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La Démocratie

15 pages
imp. de J. Pradel et Blanc (Toulouse). 1867. In-8°. Pièce.
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LA DÉMOCRATIE
LA DÉMOCRATIE
SATIRE
DÉDIÉE A L'AGE D'OR, SUIPLIClTÉ, GLOIRE ET PROSPÉRITÉ
DU BON VIEUX TEMPS
De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome,
Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme.
(BOILBAD , Saliret. )
Je lis dans l'avenir qu'un mauvais temps viendra,
Où le Français poli, mécontent, quittera
Son pays iroquois, fuira du cannibale
Les folles libertés: la France martiale
Perdra grâces d'esprit, des mœurs l'aménité,
Ce vernis des couleurs, des langues la beauté,
Des manières l'aimable, et dans sa solitude
Le Français passera de prière à l'étude.
La retraite est l'asile où l'homme vertueux,
Libre des passions, peut sur le vaniteux
(1) C'est toujours au village la muse du village et l'auteur du Glandter
ouvrage agricole, industriel, scientifique, littéraire, religieux et moral
qui a paru par fragments détachés dans un journal d'arrondissement, mais
encore inédit. 0"
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— 4 —
Méditer à loisir sans mordante satire ;
Muse ! sois circonspecte, abstiens-toi de tout dire !
Je ne médirai pas; mon pinceau fort discret,
Des ressorts de son art eut toujours le secret;
Le noir acide amer coulera de ma plume,
Sans noircir le papier de trop vive amertume.
On se visite peu, chacun reste chez soi :
Jamais êtres plus sots, de plus mauvaise foi,
N'ont plus mal discouru ; leur langue fort gourmande,
A du Luxembourg fait son fromage d'Hollande,
Censuré, persifflé, voudrait de feu Proudhon
La liberté margot, sans rime ni raison;
Le cahos, gouflre affreux, vieux océan du monde.
Mais du Dieu des humains déjà la fondre gronde !
Quoi ! de la barbarie, au temps où les beaux-arts
Ont de fraternité mêlé leurs étendards !
Le tendre et le mielleux ne sont plus l'apanage
Du peuple français, fier des vertus du jeune âge;
A disparu ce lustre avant l'heure des temps,
Les hivers ont chassé les radieux printemps.
Nous naissons tous égaux, c'est l'état de nature;
Au physique, au moral, l'homme grandit, s'épure,
Quand l'esprit social, esprit d'ordre et d'amour,
Remplace le cahos par l'éclat d'un beau jour.
Ce n'est pas le sauvage et sa sombre tactique,
Ce grand progrès des sots, progrès démocratique,
Mais l'attrait gracieux de la bonté des mœurs,
Ce beau qui nous enchante et captive nos cœurs.
Le monde est renversé, le fils maudit le père,
L'épouse son époux, et la fille sa mère.

De famille autrefois charmait l'heureux berceau,
Aujourd'hui l'arbre est grand avant d'être arbrisseau ;
L'esprit, les mœurs n'ont plus de 1 1rche graduelle,
La mère pour son fruit n'a ni cœur ni mamelle :
De là vices et maux que l'enfant aujourd'hui
Contracte en pressurant les mamelles d'autrui;
Inimitiés, froideurs, datent du premier âge,
Pour l'amour maternel honteux est ce partage.
L'enfant, méchant marmot, arrogant, vaniteux,
Bat papa, sa maman, qui rient de son jeu,
Violente chats et chiens, de la maison les chasse,
Pousse des cris, renverse, objets fragiles casse,
Comme un petit démon. Le moutard Dieudonné
Est déjà ce vieux tronc que les ans ont ruiné.
Indocile à la voix du maître qui l'enseigne,
Sur ses égaux plus tard veut maintenir son règne.
L'étude lui déplaît; son éducation
Se fait avec dégoût, sans émulation.
Résistance et débats, chez lui l'orgueil l'emporte;
Fier comme un ignorant, il vivra de la sorte;
Affolé des fadeurs, des caprices d'enfant,
Suit un instinct rétif qu'il tient de sa maman.
La vieillesse, déclin, crépuscule incolore
D'un soleil qui pâlit, pétillant météore
Qui n'éclate un instant que pour s'évanouir ;
L'honnête homme doit vivre et le méchant mourir.
Au printemps se pétrit des hivers la sagesse,
Le bon esprit et mœurs font la belle vieillesse.
Si jeune j'obéis, vieux je suis patient;
Je ne suis pas colère, ombrageux, inconstant.
— 6 —
La patience est aux vieux ce qu'est la bonne reine
Pour peuples et les rois, aimable souveraine.
De nature les faits, l'instinct et la raison,
Femme à l'homme ont soumis, Code Napoléon !
Mais l'épouse rebelle à son mari résiste,
N'écoute pas sa voix, dans ses erreurs persiste,
Dépense sans besoins, suit ses travers d'esprit,
Ruine un avoir brillant, du bon époux se rit,
Court les tripots, les bals, d'un luxe fou se grise,
Ne craint devoirs, ni lois, elle vit à sa guise.
L'instruction trop tôt et la vertu trop tard
Du sexe intéressant n'arrêtent plus l'écart;
La modeste pudeur et la chaste réserve,
Sont les chants négligés de l'oiseau de Minerve.
La finance en hymen est un aimant requis,
La fille du banquier épouse le marquis;
D'appétit vaniteux, rêve, grandeur, noblesse,
Pour marquise d'emprunt blason passe richesse.
Je tiens le roturier pour fou du môme aloi,
Qui porte l'écusson et caresse la loi
D'épouse noble sang, sur femme ante sa tige,
De haut baron, de comte et de seigneur a lige.
La vanité perd l'homme, elle n'a pas de frein,
Pousse à l'orgueil jaloux; l'envie est son levain;
Esprit présomptueux de chimères se berce,
Nuage sombre, clair, qu'un vent chasse et disperse.
L'homme des champs gémit! Le fils du laboureur,
Plus fier que ses aïeux, suit un élan trompeur
Qui lui fait préférer au bien un mieux hostile,
Quitte la paix des champs pour l'entrain de la ville,