J’accuse !

J’accuse !

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Henri Barbusse, l'auteur du « Feu », Henri Barbusse qui a lancé à la face du belliciste Tardieu son « J'accuse! ». Henri Barbusse un des hommes qui est à l'origine du mouvement mondial contre la guerre impérialiste et le fascisme, dont le Congrès d'Amsterdam en 1932 a constitué le point de départ. Extrait : J’ACCUSE tous les gouvernements français qui se sont succédé depuis la guerre d’avoir accueilli, encouragé, aidé, payé et armé les sociétés de moins en moins secrètes de gardes blancs, qui constituent une organisation internationale de criminels ayant pour but le meurtre et la guerre. J’ACCUSE les gouvernements d’être responsables des assassinats successivement commis par ces bandits, dont les énormes, multiples et opulents groupements étendent leurs tentacules sur le monde entier et ont leur foyer en France.

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Nombre de lectures 39
EAN13 9782824710556
Langue Français
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H EN RI BARBUSSE
J’A CCUSE  !
BI BEBO O KH EN RI BARBUSSE
J’A CCUSE  !
1932
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1055-6
BI BEBO OK
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Sour ces :
– B.N.F .
– Éfélé
Ont contribué à cee é dition :
– Gabriel Cab os
Fontes :
– P hilipp H. Poll
– Christian Spr emb er g
– Manfr e d KleinLicence
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compris à Bib eb o ok.J’A CCUSE  !. . .
’ A CCUSE    g ouv er nements français qui se sont succé dé
depuis la guer r e d’av oir accueilli, encourag é , aidé , p ayé et ar méJ les so ciétés de moins en moins se crètes de g ardes blancs, qui
constituent une or g anisation inter nationale de criminels ayant p our but
le meurtr e et la guer r e .
J’ A CCUSE les g ouv er nements d’êtr e r esp onsables des assassinats
successiv ement commis p ar ces bandits, dont les énor mes, multiples et
opulents gr oup ements étendent leur s tentacules sur le monde entier et ont
leur fo y er en France .
J’ A CCUSE P ART ICU LI EREMEN T LE GOU V ERN EMEN T T ARDI EU
D’ET RE RESPONSABLE DE L’ A T T EN T A T DE GORGU LOF F , GARDE
BLANC, EN LIAISON A V EC LA POLICE F RANÇAISE.
J’ A CCUSE T ARDI EU d’av oir joué une comé die plus monstr ueuse
encor e que ridicule en faisant rép andr e p ar les mo y ens de pr op ag ande et
de cor r uption de la pr esse , dont il disp osait, le br uit que Gor guloff était
un b olche vik, ou un « né o-b olche vik », ou un instr ument des b olche viks,
mensong e éhonté qui n’ en a p as moins été e xploité p ar tous les ennemis
de la classe ouv rièr e .
JE L’ A CCUSE d’av oir , en ré alité , tout fait p our que l’assassinat de Paul
1J’accuse  ! Chapitr e
D our mer s’accomplisse , et j’accuse ses chefs de ser vice de n’av oir , en
consé quence , rien fait p our l’ empê cher .
††
Je fais p artie d’un gr oup ement d’hommes qui sont prêts à donner leur
sang et leur vie p our la cause de l’émancip ation définitiv e des masses
humaines e xploité es et opprimé es p ar d’autr es hommes. A ucun mo y en
d’intimidation, aucune mesur e , ne sont susceptibles de me fair e mo difier
l’ e xpr ession publique de ma p ensé e , qui est celle de mes frèr es de lue .
Mais je suis incap able de pr endr e des rê v es p our des ré alités et d’avancer
quoique ce soit qui ne soit p as é vident, et contrôlé . Pour moi, les p ar oles
sont des actes. J’ai pesé toutes celles que j’écris ici.
Je v eux sp é cifier que l’accusation cir constancié e et p ositiv e que je
p orte contr e les or g anisations unifié es de brig andag e tendant au meurtr e
isolé et colle ctif, et dont l’Etat-Major français et le gouvernement tiennent
les ficelles , ne s’applique p as à tous les émigrés en g énéral, — les
travailleur s étrang er s ayant ici les mêmes dr oits que les travailleur s français
— mais à une catég orie sp é ciale d’émigrés, disp osant de mo y ens
