Impressions et souvenirs, par Eugène Fritsch dit Lang,...

Impressions et souvenirs, par Eugène Fritsch dit Lang,...

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158 pages

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impr. de A. Vingtrinier (Lyon). 1873. In-12, 162 p..
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Ajouté le 01 janvier 1873
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Langue Français
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fflPïffiSSIONS
ET SOUVENIRS
POESIES
PAR
EUGÈNE FRITSCH DIT LANG
DE BELFORT
LYON
IMPRIMERIE D'AIMÉ VINGTRINIER
riie'di) la Tielle-Cordière, 14.
1873
IMPRESSIONS ET SOUVENIRS
MPKESSIONS
Wf~ SQUVENIRS
PAR
EUGÈNE FRITSCH DIT LANG
DE BELFORT
LYON
IMPRIMERIE DAIME VINGTRINIER
me delà Belle-Cordière,14.
1873
PRÉFACE DE L'AUTEUR
Je ne suis pas de ceux qui vont, au clair de lune,
Raconter leurs chagrins aux échos étonnés,
Qui fatiguent les gens de leur'muse, importune ;
Ceux-là versent des pleurs comme ils saignent du nez I
Je suis, triste ou joyeux, le courant de ma vie,
Accessible au chagrin, ardent pour le plaisir :
Jamais je n'ai posé, ni visé la copie,
Et l'honneur de mon nom est mon plus'vif désir.
Ainsi que dans la vie on trouve en ce volume
Des contrastes frappants, qui semblent médités ;
L'apprêt n'est cependant pas connu de ma plume.
Je n'aime point les faits longuement récités,
Je n'ai jamais soumis ces rimes à l'enclume :
Quand j'écris, c'est que j'ai les nerfs surexcités.
BOUQUET DE VIOLETTES
ELEGIE.
Fragiles fleurs, trop.tôt flétries,
Vous avez dormi sur son* coeur,
Et dans vos corolles chéries
Je crois retrouver sa senteur.
Sa lèvre vous a caressées ;
Vous avez frémi sous son doigt ;
Où donc vous a-t-elle embrassées ?
Discrètes fleurs, dites-le moi.
Vous souvient-il ?... Cette journée !...
J'étais assis à ses genoux,
Sa guimpe blanche était ornée
De quelques-unes d'entre vous.
— 8 -
Attentives sous la dentelle,
Vous paraissiez l'écouter.
Petites fleurs, que disait-elle ?
Pouvez-vous me le répéter ?
Sa voix, n'est-ce pas ? était douce
Quand elle me parlait tout bas.
Suaves fleurs aux pieds de mousse,
Ne vous en souvenez-vous pas ?
L'atmosphère était calme et pure...
Ce n'était pas le vent du soif
Qui faisait trembler la guipure
Au corsage de son peignoir.
Aimables fleurs, pouvez-vous dire
Ce qui la faisait s'agiter ?
Son sein, dans un tendre délire,
Vous l'ayez senti palpiter.
— 9 —
Vos corolles étaient humides,
11 m'a semblé, mignonnes fleurs,
Et dans vos calices timides
J'ai cru trouver comme dès pleurs !...
Etait-ce l'effet de l'aurore ?
Ou des pleurs par,elle versés ?
Vous le rappelez-vous encore,
Maintenant qu'ils sont effacés ?
Mais quoi ! N'est-ce pas une larme
Dont je vois briller vos pistils ?
0 mes chères fleurs ! par quels charmes
Mouille-t-elle encor vos longs cils ?
■ Je sens ma paupière plombée
S'humecter... hélas! je comprends :
C'est de mes yeux qu'elle est tombée
A ces souvenirs déchirants 1...
- 10 —
C'est qu'en mon âme endolorie.
Fleurs des beaux jours, quand je vous vois,
Une blessure mal guérie
Se rouvre et saigne cette fois !
Car vous me parlez de l'ivresse .
Des amours, hélas 1 disparus !...
Vous me parlez de ma maîtresse,
Que j'aime ! Et qui ne m'aime plus!...
Rentrez, modestes violettes,
Rentrez au coffret de bois noir.,.
Demeurez-y toujours muettes,
Je ne veux plus jamais vous voir !
Oui, pauvres fleurs toutes flétries,
Vous avez dormi sur son coeurj
Et dans vos corolles chéries
Je retrouve un songe trompeur I
Paris, 1858.
- 11 —
UN BLASON
II est de faux marquis dont le soleil décline :
Ils veulent devant eux que chaque front s'incline !
C'est dans ce fol espoir qu'ils comptent leurs aïeux,
En tirent vanité, les chantent en tous lieux...
Sans aller remonter jusqu'aux temps de la Fable,
11 suffit aujourd'hui d'un seul père honorable,
Pour que de ces vantards on soit au moins l'égal.
