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Journée du 6 octobre 1789 : affaire complète de MM. d'Orléans et Mirabeau, contenant toutes les pièces manuscrites, lues à l'Assemblée nationale, les discussions et le décret définitif, saisis mot à mot ([Reprod.]) / par la Société logographique

139 pages
[s.n.]. 1790. France -- Journées des 5 et 6 octobre 1789 -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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D U 6 OCTO A £
AFFAIRE £OMPLkTTE
DE MM. D'ORLÉANS ET MI
Contenait tontes les Piepes mahuscnteà,
lues à l'Assemblée Naticnale, ci Dis-
cussions et le Décret définitif, sa'si mût
Par LA SOCIÉTÉ LQGOGRAPHIqW
1790.
A*
DÉPUTÂT ION
DU CHATELET DE PARIS.
M. BOÏÏCiIER D'ARGIS;
J\l ES SI E UHS
Nous venons enfin de déchirer le vole
de la malheureuse affaire devenue trop cé-
lèbre. Ils vont être connus ces secrets ple:»î3
/d'horreurs ils vont être révélés ces forfai s,
qui ont souillé le palais de nos rois dans la
matinée du 6 octobre. Hélas! devions-nops
le prévoir, lorsque vous nous avez appelles
aux fonctions les plus honorables ror e
vous nous avez investis du droit terrible de
venger les atteintes qui seroient portée* à
la liberté naissante que nous deviendrons
nous-mômes l'objet des imputations les p us
absurdes, des accusations -et des calomnies
les plus atroces. Sans doute messieurs
noua avons pu en être douloureusement
aflectés mais notre courage n'en a ja ais
été ébranlé. Constamment lîdelçs à nos de-
voirs nous ,continuerons de les rerrfpliraveo
notre, zele et impartialité jusqu'au moment
où aurons à remettre en d'autres mains la
balance et le glaive de la justice qui soit
maintenant dans les nôtres.
<4)
Pourquoi craindrions-nous de le dire
messieurs, tant d'efforts dirigés depuis quel-
que temps contre le tribunal horioré de vot e
choix, n'ont pu avoir d'autre objetq e e
nous forcer par la terreur à l'aband n u
poste que vous nous avez confié. Les nn
mis du bien public nous ont cru assez
vils. pour les craindre; ils ignorent cône,
qu'ainsi que Mars Thémis a ses hér s, et
que des magistrats qui pour défendre lès
toibles vesiiges des antiques loix dé la na-
tion, ont pu braver ,'plus d'une fois sous
l'ancien régime les foudres de l'autorité
arbitraire plus forts aujourd'hui de toute
l'énergie de la liberté constitutionnelle
feroieut avec joie le sacrifice de le vie
même plutôt que de manquer aux obli-
gations qui leur sont imposées.
Dans cette procédure laquelle nous
Avons été provoqués par la commune é la
capitale nous n'avons lamais perdudevue
..comme nous avons déjà eu l'honneur de
tous l'exposer par l'organe de nos clefs
que nous devions distinguer les citoye gé-
néreux armés pour la liberté et qui, diri-
gés par les motrfs les plus purs, se sont
livrés à tou.t2 l'ardeur de leur patriotisme
que nous devions les distinguer de ces hom-
mes coupables qui n'ont emprunté les dehors
du civisme que pour masquer l'ambition la
plus criminelle en imposer à la multitude,
la tromper et la rendre complice de leurs
Mais quelle a été notre douleur, |mes-

ceux que de nombreux témoignages accu
sent!, deux membres de cette auguste as em-
blée J • Ah> sans doute ,̃ ilg shonçte iroril:
de descendre dans l'arène de la justice ou..
y manifester leur innocence sans .dptite'il*
s'empresseront de prou-ver à l'Europe âtlénJ-
tive qu'ils sont encore dignes d'être rrançoist
et representans d'un peuple libre.'
Ma\s messieurs vous notai' avez mis
dans l'heureuse impuissance, grâces 'iroùî
soient rendues d'un décret d'un décret qui
nous épargne au moins quelques haines ét
qui épargne à nos ènnemzs de -houvellês
injustices.. C'est vous messieurs, qui liez.
devenir en quelque sorte le soutien e la
nation, des jugemens que nous 'auro 8 à
prononcer par la suite c'est vous qui
cessant un moment d'être législateurs, our
devenir juges discernerez dans la pr cé-
dure que nous venons dé soumettre à votr sa*
gesse les efforts dû véritable patriotisme,
d'avec les attentats de l'ambition ou ce la
vengeancet c'est vous qui nous tridïqu îre;&
quelle influence les circonstance! peuvent
avoir eu sur une certaine classs de témoins j
c'est vous enfin qui nous apprendrez quels
accusés le glaive des loix doit venger 1, et
quels coupables il doit punir.
Ah plutôt, messieurs puissiez ous
bientôt organiser les tribunaux que yous
avez promis à la nation Françoise Puissiez-
vous décréter définitiveirisnt ces jurés dont
l'institution est attendue avec tant d'impar
.< H.
tïeiicê Puissent-ils justifier les ces
publiques et la confiance dont ils seront liç-
norés Puissent-ils,, dans l'exercice e leurs
fonctions être exempts des peines dont
nous sommes depuis si lone-tempn envi-
ronnés
Pour nous, messieurs, qui ne tiendrons
désormais à la chose publique que par .notre
patriotisme et nos voeux pour le bonheur
de l'état, confondus dans la foule des; ci-
toyens, nous ne nous plaindrons point de
l'inaction laquelle nous aurons été con-
damnés, puisqu'elle aura été reconnue né-
cessaire au maintien de la liberté publique.
Nous bénirons les sages qui .en ont osé les
bases nous apprendrons à nos enfa as à va
prononcer leurs noms qu'avec respect et rc-
connoissance non jamais ils ne seront
séparés 4e celui du souverain restaurateur
de la liberté françoise nous les él verons
dans les principes de la constitution et, ni
nous parlons jamais des sacrifices que nous
aurons été assez heureux d'offrir à la .nation,
ce ne sera que pour les engager à marcher
sur nos traces et à ne priser leur exis-
tence, qu'autant qu'elle peut être u ;ile à lii
nation.
( La Réputation remet les pieces zar le:
bureau. )
Nous venons déposer sur le bureau da
l'assemblée nationale toute la procédure qui
a été instruite dans l'affaire du 6 octobre
ensemble les pieces qui peuvent y avoir été
:>•
A4
Nous sommes redevables a la jistîctf
de Rassemblée, de la communication
son comité des recherches nous a donne?
en vertu d'un de 'ses décrets de toutes les
pièces qui pouvoiènt avoir été déposées dar s
ses archives. Nous n'avons malheureuse e t
pas pu obtenir la même justice du comité
des recherches'de la municipalité de Paris1,
quoique nous lui ayons observé qu'il i ésulk
toit tant d'un grand nombre de dépositions
des témoins que. des pieces même trouvée?
dans les archives du comité des recherchas
de l'assemblée nationale un très-grand ^Obçl-
bre de pièces relatives à l'affaire du. 6 bctOr
bre, qui avoient été portées dans lé dépôt
du comité dès recherches de la municipalité
en vertu des délibérations de rassemblée
nationale..
Lés réflexions que je prends la liberté de^
soumettre à l'assemblée, en terminant .sont
Tobjet de l'arrêté que notre compagnie nouf
a également chargée de laisser sur le bureau.
Nous croyons devoir encore avoir l'honneur
d'observer à l'assemblée que le^ paquet 5cellé>
que je vais remettre à l'instant sur le bureau
renferme plusieurs. décrets»que Rassemblée-
jugera peut-être dans sa sagesse de tenir
secrets. Par cette raison, nous prions lias-
semblée jusqu'à leur exécution t de vouloir
bien ne pas donner une; connoisjsance
publique des décrets qui peuvent avo^r été
sur des personnes.. étrangères à i'aV
semblée nationale..
8
i^/r^ </# CJck'telet.
Ce jour' la compagnie a arrêté 'qu'il se-
hal^ à 1 effet de lui exposer que co ite
des recherches de la municipalité de àris
s'est refusé jusqu'à présent à procure* au
procureur du roi les pieces relatives à la
plainte concernant les forfaits commis
Versailles dans la matinée du 6 octobre der-
nier ainsi qu'il résulté,tant des pièces remise^
par le comité des recherches de l'assemblée
nationale que désinformation que le co-
mIté d'e^ recherches, de la municipalité de
^aTis a. prise, et dès pieces entre ses main.
qui seraient utiles à l'instruction s'en rapr
portant la chambre aux mesures ue l'as-
semblée nationale voudra prendre dans 89.
sa esse,, pour que le comité des recherches
delà municipalité de, Paris soit tenu e com-
muniquer au bureau toutes les piecé et ren-
seignemens qu'il peut avoir.
D, 1 SC U 58 ION.