puissants, dont l’impunité est intolérable , et que nous ne tolér er ons plus.
Le ré quisitoir e que j’ entends for muler contr e les machinations, les
méfaits et les crimes ( dont la liste n’ est p as close ) p er p étrés p ar un
ramassis d’ espions, de pr o v o cateur s et d’ap aches, grâce à l’inadmissible et
déshonorante pr ote ction des autorités publiques, JE LES AP P U I E SU R
DES F AI TS P RECIS. Ces faits ont été déjà énumérés et rép étés av e c une
stricte neeté dans l’ Humanité, sans qu’aucun démenti soit v enu infir mer
le moindr e d’ entr e eux. Je les r epr ends dans les grandes lignes, ser
einement et obje ctiv ement.
n
2L’ARMEE BLANCH E EN
F RANCE  : U N ET A T D ANS
L’ET A T
    p as d’aujourd’hui, ni d’hier . La r e connaissance
officielle , l’aide en ar g ent, les four nitur es d’ar mes, accordé es auxI bandes blanches abje ctes de K oltchak, de Y oudenich, de D enikine
et de W rang el, sont des faits p ositifs inscrits définitiv ement dans les
annales de l’après-guer r e . D es centaines de millions ont été préle vés sur les
contribuables français et distribués à ces g ens de sac et de corde qui ont
mis à feu et à sang des régions entièr es de la Russie libéré e – p ar les b ons
offices de MM. Clémence au et Millerand.
and W rang el a été v omi définitiv ement p ar la Russie nouv elle , son
ar mé e n’a été dislo qué e qu’ en Russie . Le g ouv er nement français a pris
toutes les mesur es p our en maintenir les cadr es, et cela dans un but
absolument confor me à sa p olitique intérieur e et e xtérieur e de régr ession
so ciale .
LA MASSE P RI NCI P ALE DE L’ ARMEE BLANCH E, QU I CONST I T U E
U N E FORCE POLICI ÈRE ET MI LI T AI RE I N T ERNA T IONALE DE P LUS
3J’accuse  ! Chapitr e
DE 200.000 HOMMES P RÊTS A T OU T F AI RE, EST CONCEN T REE EN
F RANCE.
L’ or g anisation de ce centr e actif de ré action so ciale et p olitique , non
seulement tolérée, mais soutenue par les pouvoirs officiels , aeint une
ampleur qu’ on a p eine à s’imaginer , et qui n’a p as laissé de causer une
stup eur — d’ailleur s bien p assagèr e — à la Chambr e des députés quand il en
a été donné à la tribune quelques ap er çus à pr op os de l’affair e K outiép o v ,
et qui a confondu le public français, quand il a v u défiler , EN ARMES,
officiellement, sous l’ Ar c de T riomphe , à tr ois r eprises différ entes, en
septembr e 1930, en août et en no v embr e 1931, des régiments de
GardesBlancs.
n
4« Prêts à commencer la guer r e »
’U N ION GEN ERALE MI LI T AI RE, dont l’état-major commandé
p ar le général Miller est à Paris, gr oup e une quinzaine de vastesL or g anisations militair es, plus 140 se ctions de cosaques. Cee
for ce militair e imp osante r e cr ute chaque jour des soldats et des élè v es
officier s dans la jeunesse émigré e . Le g énéral Miller , dans une inter vie w
qu’il a donné e der nièr ement au jour nal anglais e Referee, après av oir
r e c onnu que l’ or g anisation d’un tel rése au et son é quip ement n’ ont été
p ossible que «  grâce à l’aitude bienveillante des gouvernements français  »
ouv r e un ap er çu sur l’imp ortance et l’état de prép aration de ces effe ctifs.
Ce ne sont nullement là des r enseignements se cr ets  : on n’a qu’à lir e la
préface du Guide de l’Union Générale Militaire p our êtr e au courant de ce
mouv er ment actif et for midable . Son obje ctif  : la guer r e contr e la Russie .
En aendant, s’il le faut, prêter main-forte aux p olices nationales contr e
le pr olétariat.
Il y a quelques mois, le g énéral Miller a fait une insp e ction des for ces
dont il disp ose en Eur op e . Il a été r e çu comme un prince en Pologne —
où il s’ est mis en rap orts av e c le chef de l’état-major p olonais Pisk or , et
dans les Balk ans. A Bucar est et dans tous les Etats vassaux de la France ,
il a été accueilli p ar les autorités officielles et les g énéraux. Il a r emer cié
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