & fa làflîtude,
Il avoir perdu (on chemin
Mais gagné le jour à la fin; *̃
Et, par fa route détournée,
L'arriére garde étoit fauvée.
11' voulut renvoyer la peur
Qui ne part jamais fans rumeur
Quand elle tâche à fe défaire
Du danger, encore derrière.
Après qu'il Ce fût rappellé
Ses fuccès pafles., & rêvé
Pourquoi, comment & d'oû, fi Vite
Il venoit de prendre la fuite
Le Diable n'ayant pas paru
Pourquoi donc avoir tant couru } v
Cela mut fi fort Ca colère
Qu'il vouloit rengager l'affaire
M lis honte vengeance & dédain
Tinrent fon courage incertain.
C'eft, dit-il ta poltronerie
,Qui me caufe cette avanie
Lâchement me faire quitter
Un fort que j'allois emporter,
%o CANTO Vllh
Was better cover'd by tbe New
Arriv'd Detachment thau I knew
Ta sligbt my new Acqueftt } and run
Viéioriously from Battles won;
And reck'ning aU I gain'd or loft
To fell them cbeaper lhanihey cofts
T make me put myfelf to Flight
And Conqu'ring run away by Uight
To drag me oui j whieh th' baughty Foe
Durft never have prefum' d to do
To mount me in tbe dark by forte
Vpon the bare Ridge of my Horfe
"Exposa in Querpo to their Rage
Without my Arms and Equipage
Left, ifihey ventur'd to purfue
1 might rh' unequal Fight renew;
And to preferve rhy omward M ait
Affum'd my Place and led the Van.
AU ihis quoth Ralph I did 'tis true
Hotto prefirve myfilf but you.
l'ou., whowere damn'd to bafe'r Drubs,
Than Wretches feel in Powd"ring Tubs
To moum rwo-wheel'd Carroches 3 worfe
Than managing a Wooden Horfe •
Dragg'd out through ftraiter Holes by tb'Eart,
Eraj'd or Coup' d for Ver jurer t
CHANT VJll. x«
Marbrée voyant recrutée,
Sij'avois fçu ton arrivée;
Mes avantages négliger
Après la vi<5p.ire céder
Le gain & la perte eflimée
Moins que je ne l'avois payée;
De nuit faire un vainqueur courir,
Et lui-même fe faire fuir;
Me traîner ce qu'un adverfaire
N'auroit jamais olé me faire;
Me monter dans l'obfcurité
Sur dos de cheval delfellé
Sans mes armes fans équipage,
M'expofer à toute la rage
De l'ennemi, s'il eût ofé
Me pourfuivre ainfi défarmé;
Pour te fauver, avoir l'audace
D'aller devant, prenant ma place.
J'ai fait le toqt pour votre bien,
Dit Ralph & non pas pour le mien;
On vous alloic, fur ma parole
Frotter pis que pour la vérole,
Plus mal à votre aife cent fois
Qu'on n'eft fur le cheval de bois
Vos oreilles on eût traitées
Pis que celles qui font clouées,
aa C A NT O F'itL
Who, tho' ¡h' Attempt had prov'd in vain,
H ad had no reafon to complain
But fince it profper'd 'tis unhandfome
To blame theHand thaf paid your R4nfom;
And refcu'd your obnoxious Bones
From unavoidable Bartoons.
The Enemy was reinforcd
And we difabled and unhors'd.
Difarm'd, unqualify'd for Fight
And no way left bue hafty Flight y
Which tho' 'twas defperate in th 'Attempt
Hasgiven you Freedom to condemn't.
But ivere our Bones in fit Condition
To reinforce the Expédition
Tis now unfeafonable and vain,
To think of Fallirg on again
No Martial Froje&to furprize j
Can ever be attempt ed twice';
Nor caft Dejîgnfer-ve afterwards j
As Gamefters tear their Lcfîng-Cards.
.Befides our Bangs of Man and Beafi
Are fit for nothing now butReft;
CM A NT: FUI. zj
Ou qu'au parjure on fait couper
Sans qu'elles durent murmurer.