M. L'Abbé G o U T T jï s.
Jusqu'ici, Messieurs, nous n'avons; traïté-
aucune affaire dans cette assemblée ui sojt
plus délicate que celle qui est soumise à no-
tre délibération. (;Cette affaire est d'autant
plus ihtéreôsafite pour nous'que dela Aécisioft
( 9)
que nous allons porter dépend la confiance
due l'on aui'a dans nos travaux, non-seulei aem
futurs mais encore passés: )'Il est àojnc im-
portant pour nous de soutenir autant qu'il
nous sera possible l'honneur qui est dû
cette assemblée. 'j
S'il y "a des membres dans cette assemblée
qui soient coupables il faut, Messieurs ,i
que la justice ait son recours à leur égard
sur-tout d'après une accusation aussi sôïem-
nelle que celle qui Vient d'être faite. Vouloir
les condamner sans les entendre ce s roit
manquar à la justice; je demande donc qu'il
soit établi un comité exprès, chargé d'iîxâ-
miner l'afïaire, et d'ordonner qu'elle conti-
huera d'être jugée, pour que personne ne
reste inculpé dans une accusation aussi sd-
lemnelle que celle-ci.
de Mirabeau,
Mess E U RS,
Je suis très-loin de penser avec le prdopî-
ïiant que l'assemhlée nationale puisse ren-
contrerle moindre inconvénient dans la dé-
termination qu'elle doit prendre en ce 'mo-
ment. L'assemblée nationale ne peut Ctfe ni
accusateur ni juge. Il falloit qu'elle eût tlana
la procédure qui la concerne, les changeas
qui déposent contre ses membres, aCip.de
y a lieu a
fio)
l'esf/rit de la loi Je ne saîs' sous, quel riip^
p'ort on vous, a parlé de secrets ou e dé-
crets â tenir secrets. Pour moi messieurs
je crois que les bons citoyens n'on et no
doivent avoir qu'un voeu dans ce mo tneijtt
c'est que tout soit connu.Quant à nou nous
n'avons le droit de connoître ceux de nos
membres qui ne peuvent pas être jugés 4ue
nous n'ayons en quelque sorte prononcé un,
premier jugement sur eux) c'est-à-dire, dé-
elaré qu'il y a lieu à les mettre en cause. J'ai
donc l'honneur de vous proposer le décret
que voici.
« L'assemblée nationale décrete ue son
comité des recherches lui fera le apport
» des charges qui concernent les représen-
;1) tans de la nation, s'il en existe dans la procô*'
» dure faite par le châtelet, sur les événe-
mens des5 et 6 octobre, à l'effet qu'il soit
» décrété sur ledit rapport, s'il y a h u à ac-
» cuser ».
Voilà, messieurs, la seule chose dtmtj©
crois qu'il est de votre sagesse, et de votre
équité de s'occuper.
Je demande messieurs, que ma propos!
tion soit mise en délibération..
M.Maury.
Messieurs,
Au moment où la main de la juatjde com-
mence enfin à soulever devant vous le voile
qui ctiuvroit les déplorables événemens du 6
octobre dernier nous, devons messieurs,
(.il )
imiter l'exemple de ce se,cret religieux qt e s
sont imposés ses ministres sur le fond de cette
importante procédure. Je me bornerai on.
dans mon opinion à discuter devant votu les
principes qne vient de développer le p'éo-
pinant. Ils tiennent messieurs, à l'une des
plus grandes questions de droit public CI 'un!
peuple libre puisse agiter par l'organe d se A
représentans. Il s'agit de déterminer d'une
manière conforme aux intérêts de la libe rté%
en quoi consiste l'inviolabilité des repréuen-
tans de la nation françoise.
Je vous observerai d'abord à regret, îles-
sieurs, que vous avez déjà rendu sur cetw
matière deux décrets, etque ces deux décrets
m'ont paru s'écarter également des rais
principes de l'ordre pubbe.
Vous avez décrété dans une circonstance
récente, messieurs qu'en matiere civile,
lorsqu'il s'agissoit d'une dette, les' l'erré en.
tans de la nation Françoise n'étoient pas in-
violables et je crois qu'ils dévoient l'Atre.
Vous avez rendu, messieurs, un second
décret dans la cause de M. de Lautrec i il
s'agissoit d'une accusation capitale et vous
avez décrété que les membres du corps légis-
latif ne pourroient jamais être décrétés par
les ministres de la justice à moins que le
corps législatif n'eût prononcé qu'il y a oit
lieu à une accusatio n; dans cette seconde
occasion messieurs je vous supplie de me
permettre de vous observer que vous vous
êtes écartés des véritables principes de l'or-
dre public et en voici la preuve.
Tout homme qui veut être protég^pî crise
Ioi, doit être soumis à la loi en! /quel sei oit,,
messieurs la face que nous présentera le--
royaume de France s'il existait dans son
sein douze cents hommesautorisésu ne point
répondre à la justice y à ne pas paroi tre de-
vant les magistrats et à ne pouvoi* (kreem-
prisonnés, s'ils avoient commis ti crime
contraire a l'ordre public ? Ne dévier drions-
nous pas, messieurs la terreur de nos con-
citoyens, dontnousdevons être l'es érance
et la lumière. Et nul homme vertue x, vi-
vant en société, ne voudra se sou traire
l'autorité sainte de la justice, de c tte jus-
tice à laquelle on doit etre plus spéci lement
soumis à raison do. rang que l'on occupe dans-
la société
Le crime de liante trahison est un crime y
messieurs qui attaque l'ordre, la sûreté de
la société toute entière et des que 1 décret
relatif àM. Lautrec n'apointparlé des crimes
de haute trahison les crimes de h ute tra-
hison ne peuvent jamais être jugés n ver'.u
d'un décret qui leur est étranger.
Mais ce n est pas tout, messieurs, il im-
porte sans doute que l'accord et l'h rrnonie
regnent entre tous les décrets qui émanent
de cette auguste assemblée.
Or, messieurs, je demanderai a x'per-
sonnes qui trouveroient des difrcul és poar
concilier un décret qui conserveroit aux tri.
bunaux l'exercice ordinaire de leur àgtôrité-
avec le décret que l'on a invoqué dans cette
tribune dans l'affaire de M. LautreC je lui
<t3)
«Leradncleïoîs, dis-je, commentilspourroie nt
concilier l'usage et l'applicatioa de ce décret
relatif à la seule personne de M. de Ropp
avec des décrets constitutionnels que va
avez rendu en matière criminelle.
Ainsi, rnessieurs, ne nous écartons point
du droit commun n'ayons pas deux poids
et deux balances nous avons souvent parle
avec respect de l'égalité la véritable égal é
est celle qui rend les hommes égaux devant la
loi, point d'exception, point de faveurs..
Les Anglois., messieurs, se connoissent en
constitution et en liberté, ils n'ont jamais e-
vendiclué aucun sauf conduit aucunes ex-
ceptions en faveur des membres de législa-
ture il dépend du dernier des citoyens dese
rendre plaignant contre un. lord contre un,
amemlore de la commune.
Ma conclusion messieurs est que l'as-
semblée nationale approuve la délicatesse e
messieurs du chdtelet qui avant de pronon-
cer ¿et¡ décrets sont venus lui faire hom-
niagcdela. procédure, que l'assemblée natio-
nale leur rende,ce dépôt qu'ils viennent de
mettre sous ses yeux; qu'elle ordonne a x
officieras du châtelet de poursuivre le cours
de cette procédure en déclarant qu'a ix
yeux de la loi et en matière criminelle e le
ne connaît aucune distinction entre les i-
toyens, et enfin que subsidiairement elle
ordonne au comité des recherches de|la
municipalité de Paris de fournir au procu-
reur du roi du châtèlet toutes les preuves
qui seront en son pourvoir relativement aux
2 vé.ueme,ns des 5 et b octobre dernier.
Messieurs-, je n'etfainmerai point dans
<?nelle circonstance le ehitclet vient de do'n<-
ner le plus grand éclat à une aflkire quelle
public et que l'assemblée pouvoient croire
entièrement assoupie.
Mais, enfin, messieurs, puisque 1<: châ-
telct vient vous dénoncer cette afFairô
vient vous demander le parti qu'il doit pren-
dre, c'est à vous messieurs, à lui tracer
cette route et déjà elle est indiquée ar un
décret que vous avez rendu et qui n'est
pas comme on vous l'a dit, un décret: de
circonstance un décret particulier l'af-
faire de M. de Lautrec niais qui est n dé-
cret sage un décret constitutionnel.
Rappeliez-vous, messieurs, que ce écret
a été rendu non-seulement après une dis-
cussion mais qu'il a été renvoyé au ornité
de constitution que ce comité ne vous a
pas présenté des articles particuliers X l'af-
faire de M. de Lautrec et qu'il vous pré-
senté des dispositions générales des dispo-
sitions constitutionnelles.
Vous avez senti messieurs combien on
pDUVoit susciter de persécution contre plu-
sieurs membres de cette assemblée vous
avez cru qu'il n'étoit pas de sa dignité d'être
ainsi soumise à des perquisitions secretjtes, et
en un mot, de la mettre dans la dépendance
absolue des tribunaux.
Vous lavez eu en cela messieurs!, des
(x5)
motifs très-sages; mais, je vous prie d'obi*
server quelles sont tes fonctions de Pas-
semnlée lorsqu'après avoir examiné IkS
premieres instructions qui luisont mi eg
sous les yeux, elle déclare qu'ilya lieu i>u
non à suivre l'accusation.
L'assemblée nationale vis-à-vis de «e3
membres, tait la fonction dé grand-juré.
Les grands jurés messieurs existent
dans tou^c l'Italie, et sans eux il n'y a point
de liberté politique ni individuelle et lo s-
qu'on vous a dit que'le parlement d'Ang e4
terre livroit ses membres au cours ordina re
de la justice on auroit d'abord dû vous
dire messieurs que les grands jurés
avoient lieu en Angleterre dès- lors qu'il
paroissoit impossible de les établir. Tout»
espece de ci.toyen, ne fût-il revêtu d'aucune
fonction publique avoit le grand-juré, le-
quel, faisoit à son égard ce que vous de ea
exécuter à l'égard de vos membres c'est-à-
dire déclarer s'il y a lieu ou non à accusa-
tion.
