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Le Cri de l'indignation, réponse à M. Méhée de La Touche, par le chevalier de Barrey, mousquetaire noir. Seconde édition

De
14 pages
C.-F. Patris (Paris). 1814. In-8° , 16 p..
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LE CRI DE L'INDIGNATION.
RÉPONSE
A
M. MÉHÉE DE LA TOUCHE.
LE CRI DE L'INDIGNATION.
REPO N SE
A
M. MÈHÈE DE LA TOUCHE,
PAR LE CHEVALIER DE BARREY,
MOUSQUETAIRE NOIR.
SECONDE EDITION. -
A PARIS,
CHEZ C.-F. PATRIS, imprimeur, rue de la Colombe,
n) 4? en la Cite';
Et au Palais -Royal, chez tous les Marchands de
Nouveaut2s.
17 Octobre 1814.
RÉPONSE
A
M. MÉHÉE DE LA TOUCHE.
Fecit indignatio !
LORSQU'ON jour on dira à nos neveux qu'un
roi, cher à tous ses sujets, fut précipité du trône
et assassiné par une troupe de factieux; lors-
qu'on leur apprendra qu'après plus de vingt
années de souffrances, sa famille exilée recou-
vra , par le voeu de la nation entière', l'héritage
de l'infortuné monarque ; sans doute ils pen-
seront que tous les Français, par des témoigna-
ges unanimes d'amour et de respect, se sont em-
pressés de guérir le coeur profondément blessé
du frère de Louis XVI ; ils croiront que les
criminels auteurs du plus horrible attentat, ont
fui le séjour habité par la famille trop clémente
(6)
de leur victime ; et, cependant, c'est au mo-
ment où Louis XVIII, à peine assis sur ce trône
de deuil, a déjà tari les larmes de son peuple,
que les restes impurs des factieux osent profiter
de la liberté que le monarque leur laisse, pour
élever contre lui leurs voix séditieuses !
De vils pamphlétair es s'apprêtent à répandre
leurs poisons ; et déjà leurs âmes perfides se
flattent des horribles succès qu'ils obtinrent à
la fin de ce dix-huitième siècle à jamais fameux
par les vertus des victimes et la rage des assas-
sins. Peuple français , s'ils tentent encore de
te séduire , apprends à connaître le coeur de
ton roi! Le premier usage qu'il fit de son pou-
voir fut de se ravir, pour ainsi dire, à lui et k
ses successeurs, la faculté du mal, pour se
réserver seulement celle du bien : souviens-toi
qu'un jour peut détruire l'édifice de bonheur
créé par les travaux d'un siècle, tandis que
plus d'une fois un siècle n'a pas suffi pour ré-
parer les maux d'un jour; vois ensuite ce qu'a
déjà fait le restaurateur de la monarchie, et juge
par là de ce que tu peux attendre de l'avenir.
Tes fils arrachés des bras de leurs mères, n'iront
plus mourir sur une terre lointaine ; le bruit du
canon n'effraye plus tes filles gémissantes ; le
guerrier peut dormir sur ses lauriers , sans
(7)
s'inquiéter du lendemain ; les prisons se sont
ouvertes pour une foule d'infortunés ; une
heureuse institution va soulager les maux d'un
grand nombre d'autres, et tous ces bienfaits
sont l'oeuvre de six mois de Louis. Juge, peu-
ple trop heureux , quelle somme de bonheur
tu peux espérer de ses efforts, si le ciel te
chérit assez pour lui accorder un long règne !
Sans doute quelques intérêts particuliers ont
été froissés par le nouveau système ; mais ce
mal partiel , inévitable dans un grand chan-
gement , cessera parla suite ; et chaque individu
obtiendra sa part de la félicité universelle.
Celui qui pour premier bienfait donna la
paix à son peuple, ne prodiguerait pas le sang,
si des circonstances imprévues l'engageaient
dans une guerre nouvelle ; il saura porter dans
les finances de l'état, la sévère économie à
laquelle il s'est réduit pour lui-même.
Et c'est à ce prince qu'on ose dire : que la
nation entière, en proie à une sombre inquié-
tude , voit dans le peu d'accord qui existe
entre les paroles sacrées de son roi, et les
mesures ministérielles, la preuve que ces pro-
messes n'étaient qu'un piège , et l'un de ces
moyens que le machiavélisme des tyrans a
toujours employés pour endormir ses victimes