L

L'usurier moderne ou le cri de dix mille rentiers de l'Etat. (Signé : D.)

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14 pages

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les marchands de nouveautés (Paris). 1815. In-8°. Pièce.
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Ajouté le 01 janvier 1815
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Langue Français
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OU
L E CRI
DE DIX MILLE RENTIERS
DE L'ÉTAT,
DE L'IMPRIMERIE DE D'HAUTEL,
rue de la Harpe , No. 80.
L'USURIER MODERNE
ou
LE CRI
DE DIX MILLE RENTIERS
DE L'ÉTAT.
L'argent, l'argent, dit-ou, sans lui tout est stérile :
La vertu sans l'argent, n'est qu'un meuble inutile.
L'argent, en honnête homme érige un scélérat.
Qu'importe qu'en tous lieux l'on me traite d'infâme
Dit ce fourbe sans foi, sans honneur et sans ame ;
Dans mon coffre tout plein de rares qualités,
J'ai cent mille vertus en louis bien comptés.
BOILEAU.
A PARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTES.
1815.
L'USURIER MODERNE,
ou
LE CRI
DE DIX MILLE RENTIERS DE L'ÉTAT.
D
ANS un siècle où tout se fait par l'or et
pour Jor, tout moyen paroît légitime pour
s'en procurer.
Les usuriers qui boivent sans honte, comme
sans remords dans des coupes d'or les larmes
et le sang des rentiers de l'Etat, se flattent en.
vain d'exercer leur brigandage sous le Gou-
vernement juste et humain de Louis XVIII,
comme ils le faisoient sous le règne de l'usur-
pateur.
Celle petite brochure qui intéresse dix mille
rentiers ruines, réduits au désespoir., sera
consacrée à dévoiler les menées sourdes, les
machinations ténébreuses , les manoeuvres in-
fâmes des usuriers, aux yeux de Sa Majesté
Louis XVIII, des augustes assemblées des
(6)
Pairs, des Députés qui s'empresseront de ré-
former un abus aussi révoltant, et qui a coûté
la vie à des milliers de malheureux.
La cupidité étouffe tout sentiment d'huma-
nité chez les usuriers. La nature a oublié de
leur donner un coeur. Ils ont des entrailles de
fer, des âmes d'airain. Ils sont tellement arti-
ficieux qu'ils colorent leur barbarie du nom
d'obligeance, et prétendent que les rentiers
doivent les remercier de les avoir dépouillés
de leurs revenus. Us disent comme le bour-
reau qui étrangloit don Carlos : paix , paix ,
ne criez pas, tout ce que l'on fait là, c'est
pour votre bien. Je rendrai hommage à la
vérité ; Messieurs les usuriers soutiennent
les rentiers, comme la corde soutient le pendu.
Je vais donner le fil d'Ariane pour sortir
du labyrinthe inextricable dans lequel les
usuriers font circonvenir les rentiers viagers
de l'État.
Les sensibles, les compatissans usuriers qui
connoissent les résultats du besoin , de la né-
cessité, épient ou font épier par leurs crou-
piers les instans de détresse des rentiers via-
gers, leur offrent, où leur font offrir par
leurs acens trois, quatre années d'avance sur
leurs rentes, moyennant qu'ils leur en feront