Mais, pour cela, messieurs,' prétendez-
vous soustraire vos membres aux tribunaux
non sans doute ^et "vous jugerez vous même
vos membres avec plus de sévérité que ne
le ieroïent les tribunaux eux-mêmes mais
avant, vous leur devez ce que vous êtes sur
le point d'accorder à tous les citoyens.
On a voulu établir une distinction entre
l'af'faire de M. de Lautrec et celle dont il
s'agit aujourd'hui. Je vais prouver le con-
traire.
( :16)
M., deLautrec étoit accusé d'un délit e
le ze nation car enfin, messieurs, il ©
s'agissoit rien moins, par M. deLautrec,
que d'opérer une contre-révolution à ma n
armée. Or, ce délit-là dans l'ordre socia [
est bien constamment aussi répréhensib é q^ie
celui dont il peut être question aujourd'hui,
M. de Lautrec étoit cornplettement inno-
cent. Vous l'avez vous-mêmes déclaré mais
comment son affaire rous étoit-eUe d'abord
présentée sous le rapport le plus favor ibte
et dans cette circonstance vous avez rendu
le décret, qui n'est point', comme je iens
de le dire, un décret particulier, ma s un
décret général, un décret constîtutjonel.
Je me résume en adoptant entièrement ce'
qui vous a été proposé par M. de Mirabeau,
M. Cazalès.
Messieurs, je ne répondrai pas aux rin-
cipes que vient d'établir le préopinant qui
a voulu vous faire comparer ensemble -l'acte
législatif par lequel les représentant 4e la
na.ion déclarent qu'il y a rnatiere à un juge-
ment, et l'acte judiciaire d'un juré. [
L'effet du décret rendu pour M, dë au-
trecprouve évidemment que c'est un décret de
circonstance, et non un décret constïtùtio-
nel, puisqu'il est dit que le commitédecons»
titution sera chargé de présenter une loi qui
regle d'une manière ,fixe cette grande ques-
tion de droit public.
U est impossible que dans le nombre des
membres
B
Ihembres de cette àssemblée il y en ait eiiiiid
seul -.qui n'ait été ému d'une compas :ion
naturelle pour l'un de ses collègues qui eé->
jnissoitsôûs le poids d'une accusation évi-
déminent injuste il n'en est pas un seul qu
ait pensé que l'on osât un jour se faire uri
titre de ce même décret pour essayer de s >ùsJ-
traire à la vehgeânce de la loi les complice^
de l'attentat le plus exécrable dont l'histoire
établisse le souvenir ;lés complices dé ces for-
faites qui ont été commis dans cette nuit dé-
sastreuse qui a souillé la, révolution q
pec,e sur là nation Françoise, qui sera u ja*
mais son éternel déshonneur.
Cet exécrable attentat messieurs, ésa
sur la nation toute entière si les auteurs s dé
ces forfaits dont il n'est pas au pouvoir dcs
hommes d'accorder le pardon rie sont dé-
couverts et punis.
Le palais des rois a été violé les
marches du trône ont été souillées du ing
de ses défenseurs
Ces infâmes assassins ont mis en péri les
jours de la reine des François Les j jours
de la fille de Marie Thérèse de lu
reine des de cette reine qui
a conquis notre amour par notre estime
et dont le nom justement célèbre surnagera
sur l'oubli auquel sont dévoués les noms
obscurs dés victimes des agéiis de cette'ré-
Représentant du peüplé Français V0I13
Avez reçu en dépôt l'honneur de la Nâtïor*
fiB)
IL 'honneur de la Nation serâ tach si cet
exécrable crime n'est pas puni.
Il est cependant évident que si vo s a op-
tiez la motion du préopinant si vous perdiez
«n longues discussiors le temps de savon! s'il
y a matière ou non à délibération, si la pro-
cédure étoit rendue publique, si les préve-
nus de délits étoient informés des recher-
ches qui sont faites contre eux, vous verrier
disparoîtrç ét les coupables et les preuve*
du crime.
'Quel seroit donc cet étrange
s'arrogeroient les représentans de la nation
de me vouloir pas être sous les mains de
cette loi qui n'est sacrée que parce qu'elle
domine également sur toutes les têtes
Il n'est aucun corps dans le royaume dont
les membres ayent osé s'arroger ce privilège
odieux.; cette prérogative qui les séparer oit
du reste des citoyens, dont le seul poids de
l'égalité parfaite entr'eux n'est point uné
chimère, dans le seul point où elle est au-
jourd'hui, je veux dire devant la loi
C'est donc, messieurs, au nom de regles
de la justice les plus avouées c'est u nom
de l'honneur votre plus cher intérêt; c'est
au nom de la liberté à laquelle vo avez
fait de si grands sacrifices, que je vous s pres-
si que je vous invite, que je vous onjure,
d'adopter la motion qui vous a été faite par
M l'abbé Maury. 1
Plusieurs membres ayant parlé sttccessi-
v ment, les uns pour demander la priorité en
faveur de la motion de M. l'abbé Maury
( 19 )
Ba
^autres pour celle de MM. l'abbé Goutte»
et de Mirabeau la diseussion jugée su l-
samment éclaircie a été fermée.
Les deux dernières motions mises a x
voix celle de M. Mirabeau l'a été en es
termes
« L'assemblée nationale décrète que son.
» comité des rapportslui rendra compte iks
» cliarges qui concernent les représentans
» de la nation s'il en existe, dans la proce-
» dure faite par lechâteiet sur les evéne-
» mens du 6 octo))re dernier., à l'effet qu'il
» soit décrété sur ledit rapport, s'il y a lieu
» à accusation conformément au décret du
26 juiu dernier ».
Deux amendenaens
Le premier rassemblée nationale ne
prendra point connoissance de la procédure
(pu lui acte remise par le de Palis,
avant que les décrets qui portent sur îles.
personnes étrangères m'assemblée natio ,ale
ne soient mis a exécution.
Le second « S.ins entendre arrêter le
*j cours de la procédure vis-à-vis les autres
j> accusés
LI motion a été décrétée avec les amen*,
démens.
<*>)
Rapport de M. Chabroud.
'Ce rapport eft imprimé et se distribue.
l'appui
port, niais non imprimées.
Premiere lettre de M. d'Estaing. j
Du lundi, 14 septembre
Mon devoir et ma fidélité l'exigent il
faut que je mette aux pieds de la eine le
compte du voyage. On me taxe de b en dor-
mir la veille d'un assaut ou d'un combat na-
val. J'ose assurer que je ne suis pa timide
en araire. Elevé auprès de M. le Dauphin,
qui me distinguoit et accoutumé à dire la
vérité. À Versailles instruit dès moA en-
once des bornes, je les respecte sans qu'elles
puissent altérer ma franchise et ma fermeté.
Ehbien, ilfaut que jel'avoue à sa majesté:
je n'ai pas fermé 1 -oeil de la nuit.
On. m'a dit dans la société dans la bonne
compagnie (juste ciel si cela se répand oit
dans le peuple) on m'a répété que l'on
prend des signatures du clergé et do la no-
blesse.
Les uns prétendent que c'est d'accord avec
le roi r d autres pensent que c'est à son
insu.
On assure qu'il y a un plan de formé que
c'est par la Champagne ou par Verdun que
le roi doit se retirer, ou sera enlevé qu'il
ira à Met»,
'(.a* )
sa
M. Bouille est nommé et par qui? Par
M. de la Fayette qui me le dit tout bas
étant à table chez. M. Jauge.
J'ai frémi qu'un seul domestique eût en.
tendu. Je lui ai observé qu'un mot d sa!
bouche pourroit devenir un signal de mort.
Il est foiblement positif, M. de la Fayette^
il m'a répondu qu'à Metz, comme à Pa is.
les patriotes étoient les mêmes et qu'il
valoit mieux qu'un seul mourût pous le s lut
de tous.
On nomme M. le maréchal de Broglie com-
mandant le tout. M. de Breteuil qui tarde
à s'éloigner, conduit le projet..
On accapare l'argent, et l'en prome de
fournir un million et demi par mois.
M. le comte de Melzi est malheureuse-
ment nommé comme agissant de concer
Mais ces propos, s'ils se répandoient c ans
dans le peuple, leurs effets seroient inca icu-
lables cela s,e dit-on, est assuré tout bas.
Les bons esprits m'ont paru épouvantée
des suites le seul doute de la réalité en peut-
produire do terribles.
J'ai été chez l'ambassadeur d'Espagne et
c'est-là le ne le cache pas à la reine ) où ¡on.
effroi a redoublé.
M. Fernand-Mnnéz en a causé avec oi
et après avoir parlé de ces faits de l'horreur
qu'il paroît avoir supposer un plan impossi-
ble, qui entraîneroit la plus désastreuse et là
plus humiliante des guerres civiles la sépa-
ration et la perte de la patrie deVenue la
prote de la rage intérieure et de. l'ambition.
( aa")
étrangère qui feroit le
ble des personnes les plus chères; après
avoir parlé de la cour errance poursuivie,
trompée par ceux qui ne l'ont pas out nue
et qui veulent l'entraîner dans le cliûte
par le poids d'une banqueroute dev nu né-
cessaire, devenue dès-fors indispensable, et
par rouies les suites épouvantable* je me
su's écrié qu'il n'y aveit d'autre mal ue celui
que p-oluiroit cette fausse nouvel e si elle
se répandoit, parce qu'elle étoit sar s fonde-
ment.