Ils s'en plaignent beaucoup, je n'y vois pas grand mal.
N'êtes-vous pas d'avis qu'un nom que l'on macule
N'est pas du tout blanchi par une particule?
Je vous demande alors à quoi sert le blason !
J'ai vu, de mes yeux vu, dans honnête maison,
L'an de ces blasonnés, honteux, mis à la porte.
S'il était noble alors, que le diable m'emporte!
Alger, 1861.
— 12 —..■;■ '
UN CHATEAU EN. CHAMPAGNE
SOUVENIR DE TROYES
LE DÉPART
Dans ce château, jeune et candide,
Je fus reçu comme un ami :
J'y arrivai, triste et timide,
Par le chagrin j'avais blêmi.
Lors du seigneur la bienveillance
M'y fit heureux et consolé ;
Aussi j'en sors plein de vaillance,
Mais le coeur gros et désolé !
Doux souvenir, douce espérance,
Je vous emporte, en m'éloignant,
Comme un remède à ma souffrance !
Site enchanteur, jardin riant,
Lieux où je laisse une Egérle,
Manoir tout empreint de magie,
Dans l'âme écho retentissant
D'une généreuse éloquence,
— 13 -
Et de l'esprit charme attrayant :
Je garde votre souvenance !..
Mais, au foyer de ce manoir,
Venir en pèlerin Adèle,
Soigneux d'emplir son escarcelle,
Un jour ou l'autre me rasseoir ;
Et là, recueillir en mon âme,
Comme un vieillard fait d'un trésor,
Noble amitié de noble dame ;
Là, du seigneur aux lèvres d'or,
Dans un silence magnétique,
Voir de son front comme étoile
Un rayon s'égarant dans l'ombre
Scintiller en ma nuit plus sombre ;
Et dans mon coeur étiolé,
Sous ce rayon d'un astre ami,
Sentir s'aviver l'existence
Eteinte, hélas ! plus qu'à demi :
Je conserve cette espérance.
Troyes, 1854.
— 14 ~
BOUTADE ;
A PROPOS D'UNE BLAGUE PROMISE
Vous savez combien j'aime à saisir la portée,
Le sens et la raison des cadeaux qu'on me Tait.
Mon esprit est gêné quand je n'ai qu'une idée
Confuse sur ce point : bref, cela me déplaît !
Qu'y a-t-il de plus vague,
Madame, qu'une blague?
Cela dit tout ou rien,
Soit en mal, soit en bien !
Quand de vos doigts mignons vous me l'aurez tissée,
Je saurai qu'à l'honneur j'arrive le second !...
Et je crains d'être ingrat, par vanité froissée :
En vous parlant ainsi, je me découvre à fond.
Parlez-moi d'une bague !
Pardon si je divague ;
Mais je comprendrais mieux :
Ce bijou parle aux yeux.
Alger, 1860.
15
LE VERBE
Il est vraiment un mot qui, par son harmonie,
Séduit les jeunes coeurs au début de la vie,
Mot doux à prononcer pendant la rêverie
Du soir ;
Mot que l'on se complaît à répéter sans cesse,
Que l'on grave partout dans une folle ivresse,
Et que suit bien souvent cet autre mot de liesse
Espoir ;
Mot que l'enfant épèle avec insouciance
"Et que l'adolescent dit avec confiance,
Avant d'avoir acquis la triste expérience,
Hélas !
Mot que la jeune fille encor timide et pure,
Relie de ses quinze ans, sans aucune parure,
Sachant le deviner, en rougissant murmure
Tout bas ;
— 16 —' ' . .,
Mot qu'on dit à la ville et qu'on chante au village,
Mot que les rossignols disent dans leur langage,
Quand ils chantent, l'été, dans leurs nids de feuillage,
A deux ;
Mot que le lioa-roi, secouant sa crinière,
Traduit en rugissant au fond de sa tanière,
Que tout être, en ce monde, exprime à sa manière ,
Radieux -, ,
Mot de prestige et de magie, ''
Source, charme et but de la vie, '
Thème chéri du troubadour ;
Ce mot se dit en France ; Amour.
Besançon, 1857.
— 17 —
ALLOCUTION D'UN PÈRE
A SON BÉBÉ DE TROIS ANS
Enfant cher à mon coeur,
Espoir de ma vieillesse,
Tu vis pour mon bonheur ;
Garde-moi ta tendresse. •
J'aime à voir tes ébats,
Ta mine souriante ;
J'admire les éclats
De tagaîté bruyante.
Les appels caressants
De ta voix enfantine
Ont pour moi des accents
D'une beauté divine.
_ ig —
Quand tu veux babiller
En homme mûr et sage,
Je prends sans sourciller
Tout juste ton jeune âge.
Je t'ai choyé, poupard,
Avec, sollicitude,
Je serai là, plus tard,
Pour t'aider à l'étude.
