Le dévouement de Malesherbes , poëme ; avec une cantate sur la naissance du duc de Bordeaux, par Mignon de Gallia (Jn-Arist.),...

Le dévouement de Malesherbes , poëme ; avec une cantate sur la naissance du duc de Bordeaux, par Mignon de Gallia (Jn-Arist.),...

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15 pages

Description

Pillet (Paris). 1821. 16 p. ; in-8.
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Ajouté le 01 janvier 1821
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Langue Français
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LE DÉVOUEMENT
DE
MALESHERBES,
POEME.
LE
DÉVOUEMENT
DE
MALESHERBES,
POEME ;
AVEC UNE CANTATE SUR LA NAISSANCE DU DUC
DE BORDEAUX.
PAR MIGNON DE GALLIA (J. "-ARIST. ) ?
AUTEUR D'UN TRAITÉ SUR L'APOLOGUE ; DES LETTRES
A MAD.e DE * * * , SUR DEUX AMANS DE L'ÎLE DE
CRETE , OU CANDIE; DE LIBERA LIS, ET D'AUTRES
ÎpWsCULES LITTÉRAIRES ET POLITIQUES.
SE TROUVE A PARIS ,
CHEZ PILLET, LIBRAIRE, RUE CHRISTINE, N." 5.
M. D. CCC. XXI.
AVERTISSEMENT.
IL y a deux ans que ce poëme a été fait. Le sujet
me plut assez, parce que j'en ai cru les héros di-
gnes d'estime. Il m'a semblé que je devais adopter
le genre sacré pour ce petit ouvrage ; ainsi je l'ai
fait dans l'esprit de la religion chrétienne. Plus
j'avance en âge, plus j'apprends à connaître l'har-
monie de la religion avec ce qui se passe dans le
monde. Je crois que si Voltaire , Rousseau, Fré-
déric , etc. , ont poussé leurs doutes trop loin ,
c'est faute de l'avoir entendue : oubliaient-ils que
la nature a ses vœux et des lois. Il faut être sage,
mais il faut avoir un zèle tolérant : la vertu seule est
pourtant toujours aimable ; elle ne perd rien aux
yeux de Dieu, du Dieu à qui toutes les créatures sont
connues La providence ne fut point étrangère
aux sentimens pieux de M.mes de Sévigné , Mainte-
non , et de Louis XIV. Pourquoi ce monarque fut-il
aussi somptueux que la veuve de Scarron était éco-
nome ? Ce n'était peut-être pas bien préparer le
règne de Louis XV et celui de Louis XVI. La mé-
moire de Louis XIV m'est pourtant presque aussi
chère que celle de Louis XVI.
LE DÉVOUEMENT
DE
MALESHERBES,
POEME.
ELICIO CANDOREM.
J'EXPRIME LA CANDEUR.
MON ame cette nuit, dans un songe inspirée,
Se croyait au séjour du céleste empirée ;
Asile fortuné des mortels vertueux ?
Au cœur droit, au cœur pur et sages dans leurs vœux.
En songe transporté dans ce séjour aimable ?
Je goùtais un bonheur à jamais ineffable :
Les élus du Très-Haut jouissaient tous en paix ;
Ils entendaient pour nous ses sublimes décrets;
Orgueilleux , très-surpris de leur douce présence ,
0 combien de ce lieu je sentais l'influence !
Il enchantait mon cœur, électrisait mes sens ,
(6)
Offrait à més regards des charmes ravissant
Je m'empressai de voir l'honneur de tous les âges ;
Après les justes rois , les poëtes , les sages :
Un seul semblait absent ; et cet autre Caton,
Que j'avais cru trouver auprès d'un Lamoignon (i),
Occupait maintenant mon entière pensée.
A ce noble désir encore intéressée ,
Un élu m'apparaît; cet élu c'est Louis,
Souverain malheureux de l'empire des Lis.
Oublîra-t-on jamais son sort, son caractère?
Je crois revoir Socrate et sa sagesse austère.
J'allais m'humilier. quand soudain mon esprit
Recueille ce discours que ses rnânes ont dit :
« Ami de la vertu , tu cherches Malesherbes ?
Approche , il est ici dans ces réduits superbes.
Tu l'aimes, j'en suis sur ; ainsi, dès ce moment >
Laisse-moi te parler d'un noble dévouement.
>r Eloquent, circonspect, au sortir de l'enfance
Il honora d'abord son nom , sa présidence :
Alors il fut connu ; plaignant le malheureux ,
Il adoucit son sort, les impôts désastreux.
Revenu dans ses champs , sous l'asile champetre >
Mille actes de vertus ont fait bénir son être.
f
( 1 ) L'auteur désigne ici le Lamoignon à qui Boileau-
Despréaux adresse sa sixième épître. On sait les vertus et la
piété qui caractérisaient ce magistrat.