M. l'ambassadeur d'Espagne a baissé les
yeux à cette dernière phrase. Je suis devenu
pressant. Enfin il est convenu que quelqu'un
de considérahle et de croyable lui voit ap-
pris qu'on lui avoit proposé de signer tme
association. Il n'a jamais voulu me le nom-
mer mais soit par inattention sc it pour
-le bien de la chose il n'a ,puint h ureuse-
ment exigé ma parole qu'il m'auroit fallu te-
nir.
Je n'ai pas promis de ne dire ce ecret à
personne de fait il m'inspire un genre de
terreur que je n'ai jamais connu, et ce n'est
p ispour moi que je l'éprouve, je supplie la
reine de vouloir bien dans sa sagesse préve-
nir tout ce qui pourvoit arriver d'une fausse
démarche î;i première coûte assez* chère
molées actuellement ce seroit des flots de
sang versé inutilement qu'on anroi» à regret-
ter une simple indécision peut être sans re-
B4
mede 1 ce n'est qu'en allant au-devant du
torrent, ce n'est qu'en le çarressaht qu'on
peut parvenir à le diriger en partie. Rien
n'est pèrdu si la reine veut conquérir au roi
son royaume. La nature lui en a prodigué les
moyens ils sont seuls possibles elle peut;
imiter son auguste meré sjl non je mej
tais.
A l'égard du trouble d'hier au soir, il me
me paroîtque le boulanger N. Auguet n
ruq Saintes-famille, a voulu vendre un p in
de quatre livres plu,, cher, il a vu le réver-
bere descendu la cordeprête, et sespa.u res
meuhles ont été brûlés. Il sera jugé et ceux
qui alloient se faire justice eux-mêmes le
seront aussi. Je supplie la reine de m 'ace or-
der une audience pour un des jours de cette
semaine, ( le 12 septembre
1:1 m'est impossible de ne pas mettre ux
pieds de la-reine le véridique hommage do
mon admiration la fermeté inébranlable
avec laquelle sa majesté s'est refusée à la pro-
position de se séparer du roi est décisive la;
reine triomphe de tout, elle aidera à sai; ver
la monarchie et nous lui devrons le repos
mais il faut qu'elle croye fidèlement ses secr-
viteurs, l'ondulation des idées a plus d'un©
fois pensé tout perdre.
Le roi a toujours désiré le hien, c'est en
sacrifiant tout au desir de le faire qu'il] est
arriva comme il le disoit lui-môme aVant
hier au point où nous sommes. Plusieurè de
ses. anciens ministres si calomniés si dé-
vouas à la haine ne l'ont peut-être mérita
(M)
que par l'instabilité des principes et clés* dé-
marches puisse ce mot m'être par tonné
ils n'orit peut-être pu empêcher ce iialheû-?
reux çliner la santé à la nation n'a pas, été
portée à dessein prémédité. La, visite qui au-
roit pu tout réparer., si cette. santé avpit; été
portée par des bouches odieuses, et ui a1 ca.
racténsé le rnal parce que tout a é inter-
prêté à controsens le tUner aussi imprompT
tu et aussi nuisible du lendemain » de si
foibles erreurs si peu importantes en tout
autre temps ont persuadé ce qui n'étoitjp'as;
si le roi n'eût pas eté à la chasse et que je,
n'eusse pu lui parler lorsqu'on m'a dit for-
mellement qu'onnevouloit pas boire àla na-
tion, si au moins à son retour la visite n9
m'avoit pas été cachée.
Le tableau est affreux, maisje dois encore
en rappellcr une partie le hasard car il
est plus consolant de ne pas croire à n com-
plot, a fait ensuite partir avant hier deuy
coups de pistolet. Ils ne sont pas des gâtdes-
du-corps. Ils étoient tirés trop bas pour ve-
nir de ceux à cheval. La fureur quelles im-
putations ont enfantée s'est enf laminée. Je
me suis vraiment placé devant les fusil» j'ai
détourné ou du moins relevé les ^oups
j'ai inutilement crié quoj'aimois mieuXqu on
tirât sur moi la/ plupart de ces frénétiques.
en me respectant, en m'assurant qu'ils préfé-
reroient de se tuer eux- mêmes à me faire du
mal m'ont désolé et ils, m'ont fait courir le
risque d'un combat. Cinq furieux qui m&
tnenaçoient de mo tirer, 41 le île taisols pa$
délivrer des cartouches; se sont laissas en-
traîner pâ-r moi sans.s'eh àppercè voir d nà
l'intérieur 'des 'cours jet là au milieu de
tous les gardes à cheval, et devant M. d'A-
gués seau ils ont continué leurs impréoa*
tions. Un mot d'un de noua etilsltoiént ox* j
termines ils le voyoiént alors. ét Us ne
taîfoient pas.
Tels futent dans tous les temps les rriart i
de l'enthousiasme. IJ est indispensable eue
les rois s'en rappellent souvent la formel il
en faut un autre enthousiasme. Hé qui plus
que la reine a le pouvoir de le faire naître la
voilà dans le procès qui le reçoit si vite, et
qui le communique de même, La route a <itë
terrible, elle doit être oubliée. Çe grand
théâtre est digne de votre majesté,
sulter de- grands biens du malheur passé
l'assemblée nationale veut enfin en recevoir
le mouvement, sa mortelle inertie tie se ra
plus possible ici bient8t la reine avec qùîl-
ques soins sera adorée elle fera mouvoir
Paris. Qu'elle se'croye encore madame la
dauphine qu'elle daigne oublier ses torts
Ou bien les torts qu'on a, eu et ili n'en au-
ront plus. Votre. m'a apperçu hier au milieu
d'eux tous. Je l'atteste nveiareine qu'eUe
est belle, disoient-ils, comme elle parois-
soit comme elle carre$se sosenfans n'att-
elle point peur, empêchez donc qu'on fie
tire t et puis c'étoit, vive la nation, vive la
reine c'étoit vive la nation vive le roi ah!
madame soyez "notre première citoyenne
dites-le et vous lèveriez tantes,
si vos principes vous permettaient de e l'OU-
loir. Je l'ai écrit, Je l'ai répété et c la est
actuellement démontré nous en avons une
triste preuve de plus. La seule nobl.îsse et
les gardes-du-corps ?
Hier le peuple depuis les fauxbourgs n'a
fait que crier a bas la calotte. Le clurgê et
la noblesse n'ont que le roi pour les sauver
ils achéventà se perdre sans le voulo r. jLe-
çon impuissante et.tardives
perontla couronne avec eux.
M. de la Fayette m'a juré en route, st je îe
le crois que les attroupés àvoient fai de lui
un royaliste. Tout François le doit être jus-
qu'à un certain point. Il n'y a pas à choisir.
Nous nous sommes donnés la main. Je lui ai
aiert de le seconder, dans le peu que je le
puis et quelque contraire qne cela soit à mon
goût et a mon Age, s'il le veut et qu'il le
trouvé nécessaire je lui tiendrai parole.
C'est à mon. devoir, que je l'ai donnée. La
dernière chose que j'ai dit au roi et qui ac-
querïoit quelque valeur, si la reine le rap-
pellQih ç'estqu'il falloit avoir confian e dans
la Fayette et l'en persuader.
n'apparié qu'une foi d'affaire de-
Mercy cette seule fois m'a servi pour me
convaincre qu'il pense comme moi et ildî-
rolt de même s'il avoit vu les mêmes cho-
'ses ( voici le billet du sieur Ivert 'un des
officiers delà garde nationale de
à M. d'Ëstaing. Je suis trop attaché au roi
]é le suis trop à votre personne pour vous
(
taire ce quî vient de m'ètre dit à l'assemblé©
nationale par des députés. Je suivrai la c n-
versation.
Etiez-vous du dîné de jeudi? Non. Ça
été une belle orgie on y a porté la sant dUj
compte d'Artois on a envoyé au diable l'as-
semblée nationale. Vous avez été trompé.
Je jurerai sur ma tête qu'il n'y a pas un ot
de cela. Il est très-vrai, et de plus on nous
a assuré que trente grenadiers étoient di po-'
sés à venir le sabre à la m tin dans la Salle
pour forcer à boire à la santé du co nte
d'Artois.– iout est possible d'ailleurs, on
peut faire venir le compte rendre
compte de sa conduite. Je suis cer ain
que sa réponse ¡croit aussi simple que son
honneur est intact. Il se trame quelque
chose encore. Que peut-on faire vous
régissez tout ? --les représentans de la na ion
peuvent-ils craindre au milieu de la maj sté
patriotique. Messieurs, les mouches vous pu-:
roissant des aigles. Les grands intérêts qui
remplissent vos têtes grossissent tous les ob-
jets à vos yeux. Je l'ai quitté il est rai
que le propos a été tenu pkr un homme ivre;
mais de cette manière vzvent le roi e la
reine au f. l'assemblée nationale et le
duc d'Orléans.
Perme:tezmoi actuellement une réflexion;
la réponse de la reine est qu'elle est très-'en-
chantée de la fête de jeudi. ( Le ieudi'dé-
plaîtgénéralement.) CettQ citation déplaira).