Mais après votre délivrance
II ri'eft pas honnête je penfe,
De blâmer ainfi l'action
Qui vient d'en payer la rançon
Qui vous fauve les baftonades
Que vous gardoienc leurs camarades;
Car ils étoient bien renforcés,
Et nous perclus & démontés.
Notre valeur étoit réduite,
Pour toute reifpurce à la fuite,
Qui, malgré la difficulté,
Vient de vous mettre en liberté
Comme vous faites, d'en médire
En raisonnant à faire rire.
Car quand nous ferions en état
De renouveller le combat,
il ne feroit.pas raiConnable;
Le fuccês feroit peu probable
En guerre on ne voit réuflîr^,
Que les projets qu'on fixait couvrir $ L
On fait d'un projet qui s'évente
Comme on fait de carte perdante.
Et d'ailleurs hommes & chevaux
Ne font bons qu'à prendre repos }
14 C A NT O VIII,
Et
And for a-while will noi be able
To rally and prove ferviceable
And therefore 1 with Reafon, chofi
This Stratagem t amùfe our Foes
To make an Hçnourable Retreat
And wave a Total Sure Defeat
for thofe that F/y may figbt agaln
Which he can never do that' slain.
Rence timely Running's no mean Part
Of Conduit in the Martial Art,
JSy which fome Glorious Feats atchieve
As Citizent by Breaking tbrive
And Cannons conquer Armiet while
They feem to draw off and recoil
Is heU the G allant' ft'Courfe and Sravefit
To great. Exploits as well asSafefl
Thaï i [parts th'Expence of Time and Pains,
And dangerous Beating oui of Brains
And in the tndprevails as certain,
ds tbofe that never truft to Fortune.
But make their Fcar do "Execution
Beyondthejloutêft Refolution;
CHANT y III. if
mu Il 1. B
Et, de quelque tems la litière
Eft bien mieux leur fait, que la guerre.
C'eft pourquoi j'ai pris le parci,
Afin d'amufer l'ennemi,
De faire honorable retraite,
Pour parer entiere défaite;
Onferebat, ayantplié, (ro)
Ce qu'on ne peut étant tué.
Bien à propos prendre la fuite
En guerre eft très-belle conduite,
rar laquelle de notre tems
On voit réuffir bien des gens;
Comme marchands par la faillite
Souvent s'enrichiflent plus vue i'
Et canons vont tout renverfer
Quand ils nous femblent reculer.
'Dans les grands exploits, cette allure
Eft la plus fine & la plus fùre
Epargne la peine & le tems,
Et les têtes de bien des gens.
On voit très-Couvent ce fyftême
A la fin réuflîr de même,
Que celui qu'on vante fi fort,
De ne remettre rien au fort.
Car la crainte fait faire chofe
Que la réfolution n ofe j
%S Ç A N T O FUI.
As Earthquakes kill without a Blow
And j only trembling, overthrow.
Ifib'Ancients crown'd their bravefi lien
That only fav'd a Citizen,
Wh4t Vtciory could e'er be won
If ev'ry one wouldfave but crie ?
OrFight indanger'd to be loft,
Where all refolve to fane tht moft
By this me an s 3 whenu Battle's won
The War 's as far from being done
For thofe that fave themfelves and JJy
Go Halves Rt leaft ïth' Viftory
Andfometime whcn the Lofs isfrtiallt
And Danger great they challenge AU
Print new Additions to their Feats
And Emendations in Gaxjets
And when forfuriâus bajle to rtm y
They durft not ftay to firt d-Gun
C H A N T FUI. v?
Bij
Ainfi que la terre en tremblant,
Sans coup, fait périr l'habitant.
Si les Anciens couronnèrent (i i)
Tous les braves gens qui fauverent
Tant feulement un Citoyen
Je ne vois pas par quel moyen
Une Victoire on eût gagnée
Si chaque foldat de l'armée,
D'en fauver un entreprenoit;
Ou quelle bataille pourroit
Se perdre, lorfque tout le monde
Voudroit tout fauve à la ronde.