Nous sommes bons amis,
Jasant à la dérive,
Souvent tu me le dis
D'une façon naïve.
Quand tu seras barbon,
Je suivrai ta jeunesse
En guide sûr et bon,
Qui surveille et redresse.
— 19 -
Je trouve en ton regard
L'ardeur et la franchise ;
Tu seras un gaillard
A prendre ma devise :
Pour tous les malheureux
J'aime à prendre les armes,
Et je suis très-heureux
Quand j'ai séché leurs larmes.
L'homme fort et puissant,
Je le regarde en face ;
S'il prend l'air menaçant,
Jfi lui fais la grimace.
J'ai trouvé dans l'amour
L'oubli de bien des peines ;
J'ai fait souvent la cour...
Mais'Vétait à des reines.
— 20 —
Je n'ai pas à rougir
D'aucun jour de ma vie ;
J'ai pris peine et plaisir
En méprisant l'envie.
Je suis franc et loyal
Tout comme ton grand-père ;
Par amour filial,
Garde ce caractère.
Ce lot est le plus beau
De tout notre héritage :
Par de là le tombeau
On en a l'avantage.
Je finis ma leçon
Avant qu'elle te lasse.
Maintenant, beau garçon,
Venez, qu'on'vôus embrasse.
— 21 —
NOS AÏEUX
ANECDOTE
Moi, je suis un marquis, iillié des Capet,
Me disait un jeune homme en frisant son toupet.
Il croyait se donner par là plus d'importance ;
Vous eussiez bien ri de son air d'arrogance !
Il gonflait son jabot, il criait sur les toits
De ses nombreux aïeux les prétendus exploits,
Et ne comprenait pas comme il était comique.
Rientôt il m'ennuya. Qui s'y frotte s'y pique !
« Vos aïeux émigrés, les miens les ont rossés !
« Pourtant, je vous fais grâce, ami, des temps passés,»
Lui répondis-je alors, et ce, d'un ton narquois.
Il laissa là son titre et causa de marine,
Quand il me vit tirer ce trait de mon carquois ;
Mais je n'écoutais plus, je riais de sa mine.
Alger, 1860.
22 —'
L'HEURE DE LAIMÉLANCOLIE
ELEGIE
I! est nuit, tout repose et, sous'son'toit de chaume, 11]
Le pauvre goûte eh paix un bienfaisant repos, i .'Jj
Moi je veille et dans l'ombre errant comme un fantôme,.
Je cherche à m'enfoncer au milieu des tombeaux !
Dans'le vallon désert règne un morne silence ;
Victime de la]vie, à'souffrir condamné,
Je me traîne sans but à travers l'ombre immense,
L'ombre seule convient à l'homme]infortuné.
D'unjruisseau l'onde fraîche autour de moi s'écoule, '|
Eiiparaît cependant immobile à mes yeux.
D'une pente insensible elle fuit^ehVrouIe :
"Où s'arrêtera-t-elle, en ée monde orageux ?
Ainsi que cette eau claire, à nos yeux immobile,
S'écoule incessamment et s'enfuit le bonheur ;
Bercé d'illusions, l'homme s'endort tranquille :
Il s'éveille et l'orage est déjà dans son, coeur !
Il est fini pour moi le rêve de la vie!
Je vois dans lefchagrm se su'ccéder mes jours :
Tout, l'espérance même]à mon âme est ravie !
L'heure de mon réveil m'attriste pour toujours!
Mon âme de l'amour avait reçu le gage,
Mais j'ai par le trépas vu l'amour remplacé ;
Et mon coeur, devenu le jouet de l'orage,
N'est qu'un pauvre débris où la foudre a passé !
_— 24 —
PROMENADE *SUR LA SEINE
A TROYES-
A l'heure où l'hôte du bocage,
Caché dansTombre du^ feuillage,
Soupire ses chants les plus doux ;
A l'heure où l'épouse ingénue,
De crainte et d'amour éperdue,
Se livre aux baisers de l'époux,
Où la rose presque fanée
Reprend un peu de sa fraîcheur,
Et pour la seconde journée
Exhale une plus douce odeur :
Soumise à la main qui la guide,
Tantôt lente, tantôt rapide,
Ma barque glissait sur les eaux.
Seule, par son bruit monotone,
Des flots qu'elle frappe et sillonne
La rame troublait le repos.
— 25 —
Diane que son char entraîne,
Du fleuve blanchissait le cours;
Et moi, songeur et fort en peine,
Je rêvais seul à mes amours !
Dans ce beau rêve un.nom de sainte
Etait par moi lancé sans crainte,
Et ce nom trompait mes ennuis;
Ce nom que d'une voix plaintive
Répétait l'écho de la rive$
Troublait seul le calme des nuits.