Ce jour étoit. celui des et
non le nôtre (l'autre jour de la fôte étoit
c 28)
Mercredi) sa réponse ne peut être relative
qu'à mercredi. îPil y est cité un jour ou nous
n'étions qu'une portion d'invités nominative-
xnént et non du corps, il y aura des ir te dé-
lations qui feront tort à l'intention, le mo-
ment me semble fait pour éviter de pareils
crimes, les choses les plus simples étar t inter-
prétées selon l'esprit dominant. Je ^rojiraî
prudent de ne pas donner de publicité ;à la
réponse de sa majesté, votre sagess appré-
ciera mes réflexions.
Permettez moi d'en ajouter une autre
tâchez de faire cesser les buvettes tâchez,
qu'elles continuent, on peut être vouà de-
mandera-t-on le régiment de Flandres et peut
être sedécidera-t>On de renvoyer les gardes-
du-corps.
Les notions ne sont pas fausses.
Je suis avee respect, mon généra votre
très-humble, etc. Signé Itekt.
Déclaration de M. l'e Cointre au comité de t
recherches de la ville de Paris.
Aujourd'hni décembre cix heu-
xes du matin est comparu devant ous M.
le Cointre négociant, et lieutenant-colonel
de la garde nationale de Versailles, com-
mandant de la premiere division de la garde
nationale de Versailles, quartierNotre|-Dam«,
y demeurant rue de Paris, lequel sur la ré-
quisition à lui par nous faite par ri<J)S deux
lettres des 4 et 7 du présent mois, qu'il nous
Il représentées et à lui rendues, au même
instant a dit
(*<>)
MM. Fortement pénétré de mes devoirs (ta
icitoyen, dans la seule vue de l'intérêt de la
patrie, et pour rendre hommage à la vérité,
je vous fais la déclaration qui suit
Le 18 septembre dernier, M. le comte
d'Estaing commadant général de la garde
nationale de Versailles se rendit à midi un
'comité; il ouvre la séance en priant tous
ceux qui n'étoient pas de l'état-major de se
retirer.
Eux retirés il nous fait prêter serment
et sous la religion de ce serment, il no
communique une lettre.
Ici je m'arrête je me tais. Je passe donc
sous silence tous les faits qui ont rappor à
l'entée du régiment de Flandres dans la
ville de Versailles, quelque puisse être l'în-
térêt de la patrie à pénétrer ce mystere. J ai
fait un serment; je ne pui3 seul prendre sur
moi dans cet instant de l'enfreindre. J'estime
que c'est à vous, messieurs, de pronon er
s'il est de mon devoir, malgré mon serme t;
de passer outre pour le bien de la patrie et
en ce cas de m'en faire une loi impérieuse.
Sur quoi, après nous être tous réunis- il
en a été délibéré et nous avons décidé qiie
le salut de ta patrie démet M. le Cointre u
serment qu'il a antérieurement prêté, soit
comme citoyen, soit comme garde nation l,
et l'oblige à révéler généralement tout ce
qu'il sait. En conséquence, M. le Cointr^ a
ajouté:
M. le comte d'Estaiug nous communique
une lettre de M. le marquis, de la Fayette 9
( 3c-)
'annonce que ce général n'est pltw le
maître de contenir les gardes françois s, ui
menacent d'aller prendre leur poste à Ver-
sailles.
M. d'Estaing nous peint l'inquiétude du:
roi, le danger que court l'assemblée natio-
nale et la famille royale si cette circonstan-
ce avoit lieu. Il ajoute qu'un régiment (l'il
fanterie qui se
aux autres troupes du roi et à nous, nous
mettroità l'abri des malheurs <]te l'on re-
doutoit. Après de longues et sérieujes ré-
flexions, il fut décidé que la municipalité
seroit requise de demander au roi un secours
de 1000 hommes.
M. le comte d'Estaing se rendit avec les
officiers auprès d'elle et le requisitoire de
la garde nationale fut adopté sous condi-
tion que la lettre de M. de la Fayett seroit
déposée et annexée au registre de la muni-
cipalité.
M. le comte d'Estaing observa qu'il scroit
dangereux pour son auteur de la fai e con-
noîre, persistant à vouloir une lettre qui
autorisât sa démarche. Il proposa dalier à
M. de Saint-Priest, ministre et d'avoir de
lui une lettre qui put remplacer celle de
M. de la Fayette.
M. Clause président, ayant consenti, le
modele fut fait snr le champ, ogréé| par la
municipalité et porté au ministre qui l'ap-
prouva, et le revêtit de sa signature, La
municipalité ayant ce qu'elle desiroit fit la
demande au roi.
"Le lendemain à le comte
d'Estaing nous fait part du dessein où il t
d'aller à Paris malgré le danger éminent
qu'il y auroit pour sa personne ai la catse
de son voyage étoit connue par les gard s-
françoises pour s'aboucher avec M. de la
Le plus grand nombre des otncierale Prie
avec instance de rester à Versailles. Lorsque)
ce fut a moi de parler, je dis Mon géné-
ral, si "étois à votre place dan» une affaire
aussi délicate, rien ne m'empécheroit de
partir; je prendrons seulement la précauf on
d'avoir quelques officiers avec moi. Ce lut à
qui seroit de ce nombre. Le général sans
rien décider passe dans la wpiece vois ne
avec quelques officiers, qui, un instant après,
nous apprennent que le général cede ux
instances qui lui ont été faites-; qu'en con-
séquence il n'ira pas à Paries.
M. le comte d'Estaing paroît, on Tap«
plaudit. Ensuite il fut fait au comité militaire
une motion tendante à consulter les com-
pagnies arrivées du régiment, et à se pro->
curer leurs voeux par écrit et malgré quel-
yues personnes qui prétendoient que les ar-
Tétés des états-majors et de la municipa;lité
dispénsoient de cette formalité elle j fut
adoptée. j
Les raisons, qui déterminèrent à prendre
cette dernière précaution, furent que le y
août dernier, lorsqu'il s'étoit agi de faire
entrer deux cents chasseurs des Trdis-Évê-
chés dans la ville la municipalité n'ayant
prévenu ni par affiche ni autrement la lion t*
Seoisie, lorsque le détachement se présenta »
il fut refusé aux portes, fut oblige de 'pas*
ser la nuit dans lea cours du château de
Trianon, et le lendemain i5oo hommes dé
la garde nationale sé mirent sous les aiimes
pour aller au-devant d'eux, et les jnfodiirire»
Le lendemain, dit ce capitaine, d'après les
procès-verbaux de leur compagnie neuf se
trouverent pour, et huit contre l'admission.
Je présidois l'assemblée; et comm 3 c'étoit
le surlendemain qu'il devoit entrer, j'or-
donnai que les compagnies qui n'avoient pas
encore manifesté leurs intentions se rassem-
blassent sur le champ, et que les procès- ver-
baux fussent remis dans le jour. Dix huit
se trouverent opposans, et cinq seulement
favorablés aux dispositions déjà faites. Ainsi
.de quarante deux compagnies vingt huit
refusèrent de recevoir le régiment de Flan*
dres.
Le 2j les capitaines ont ordre df. repré-
senter aux compagnies de quelle importance
il étoit que la nouvelle troupe entrât; fit
M. le comte d'Estaing prend toutes les me-,
sures à cet effet, Fans en communiquer avec
l'état-major. Je lui en fis des reproches par
écrit il a bien voulu me répondra de la
même manière. Les pièces sont entre mes
mains. •• <
Enfin, le a3, notre général annonce que
le régiment est aux portes de la ville et
que Te roi a demande la liste des officiers
,.le la garde nationale qui iront au-devant
avec
ttt)
C
âvec leur commandant* II part en disant c'0\,
Chacun le suit à la
prendre M. le président, qui précède ljs cois
tege, et delà aii]6' menus -plaisirs', ou Voit
s'arrêta dans un des bureaux de
nationale..
M. le coirite d'Estaing écrivit aussi 8t
son nom en tête d'une feuille de pap er
blanc et invita chacun d imiiër son exé tn-,
ple, et à donner ainsi au roi ün témoignage
de sa volonté et clé son respect.
"'Sur l'observation faite par Un officier, que
donner à sa majesté une liste partielle ce
serait compromettre ceux que l'absence ou
l'ignorance de ce qui se passoit empêclie-
roi, M. le commandant général a iini en
disant que tous les officiers qui étoient al rs
dans Versailles l'ont accompagné.
A cinq heures du soir, on apprerid que lé
régiment partit. Lé détachement de la gai des
et M. Clamet, président de la municipalité,,
se rendent à pied hors des barrit res; és
gardes-du-corps bottés se promf-noient jur
averine de Paris. La troupe arrivante st
conduite sur la place d'armes, vient prê er
le serment et) ttë les mains de la. municipa-
lité, en présence des officiers de la garde
ïiatiohale. Elle arnénoit avec eile deûx
pièces dé canon des caisses des barrils de!
poudre pesant chacun cinq cents livras, irn
caisson de balle pour la chasse, un de ifli-
frâille environ six mille neuf cent quatre-*
( H )
cartouches toutes faites, outre
celles dont les gibernes étoient garn es.
Le le toi écrivit, de sa main pro re, une
lettre pleine d'expressions de bonté pour
remercier la garde nationale d'avoir reçu le
ré&tfnertt dé Flandres.
Le 2&, MM. les gardes-du-corps .irritent'
nominativement quelques uns de OU$ au
rçpas qui devoit se donner le jeudL Péjà
l'on paile de changement de cocardes*
Le 29, lés lieùterians-côlonels sont pré-
sentés à la reine qui leur annonce qu elle
lait présent d'un drapeau à chacun.
