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La Fête du 15 août, par A. Bréant

De
15 pages
J.-P. Roret (Paris). 1852. In-8° , 16 p..
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LA
FETE DU 15 AOUT
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A. BREANT.
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J.-P, RORET, ÉDITEUR,
1852
4-
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LUT! H 15 ÂOIIT,
I.
Écoutez, écoutez, la fanfare résonne,
Le grand Paris s'émeut, au loin le canon tonne
Comme dans nos jours glorieux !
A cette odeur de poudre, à ce signal de guerre,
On dirait qu'un instant, s'échappe de la terre
L'ombre sainte de nos ayeux !
C'est le quinze août ! Voyez, partout la joie abonde !
Oh ! c'est fête aujourd'hui ! c'est fête dans ce monde
Et c'est fête aussi dans le ciel.
Nos guerriers d'Austerlitz, d'Egypte et d'Italie
Déchirant le linceul qui, là haut, les rallie,
Ont revu briller leur soleil.
V
C'est le quinze août! le jour où, jadis, tant de gloires
Fêtaient leur Empereur en chantant ses victoires ;
C'est encor le jour qu'autrefois
Le peuple avait choisi, sur la place publique,
Pour livrer aux échos un cri patriotique
Qui faisait trembler tous les rois !
C'est le quinze août ! le jour qui voyait le grand homme,
Acclamé dans Paris et que bénissait Rome,
Dire à ses soldats : « Oh ! mes fils !
« Chantez., soyez heureux, la France est grande et belle
« Et vos noms illustrés, volent à tire d'aile
« Du Rhin aux plaines de Memphis ! »
Oh! oui, c'est le quinze août ! voyez, le jour commence
Et le peuple, déjà, comme une mer immense,
— 5 —
S'agite en replis onduleux ^
Cette masse compacte, ardente, électrisée,
Du haut de nos faubourgs, aux bords de l'Elysée,
Roule ses flots tumultueux /
IL
Et, pourtant, il n'est plus le colossal génie
Qui commandait d'un geste à ce vaste univers,
Qui dota le pays d'une gloire infinie
Et dont l'âme, enivrante et céleste harmonie !
Devait seule échapper aux vers !
Il n'est plus ! il n'est plus !... mais pourquoi cette joie?
Pourquoi ces chants; pourquoi ces cris partis du coeur?
Pourquoi cet attirail de velours et de soie?...
Serait-ce que, la Mort abandonnant sa proie,
Il nous reviendrait en vainqueur?...
Non !... c'est que ce héros, qui vivra d'âge en âge,.
A la postérité lègue un dernier aveu ;
C'est que ce nom puissant, emblème du courage
Et que l'oncle inscrivit sur l'immortelle page,
Est l'héritage du neveu !
C'est que depuis xjuatre ans, on a pu voir à l'oeuvre.
L'héritier de ce nom, justement irrité,
Entre ses mains de fer écraser, la couleuvre,
Et, pour se compléter, dans un même chef-d'oeuvre
Unir l'ordre à la liberté !,
C'est que, grand, généreux, dans sa toute-puissance.
Louis-Napoléon ne voudrait pas punir ;
C'est qu'il sait pardonner... (1) c'est que, dans sa clémence.
Il dote nos enfants... (2) c'est qu'il est l'espérance
Du présent et de l'avenir.
C'est que la France enfin, que l'orgueil éperonne
De trônes renversés voyant le sol couvert,
N'a pas voulu laisser, se flétrir sa couronne
Comme, dans nos forêts, jaunissent en automne
Les feuilles d'un arbre encor vert.
(i) Près de 1500 grâces ont clé accordées.
(,î) 14 jeunes filles ont clé dotées à roccasior.de la fclç du lî> août.