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Le Guide des humanistes, ou Premiers principes de goût, développés par des remarques sur les plus beaux vers de Virgile et autres bons poètes latins et français, par l'abbé Tuet. Nouvelle édition, augmentée des Élémens de poésie latine, par le même

De
362 pages
A. Delalain (Paris). 1818. In-12, XII-350 p..
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LE GUIDE
DES HUMANISTES.
CHEZ LE MÊME LIBRAIRE,
Flores Lalince Locutionis ( qui plerique omnes in -vocabu-
lorum indicilus non inveniuntur) ex probatissimis scri-
ptoribus selecti et gallicèredditi. Auctore P. L. Ossude,
m-12. Paris.
Flos Latinitatis , ex auctorum latince linguœ principum
monumentis excerptust, etc., aucloreP. F. P. è Societaie
Jesu j nova editio, accuratissimè recognita, ab uno è
Professoribus Academiæ Parisiensis ; in-12. Paris, 1813.
Guide des Humanistes (le), ou premiers principes du goût.
développée- par des remarques sur les plus beaux vers de
Virgile, etc., par l'abbé Tuet, nouvelle édition, in-12,
Paris, 1818.
Henriade (la) de Voltaire, en vers latins, avec l'original
en regard; in-12. Paris.
Musæ Rhetorices, seu Carmina selecla à Rhetorices alum-
nis ollm elaborata ; nova editio , in-11. Paris.
Pocmata Didascalica, primiim vel édita, vel collecta stu-
dio Fr. Oudin ; in ordinem digesta et emendata à Jas.
Oliveto; secunda et nova editio, etc., 3"gi'os vol. in-12.
Paris.
Poème de la Religion, traduit en vers latins, avec le texte
en regard; petit in-12. Paris. ',,'
Telemachiada è gallico sermone FrancTde Safignac de la
Mothe Fénélon , in latinum carmen transtulit Stepha-
nus-Bernardus Viel. Secunda editio emendata et accu-
rata ; in - 12, orné de 24 gravures ; et du portrait de
Fénélon , 1814, pap. Tfél. sup.
LE GUIDE
DES HUMANISTES,
ou
- PREMIERS PRINCIPES" -
DE GOUT,
DéYèlOiDpés fær- des remarques sur les plus
Beaux vers de Yjrgile et autres bons poëtes
latins et français ;
PAR L'ABBÉ TUET.
NOUVELLE ÉDITION,
AUGMENTÉE
DES ÉLÉMENS DE POÉSIE LATINE.
PAR LE MÊME,
tutum est, ut à Virgiîio Zutia inciperet.
QuintiJ.
PARIS.
DE L'IMPRIMERIE D'AUGUSTE DELALAIN1
LIBRAIRE, rue des Mathurins-St.-Jacques, n" 5.
1818.
Toutes mes Editions sont revêtues
de ma signature.
J
a
- PRÉFACE.
EN faisant imprimer mes Elémens de Poésie
latine, je me suis engagé à y joindre une espèce
de Manuel poétique pour les humanistes. C'est
cet ouvrage que j'oflre aujourd'hui au public,
Les matières y sont plus approfondies que dans
ma Prosodie; mais il s'en faut bien qu'elles le
soient de manière à former un traité complet
de poésie latine. Ce n'a point été là mon inten-
tion ; mon but est de donner aux humanistes ,
non pas un goût exclusif pour la poésie , mais
des principes de ce goût général, qui apprend
à distinguer le bon el le mauvais dans une com-
position littéraire quelconque. L'exemple du
.grand Bossuet (1), joint à une expérience de
quinze ans, .m'a fortement persuadé que l'étude
particulière des bons poètes latins pouvoit faire
germer ce goût dans l'esprit des.jeunes gens ;
j'ai tâché de ne rien mettre dans cet ouvrage
qui Re fût propre à le développer. Mes lecteurs
décideront jusqu'à quel point j'ai réussi. Pour
qu'ils puissent avoir sur-le-champ et sans fa-
tigue une légère idée de ce Guide des Huma-
, -nistes; j'en vais faire une courte anal yse.
En quelque genre de littérature que l'on
s exerce, on doit observer trois choses , la pen-
sée , l'expression et l'arrangement des mots d'où
résulte l'harmonie du discours. C'est sur cette
(i) Feu M. Le Beau l'aîné disoit qne Eossuet s'étoit formé
dans sa propre langue par la lecture de l'Enéide. Voyez les
Elémens de Poésie latine, puge 8 de la Préface.
vj PRÉFACE.
progression naturelle que j'ai dirigé mon plan.
Ce Guide est divisé en trois livres.
