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L'abolition de l'esclavage par l'Angleterre, la France, les États-Unis : rapprochements / par J.-F. Milliroux

De
15 pages
E. Dentu (Paris). 1866. France -- Colonies -- Histoire. 1 vol. (16 p.) ; In-8°.
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L'ABOLITION
DE
PAR
L'ANGLETERRE
LA FRANCE, LES ÉTATS-UNIS
RAPPROCHEMENTS
Par J.-F. MILLIROUX
PARIS
E. DENTU, LIBRAIRE-ÉDITEUR
PALAI-ROYAL , 13 ET 17, GALERIE D'ORLÉANS
1866
L'ABOLITION
DE
PAR
L'ANGLETERRE
EMINCE, LES ETATS-UNIS
RAPPROCHEMENTS
Par J.-F. MILLIROUX
PARIS
E. DENTU, LIBRAIRE-ÉDITEUR
PALAIS-ROYAL, 13 ET 17, GALERIE D'ORLÉANS
1866
L'abolition de l'esclavage des noirs par trois des plus puis-
santes nations du monde est récente, puisqu'elle s'est opérée
dans les trente-trois dernières années, et les incidents de cette
grande réforme sont familiers à chacun.
Il nous a paru cependant utile d'y ramener l'attention dans
un but de comparaison, et pour faire ressortir de cette compa-
raison un fait remarquable.
Emanciper le million d'esclaves de leurs colonies dissémi-
nées au loin était certainement pour l'Angleterre et la France
une tâche assez difficile, et néanmoins ces deux Etats s'en sont
acquittés successivement à la satisfaction de tous les inté-
ressés.
Quant à la république fédérative des Etats de l'Amérique du
Nord, on n'ignore pas qu'elle a la prétention, non-seulement
d'être politiquement organisée d'une manière irréprochable,
mais encore d'avoir la mission providentielle d'enseigner aux
peuples du monde entier comment ils peuvent obtenir la li-
berté et le bonheur.
Eh bien, cette République appelée à résoudre le problème
comparativement facile de donner ce bonheur et cette liberté
à une petite nation d'origine étrangère qu'elle tenait depuis
longtemps en esclavage dans son propre sein, s'y est prise si
maladroitement, so clumsily, pour y parvenir, qu'il est aujour-
d'hui douteux de savoir si, au lieu de donner à cette nation
d'esclaves ces bienfaits inestimables, elle ne l'a pas tirée d'un
état vicieux en principe, sans doute, mais tolérable en réalité,
pour la mettre sur la voie de l'anarchie et de l'anéantissement.
Tandis qu'il n'est que trop avéré que, dans l'accomplisse-
ment imparfait de cette oeuvre, elle s'est infligé et a infligé
au monde civilisé les plus cruelles blessures et a voué son
avenir à l'insolvabilité.
Il est vrai que le parti aujourd'hui prépondérant dans l'A-
mérique du Nord voudrait faire croire au monde que le con-
flit auquel le pays vient d'être en proie, n'avait pas pour cause
immédiate la question de l'esclavage, mais bien la nécessité de
maintenir l'unité et l'intégralité de la confédération, contre les
efforts de ceux des Etats qui "voulaient y porter atteinte. Mais
cette unité et cette intégralité auraient-elles été mises en péril,
si le fond de la dissension n'avait été l'anomalie de l'escla-
vage, et si, au lieu de courir aux armes de part et d'autre, on
s'était d'un commun accord attaqué à la cause du mal, par
des moyens praticables et exempts de violence, comme
l'avaient fait avec succès l'Angleterre et la France?
En présence de ces faits irrécusables, ne peut-on pas se de-
mander si les institutions républicaines ont en réalité l'excel-
lence qui leur est souvent attribuée, et comment il se fait que,
sous leur régime, une population de vingt-huit millions d'âmes
a pu manquer de sang-froid, de prévoyance et de charité au
point de commettre une erreur aussi déplorable?
Peut-être aussi ne faut-il pas croire à une erreur, mais bien,
de la part de la section nord des Etats, à un crime commis
sciemment et avec préméditation. Autrement comment serait-
il possible d'expliquer l'attitude des égalitaires, niveleurs,
communistes et autres classes dissolvantes et désorganisatrices
de l'Angleterre, de la France et de l'Allemagne, pendant et
depuis le conflit américain ?
Probablement il s'agissait moins pour le Nord puritain
de maintenir une union croulante, que d'appliquer sur
une grande échelle, et sous prétexte de donner la liberté aux
esclaves, le statut spoliateur et fondamental de l'Ecole déma-
gogique.
Les flatteurs du peuple en Europe ne s'y sont pas trompés,
et, dans l'espoir d'en être aidés eux-mêmes plus tard, il ont
prêté au Nord leur concours actif. One good turn deserves
another.