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L'âme au tribunal de la conscience : dialogue / par Thomas Creton,...

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Français
12 pages

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impr. de Prissette (Paris). 1870. 12 p. ; in-12.
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Publié le 01 janvier 1870
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Langue Français
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L'AME
•AU TRIBUNAL DE LA CONSCIENCE
DIALOGUE
Par THOMAS CRÉTOSÎ,
ProCesscur de laïque ffaiteafse
Àèteur de plusieurs petits Ouvi$ge»-<le fiftérafiirÊ.1
LA CONSCIENT
0 noble faculté de l'homme et de la femme,
Souffle de l'Eternel, toi leur vie et leur âme,
Qui peux faire à ton gré le bien comme le mal,
Quitte un peu les mondains, viens à mon tribunal
Pour te bien recueillir ! Trop souvent lu t'oublies !.
Viens, je vais ranimer tes forces affaiblies ;
Te donner des conseils pour te bien garantir
Contre tant d'insensés, dont les folles maximes
Couvrent de fleurs le mal et ses profonds abîmes ;
Et, suppôts de Satan, pourraient t'y engloutir !.
L'AME
D'où vient en moi ce trouble! et quelle voix secrète,
Quand, seule et loin du bruit, j'erre dans l'avenir,
Vient me parler ainsi, me force à réfléchir
Sur un temps qui n'est plus, et qu'alors je regrette :
Ce temps passé, pourquoi m'en faire souvenir?
LA CONSCIENCE
-Qui te parle, dis tu : C'est moi, ta Conscience !
©
— 2 —
Contre tant de dangers que je te vois courir,
Si tu veux m'écouter, je vais te prémunir.
Par moi tu connaîtras la divine Science :
Pour toujours, ô pauvre âme, à Dieu je veux t'unir.
Aussi sur tes devoirs il faut que je t'éclaire ;
Et si je te rappelle un temps déjà passé,
C'est que son souvenir te sera salutaire.
Dieu si bon fut par toi tant de fois offensé,
Que tu dois désormais ne chercher qu'à Lui plaire.
Redoute sa Justice, et pleure tes péchés,
Qui tous au Jugement te seront reprochés,
Si tu ne mets tes soins à calmer la colère
De ce Juge indulgent, mais terrible et sévère,
Qui cherche le pécheur, et, pour le convertir,
Par les biens ou les maux vient toujours l'avertir ;
Et, patient et bon, daigne ici bas l'attendre ;
Pour punir ses méfaits, ayant l'Éternité !.
Crains donc qu'à son appel, qui viendra te surprendre,
Ce Juge, contre toi justement irrité,
T'inflige un châtiment trop longtemps mérité;
Que jamais, non jamais, rien ne pourra suspendre;
Car il punit l'offense à la Divinité !.
A mes sages conseils sache au plus tôt te rendre :
Sinon, au vrai bonheur tu ne pourras prétendre !.
Pour te convaincre enfin, l'Auguste Vérité,
Qui des cieux, pour ton bien, vers toi daigna descendre,
Dans moi mit son miroir ; Viens donc t'y regarder !
L'AME
Je le voudrais hélas ! mais je ne peux t'entendre
Autant qu'il le faudrait, afin de me sauver ;
Tant d'objets constamment viennent pour m'occuper,
Que, tout en le voulant, cela m'est impossible.
— 3 —
LA CONSCIENCE
Impossible dis-tu ! Non : mais c'est que le ciel
Pour toi n'est pas un bien qui soit assez sensible ;
Que tu vis pour la terre, où tout est corruptible ;
Où tes soins et tes jours sont abreuvés de fiel ;
Où par de faux brillants tu te laisses séduire ;
Vivant trop pour le monde, et pas assez pour Dieu,
Qui seul, au vrai bonheur, veut et peut te conduire,
Te faire vivre en paix, en tout temps, en tout lieu !.
L'AME
Je ne suis pas toujours maîtresse de moi-même :
Le corps qui me renferme exige tant de soins,
Que je ne peux suffire à mes propres besoins.
L'esprit, souvent aussi, m'occupe du problème
De l'humaine existence, et, pour le définir,
Me promène avec lui de système en système ;
Mais tous ses grands moyens ne font que m'éblouir :
Jamais à me convaincre il ne peut réussir !.
Je ne m'appartiens pas, et ma peine est extrême
De ne pouvoir jamais assez me recueillir :
Et les mille incidents qui viennent me distraire
Me font, bien malgré moi, marcher en sens contraire!
Je devrais être heureuse, et ne fais que sotiffrir
Si le monde à ses maux peut mêler quelque joie,
Je sens bien que Dieu seul du bonheur est la voie :
Que ne puis-je, en l'aimant, toujours Le posséder?
LA CONSCIENCE
Pour goûter ce bonheur, il faut briser la chaîne
Qui te lie aux sujets qui peuvent t'entraîner :
Si tu n'agis ainsi, Dieu peut te condamner
Résiste fortement au monde qui t'entraîne ;
— 4 —
De l'Esprit et du Corps n'es-tu pas Souveraine ?
Dans ton Empire enfin, sache donc commander :
Ame, de tes sujets, cesse d'être l'esclave !
Quand tu leur obéis, toujours ton mal s'agrave ;
Il faut à la Raison assujélir l'Esprit,
L'éloigner de l'erreur, qu'un fol orgueil produit?.
Crois moi donc, ô pauvre âme, afin de rester pure,
Et de suivre du ciel la route la plus sûre,
Aime ton Créateur, pratique bien sa Loi ;
Et prends, pour t'éclairer, le flambeau de la Foi !.
C'est dans l'amour de Dieu que toute âme s'épure,
Et que le cœur comprend la noble charité.
C'est dans son Esprit seul que règne la droiture,
Et que l'esprit humain, admirant sa beauté,
Peut toujours, sans danger, prendre sa nourriture !.
Laisse ces faux Docteurs, ces esprits orgueilleux,
Ces ennemis du bien, et ces ambitieux,
Afin de tout savoir, errer à l'avanture.
Dans des chemins obscurs, et toujours périlleux,
Cherchant à découvrir les plans mystérieux
Que traça l'Eternel en créant la nature.
Pour toi, suis mon conseil : médite, admire et crois
Le doux enseignement de Jésus sur la croix :
Et, plus sûre du Vrai que les libres penseurs,
Tu seras à l'abri de leurs folles erreurs,
Qui n'ont toujours pour fin que le doute et les pleurs.
Avant ces beaux esprits, ces savants plagiaires,
D'autres nous ont donné ces trompeuses lumières,
Grands flambeaux de l'erreur et de la vanité,
Que fit toujours pâlir l'Eternelle Clarté !.
Ressemblant à ces feux qui dans la nuit scintillent,
Et qu'on n'aperçoit plus dès que parait le jour,
Dans la nuit du mensonge, aussi parfois ils brillent :