Le 3o les cVapeaux sont bénis la muni-
cipalité doi-ae un dîner à l'archev que de
Paris aux ministres aux généraux et gar-
des nationales enfin à des officiers de tous
lès corps j'étois de ce nombre. On prta les
royale, etc. Tout s'y pa sa avec
dignité. Le premier octobre, invitation par
$ai' MM. de la garde du roi. Le prix du dîner
fut arrêté avec le sieur dé Charte, traiteur,
pour le nombre dé 210 convives l. raison
de 2,6 livres par tête, et ce, non co pris le
viti les liqueurs les glaces et les ,ougies..
On se rend du sallon d'Hercule ieu du
rendéi-yous, à la salle de l'opéra où il de-
voit avoir lieu. Au second «ernce j on porta
quatre santés, celle du roi, de la rejne, de
monseigneur le dauphin, et de la famille
rr-yàiè. La santé de la nation fut proposée
nais les gârd*es-du- corps La
reine, après avoir paru dans la salle Éiveo le
c 55 y
Cl
roi et monseigneur le dauphin fit, en p
tant ceprioce dans ses bras, le. tour 4e là
table au milieu des plup
vifs. et des acclamations les plus brillante!.
l,a coux se retira après avoir accepté 1
santés offertes par les gardes-dû corps, l;a
grenadiers de Flandres les suisses,, loa
chasseurs des Trois*Lvêchés car Qn avcit
admis à l'entremêts les soldats de tous le?
Bientôt la fête qui jusques-là n'avoit été
animée que par une gaîté, un peu libre il
est vrai mais encore décente se changea
en une orgie complette le vin échauffe 1 s
têtes la musique du régimtnt de Ilandres
et celle des, gardes-du-corps exécutent di.f!»
férens airs propres à- exalter les eiprita D
Richard Õ. mort rçiï C'est la marché des
on sonne la charge?
les cpnvké» fe?
et XorriWe. Dans un moment d'iVrçsse .Gif.
nationale est proscrite et remplacée par la
cacarde blanche que plusieurs capitaines de
la garde nationale s'empressent d'adopt r.
^©pendant l'on s'éioit porté en foule à la
suite.de la coui les garde, les diffère a%
officiers,, les soldats selivrment, dans la cour
à des excès de folie dorit on ne
trouve d'exemple que dansiez récirs fabuleux
chevaieiie. M. de Persera^,
d e l'apparteinen dé
XIV 's'empara riè's: postë9 des gârcle* /'et
Wêctiaïiîs àont'k nous; désormais ijue 1 où
tie'ttàré dé'ld Cocarde blanche. Plusieurs
par la
ïn'êmé porte 'et au' m&nie balcon de
ÎWsèVal rè décote d'une crdix de Limbourg
^i'îVpU-fce; -̃' l ̃ J
Le tumulte devint tel, que l'alarm se ré-
fiatfd dahs'lâ ville quelques gardes élôtjghés
envient pour s'instruire d'un éyéï ènîent
tjui ijfii^'biete les citoyens. La sentinelle gar-
dant les dràpeauk chez moi m'instrui sit des
craintes du peuble. Je montai sur le champ
il èhéva\, suivi de mon aide-de-ca p. Je
Wpntai au château d'où je; ne tarda pas à
descende lorsque je vis que ce n'étoit que
fînd'ûhe1 orgie. Je m'empressai de répan-
dre daiis la ville qu'il n'existoit aucun dan-
«er; ét j'eus la satisfaction de revoir mes
leur demeure.
r Le lendemain, M. le comte d'Estâin 5 vient
'chez moi et më témoigne du regret; que je
̃n'aie pas été invite Mon général^ lui ré-
fort mal de la jprurnéa
d'hier et il est quelques particulari téi qui
iafïliçent et qui inquiètent les bons citoyens,
café. répliqua le général; jé le suis
Ce même jour une députatioh de là garde
nationale va porter aux pieds de la reine
notre respect et notre reéonnoissaiace du
( n >
çadeau, qu'elle nous,;îL fait Sa Majesté'npu»
tém,oignp,s>a satisfaction;, en, ces termesi je
suis fort aise d'avoir donné des drapeaux à
la garde nationale de Versailles. La
e,t -'armée doivent être attachées au. roi.
comme nous le sommes nous-mêmes. ,J'ai
été enchantée de la journée du jeudi.
C'est donc toit enconclut M.
taing, que quelques-uns en sontfônnalisis..
Au nouveau repas qui doit être donné, le,
samedi 3 octobre, le général fait savoir que
chiq fusiliers de chacune des compagnies,
peuvent y assister.
M. Rataud, de la compagnie de la Joua !•«$.
m'ayant demandé s'il devoit y aller jk 1 en;
détournai, ainsi que M. Guard des Cotés d la,
compagnie l'Allier ,et je m'applaudis fort
du conseil que j'avois donné quand j'appris,
que l'indécence la plus marquée avoit été
l'ame de la fête, et que les les
s'en étoient retirés avec indignation.
A .cette seconde fête, toas les gardes-(lu-
corps se réconcilièrent avec M. le duc de
Guiche; il fut décoré de 4 bandoulières en
signe de réconciliation.
Le 4, la municipalité donne trois pièces de-
vin pour les soldats de Flandres. M. le comte
d'Estaing invite notre corps à faire les hon-
neurs le général l'état-major du régiment
de Flandres, partie de nos officiers s'y trou-
verent toi4t se passa dans. le plus gran&
Le même jour, en dînant avec le général
et M.. Bertl)ier chpz M, Balin je dernajddft,
(.a1)
et j'obtiens do m'absente trois jô'urs pour
je vais au château pour avoir une audience
de M. Nectcer, à la sortie du consei Ai-rivé*
dans la galerie, j'apperçois trois dahiés dont
deux Se nommoient Taboureau et ce Ville-
pttour distribuant 'de concert avec1 plu-
sieurs abbés, des cocardes blanches: çon~
bien ceux qui en rece-
voient, seule bonne, la triomphante
ces dames exigeoient le serment de fidélité,
et donnoient leurs mains à baiser aux réci-
piendaires. J'ai vu distribuer nombre de ces
cocardes pendant une heure que ri resté
seul après quoi je fus joint par NI. 1 cheva-
lier Des roches major de bataiilo nous
en vîmes une <Y nos pieds, en nous prome-
nant. W.DesrochesLt ramassa, endisant:y>
ne suis pas riche, en ajoutant rn peu de
de 'OEil-de-Bœuf oùnoustrouvamc s M. Va-
riri fils garde naiionale portant une co-
carde blanche je l'invite tout haut à lu
qui ter il me répond que le jeudi premier
octobre les gardes-du-corps la lui I àvoient
fait prendre ;en assurant qu'elle él|èit plus
agréable la cour, et qu'il a cédé d'autant
plus facilement à leurs instances, que son
père possède plùiesurs charges chez| le roi
il ajoute qu'il n'a fait que suivre l'exemple
des officiers qui Tayoient reçue, qui l'ont
adoptée avec plaisir, au repas de l'opéra. Je
1( e9 )
C4
n'eus pas de peine à le convaiucre dé se,
torts et bientôt il reparut avec \?l ççG«rde
nationale.
Le conseil fini M,. Necjçer soit est je le
suis. Un grouppe assez considérable- en ou.
roit sur le passageles dames Taboureau t qui
dans lemomentreceyoient, de nouveaux pro
sélites à genoux ? le serment e fidélité ef
..leur présentoient leurs mains \oxii \qu' ils jjr
mîssent le sceau d'un attachèrent invio+
lable.
Il est bien étonnant dis-je que l'on sd
permette de tenir une telle conduite chez
Je roi ou la couleur des cocardes tombera
sous huit jours ou tout est perdu. Aussi-
tôt un chevalier de Saint-Louis qu'on m'ia
dit depuis &0 nommer M. Cjurtonsderes
gendre de la dame Etnery, bouquetière de
la reine, me dit. c'est tépée à la rrcain que
vous me ferez raison de ce propos. Se ré-
pondis nous serons deux en suivant :ou-
jours le ministre, qui, prêt d'entrer uns
sa chaise voulut bien m'accorder t'entre-
vue que je sollicitois alors le sieur C^n;on-
zieres me dit: nçusbvps avant derrière le
cavalier Berlin vuider çe différend on
lui dis je, tout-à-l 'heure surlaplace atta-
ques, si tu l'oses: autrement ne croispa^que
l'ailh lâchementme mesurer avec unhohime
né pour la destruction des citoyens tandis
que moi je ne sais que la conserver.
Nous arrivons vers l'hôtel je me dispose
à entrer. Le sieur Cartonaiçres insiste pour
que nous descendions plus loin le servie©
No>
dé l'a veille pour lequel je me rendois âupr^âs
du ministre, me faitloi; j'entre par 1 mcmé
porte L'audience finie, je me retire vec NI:
3Parat négociant, que je trouvai avec le mi-
nistre. M. Cartonzieres vient à moi ne réi-
tere le défi l'aller à la pièce d'eau des Suisses,.
