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Le Berceau, étude dramatique en vers, par Siméon Gouët

De
19 pages
Savigné (Vienne). 1873. In-8° , 15 p..
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LE BERCEAU
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A Madame ***
A vous ces vers, Madame, à vous qui apc%
souffert ces douleurs et lutté ces combats.
SlMÉON (JOUET.
Jouée pour la première fois, sur le théâtre .de Vienne
le 16 mars 1873
Par Mademoiselle PAGES
LE BERCEAU
ÉTUDE
Le théâtre représente un élégant appartement de femme; à
droite une cheminée, le feu est allumé ; à gauche , un berceau
drapé dans de longs rideaux. Une table a ouvrage, une broderie
commencée.
Au lever du rideau, Madame est debout près du berceau, occu-
pée a border la couverture de l'enfant qui va s'endormir.
S'adressant a l'enfant.
Mettez là votre tête et fermez vos beaux yeux,
Vos beaux grands yeux d'azur qui font rêver aux cieux.
Un silence.
Il dort déjà!
Avec expansion.
Dors bien ! Gomme sa bouche est rose !
Elle fait un mouvement comme pour l'embrasser, puis se
recule vivement.
Non! ça l'éveillerait! Oh! la charmante pose!
Ce bras qui s'arrondit parmi ces cheveux blonds !
Elle joue avec les cheveux de l'enfant.
— 2 —
Ses cheveux, qu'ils sontbeaux! qu'ils sont soyeux et longs!
Elle rentre sous la couverture le bras de l'enfant.
Allons, vite ce bras sous votre couverture !
Oui! comme ça, Monsieur , ou gare la froidure.
. Elle s'assied.
Gomme je suis bien, là; près de ce chérubin !
Ai-je donc quelquefois éprouvé du chagrin ?
Je ne m'en souviens plus! Je me sens calme, heureuse!
Elle est bien loin déjà cette heure douloureuse
Où ma vertu luttait contre mon propre coeur !
- (On souffre bien parfois pour être le vainqueur !)
— Bien loin! c'était hier ! Mais je reprends courage,
Ici, ne suis-je pas à l'abri de l'orage?
-Ici, qui peut m'atteindre? Ici, pas un écueil ,
Jamais la passion ne franchira ce seuil !
Pourrais-je, ayant au coeur une pensée impure,
Embrasser ton front d'ange, 6 douce créature ?
On heurte à lu porte.
Entrez!
Un domestique entre, portant une lettre sur un plateau; il la
présente silencieusement et sort.
Madame parcourt rapidement la lettre en donnant les signes
de la plus vive agitation, puis la laisse tomber sur la table avec
un geste de découragement.
Il va partir ! Je ne le verrai plus !
Impitoyable! il veut se venger d'un refus!
Pourtant, il le sait bien, sans lui je ne puis vivre ;
Hélas ! le devoir seul m'empêche de le suivre !
Oh ! que c'est lâche, affreux ! me torturer ainsi,
Broyer mon pauvre coeur pour l'avoir à merci.
Mon Dieu ! que devenir? Je n'ai plus de courage
— 3 —
Et ma force est à bout. Si, dans mon entourage,
Je trouvais une main qui se tendît vers moi,
Mais rien absolument! Il faut compter sur soi,
Rien que sur soi, Seigneur! Seigneur! je suis maudite !
Je ne puis résister à l'amour qui m'agite !
Je devrais le haïr, lui qui me fait souffrir,
Lui qui me fait pleurer, lui qui veut me flétrir,
Et malgré moi, vers lui, mes sens, mon coeur, mon âme,
Tout vole, tout s'élance !... Ah ! suis-je assez infâme !
Elle redresse la tête.
A mon secours, orgueil ! A moi, vertu, fierté !
Le bonheur est perdu, sauvez la dignité
Et sauvez mon honneur ! Ah ! je serais heureuse
De mourir ! Je suis folle, énervée et fiévreuse,
Je suis malade, enfin! Ce n'est pas naturel,
Et je veux retrouver mon calme habituel!
Ne pensons plus à lui ; qu'il parte, au bout du compte,
Mieux vaut mourir d'amour que de mourir de honte!
Elle s'assied, prend sa broderie et fait quelques points en si-
lence ; puis éloignant le canevas de ses yeux commo pour mieux
voir :
Oh ! la fine guirlande ! Oh ! le mignon bouquet !
Comme c'est gracieux et comme c'est coquet !
Désignant du doigt une des roses du bonquet:
Cette rose est trop belle, elle est trop orgueilleuse.,
On voit qu'elle connait sa beauté merveilleuse,
Elle en est vaine et dit : A moi tous les regards,
A moi tous les encens, à moi tous les égar.ds 1
Parmi toutes ces fleurs ne suis-je pas la reine?
Allons ! cédez le pas à votre souveraine !