A peine une brise légère
Ridait la surface des eaux :
Vraiment la nature entière
Semblait compatir à mes maux.
L'onde, par son vague murmure,
Me charmait. Cette clarté pure
De mon âme attisait les feux ;
Et, doux effet d'un long silence,
Quelquefois la tendre espérance
M'entourait.de rêves heureux.
— 26 -
Le saule immobile au rivage,
Le saule à mes yeux s'animait,
Et dans le vacillant nuage
Le même charme se formait.
Fruit constant de ma rêverie,
Partout son image chérie
S'offrait à mes brûlants transports.
Si le chantre ailé du bocage
Venait réveiller le rivage,
J'entendais les plus doux accords'!
Mon âme, tendrement émue
De ces mélodieux accents,
Y trouvait une voix connue,
Car l'amour abusait mes sens.
Telle qu'on voit l'active abeille
Voler vers la bouche vermeille
Qu'elle a prise pour une fleur,
Tel, entraîné par mon délire,
Dans Philomèle qui soupire
Je trouvais un charme trompeur.
- 27 —
Il semblait que dans la nature •
D'amour tout se fût "animé,
Que des bords qu'elle habite pure,
Vînt un zéphir plus embaumé.
Cependant, d'une aile rapide,
Le temps, au destin qui préside,
Ramenait un cercle nouveau.
Et l'onde soudain plus bruyante,
Vers la rive qu'elle tourmente,
Entraînait mon frêle bateau.
Détourné de ma rêverie,
Je partais le coeur attristé :
J'aimais jusqu'à l'idolâtrie,
Sans l'avouer !.. J'ai persisté.
Paris, 1854.
— 28 —
UN CHIRURGIEN MILITAIRE
AU GÉNÉRAL DE BRUCHARD
SOUVENIRS DE LIMOGES, BIONVILLË ET METZ
« Vous qui m'avez montré la bonté de votre âme,
» Guerrier franc et loyal, brave sans apparat,
« Au nom si bien porté par votre noble dame,
« La France vous appelle au grade de Murât....
« Comme lui, général, vous avez la main forte,
« Le coeur bon, l'esprit droit, et tous vos cuirassiers,
« Pour s'élancer au feu, voudront vous faire escorte,
« S'il nous faut démontrer aux Prussiens al tiers
« Que la France d'hier aujourd'hui n'est pas morte !...
« Vous eûtes soin de moi, je vous imiterai :
« Auprès de vos blessés, médecin d'ambulance,
« Rien que blessé moi-même, aussi je vous suivrai.
« Je saurai redoubler pour tous de vigilance. »
Relevant d'une chute à cheval, à Limoges,
Ainsi je m'exprimais dans mon pressentiment....
Entrevoyant déjà la guerre en ce moment,
Ce brave de Bruchard, qui partait pour les Vosges,
— 29 —
Quittait son régiment, ému, le coeur serré.
Ardent, plein de bravoure, i! aimait la vaillance
De tous ses vieux soldats, qu'il conduisait si bien.
Il les voyait déjà, héros sans défaillance,
Chargera Reischoffen : son rêve,était le mien...
Nous nous sommes .revus, un soir, à Bionville,
On faisait reculer nos soldats étonnés !
Sans se battre on quittait Saint-Avold, Longueville !
Ces ordres désastreux, qui les avait donnés ?
Le général pleurait de désespoir, de rage,
Et de suite il me dit : « Qui donc trahit ici ?,»
Son esprit pénétrant égalait son courage.
Je le revis à Metz; son oeil lançait l'éclair ;
Il me dit en passant : «Enfin j'ai pu me battre !
« C'était un vrai plaisir! Je n'y voyais plus clair !
« Chaque homme avec son sabre en tua trois ou quatre ! »
Nous ne nous sommes plus nulle part rencontrés.
L'entraînement de Metz m'avait fait plus de peine
A voir, que la colère et les gestes outrés,
Au camp de Bionville.... et je maudis Bazaine !
Lyon, le 22 octobre 1872.
"30
A LA MÉMOIRE D'IRMA
Semblable au ver rongeur, le chagrin me flétrit
Et mon front chaque jour s'incline vers la tombe .
D'un souffle impur frappée, ainsi la fleur périt ;
Elle courbe la tête, elle se fane et tombe !
Irma comblait mon âme, elle emplissait mon coeur ;
Elle était tout pour moi, ma vie était à elle :
La Mort, enTenlevant, m'a'brisé de douleur !
J'ai vu le Dieu Néant^la couvrir de son aile !
Mon coeur a bien saigné, depuis il est en deuil ;
Couvert de sa tristesse ainsi que d'un linceul...
Irma, toi que j'aimais, tu avais tous les charmes !
Sans pouvoir les sécher, j'ai vu couler tes larmes !
- 31 —
Tu n'es plus de ce monde et tu m'étais si chère !