Si cette façon revenoit
Bataille que l'on gagneroit,
Ne finiroit jamais la guerre;
Car ceux qui par courfe légere
Se fauvent font en vérité
De la Victoire de moitié
Ec quand la perce eft fort petite,
Et le danger grand qu'on évite,
Souvent en réclame le tout
De le prouver on vient à bouc
Par édition plus complete,
Et correction de Gazette.
Ceux qui très-lâchement ont fui
Devant le feu de l'ennemi
i8 C A NT O ri IL
Have don't with Bonefires and at home
Made Squtbs and Crackers overcome
To fet the Rabble on a Flame,
And keep their Governours from Blâme f
Difperfe the News the Pulpit tells
Confirm'd with Fire-works, and with Bells j
And though redue'd to that Extrem
They bave been forc'd to Jing Te Deum
Jet j with Religious Blafphemy
Byjlattering Heaven with a Lie
Jindfor their Beating, giving Tbankç,
They've rats'd Recruits andfill'd their Banks
For thofe who rtmfrom th'Enemy
Engage them equally tofiy j
And when the Fight becomes a Chace
Thofe win the Day that win the Raee
And that whieh would not pafs in Fights
Ras done the Feat with eafy Flights
Reeover'd many a deffrate C4mpaign
With Bourdeaux, Burgundy and Chamfaig»
"Refior'd the fainting High and Mighty,
Wïih Brandy-wine and A,qua-vit&
And made them^fioutly'oyer corne
With Hoccamore andMtipi j
C ff A N T. VÎIL 19
B üj
Font chez eux feux de reculée,
Et vainquent par mainte fufée;
Afin de canaille entamer
Et l'empêcher de les blâmer
Font détails nouveaux de t'affaire
Qu'ils font publier dans la Chaire,
Confirmer par cloches & feux;
Et dans l'état le plus fâcheux,
Même un Te Deum par grimace,
On chante en Aftion de Grâce
Et l'on ofe mentir aux cieux
Par blafphême religieux
Tant qu'à force de fimagrée
Leur foible armée eft recrutée
Car, qui s'enfuit d'un ennemi
L'engage à courir après lui
Et bataille ou fuite eft reflburce
Eft gagnée en gagnant la courfe.
Ce qu'on ne put en fe battant
S'eft fait plus à l'aife en fuyant.
Vins de Bourgogne & de Champagne
Dédommagent de la Campagne
Brandevin quand haut & puiffant
Eft en foibleffe eft reftorant
Forte bière à force d'en boire
Lui fait regagner la Yi<5to;re.
3o C A NT O VI 11..
Whomth'uncontrouïd Decrees ofFate
To Vic7ory neceffitate
With which altho they run or burn
They tinavoidably return
Or elfe their Sultan Populaces
Still flrangle all their routed Bajjfk's.
Quoth Httdibras 1 I underfland
What Fights thou mean'fl at Sea and Land
And who thofe were that run away
And'yet gave out th' had won'the Day
Although the Rabble fouc'd them fort
O'er Head and Ears in Mud and Dirt.
'Tis true our Modern Way of War
Is grown more Politick by far
But not fo refolute and bold
Nor ty'd to Honour as the Old.
For now they laugh at giving Bank j
UnleJs it be to Herds of Cattle
Or figh:ing Convoys ofProvifion
The whole Dejign o th' Expédition
And not with downright Blows to rout
TheEnemy y but eut them out
As Fighting, in all Beafls of Prey
And Eating, are perform'd one way;
To give Défiance to their Teeth
And fighr their ftuhborn G ut s to Death;
CHANT FÎIh $t
B iiij
Car les Devins ont décidé
Qu'ils vaincront de néceflîté
Et malgré la courfe qu'ils prennent
NécefTairement ils reviennent
Ou le Sultan Peuple de droit (1 j )
Bachas battus étrangleroit.