Le" premier est consacré à l'examen des pen-
sées , dans toute espèce d'ouvrage d'esprit. Il
renferme à peu près tout ce que le père Bou-
hours a dit de mieux sur cette matière intéres-
sante ; ainsi l'analyse en est inutile. Je prévien-
drai pourtant qu'en mettant ce critique à con-
tribution , j'ai souvent pris la liberté d'étendre
ses principes. Je n'ai adopté que des exemples
propres à faire saisir les préceptes faciles à ap-
prendre, et dignes d'être retenus ? et dans le
dernier chapitre , j'ai parlé des différentes ma-
nières d'imiter les pensées d'autrui. On con-
viendra que l'objet-de ce livre étoit une prépa-
ration nécessaire aux deux suivans.
Le second livre traite du style poétique.
J'examine d'abord l'expression , ensuite les
tours , ce qui forme deux sections.
Dans la première je considère , 10 les subs-
tantifs ; j'établis plusieurs règles pour apprendre
à distinguer un substantif poétique de celui qui
ne l'est pas. Je fais ensuite quelques remarques
sur les pronoms et les noms propres— 20 Les
epithètes. Quelles en sont les sources générales
et particulières. 3° Les-verbes. Je donne plu-
sieurs règles, d'après lesquelles on puisse subs-
tituer un verbe poétique à un verbe prosaïque.
Viennent ensuite des exemples de verbes poé-
tiques , et pris les uns dans le propre, les autres
dans le figuré.
Dans la seconde section je distingue trois
sortes de tours ; Uun d'image , l'autre (le dé-
veloppement , et le troisième de figures. De là
trois chapitres. -
pnÉF ACE. vij
le premier ne renferme que des exemples.
Je fais voir, dans'le second, que l'on déve-
loppe une pensée, 10 par extension de phrase,
en jetant dans la phrase principale une expres-
sion incidente , ou une apposition ; 20 par
changement de phrase , ce que j'appelle péri-
phrase de pensée; 3° par addition de phrase ,
ce qui n'est autre chose que la paraphrase. Ce
chapitre finit par des réflexions sur la termi-
naison des phrases relativement aux idées qui
les composent, sur la manière de moraliser,
.et sur la cheville. Dans le troisième chapitre
je fais connoître les figures les plus usitées en
poésie ; la métaphore , l'apostrophe , la répéti-
tion , la comparaison et l'antithèse.
La cadence est l'objet du troisième livre.
- Après des notions préliminaires sur ce qui cons-
titue la cadence en général, j'explique, con-
formément à la division de M. Rollin, ce qu'on
entend par cadence suspendue, cadence cou-
pée ; en quoi l'élision contribue à la cadence ;
quelles sont les cadences. propres à peindre
différens objets ; comment on doit placer cer-
tains mots pour leur donner plus de force ou.
plus de grâce ; enfin, jusqu'à quel point on peut
enfreindre les règles de la versification quant
à la cadence.
Dans ce livre et le précédent j'ai été sévère
sur le choix des exemples : et par cette raison,
j'espère qu'on me pardonnera de les avoir mul-
tipliés. Pour faire variété , j'en ai pris assez
souvent dans nos poëtes français; mais le plus
grand nombre appartient à Virgile, et rose as-
surer que la lecture réfléchie de ce Guide dis-
posera à celle de ce poète inimitable. En lisant
viij PRÉFACE.
attentivement mes observations sur les vers que
j'en ai extraits, les éeoliers-se mettront en état
de le lire avec goût, de sentir par eux-mêmes
les beautés dont il étincelle à chaque page, et
que j'ai, non pas rejetées, mais laissées à re-
gret. On trouvera à la fin de ce volume une
table qui indique et l'endroit de Virgile d'où
j'ai tiré ces exemples , et la page où ils sont
placés ici.
Après le troisième livre , j'ai ajouté , par
forme de supplément, les règles mécaniques
des différentes espèces de vers latins. -L'expo-
sition de ces règles m'a paru indispensable. Des
écoliers qui expliquent Horace, ou qui vont
bientôt l'expliquer , doivent savoir au moins
scander ses odes. D'ailleurs ils sont quelquefois
dans le cas de faire des complimens latins ; et
tous les héros ne se chantent pas en vers hexa-
mètres. On devroit peut-être les exercer de
temps en temps à la composition de ces diffé-
rens vers. J'en ai fait l'essai , et j'ai éprouve
qve ce changement réveilloit l'attention géné-
rale et ranimoit l' émulation. Ce qui est nou-
veau pique la curiosité, de la jeunesse surtout.