Voix d'ange, tu manquais au concert éternel !..
Tu as laissé ton corps adorable à la terre,
Ton âme et son parfum ont regagné le ciel !
Je ne te verrai plus, avec grâce posée,
Incliner en rêvant ta tête sur tes bras,
Secouer de les fleurs les gouttes de rosée, .
Perles au vif éclat qui roulaient sous tes pas !
Toujours je te voyais en chantant apparaître,
Causant avec l'oiseau, jouant avec la fleur,
Surtout quand le soleil frappait à ta fenêtre
Et te disait ainsi : Réveille-toi, ma soeur !
Quels transports enivrants je sentais en mon âme,
Quand tu me caressais d'un tendre et long regard
Où l'amour se montrait souriant et sans fard !...
Un seul de ces regards renfermait tout un drame !..
— 32 —
Mais quand tu m'apparus, à mon second retour,
Je te revis si triste... ah! j'en eus froid au coeur ! ,
Tu te mis à chanter... un vrai cri de douleur !..
C'était le chant du cygne à son dernier jour !
Et maintenant plus rien ! Ta chanson est finie !
L'écho n'y répond plus ! Tes fleurs portent le deuil,
Et des brises du soir la suave harmonie
S'arrête, inconsolable, auprès de ton cercueil !
Pourtant il n'eût fallu, dans le fond de ton âme,
Rien qu'un rayon du ciel pour réchauffer le coeur,
Rien qu'un éclair d'amour, pour réveiller la femme,
Rien qu'une goutte d'eau, pour relever la fleur !
Ta corolle, beau lys, ne fut jamais souillée,
Car tu fus toujours chaste, ô femme tant aimée !
Un faux ami, pourtant, un lâche, un envieux,
T'a fait martyriser par un être odieux !
— 33 —
Malheur à ce grand traître ! il-porlera sa peine !
Jamais il ne sera trop tard pour le punir !
Si tu daignas m'aimer, je sais me souvenir :
Mes chagrins, mes regrets font survivre ma haine !
Adieu donc, chère Irma, ton nom reste à mon coeur ;
Tu retrouves au ciel Juliette, ma soeur !
Aime-la bien là-haut ; car je t'aimai sur terre :
N'est-elle point ta soeur? L'amour m'a fait ton frère!
Besançon, 1857.
EPITAPHE
SUR LA TOMBE DE MON GRAND-PÈRE
Sur l'édredon 6u sur la dure,
En paix,si tu veux sommeiller,
Sache, mortel, qu'une âme pure
Est un excellent oreiller.
A.MAgMERE
Comme une rose
A peine éclose,
Que vite en une serre on fait épanouir,
Faible, tendre et chétive
Comme une sensitive,
Quand tu pris un époux, au roseau, pour grandir,
Il manquait un appui : tu n'avais plus de père !
Avant tes vingt printemps déjà tu devins mère...
A peine si ton fils aîné t'avait souri,
A ton ardent amour tu le croyais ravi !
Tu n'avais plus d'espoir; il fallut deux années
De jours sans nul repos, de nuits toutes veillées,
Pour l'arracher enfin
A ce fatal destin !
Le mal avait ici désespéré la science; '
Elle avait condamné cette chère existence!
Tu le savais,
Et tu pleurais !
Elle était bien amère, Le malheur
Ta douleur ! T'éprouvait, jeune mère!
- 35 -
La nation
En faction
Contre les rois voisins augmentait son armée,
Ses enfants valeureux,
Dignes des anciens preux,
Voulurent des combats sentir tous la fumée.
Firmin, ton second fils, se fit aussi soldat : »
Quand on a dix-sept ans, la gloire est un appât
Auquel nul ne résiste en France, en ma patrie ! }
Il partit souriant à sa mère attendrie;
Mais dans ses yeux gonflés une larme brilla;
Ce ne fut qu'un éclair; bien vite il l'essuya :
Pourtant il était pâle,
Et dans sa voix si mâle,
On sentait, malgré lui, vibrer son coeur ému...
11 est mort loin de toi, sans être revenu !
Et tu le pleures
De longues heures !
Encore un souvenir, Faisant ombre
Tache sombre Sur ton triste avenir !
• — 36 —
Dans sa candeur
Et sa douceur,
Quels charmes n'avait pas notre soeur Juliette !
Un doux reflet des cieux
Brillait dans ses grands yeux !
Quand elle souriait, de suite une fossette
Sur son rose minois venait se dessiner...
L'attrait de sa beauté ne peut s'imaginer,
Dès qu'on voyait ses dents imitant les brillants,
Qui, sur l'écrin rangés, sont plus étincelants.
Sa blonde chevelure encadrait son visage,
De la virginité douce et frappante image !
Mais c'est quand de l'amour
Semblait venir le jour,
Qu'elle mourut aussi, fleur trop tôt moissonnée !