Je fais bien ceux que tu veux dire, 1 4.)
Dit-il Ce retenant de rire
Qui leurs Victoires ont vanté
Tandisqu'ils avoient décampé;
Dont la canaille fit jaftice
En les traînant dans l'immondice.
La guerre, il eft vrai maintenanc
Se fait plus politiquement,
Et de façon moiqs rcfolue
Que celle aux Anciens connue.
Car on ne Ce bat jamais mieux
Que contre grands troupeaux de boeufs
D'une entreprife militaire
Les vivres font la grande afiaire'
Ennemis au lieu d'égorger
On chaflfe à force de manger.
Ainfi mange bête de proie
Et Ce bat par la même voie.
Aux dents s'adrefle le cartel
D'un combat aux boyaux mortel
$ï ÇJNTO FI1Î.
And thcfe atchieve the high'fi Renown,
That bringthe other Stomachs down.
There's now nofearof Wounds, nor Maiming t
Ail Dangers are redite' d to Famine;
And Feats of Arms.3 to Plat Dejîgn
Surprime and Stratagem and Mine
But bave no Needj nor Ufe of Courage
IJnlefs it be for Glory or Forage
For ifthey fight, 'tis but by Chance
When onefide vent' ring to advance,
And corne uncivilly too near,
Are chari d unmercifully i'tY Keàr
And fore d} with terrible Refiftançf
To keep hereafter at a Diflance
To pick outGround t'incamp upon
Where ftore of largeft Rivers run,
That ferve inftead ofPeaceful Barriert
To part rh'Engagements s oftheir Warriors;
Where both from Side to Side may skip
And only encounter at Bo-peep
For Men are found thefiouter-hearted
The certainer they're to be parted;
CHANT VIII. if
Bv
On gagne belle renommée
A faire jeûner l'autre armée
On ne craint plus d'être bleue,
Ni tué mais d'être affamé.
A préfent les plus hauts faits d'armes
Ne font que furprifes allarmes
Stratagèmes, mines, projets,-
Des complots & de(feins fécrets
On n'a plus befoin de courage,
Hors pour la gloire, ou le Fourrage.'
Si l'on fe bat, c'efl: accident ,•.
Ce n'efl: que quand impoliment
L'un de l'autre trop près s'approche;
Qui fans pitié fa queue accroche
Et par la réfiflance apprend.
Qu'il convient d'être plus prudent
Et, pour camper choifir les terres
Où coulent de grandes rivieres
Qui foient bonnes.pour féparer
Guerriers qui pourroïent s'attaquer."
D'un bord à l'autre un corps fe. jette,
Comme on joue à cligne mufette;
Car gens font toujours plus ofés
Qui font fûrs d'être féparés.
Ce qui fait que marais ils prennent
Pour s'y camper, & qu'ils s'y tiennent
54 C4NTO FUI.
And therefore pofi themfelves in Bogs
As th' ancient Mice attack'd the Frogs;
And made their Mortal Enemy
The Water-Rat their firiB AUp
For'tisnot now ̃\yho'sftmt,andbold;
But who bears Hupger beft and Céld
Andhe's approv'd the moft deferving,
Who longefl can hold out at.Starving
And he thett routs mofl
The formidableft HLan ofProwefs.
So th'Emperor Caligula
That trinmph' d o'er the British Ses
Took Crabs and Oy fiers Prifoners
And Lobflers, 'fie ad ofCitiraJiers
̃ Engag'd his Legions infierce Bu-files }
With Periwinkles. 3 Prawns and Mtifclts
.And led his Troops with furious Gallops
To charge whole Regiments ef Scallops
Not like their ancient Way ofWar
To wait on hiiTriumphalGurr
CHANT Vlll. 3
B vj
De même qu'antiques fouris (t f)
Contre les grenouilles jadis,
Ayant une guerre mortelle
Firent alliance fidele
Avec leurs mortels ennemis (16)
Les rats d'eau du même pays.