Une aprlication trop continue sur le même
objet la rebute, et le moindre changement la
délasse. Ici l'objet seroit toujours le même ;
- mais au moins l'uniformité aisparoîtroit, et ce
changement de forme suffiroit pour opérer un
bon effet. Quand les écoliers auront fait pen-
dant quelque temps des vers dont la ligure
Jeur étoit inconnue , on préviendra le moment
du dégoût, en les ramenant aux vers ordinaires.
Ils y reviendront sans répugnance, et cette ruse
innocente entretiendra le goût pour le travail :
PRÉFACE. il
les plus paresseux même seront surpris d'être
devenus studieux contre lewP attente, et sans
pénétrer la cause de cette métamorphose invo-
lontaire.
Cet ouvrage est terminé par un certain
nombre de vers français qui offrent autant de
pensées rangées par ordre alphabétique. Ils
sont tirés de nos meilleurs poètes , et la morale
en est exacte et pure. Ils figureront donc bien
ici, puisqu'ils réunissent l'utile à l'agréable ;
mais ils auroient un rapport plus direct à mon
but, si on les faisoit apprendre en leçon. En
n'en donnant qu'un par jour, pour la classe du
soir, la mémoire n'aura point à murmurer de
ce surcroît de peine. Ensuite on pourra exiger
-que les jeunes gens développent le sens de ce
vers, par trois ou quatre phrases, qu'ils trans-
criront à la tête de leur devoir, sur la copie du
lendemain matin. L'avantage de cette pratique
est sensible. Outre qu'ils perdront moins de
temps à l'étude, ils seront obligés de tirer tous
les jours quelque chose de leur propre fonds ;
et s'accoutumant à réfléchir sur eux-mêmes ,
ils apprendront à se connoître : en quoi ils
gagneront du côté de l'esprit-et du coté du
cœur (1).
A tout ce que je viens de dire , il est inutile
d'ajouter que j'ai été guidé , soutenu dans mon
(i) Quand ils seront bien pénétrés de la pensée du vers
français, on pourvoit encore le leur faire traduire en vers
latins. Mais ici, comme dans le reste, on ne doit pas man-
quer d'encourager le succès par la lcnange, les exemptions
et les autres récompenses classiques, qu'un maître babiie
sait établir, varier et fitire valoir.
s. p-R ÉPATE.
travail, par le JjW- le plus ardent de contré
buer à l'éducatif de la .jeunesse. L'intention
ne fait rien à la chose , et l'essentiel dans un
ouvrage est qu'il soit bon. Parmi les profes-
seurs qui daigneront lire celui-ci, les uns me
blâmeront sans doute d'avoir morcelé Virgile,
et de m'être renfermé dans le cercle étroit et
minutieux des beautés de détail ; d'autres , en
l'honorant peut-être de leur suffrage, Lui refu-
seront , à raison de sa longueur, une place sur
le catalogue des livres de classe.
Je réponds aux premiers que cet ouvrage
seroit en effet plus piquant, si j'eusse vu mon
sujet en grand, et qu'au lieu de peser et d'éplu-
cher les syllabes de quelques vers de l'Enéide ,
j'eusse fait voir les beautes qui, dans ce poëme,
résultent du rapport et de 1 ensemble des par-
ties. Mais un vol si haut convenoit-il à des
élémens? Instruisant, comme je l'ai dit, des
jeunes gens récemment initiés dans les mys-
tères poétiques, aurois-je été raisonnable de
vouloir les élever à des connoissances au-des-
sus de leur portée ? L'istruction de l'homme
demande les mêmes ménagemens que son édu-
cation physique. Quand on tire un enfant-de
la mamelle, on se garde bien de charger son
estomac foible et délicat d'une nourriture trop
pesante. Un humaniste est un nourrisson que
les Muses viennent de sevrer. Les connois-
sances dont elles vont désormais repaître son
- esprit, doivent tenir le milieu entre le lait des
premiers principes, et la nourriture troip forte
encore des connoissances profondes de la poé-
sie. Ce nouvel aliment n'aura point la liqui-
dité de celui qu'il remplace ; mais ce qu'il a de
PRÉFACE. xj
solide doit être , pour ainsi parler , broyé et
comme digéré d'avance par les réflexions qui
accompagneront les préceptes et les exemples.
D'ailleurs, pour me servir d'une autre com-
paraison, il en est d'un beau poëme et d'une
pièce d'éloquence comme d'un magnifique pa-
lais. De part et d'autre il y a des beautés de
.rapport et des beautés de détail. Mais dans l'exa-
men de ces deux sortes de beautés, on ne pro-
cédera point à l'égard d'un ouvrage littéraire
comme en architecture. Ce qui frappe, étonne
d'abord, à la vue d'un bel édifice, c'est la
'combinaison des parties ; il est donc'naturel de
la remarquer avant de descendre au détail.