Non., lui dis-je c'est ici qu'il faut,
diatdàr, que je m'expose à me mesurer avec
toi. Suivant l'usage, tires ton épée, e, le plut
adroit poignardera l'autre Un ami du sieur
CàPtonzieres çatrime lui clrevalier de Saint
Louis, se joignit à M. Arabe, et ils enipé-
cherent un combat qni auroit pu d nner le
signal et lever l'étendard de la disfcor.de.
l'assemblés présidée par. Ber-
tnier.^ je parle de ce qui m'etoit arrivé la
•veille et de la fennetation où étoient les es-
prils.j depuis ie lundi précédent. Je demande
tins nos deux commandans soient invités à
se rendre sur-le-champ parmi nous et que
1,'on propose au général de làire mont clie-.
val les gardçs-du-corps et de leur falirc prê-
ter,ent;re les mains delà muncipalité, lenou-
veûu serment prescrit.par l'assemblée natio-
nale et de leur donner la cocardeq e nous
portions. Plusieurs capitain.es, anciens gar-.
des du roi, rejettent vivement ma proposi-
l,e cox'ps que de penser qu'ils se rendent à nos
ijesirs Und 'eux,M le c nevalier de Ba iraon t,
ine dit monsieur, vous ne connoisse? pas la
force de ce corps j'y ai servi' 22. ans. et ja-
mais il ne se soumettra ce que vous de-.
L'assemblée nationale çourrpit le§.
( 41 )
plus' grands dangers si vous persistiez dans
votre motion. Rien ne m'étonne: j'insistïen
disant qu'il nous est plus avantageux de!
connoître les troupes qui se sont tenues iux
décrets de l'assemblée nationale que de!
craindre sans cesse un corps qui peut nous
écraseur, et je renouvelle ma motion. M.
Berthier y apporte des obstacles il prétend
que si elle alleu elle peut être le signald'u-
ne guerre civile. Je cede en observant ue
l'on priera M.le comte d'Estaing de se rendre
le lendemain au comité, afin cle statuer sur
ce projet qui me sembloit de la plus grande
importance. Je rentre chez moi u deux heu-
res, et je me dispose à profiter du congé que
j'avois obtenu j'allois partir; on me 'un.
peuplenombreux arrive de Paris, je fais dé-
teler les chevaux qui étoient à ma voiture,
et j'attends l'ordre du général inquiet d ne
pas le recevoir, j'énvoye chez lui il ne s'y
trouva pas. MM. de Robac de Boulaine
Trouvert, Pelletier, et d'autres capitaine de
ma division me demandent des hommes je
leur dis, que je n'en ai point, mais qu'ils
doivent rassembler leurs compagnies et se
tenir prêt devant leurs mai.sons.
Des hommes armés de piques arriver n t.
Je monte à cheval pour me rendre au châ-
tean. Je rencontre en chemin, et auprès: du
régiment de Flandres, déjà rangé en bataille
avec les gardes-du-corps et les dragons^notre
commandant en second., M. de Beauhjar-
nois je le prie de me donner des ordres, vil
?'y refuse en me disant qu'il n'en a point
reçu qu'il n'en donnera point, et qu'il »e
sait où est le général.
Je vais aux compagnies de ma division
je leur communique la réponse de note com-
mandant en second et je les exhorte se
completter et à se former en ligne sur l'ave-
nue de Saint Cloud.
Je retourne a la place d'armes o je; rc-
trouve M. de Beauhamois je demande de
nouveau des ordres il refuse encore de m'en
donner; je lui dis qu'en l'absence du général
c'étoit à lui à commandeur. Voyant c ue ma
représentation étoit sans effet j'ordonne
aux compagnies de se rendre au corps-de-*
garde principal et fus à celui des gardes-
françoises; plusieurs y étoient déjà, je les
range en bataille, et je cours arrêter quel-
qu'autres compagnies qui se portoient sur
1 avenue; je les fait rejoindre le corps de
la troupe. C'est dans cet intervalle que le
sieur Bnnon, soldat de la garde nationale de
Paris,-non soldé, compagnie de Ruelle, est
arrêté par un grouppe de femmes, qui ven-
lent l'emmener chez le roi avec e les; les
gardes-du-corps s'opposent à leur pas age, et
M. de Savonniere s'attache particulièrement
& ce sieur Bunon le poursuit avec trois gar-
des, en le frappant de coups de sabre
Ce malheureux se voyant assailli par le
nombre, tire wnn épse, qui lui sert £l parer
les coups qu'on iiil porte. ( bon Joft! s'é-
crient les gardes du roi c'est un purement
blanc de, Paris ).
Malgré les instances de la garde de Versa:
(43)
lés il *«t forcé de se réfugier daii* «rie de»
tarraques attenantes au château Vian çolaat
national le voyant succomber, tira un coup
de fusil, et cassa le bras M. de la Vaùnieî e.
Il m'a été dit, dans le temps, que ce garde
étoit delà compagnie Htleyoe, quartier saint-
Louis. M. de Montesquiou et ses camara-
des lâchent alors leur proie, vont au secou ra j
de leur chef qu'ils remmènent, et Bimon «sst
ten \u à la vie il l'eut perdue, sans doute, n
sortant de la barraque où il s'étoit sxuvé et
dont il avoit enrayé la maîtresse, en la œc«
riaçant qu'il alloit la fâire égorger il é rit
alors quatre heures et demie de relevée c'est
le premier acte hostile entre les deux cotpi
le,4 gardés-du-corps couroient et la, et
sabraient lès uns et les autres.
Pans ces entrefaites et sur les trois heu-
res cta relevée M. d'Estaing faisoit assem-
bler la et en obtienoit un pou-
voir dontil a fâit voir l'original à M, Perret,
alors lieutenant de la garde nationale, et
aujourd'hui officier municipal, au i3 octobre
dernier, et signé de cinq ou six officiers nm-
nicipauK et conç/u en ces termes
« D'après l'exposé ait par M. le comte d'JiS»
taingj qu'un grand nombre e d'hommes et
femmes armes arrivoient de Paris, tlue le oi
et la famille royale pourroient être en dan-
ger, fa municipalité de Versées
M. le comte d'Lstaing à accompagner le roi
dans sa retraite et à ne rJen négliger pôiu;
le ramener à Versailles le plutôt possible»;.
Cet ordre autorisoit de plus à tenter toutes
s'il le falloitj la force par la force
depuis/que cette pièce originale, aféitfo^ )a$
enregistrée à la municipalité En effet, qua nd
elle eut connoissance de la lettre de,]Vi d,E^f
taing> elle envoya M. Clause au co ité mir
litaire pour conférer avec nous .e sur lq
champ nous fîmes vers elle une dépu atidn,
de laquelle étoit M;.
quia assuré que, les vérifiçations faites \ei\
présence de la députation, ce pouvoir ne se
trouvoit-pas sur les registres.
Arrivées au corps de garde des gardîs-fran-
çoises les compagnies représentoienl qu'el-
les n'avoient point de cartouches j'apper-
çois pour la première fois M. Berthier.L'aprés;
dîner M. Berthier àfjuije demandai desor,
des né voulut pas m'en donner sur le pré-
texte que le commandant général ne-^oulok
pas en d.onner j'expose à ce major généra}
que nous n'avions point de munition M. de
laT'ontiniere, chargé dé la garde de l' rtille.,
rie, me répond et, m'affirme avec M. Berthier
qu'il en existe. Peu confiant dans ce;t asser^
tion., je sollicite l'ouverture du magasin,
j'en fais moi-même la visite et je ne trouve
rien je fais part aux compagnies que nous
étions dans une fâcheuse position et les
invite croire qu'elles ne seront pas rédui-»
tes à manquer de cartouches.
M* ♦̃* aide-mnjor arrivé à la t^te des
gardes, je demande au chef ce que la' garde,
•nationale doit espérer; j'ajoute que le peuple
s& trouve en danger, et que l'on désire savoir
( •# D
répond liions oublions lé traitement- fjrit à n
dès. itôttés et nous- ne sommes animés c ue
dù'dèsto' de viWeh bbrine iritëlligenc e j
fis ne commettront aucune iniquité:
Je lui donne ht' même assurance au nom
de là garde nationale, et jellè pri'e de faire
remonter sa troupe plus haut par la grill,
afin dé dégager rentrée de notre corps-(Le-
ina démarche je fus au régiment de Fl n-
ares.; les officiers m'entourent, et me de n-
nent leur parole que jamais ils n'ont eu ;.n*
tèntion de faire"" de mal aux bourgeois. Les
soldats me le jurerent unanimement et pour
exprimer mieux' leurs sentimens, ils é-
livrent ;à des défàcliemens de nos compa-
gnies une assez grande quantité de leurs c r-
fouches.C'étOit un gage assez certain du dé-
irou'emént du régiment de Flandres. Je'cours
en faire part à mes camarades, et je m':n-
fôrme du nombre, des forces et des hômineâ
ermés' de canons posés devant Tasseinbée
nationale. Personne n'ayant pu me répem*
dre, je vais à eux, accompagné de mon aide*
de-camp, et de l'aide-major dont j'ai pa*lé
ci-dessus. A peine ariivé, je fus annoncé;
je demande à être iritrôduib sans escorté
je descends seul de cheval, et je dis aux
ôfnciers qui nl'a'c'cômp'agnoient de rester
aux gardes avancées. L'on me place peur
m'entendre à la bouche des canorl^
les mèches étoient allumées. Je crie là
Vaute voix Étonné de vous voi en cet[
équipage on m'envoie vous demandeur
quel sujet vous amene ce que v us de>
sirez. Uri cri général me répond iDi ptfn. ft
et la fin de nos affaires. –Nous subviend ons
à vos plus pressans besoins tuais nou» ne
pouvons, leur dis-je, vous permettre de vous
répandre dans la ville avec vos armes un
malheur, s'il arrivoit, troubleroit la tran-
quillité du royaume que nous dev ns tous-
respecter. Je réponds donc que vous ne dé-
passerez pas le poste que vuus occ pez, et
je vais travailler à ce qu'il vous soit délivré*
suffisamment de pain. C0111bit.11. thes-vùus ?