Le destin regrettait de te l'avoir donnée!
Au champ de mort
Ta fille dort ! !
Depuis, ô pauvre mère, Au réveil
Ton sommeil En douleur ne diffère !
- 37 —
Respectueux,
Affectueux,
François, ton Benjamin, ne t'avait pas quittée. •
Toujours aux petits soins,
, Prévenant tes besoins,
Il était pour ton coeur la bienfaisante ondée
Qui relève les fleurs, quand le vent a passé.
Le soleil qui s'en vient à son tour, empressé,
Sourire à la Nature après les grands orage?,
Dont il sait réparer tous les affreux ravages...
Où commence la vie elle a pour lui fini;
En murmurant ton nom il s'est évanoui !...
Sur son lit de souffrance,
■ Il parlait d'espérance,
Et pourtant de la mort il comptait tous les pas !
Ce qu'il disait tout haut, il le niait tout bas.
A ces mensonges
Toujours tu songes !
Aussi, dans ta douleur, Ou sommeilles,
Que tu veilles Tu ne vois que malheur !
— 38 —
«
Ainsi, chacun des jours qui composent la trame
De ta vie en ton coeur apporte un nouveau drame !
Ainsi par le malheur trop tôt tu as blanchi!
Sous ses coups redoublés, ainsi tu as fléchi !
Enfin, à l'horizon, j'aperçois le rivage
Qui doit t'offrir un port. N'est-ce pas un mirage?
Puis; il faut arriver! Le trop faible roseau
Ne résiste déjà qu'en se courbant sur l'eau !
Car le chagrin abat ! Quand l'âme est convulsée,
Le corps en retentit, sa sève en est usée :
Aussi j'ai vingt-neuf ans moi-même et j'ai vieilli ;
De nombreux cheveux blancs je vois mon front garni!
Ah ! c'est que ma jeunesse a de bien tristes pages !
Sur ma tête ont passé déjà bien des nuages !
Quand parfois je souris, cela ne peut durer :
Trop souvent j'ai souffert, en te voyant pleurer !
Alger, 1862.
— 39 -
LETTRES DE CONDOLÉANCES
A M"« LAURE
Dans ses pressentiments mon coeur me l'avait dit :
De loin il me semblait voir poindre une souffrance.
Pour qui pouvait-elle être en ce moude maudit?
Pour vous, qui n'avez plus ici-bas d'espérance !
A l'âge des plaisirs, autour de la beauté
Vient folâtrer l'Amour, qui sourit et s'empresse >,
Cet âge, vous l'avez ; mais l'a Fatalité ' "
Ne respecte chez vous ni beauté ni jeunesse !
Le Destin est injuste ; il est pour vous cruel !
Aimant à s'acharner sur vous, pauvre colombe !
Il vous ramène encore à la tristesse, au deuil.
Puisqu'il est]dans la coupe, allons ! buvez le fiel 1
Devant vos yeux là-bas, voyez, s'ouvre une tombe-
Vous ne pouvez dormir que pour rêver cercueil!...
Alger, 1862.
40
L'INFIDELE
J'aimais et j'admirais !.. craignant de l'éveiller,
Je n'osais l'embrasser. Oh! comme elle était belle,
La tête sur le bras, le bras sur l'oreiller!
Je laissais dans son nid reposer l'hirondelle :
Devant pareil tableau l'on peut s'émerveiller ;
L'ardeur de mes désirs brillait dans ma prunelle.
Je voyais son sein ferme, arrondi, palpitant,
Dessiné sous les draps soulevés en cadence ;
Son souffle ralenti, puis se précipitant,
Mettait ses changements d'humeur en évidence.
Suivant ses mouvements, j'en éprouvais autant.
Par contre-coup peut-être ou par coïncidence.
Serpentant sur son cou, lui formant un collier,
De ses cheveux pendait une boucle rebelle....
Je me laissai tenter; je me penchai vers elle,
Par un bruyant baiser je la fis s'éveiller....
_ 41 -
En me faisant ainsi.troubler ma jouvencelle,
L'amour fut celte fois un mauvais conseiller !...
Levant alors sur moi son oeil tendre et limpide,
Elle me prit la main; puis, de ses deux bras nus,
M'attirant sur son coeur, me dit d'un air candide :
« Je t'aime comme au ciel s'entr'aiment les élus!
« Je t'aimerai toujours ! » Elle ne m'aime plus,
Et j'ai de son baiser la lèvre encore humide !....
1858.
A Mme
De mon coeur tout meurtri vous qui fondez la glace,
N'ôtes-vous pas un ange envoyé par les dieux
Pour m'inspirer l'amour' et m'enseigner la grâce?
Trompez donc ma .douleur, belle, en trompant mes yeux !