Il n'eft plus queftion de faire
Ni d'être brave oij téméraire
Il s'agit de bien fupporter
Le froid & la faim (ans bouger
L'avantage fe détermine (iy)
Pour qui tient mieux contre famine
Et c'eft le guerrier le plus preux (it)
Qui peut défaire plus de bœufs.
Ainfî nous dit un Cçavant homme
Qu'un certain Empereur de Rome (t 9)
Nommé Caius Caligula
Qui de notre mer triompha,
Y prit des huîtres prifonnieres
Et des crabs comme cuiraflleres
Avec Légions il chargea
Les Homars & les emporta.,
Et livra terribles batailles
A tous les Regimens d'écaillés
Non, pour fon. triomphe en orner,
Suivant l'ufage coutumier
36; c a n t o rur.
But when he went. to Dîne or Slip,
More bravely eat his Cap tives up
And left ail War by his Example,
Reduc'd to vic1'ling of a Camp well.
Ouoth Ralph By all that y ou hâve faid
And twice as much that 1 could add
'Tis plain you cannot now do worfe
Than take this Out-of-fashiond Courfe;
To hope j by Stratagem to woo ber,
Or waging Battle to fubdue her
ThoughJome have done it in Romances,
And bang'd them int' amorbus Fancies;
As thofe who won the Amazons,
By svanton drubbing of their Bones
And ftoutTLinaldo gain' d his Bride
By courting of her Baek and Side.
ButJInce thofe Times and Feats are over
They are not for a Modern Lover
When Mijlrejfes are too cfofs-grain'd
By fuch Addrefei to begnin'd
CHANT VI II. 37
Mais quand il fe mettoit à table
Cet Empereur inexorable
Avaloit tous fes Prifonniers.
A fon exemple nos guerriers (z o)
Ont réduit tout l'art de la guerre
A fournir au camp bonne chere.
De ces propos, dit l'Ecuyer,
Et d'autres qu'on pourroit citer,
S'enfuit que la vieille méthode
Vous faut quitter comme hors de mode.
Vous devez vous imaginer,
Que vous ne pourrez la gagner
Ni par force ni ftratagême
Et qu'il faut changer de fyftême.
Car quoiqu'on ait vu des amans
Du tems des Héros de romans,
Réduire Dame acariâtre,
A la battre, comme du plâtre;
Comme celui qui réduifit
Les Amazones qu'il battit;
Renaut, qui gagna fon Armide, (t i).
A roffer la Dame intrépide.
Cette mode du tems paffé
Ne nous va plus en vérité
Nos Dames font trop difficiles
Pour qu'on les rende ainfi dociles
38 CAKTO VIII.
And if they were would have it out,
With many other kind of Bout.
Therefore I hold no Courfe s' infefible
As This o f force to win the Jezebel
To florm her Heart by th' Antique C hartns
Of Ladies Errant, Force ofArms
But rather flrive by Law to win her,
And try the Titleyou bave in her.
Tour Cafe is clear you bave her Word
And me to wituefs the Accord;
Befides two more of her Retinue,
To teflify what pafs'd between you)
More probable 3 and like to hold
ThanHand, 3 or Seal or brtakingGold
For which fo many that renounc'd
Their plighted Contrats } hâve been trounc'd
And Bills upon Record been found
That fore d the Ladies to compound
And that unie/s I mils the Matter
Is all the Bufinefs you look after
Befdes Encounters at the Bar,
Are braver now than thofe in War
CHANT y III. 5a.
Il faudroit tout un autre jeu,
Pour leur inspirer notre feu.
Je crois donc qu'il eft impoffîble
De rendre par force fenfible,
Votre méchante Jefabel
Prendre d'aflaut fon coeur cruel
Ou le réduire par les charmes
Des Dames errantes, les Armes.
Il vaudroit bien mieux eflàyer
Par un Procès de la gagner.
