//img.uscri.be/pth/e9a64fda03dae49c2f9346b8e4a86d04d51a118b
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 0,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Idylle sur la naissance de Jésus-Christ. [Signé : C.-H. Ferré.]

De
8 pages
impr. de Gallienne (Le Mans). 1852. In-8° , 8 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Voir plus Voir moins

IDYLLE
SUR LA
NifêSfflÈÉ DE JÉSUS-CHRIST.
Déjà le pâle hiver, de son manteau brumeux,
Aux regards des humains avait voilé les Cieux ;
La terre avait perdu sa riante parure,
Les champs étaient sans fruits, les forêts sans verdure.
Du rapide Aquilon le souffle glacial
Enchaînait les torrents dans des liens de cristal ;
Les oiseaux, désertant nos plaines désolées,
Avaient fui vers l'Orient, et ses belles vallées
Retentissaient du bruit de leurs joyeux concerts ;
Car là point de frimats, point d'ennuyeux hivers,
Point d'aquilons glacés, point de bises cruelles,
Point de jours sans soleil, ni de nuits éternelles ;
Mais toujours le printemps et les tièdes zéphirs,
Toujours les jeux, les ris, et toujours les plaisirs.
Là, dans un frais vallon, sur ces rives sacrées
Où le Jourdain épand ses eaux tant célébrées,
Quelques jeunes bergers assis sous des ormeaux,
S'exerçaient sur la flûte en gardant leurs troupeaux ;
Leurs chants étaient empreints de la plus douce ivresse,
Et sur leur front brillait une vive allégresse.
Un d'entre eux cependant paraissait soucieux ;
Son hautbois, près de lui, paraissait silencieux ;
Triste, assis à l'écart sur son banc solitaire,
Il levait vers les cieux son humide paupière,
Implorait par ses voeux le Dieu de Chanaan
Qui suspendit la terre et borna l'Océan.
• -1 -
^Pourquoi pleurait-il donc ? d'où venait sa tristesse ?
Demandait-il à Dieu la grandeur, la richesse ?
Etait-il tourmenté d'un amour sans espoir ?
Ou, plutôt, n'est-ce point qu'un agneau vers le soir,
Trop loin de ses gardiens, errant à l'aventure,
Etait d'un loup cruel devenu la pâture ?
Bientôt ses compagnons, remarquant sa douleur,
Se rapprochent de lui pour savoir son malheur.
Ami, lui dit l'un d'eux, fais-nous part de ta peine ;
Eh ! qui peut t'affliger ? tes troupeaux dans la plaine
Paissent en sûreté sous la garde des chiens.
Qui de nous a des champs plus féconds que les tiens ?
Chaque soir, au retour de tes grasses prairies,
Tes chèvres vont t'offrir leurs mamelles remplies ;
Et leur lait est plus doux que le miel de l'Hymet.
Quel est donc le motif de ce chagrin secret,
Qui depuis quelque temps empoisonne ta vie-
Et livre tous tes jours à la mélancolie?
Allons ne cache plus les tourments de ton coeijr, i
En moi tu trouveras un doux consolateur ; ((
Parle, dis-nous enfin le mal qui te consume,'
Les chagrins partagés ont bien moins d'amertume.
Amis, répond le pâtre, avez-vous oublié
L'état où l'univers languit humilié,
Depuis ce jour fatal où notre premier père
Encourut du Seigneur la trop juste colère?
Depuis quatre mille ans, les malheureux mortels
Gémissent accablés sous des maux éternels.
Contemplant tristement leur misère commune,
L'espoir seul d'un Sauveur soutient leur infortune.
Et vous-mêmes, bergers, qui de vous quelquefois
N'espère en ce Sauveur, ce Dieu, ce roi des rois,
Si souvent annoncé par la voix des prophètes,
Ce Sauveur dont la main calmera les tempêtes,
Et dont le bras puissant viendra briser nos fers,