42 —
LA PERLE
Gente beauté, dont mon âme,est éprise,
Au doux langage, au tendre regarder,
Perle égrenée en dansant m'a commise,
Honnête suis, point ne veux la frauder.
Oui, je rendrai ce beau bijou si frêle ;
Mais si j'avais ton doux coeur à garder,
Point ne serais rendeur aussi fidèle ;
Trésor pareil est capture trop belle,
Je ne voudrais onc m'en déposséder !
Alger, 1862.
— <L3 -
UN PORTRAIT
Femme au coeur noble et grand, que j'admire et vénère,
Permets qu'à ton portrait je parle sans détour :
Je t'aime autant qu'un fils aima jamais sa mère !
Je songe à toi la nuit, je pense à toi le jour ;
Ton souvenir charmant poétise mes rêves !
Ange consolateur, tu sèches bien des pleurs :
« Le pauvre te sourit, jusqu'à toi tu l'élevés.
Tu es de mon jardin la plus belle des fleurs.
A Mme ......
Que dirai-je de vous, aimable et grande dame ?
Le coeur de mon idole au vôtre est allié :
Votre esprit donc s'élève au niveau de son âme.
Il faut bien se valoir pour être ainsi lié !
Alger, 1862;
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AUGUSTINE
Charmant petit bijou, douce et chère Âugustine,
Comment peux-tu douter de mon amour constant!
Aux aceents désolés de ta voix enfantine,
Je me sens tout ému, j'ai le coeur palpitant.
Ne pleure pas, ma tourterelle,
Ne pleure pas, je reviendrai.
Je reviendrai, toujours fidèle
Au colombier frapper de l'aile,
Un jour d'été.
Je pars, je suis ma destinée!...
Je reviendrai, j'en ai l'espoir,
Comme à sa fleur est ramenée
L'abeille qu'avait entraînée
Le vent du soir.
Vois, l'hirondelle ingénieuse
Fuira quand l'air aura tiédi ;
Mais à l'hiver la voyageuse
Reviendra d'une aile joyeuse
Trouver son nid.
Bourbonne, 1857;
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DOLÉANCES '
Si vous ne pouvez pas, mobile créature,
Vous garder toute à moi, quand je suis tout à vous,
Si vos serments d'amour ne sont qu'une imposture,
Pourquoi continuer ce mensonge entre nous ?
Vous ne savez donc pas les tourments que j'endure,
Lorsqu'en votre boudoir, loin des regards jaloux,
Vous me lancez, méchante, une parole dure,
Ou rêvez loin de moi qui suis à vos genoux !
Si vcus m'aimez toujours, vous devez me comprendre.
Si vous ne m'aimez plus, soyez franche. A. bien prendre,
Les baisers sans retour sont tristes à donner !
Oui ! depuis trop longtemps je souffre un vrai martyre !
Mais je vous aime trop encor pour-vous maudire !
Je le sens : je ne puis, hélas ! que pardonner !
Paris, 1853.
LETTRE A UN JEUNE MARIÉ
A l'âge où l'on est homme, où sous.un sein viril,
Rat un coeur bien trempé, grâce aux soins d'une mère
Qui vous conservait bon, tandis qu'un digne père
Vous faisait ennemi de tout ce qui est vil,
Il vous restait, Ernest, à goûter le bonheur
Que donne à son époux une jeune compagne.
Le jour était venu, dont chaque mère a peur,
Où pour mieux l'honorer, d'un ange on s'accompagne.
C'est que parfois cet ange est pour elle un démon
Qui ne veut pas l'aimer, qui la traite en marâtre.
Alors tout s'assombrit et tout n'est que limon,
Quand on ne devrait voir que l'éclat de l'albâtre !
Soyez heureux, ami, le bonheur vous sourit
Sous les traits enchanteurs d'une femme adorable.
Respirez son parfum, il enivre, il ravit :f
Pour votre.mère aussi l'ange sait être aimable.
Orléansville, 1862.
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UN LUTIN
Au lieu de m'en tenir à ce triple quatrain,
Sans mentir, je pourrais rimer jusqu'à demain,
Rien qu'à peindre vos traits, véritables merveilles,
Idéal poursuivi par l'artiste en ses veilles !
Mais vous savez fort bien comprendre à demi-mot ;
Aussi j'en dis moins long, pour être un peu moins sot.
D'ailleurs est-il besoin d'aligner tant de rimes,
Pour vous conter mon but et mes désirs intimes ?
Un jour j'ai rencontré votre minois mutin ;
Depuis je vous poursuis, aimable et cher lutin.
Cessez d'être aussi belle ou laissez-vous atteindre !
N'est-ce pas? Vous m:aimez? A quoi sert donc de feindre !
Alger, 1859.
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UN JOUR DE DEUIL
Quoi ! Tu voudrais, vierge candide,
Me donner tes premiers émois ?..^
Oh! non... jamais!... Mon coeur est vide,
Il doit rester sourd à ta voix.