Vous aurez bon droit dans la caufe
Elle vous a promis la chofe
Et^ fi vous en avez befoin
Je puis vous fervir de témoin
Outre deux autres de fa fuite
Qui font témoins de fa vifite,
Et d'accord fait entre vous deux
Titre à mon fens qui vaudroit mieux,
Que celui de fceau;, fignature
Contrat, ou femblable écriture
Qui cependant pourrait .forcer
La Dame au moins à compoCer;
Ce qui foit dit fans vous déplaire
Feroit auffi-bien votre affaire.
Outre que c'elt le goût nouveau
Et ces Rencontres au barreau
40 C A N T 0 FUI.
In which the Law does 'Execution
With lefs Diforder and Confafion :̃̃
H as mûre of Honour in't, fome hold
Pot like the New Way but the Old
When thofe the Pen had d rawn together 3
Decided Quarrels With the Feather
Andwinged Arrows kill'd as dead,
lîay j more than Eullets now ofLead
So all their Combats now as then,
Are manag'd chiefiy by the Pen;
That does the Feat with braver Vigours
ln Words at length as well as Figures
Is Judge of all the World performs
In voluntary Feats ofArms
And whatfoe'er's atcb'iev'd-ih Fight
Determines which is Wrong or Right :'̃
For whether you prevail or Lofe,
AU mufl be try'd there in the Clofe
And therefore 'tis nos -wife to sbun
Wbatyoumuft truft to e'er y' 'havedow.
CHANT VI IL 41
Se font de plus brave maniere
Que celles qui Ce font en guerre.
Les Loix font exécution
Sans défordre ou confufion.
Cette façon elt préférable
Et, dit-on, bien plus honorable
Que celle des contemporains,
Comme imitant les anciens;
Quand plume appelloit à la gloire
Et plume donnoit la victoire
De plumes on armoit les traits
Audi mortels que nos boulets.
La guerre encor fe fait de même;
La plume en fait tout le fyftême
Et tout Capitaine àpréfenc,
A la plume doit fon talent;
En guerre on fait les plus beaux rôles
Avec des chifres & paroles.
La plume eftjuge des combats
De perte ou gain fait les états;
Décide toujours à fa guife
Les droits ou torts d'une entreprife
Gagnez bataille, ou la perdez,
Par elle vous ferez jugés
Il ne faut donc pas s'y fouftraire
Tôt ou tard en ayant affaire.
4» CJNTO Fil 1.
The Law j that feules allyott do
And Marries whereyou did but Woo
That maltes the moft perfidious Lover t
A Lady, } that' as falfe fecover
And if it judge upon yoUrfide
Will foon extend her for your Bride
And put her Perfon Goods or Landt
Or which you like beft int' your Handtr
For Law' the Wifdom of ali Ages
And.manag'd by the ableft Sages
Who though their Bus' nefs at the Bar,
Be but a kind of Civil War,
In which rh'engage with fiercer Dudgeoni
Than e'er the Greciant did the Trojans
They never manage the Contefl
T'impair their publick ïntcreft
Or by their Controverses lejfen
The Digniry of their Profejfîoti t
Not like us Brethren, who divide
Our Common-wealth the Caufe and Side;
And though w are ail as near of Kindred,
As th'Outward Man is te the Inward
CHANT VIII. 45
La Loi, de nos faits le garant
Rend mari, qui n'éioic qu'amant;
Rend un amant parjure & traître
De Maîtreffe auffi faufle maître
Par fentence en votre faveur
Vous en devenez polTelFeur
Ses biens ainfi que fa perfbnne
A votre choix elle abandonne.
Loy fagefle de tous les tems
Pratique des plus fines gens.!