Mais dans la lecture de l'Enéide ou d'un dis-
cours de Cicéron, les beautés qui résultent du
dessein de l'ouvrage ne frappent que les yeux
de l'esprit, et d'un esprit cultivé. D'où je con-
clus qu'en littérature un maître doit observer,
dans ses leçons , une gradation ascendante ;
c'est-à-dire , appuyer d'abord sur les- beautés
de détail. C'est ce que j'ai fait ici, laissant à la
rhétorique les observations qui sont de son
ressort.
Quant aux -personnes qui m'objecteront que
cet. ouvrage est trop volumineux pour être
adopté dans les classes, je conviens que , dans
le'cours d'une année scolastique, il n'est guère
possible de le parcourir en entier. Mais, comme
il est distribué en trois livres, on a la liberté
du choix ; on peut voir un de ces livres, et ré-
server les autres pour les années suivantes. Si
quelque maître trouve ce moyen impraticable ,
et que cependant il juge ce Guide utile à la jeu-
nesse , il peut au moins exhorter ses élèves à en
iii. PRÉFACE.
faire l'acquisition, le donner même quelquefois
pour prix de poésie.
Jaloux de suivre le premier l'avis que je pro-
pose , je supplie MM. les professeurs de troi-
sième dans l'Université de Paris de permettre
que je gratifie d'un exemplaire de cet ouvrage
l'écolier de leur classe en qui ils remarqueront
le plus de talens pour la poésie latine. Les exem-
plaires, au nombre de dix, seront délivrés gra-
tis par mon libraire, pendant la première année
de la vente , moyennant un reçu que chaque
professeur voudra bien donner. Je dois à l'Uni-
versité , dont j'ai eu l'honneur d'être élève ,
cette tres-légère marque de ma reconnaissance.
Il eût été bien glorieux pour moi de voir ce
livre sous sa protection spéciale : j'ai même osé
désirer qu'elle en agréât la dédicace. Mais la
conscience de mes foibles talens m'a empêché
de solliciter une grâce qu'elle n'accorde qu'à
des écrits d'un mérite- égal à celui du Diction-
naire de MM. Lallemant, des Synonymes'la-
tins, etc. Au reste, si celui-ci ne paroît point
sous son nom, le peu de bonnes choses qu'il
renferme ne lui en appartient pas moins.
Qu'elle me permette ici de lui en faire hom-
mage , et de réclamer son'indulgence et le se-
cours de ses lumières pour tout ce que le goût
épuré et sévère qui la distingue pourra désa-
vouer.
9 -
i
ÉLÉMENS
DE {
POÉSIE LATINE.
LIVRE PREMIER.
m
AVANT d'exposer les règles de la Quantité, l'objet
principal de ce livre, il est bon de faire connoître
ce qu'on doit savoir pour retourner des vers. Don-
nons d1abord quelques notions préliminaires sur les
Syllabes et le Vers en général.
Des Syllabes. Une Syllabe proprement dite est
l'union de deux ou plusieurs lettres (1) qui concourent
à former un son , comme le 1 ge 1 run t. L
Une Syllabe improprement dite est une voyelle
(i) Il y a deux sortes de lettres , les voyelles et les con-
sonnes. ,
Une voyelle est une lettre qui peut se prononcer seule. Il
y a cinq voyelles, a, e, i, o, u. Deux voyelles qui ne forment
ensemble qu'un même son forment une diphtongue. Les
diphihongues sont ce, ce, au, eiu Ajoutez-y ci, 'el', oi,yi.
One consonne est une lettre qui ne peut se prononcer ;
sonner, qu'avec une voyelle. Il y a seize consonnes, b, c, d,
f, g, h, l, m, n, p, q, r, s, t, x, z, auxquelles on joint i et"
consonnes. Parmi ces consonnes, il y a deux liquides, l et r',
auxquelles on ajoute ln, n; deux lettrés doubles, x, z, aux-
quelles on joint j ; une sifflante, qui est s. Les autres sont
muettes. La lettre h n'est ni voyelle ni consonqe; on la
compte pour rien en Vers.
3 1r, ÉLÉMENS
qui, dans un mot, se prononce seule, comme a dans
arno, il dans diÙ.
Un monosy ll abe est un mot qui n'a qu'une syl-
labe , comme à , est, flos. Un dissyllabe est un
mot de? deux'syllabes, comme flores.
On appelle finale la syllabe qui termine un mot;
pénultième , l'avant-dernière d'un mot; antépénut-
tième, celle qui précède l'avant-dernière.