-,Six cents. Autant de livres e paiu
suffiront-elles ? Oui.
Je partois pour remplir ma promisse les,
hommes de la troupe viennent à moi avec
fureur, et prétendent que c'est our les
trahir que je me suis informé de leur nom**
bre. Ils me demandent mon no mon
état et ma demeure, et la conduite que,
je tiendrai avec eux. Un approche, ci se pro*
imet caution de ma loyauté. Un auire, qui
travailioit chez le sieur le Comte assure que
je.suis le, meilleur citoyen de la ville qu on
peut prendre cpnfiance en nu parole.
Cette troupe dont il commandoit im déta-
chement, le charge de m'accompagner pour
veiller au prompt effet. Je l'accepte avec un
de ses camarades, mails je merefus^ au de-
sir que l'on me témoigne de me faire escorter
par fusiliers. Je fais de nouvelles, ins-
tances pour la tranquillité je remonte 4
( 47 )
cheval. Les députés de la troupe s'emparât t
de la bride et me conduisent à la municipa-
lité. Je fais à ces messieurs le tableau tcju-
chant des hommes qui m'envoient demande?
600 livres de pain. J'observe que le serment
de ne point entrer pendant la nuit n'a té
prêté et re;u qu'à ces conditions. M. de
Montgaran, qui étoit chargé des sùbsistanc es,
observe qu'il ne peut disposer d'une aussi
grande quantité de pain. M. Clause ordo ne
ces transports, pour les engager à ne pas
fondre sur Versailles. Un autre observe ué
la distribution sera embarrassante le paie-
ment et le transport difficiles. J'offre de x
chevaux, un domestique, de l'argent peur
}xiyer et je me charge de faire exécuter
l'ordre. J'ajoute qu'il n'est pas sans dan er
de refuser a ces malheureux un secours ui
leur est indispensable.
M. de Montgaran prend de nouveau la
parole, et dit que le seul sacrifice que l'on
puisse tâire, dans ce moment, est de e
donner deux tonnes de ris. On fait sortir"
mes deux aides-de-camp et les deux dépu<-
tés, et l'on va aux voix. La motion pour dé-
livrer du ris obtient neuf voix celle pour
des secours de pain en nature mon suffrage
compris, en obtient sept.
On fait rentrer la députatïon la munici-
palité rend son décret, et en raêmetenips
elle me charge de la triste commission de
savoir si la troupe veut que le ris soit cuit pu
crû. En ce moment on vient -m'apprendre',
que les gardes-du-corps et la garde natio-
haie, se sont fusillés. Je fais reconduire ea
blême-temps les députés par mon midc-cU-*
canin, en ordonnant de leur délivrer tout le
pibrqui étoit chez moi et dè.'dini qûa la
circonstance étoit trop malheureuse pour
qu'on puisse parvenir au camp ciesFârislenîf
dont on devine facilement le vœti..
11 s'acquitta avec beaucoup d'enlpre sseiiient
de là mission délicate dont il s'étoit Chargé*
On me renvote,avec,les
le ris qu'ils étoient allés proposer. L mJLtni-
cipalité étoit déjà descendue, et la sieur Tôt
arrive avec un paquet qui contenoit une ^t-
tre pour M. le Cointre. Elle étoit co çue en
ces termes
L'assemblée nationale laisse M. le Cointré
maître de faire ce qu'il jugera convenable
pour la tranquillité. A Versailles, le 5 oeto-
bre
J'apprends que M. le comté d'Estaing à
paru un instant, pour renvoyer les compa-
gnies on me dit aussi qu'il avoit essayé des
reproche& assez vifs de où il les
avoit laissées. Plusieurs compagnies exécu-
tèrent l'ordre et le traité qu'ils avoie reçus
klu général mais le plus grand nombre,
prévoyant que les gardes-du-corp* resteroient
sur la place d'armes, annoncèrent qu'ils ne
partiroient qu'après les avoir vu défiler.
L'ordre en fut donc donné et ils prenoient
le chemin de Icur hôtel, lorsqu'un d'eux,
seul de tous qui fût sans manteau, à 1^. queue
de l'esCndi'onjdont il se sépara de la distancé
de 20 pas tira sur la garde nationale urt
coup de pistolet dont la balle contusionna
la
(49)
D
la joue du sieur l'Alternant, officier de là
compagnie d'Ivers. Les esprits déjà échauf-
tes par tes gardes-du-corps, oe dernier miï
le comble au mécontentement, et quelques
gardes nationaux armés de fusils charges
ripostèrent aux gardes-du-corps-, dont l'a-
vant-garde Ht un feu roulant sur nous corn*
me les gardes-du-corps se retirèrent, nous'
en fûmes quittes pour quelques habits et un
cheval des gardes du roi tué un autre eut la
jambe cassee.
La garde nationale, qui venoit de courir
les plus grands dangers, étant bien sûre du.
retour de ses ennemis, (car on ne peut lus
donner d'autre nom aux gardes du roi)
manda de nouveau des munitions. Su le
refus de M. de la Tontinierer, M. de Bury
certain qu'il n'en existoit pas à la tête, et
que s'il ne donnoit à notre troupe de quoi se
défendre la peur de perdre la vie l'arti le-
rie, qui précédemment nl'aVoit assuré de
n'avoir ni poudre ni balle, elle m'avoitnlême
ôffert un magasin, a délivré une demi-tortrie
de chacune de ces munitions peu rassurée
sur les suites de cette affaire qui pouvoit e-
̃yenirtrès-sanglante, déterminée àiairèunedé-1"
fenseyigoureuse, elle chargeles èàndns; Bien-
prouve qu'on se prépare à 1a résistance, mais
je défends que l'artillerie sOJ te dû f esplana-
de,
le capitaine de la compagnie tl'âftilférie éèoit-
à la recherche du comte ne sô'
trouva pàfr^ Cependant le
f5o)
M. 'de Moncheton, de la compagnie !2co ssoi-
se, dont le cheval venoit d'être tu<$, 'toit
tombé dans les mains des femmes e Paris-.
etcouroit de grandis risques ;M. de la Baileze
et M, Raisigèt en sont informés ils partent
avec un détachement de la compagni et par-
viennent à le sauver en assurant les femmes
qu'il va être jugé sur le champ par u conseil
de guerre on l'emmené il la caserne, le$ se-
cours lui sont prodigués, il reste'jusqu'au
L'inquiétude où nous jettoit l'abandon de
nos trois chefs supérieures est extrthne. Les
officiers restés A la caserne s'assemblent dans
la chambre du. capitaine commandant et
sortent pour délibérer si nous nous en don-
aierîons d'autres il fut arrêté que s le len-
demain ils ne paroissoient pas, noi s pren-
drions un parti convenable aux circonstan-
ces. Du nombre de ces oUiciers étoit M. Bo-
chel, major, 4'A.utroy et de Baleine. L'aide-
d.e-painp me rejoint et me remet 1 pou-
voirs que la municipalité m'a voit conî es pour
remettre à son suisse. Mais les hommes à.
qui on promettoit de procurer des vivres
vayant qu'qn ne leur tenoi.t pas parole se
crurent dégagés du serment qu'ils,in'[avoient
fiait de rester campés dans l'avenue de Paris,
et se répandirent dans la ville en,grp,r|d nom-
bre auquel des femmes étoient jointes ils se
réfugièrent à la caserne pour y passer |la nuit
le cheval mjort' dans lei
combat fut, ]fôti à moitié etMfiangé,.
(Si)
ï) a
à la paix âpres avoir invité notre troupe do:
donner tous les secours possibles h ces mal-
heureux, je fus au château dans la cour des s
ministres où une partie des gardes- du- corji 1
auprès avoir fait la tentative de passer par la
rue de Sceaux pour regagner les rangs,
abandonnèrent bientôt ce dessein d'apr s
l'avis donné" par un citoyen, que la garde
nationale avoit suffisamment de muni non
et dtolt rangée en bataille. avec le régiment
des Suisses. Les aut.es étoidnt sur la terrasse.
Il se smiveauprès d'eux un autre commandant
en second. M.deGouvernay à qui je témoig e
ma surlrise, me répond qu'impasse du côté
des gaiaes-du-corjjc et qu'il restera avec eu
Après avoir exprimé mon ressentiment j je
retourne à la caserne; en ce moment les s
voitures de la reine se présentent à la grille
du dragon le suisse se disposoit il l'ouvrir
pour les laisser sortir, mais la sentinelle
étonnée du monde appelle le commandait t
du poste, la garde sort le piqueur dit que a.
reine est dans sa voiture et qu'elle veut aU r
àTrjanon. Dans ces momens n'e trouble\il
seroit dangereux pou/ Sa Majesté de quitter
le château me dit le commandant naus
offrons de reconduire Ill reine à son appar-
tement mais nous ne pouvons prendre stir
nous de la laisser sortir de h ville; le piquei|ir
insiste, l'officïer refuse., et les voitures ren-
trent sans escorte aux écuries. La damQ Thi-
haut premicre feramc-de-chambre de la
reine étoit, y dit-on partie en avant dans
le carrosse de sa majesté qu'elle représeiV-