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La Séparation des zouaves pontificaux à Rennes

11 pages
lib. Saint-Joseph (Rennes). 1871. France (1870-1940, 3e République). In-8 °. Pièce.
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JZK SEPARATION
DES
ZOUAVES PONTIFICAUX
A RENNES
Extrait du tournai de Rennes du I i août -1871.
RENNES
LIBRAIRIE SAINT- JOSEPH
Ruo aux Foulons, 19.
' 18Ï4
RENNES. — IMPRIMERIE Cil. CATEL.
LA SEPARATION
DES
ZOUAVES PONTIFICAUX
A. RErVrUES
Le licenciement des zouaves du général de Charette est désor-
mais un fait accompli. Comme Volontaires de l'Ouest, leur nom
restera attaché aux souvenirs les plus glorieux de nos dernières
luttes contre l'invasion étrangère; ils n'ont pu être conservés dans
l'organisation actuelle de notre armée. Nous en avons exprimé déjà
nos regrets, et nous croyons toujours que ce corps, qui a rendu
tant de services à la France dans ses jours de malheur, laisse, en
disparaissant, une lacune qui ne sera pas comblée.
Ils ont versé leur sang, ils ont combattu en héros, défendant
le sol sacré de la patrie côte à côte avec les plus vaillants et les
plus solides débris de nos armées. Plusieurs de nos généraux,
d'Aurelles, de Sonis, Chanzy, ont été à même d'apprécier, d'admi-
rer la bravoure, l'intrépide dévouement de cette troupe d'élite, et
lui ont rendu un juste hommage.
lies zouaves pontificaux ont une magnifique légende, que la
France ne peut jamais oublier. Ils l'ont dignement représentée à
Rome, où, tant qu'il a été possible, leur présence a sauvé l'indé-
pendance et la souveraineté du Saint-Siège. Quand l'abus de la
force et la trahison eurent rendu inutile leur constante et inébran-
lable fidélité au Pape-Roi, c'est à leur patrie humiliée et ravagée
qu'ils" s'empressèrent d'offrir leurs épées et leur dévouement vo-
lontaire; on l'accueillit avec bonheur. Aux palmes de Castellidardo,
de MonterRotondo et de Mentana, leur patriotisme peut associer les
— 2 —
lauriers ensanglantés cueillis sur les champs de bataille de Patay,
de Cercottes, d'Orléans et des rives de la Loire.
La cessation des combats n'amena pas la fin de leur abnégation.
Voués à la protection de l'ordre social comme à celle de la religion, •
du droit et de la liberté, les zouaves de Charette ont gardé, pen-
dant l'horrible guerre civile, une attitude calme, modérée et éner-
gique; elle en imposait aux fauteurs de désordre, et ni les injures,
ni les déclamations provocatriccs/ni le mensonge, ni la calomnie
n'ont pu les entraver dans l'accomplissement d'un devoir plus diffi-
cile que l'action guerrière et l'élan dans le combat pour une jeu-
nesse intrépide et pleine d'ardeur.
Notre ville de Rennes a possédé pendant plusieurs mois la légion
des zouaves. Elle avait appris à les aimer, à comprendre leur dé-
vouement, à estimer leurs vertus civiques et militaires, leur pa-
tience.et leur discipline.
En dépit de certaines excitations perfides, s'adressant aux plus
basses passions ,et aux ignobles instincts qu'exploite la mauvaise
foi, les zouaves avaient conquis parmi nous les sympathies géné-
rales; et depuis les classes élevées jusqu'aux classes populaires,
tous les honnêtes gens voyaient en eux des amis. Aussi leur disper-
sion est-elle un sujet de regrets.
Quant à nous, qu'il nous soit permis de leur adresser ici à tous,
officiers et soldats, l'expression de notre vive affection et un cordial
salut à leur départ, — avec tristesse, mais non sans espérance.
Comme le leur ont dit des voix plus autorisées que la nôtre, le
rôle des zouaves pontificaux n'est pas fini : il n'est qu'interrompu.
Rome les reverra, quand la justice de Dieu aura son jour, et il ne
tardera guère.
Dimanche matin 13 août, une touchante et imposante cérémonie
religieuse a marqué l'annonce officielle du licenciement commu-
niqué aux volontaires de l'Ouest par leur général, M. le baron de
Charette. Grâce à des renseignements puisés à bonne source, nous
pouvons faire connaître à nos lecteurs tous les détails de cette
dernière fête de famille.
A huit heures du matin, les trois bataillons de la légion des