La providence en 1870-1871 / par un solitaire

La providence en 1870-1871 / par un solitaire

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16 pages

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impr. de V. Fiévet, Bonnedame et Cie (Épernay). 1872. France (1870-1940, 3e République). 24 p. ; in-24.
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Ajouté le 01 janvier 1872
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Langue Français
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LA PROVIDENCE
EN 1870-71
PAR.
UN SOLITAIRE
EPERNAY
IMPRIMERIE V. FIÉVET. — BONNEDAME et C°, SUCCESSEURS
1872
PROLOGUE
Dieu n'a pas besoin de défenseur.
Les justes adorent, les méchants
blasphèment, mais les faibles se
scandalisent.... A leur adresse ces
quelques mots de justification
divine dans nos récents malheurs.
PREMIERE OBJECTION
Dieu n'est pas bon il vient de faire tant
de malheureux!....
Autre chose de laisser faire et de faire :
un être libre peut choisir entre le bien
et le mal, le vice et la vertu, le bonheur
ou le malheur !....
La France a voulu la guerre.... d'un coeur
léger;... à elle seule la responsabilité : elle
a donné des verges pour se faire flageller
Dieu nous avait doués d'autant de force
et de sagesse que nos superbes ennemis;
pourquoi tout compromettre dans les folies
d'une somptueuse décadence ? Nous avons
— 8 —
ambitionné le rôle de charmeurs de l'Europe...
nous en sommes la risée ! Fallait-il que le
Ciel nous envoyât des anges pour nous révéler
ce qui se passait au delà du Rhin. — Les
lettres du général Ducrot à Frossard étaient
assez claires... notre aveuglement fut
volontaire, inexcusable !
Au lieu d'accuser tout le monde de nos
revers, reconnaissons franchement que nous
sommes les seuls et vrais coupables.
On oppose non des arguments, mais des
subtilités dictées par l'égoïsme humilié
Le malheur aussi, dans les vues de Dieu, a
sa mission : cela s'appelle tirer le bien du mal.
La persécution des tyrans a fait éclater
l'intrépidité des martyrs ; les écrasements de
la Prusse feront renaître peut - être une
France nouvelle, à genoux cette fois devant
son Dieu, son père et son maître, et la
France de Voltaire sera gisante, ensevelie
dans son linceul d'impureté et de honte !
— 9 —
Marie de Médicis, dans ses malheurs, avait
pris pour symboliser son retour au Dieu de
Clotilde, une cascade aux eaux blanchissan-
tes, et cette devise consolante : « de ma chute
ma blancheur. " Qu'il en soit ainsi de la
France ; que sa chute la purifie et la rende
digne d'être encore la fille aînée de l'Église.
DEUXIEME OBJECTION
Où est la sagesse de Dieu ? — Il nous inflige un
châtiment inutile ! — Nos désastres nous ont-
ils rendus meilleurs ? nullement !
Veut-on que les effets de la Sagesse divine
éclatent à l'instant?.... les remèdes topiques
n'opèrent pas toujours aussitôt :... pour les
constitutions affaiblies, les organes minés, il
faut de longs jours d'attente Une plante
qui languit ne se relève et ne reverdit que
lentement, peu à peu !
On voudrait que la lumière se fît instan-
tanément dans des intelligences obscurcies,
faussées, éteintes presque ! Et ce coeur qui
a cessé de battre pour le bien, le beau, la