Et bien qu'au barreau toute affaire
Ne foit qu'une civile guerre
Qu'on y prenne rudes moyens,
Pis que les Grecs contre Troyens
Tous cependant, par politique,
Ménagent l'affaire publique,
Sanstarer, par dilCenfion,
L'honneur de la profeflion
Non pas, comme nous autres frères,
Qui dans nos intestines guerres
Sans être ennemis déclarés
Mais toujours à couteaux tirés
Sur la République & la Caufe
Nous brouillons pour la moindre chofe
Et quoique parens de fi près
Nous ne nous accordons jamais,
44 C A NT O Vil t.
We agree in nothing but to wranglè
About the slightefi fingle-fangle
While Lawyers have more fober Senfe
Than t'argue at their own Expence
But make their befl A dvantages
Of others Quarrels like the Swifs
and out of Foreign Controverses
By aiding bothfides fill their Pur/es
But have no Int'refl in the Caufe
For which th' ingage and wage the Laws
Nor fimher Profpeft than their Pay,
Wherher they lofe or win the Day.
And though th' abounded in ail Ages
With fundry learned Clerks and Sages;
Though all their Bufinefs be Difpute j
Which way they canvas every Suit
Th' bave no Difputes «bout their Art
Nor in Polemicks controvert
While MProfefions elfe aréfound,
With nothing but Difputes t' abound
Divines of all forts andPhyficians
Thilofophers Mathématiciens j
The Galenifl, and Paracelfian
Çtndemn the way each other Amis in
CHANT VIIL 41
Hors à fomenter des querelles
Pour vétilles & bagatelles.
Avocats font trop fines gens,
Pour quereller à leurs dépens
Comme Suifles, ces bons Apôtres
Profitent des débats des autres
Quand étrangers ont différent,
Ils font sûrs d'avoir leur argent
Et lorsqu'ils plaident une Caufe
Tout leur fouci n'eft autre chofe,
Que de Ce faire bien payer
Soit pour la. perdre ou la gagner.
Bien qu'ils euiTent dans tous les âges
Beaucoup de gens retors & fages
Que leur métier foit difputer., '[̃
Et des points de Droit difcuter,
Ils n'ont jamais fur leur pratique
De controverfe Polémique
Quand les autres proférions
Sont toujours en dilfenúons.
Tous fçavans en Théologie,
En Phyfique ou Philofophie,
En Mathématique, ou Latin
Toute efpecede Médecin,
Paracelfien ou Gallenifte
Comme le fubtil Cafuifte
4« ÇANTO VllL
Anatomifis dijfect and mangle,
To eut themfelves, out work to wr angle
Aftrologers difpute their Dreams
That in their Sleeps they talk of Schemes
And Heralds ftickle who got who
So many Hundredrears ago.
'But Lawyers are too wife a Nation,
T'expofe their Trade ro Difputation
Or make the bu/y Rabble Judges
Of ail theirfecret Piques and Grudges;
In which whoever wins the Day
The whole Profejfion 's fure to pay.
Befides j no Mouniebanks, nor Cheats,
Dare undertake to do their Feats,;
When in all other Sciences
They fwarm } likelnfeiïs } andincreafe.
For what Bigot durft even draw
By Inward Light a Deed in Law l
Or could hold forth, by Révélation
An Anfwer to a Déclaration
For thofe that meddle with their Tools
Wi II eut their Fingers if th'art Fools
CHANT VI IL 47
Patient la vie à fe blâmer,
Et l'un l'autre fe diffamer.
L'Anatomifte coupe ampute,
Pour .tailler,ouvrage à difpute}
Aflrologues ont même forr,
Surfonges ils font peu d'accord
Non plus que Généalogiftes
Des ayeux députant les Liftes.
Mcis gens de Robe font trop fins
Pour s'expofer aux traits malins
Etabliflantle Public juge
De leur jaloufïe ou grabuge
Où, fi tel gagne fon procès,
Tout le corps en paie les frais.
Outre qu'ils n'ont jamais à craindre
Comme on voit autres arts s'en plaindre
De charlatans dans leur métier
Pour leurs pratiques enlever.
Cagot, par Lumière intrinfeque,
Dreflera-t-il une hypothèque 5
Réponfe à déclaration,
Par pure Révélation
Comme il prêche à fon Auditoire t
Car Ci l'on ne fçait leur grimoire,
On fe coupe les doigts fouvent,
A manier leur infiniment.