Que te donnerais-je en échange
De ta candeur, de ta gaîté ? v
Que te donnerais-je, doux ange,
En échange de ta.beauté?...
Mon âme est pleine de tristesse,
Ma lyre, je la presse en vain ;
La corde où vibrait la tendresse
Reste muette sous ma main !
On ne coud pas dans le suaire
Un vivant à côté d'un mort,
Et moi je suis mort pour la terre.
Laisse-moi!... J'accomplis mon sort !
Paris, 1858.
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Souvent lorsque la nuit étend sonjvoile noir,
Vers l'asile des morts lentement je me'traîne ;
Là, mon coeur attristé s'ouvre encore à l'espoir,
Là, je rêve du moins que ma mort est prochaine !
Je suis né pour souffrir ! J'ai bien rempli mon sort !
L'amour, quelques instants, a charmé ma jeunesse ;
Mais j'ai payé bien cher ce rapide transport !
Comme une ombre trompeuse a passé mon ivresse !
MA NUIT DE NOËL AU QUARTIER LATIN
EN 1855
Respectons la douleur :
C'est une chose sainte !
Soulageons le malheur,
Sans attendre sa plainte.
Pour ceux que je connais les souvenirs d'études
Sont chers et doux au coeur, rappellent la galté.
Dans ma jeunesse à moi, ces jours ont été rudes,
Souvent j'y songe encor et j'en suis attristé !
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Tout au fond d'un jardin, dans une chambre humide,
Qui, si j'omets le lit, de meubles était vide,
Je rentrais chaque soir en revenant des cours.
J'y prenais sur mes nuits pour allonger mes jours,
C'était, en plein Paris, un réduit solitaire,
Où du monde l'écho s'arrêtait d'ordinaire :
Je ne l'avais choisi que pour y travailler;
Rarement j'y dormais; j'aimais mieux y veiller. .
Je ne redirai pas ces moments de détresse,.
Qui comptent plus nombreux que les jours d'allégresse,
Dans cette vie active où le sang s'appauvrit :
Le corps souvent s'y use au profit de l'esprit.
Aussi, sur quinze amis que je comptais à table,
Quatre en deux ans sont morts i N'est-ce pas remarquable ?
Là, si l'on mangeait mal, on n'en causait que mieux,
D'aucuns citaient Velpeau,d'autresvantaientCrémieux.
Un jour, ô désespoir ! une douleur subite
Me cloua sur mon lit : c'était une phlébite
Qui me_paralysait à deux pas du succès,
Lorsqu'après tant d'efforts enfin j'en étais près !
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Ce n'était pas assez, pour doubler mes souffrances,
De voir s'anéantir ainsi mes espérances ;
Celui qui me soignait un soir me condamna ;
Le maître du logis alors m'abandonna !
Râlant, je restai seul une journée entière,
Songeant à mon pays et rêvant à ma mère.
Mon père aurait été de suite à mon chevet,
Si j'avais dit un mot ; mais je restai muet.
Assister à ma mort, lui, au coeur si sensible !...
J'ai su l'affronter seul, cette angoisse terrible !
Triste, mais résigné, sans trembler, sans faiblir,
Du Destin j'attendais mon arrêt pour mourir !
Minuit avait sonné, c'était en plein décembre ;
Il neigeait au dehors, il gelait dans la chambre.
Mon feu s'était éteint et la bise sifflait ;
Je grelottais de froid, ma lampe vacillait;
Mes pieds étaient glacés malgré ma fièvre ardente.
Le vent continuait sa musique stridente;
La soif me dévorait ; mais jusqu'au lendemain
11 fallait l'endurer, sans appeler en vain.
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Courage, moribond, me disais-je à moi-même,
Sache te souvenir, à cette heure suprême,
Que plusjeune et plus faible, en bien d'autres moments,
Tu as souffert déjà de plus cruels tourments !
Alors je rassemblais toute mon énergie
Pour dominer mon mal et défendre ma vie.
Je reprenais espoir, malgré le médecin,
Qui m'avait annoncé ma très-prochaine fin.
Mais tout à coup j'entends au loin grincer le sable,
J'imagine aussitôt qu'une âme charitable
Vient de songer si tard au pauvre délaissé.
Le bruit se rapprochait, c'était un pas pressé...
Je ne vis que trop tôt à qui j'avais affaire,
Lorsqu'entra mon brutal et dur propriétaire,
Qui, sans me saluer, sans penser à rougir,
Me pria simplement d'aller plus loin finir!
Puis, d'un geste expressif, il m'indiqua la porte,
En ajoutant.ces mots : « Voyons, il faut qu'on sorte !
« Je loge et je nourris, mais je n'enterre pas.
« Allez à l'hôpital avant votre trépas!