La Quantité est la mesure des syllabes, et se règle
$ur le temps qu'on met à les prononcer. Une syllabe
çst longue , ou brève , ou douteuse. Une syllabe
longue se prononce lentement, comme dans prin-
âps. Une syllabe brève se prononce vite, comme
flans mïdïerë. Une syllabe douteuse se prononce
lentement ou vite, selon la quantité qu'on lui donne,
comme ni dans wiïus.
Dtr Vers en général. Le Vers est un composé de
:(!leds rangés selon certaines règles.
Le pied est un arrangement de syllabes longues
on brèves. Il y a des pieds de différentes espèces. 11
suffira d'en faire connoîtro quatre: le spondée, le
trochée, le dactyle, l'anapeste.
Le spondée est un pied de deux syllabes longues,
comme gaūdēnt. Le trochée est un pied de deux
syllabes, la première longue et la seconde brève,
comme $æp;;J..,. Le dactyle est un pied de trois syl-
labes, la première longue et les deux autres brèves,
comme carmĭné. L'anapeste est un pied de trois
syllabes, les deux premières brèves , et la troisième
longue, comme juvetits.
On fait en Quatrième deux sortes de Vers, ap-
reléi l'un Hexamètre, l'antre Pentamètre.
,.' J
DE POÉSIE LATINE. 3
1
DU VERS HEXAMÈTRE.
LE mot Hexamètre vient de deux mots grecs, qui
signifient six mesures. Le Vers Hexamètre est com-
posé de six pieds. Les quatre premiers sont dactyles
ou spondées, comme bn veut. -Le cinquième est
toujours un dactyle; et le, sixième un spondée. Ex.
^fjoecc ttis , ut nemo | quarn sibi sortem
Seu rarll o dede rit, sØ; fõrs õb jĕcĕrĭt, Ilia
Coiften | tus 'Uil vat, lali del dī | vērsă se quentēs ? H.
D'où vient que personne en la vie
N'est satisfait de son état ?
Tel voudrait bien être soldat,
A qui le soldat porte envie. La Fbnt.
Poùr D'ieit retourner un Vers liexamètre, il faut
savoir ce que c'est que la césure, l'élision, et la
règle Jucundus ljllærit.
- De la Césure.
La césure (qui signifie division ) est une syllabe
longue qui finit un mot et commence un pied. -Ex.
|cés. I J I I
Nōn quī |vīs vĭdĕt|ŭnmŏdŭ|lātă pŏ|ēmătă|jūdēx. H.
[Tout juge ne voit point les défauts d'un Poëme. Prade Gr.
-Dans ce Vers, la syllabe vis est césure, parce
qu'elle a les trois qualités requises pour la césure.
1'). Elle est longue ; 2°. elle finit le motquivis ;
3°. elle commence le pieciw^ vïdet.
Règle générale. Il faut au moins une césure dans
le Vers hexamètre. Un Vers sans césure ne vaudroit
rien , comme celui-ci :
IVobZs J nonres , [ rèrüm sed con | cedĭtŭr [ ŭsūs.
+ ÉLÉMENS I
( Les Liens en propre aux Dieux seuls appartiennent,
'- Et les humains en recette les tiennent. Amyot.
Règles particuliires. 1 °. Qutènd- on n'a qu'une
mesure il faut absolument la mettre an troisième
ried. Ex.
I | 2 | cés. 3 | I 1
Dŭlcĭs ĭn|ēxpēr|tīs cul\tura po\ tentXs a mic;;. H. --
f Te ne yais pas , des Grands esclawe fastueux, :
t Les fatiguer de moi, ni me fetiguer d'eux- Rac.f..
2°. Lorsque l'on ne peut mettre de césure, 1nl
troisième pied , il en faut deux dans le Vers , l'une
Au second pied, l'autre au quatrième. Ex.
|cés. | Ices.
Aūdēn J tés fōr| tuna ju\val* • • • • V.
[Le succès fut toujours un enfant de l'audace. Çréb.
5°. Quand on inet une césure aux second, troi-
sième et quatrième pieds , le Vers n'en est qua
meilleur. Ex.
I |cés. 2 ces. 3 cés. 4 (
Sūnt ali\{juid mã nes; lc lhüm non\omnia\finit. Prx
[ L'homme ne descend point entier dans le tombeau.
4°, Il n'est pas permis de mettre une césure au
cinquième pied (i) : ainsi le Vers suivant n'est
pas exact :
I
Semper a varus e get, cer lum vo tõ pete Jin m. H.
[La modération est le trésor du sage. Voit.
(i) Quand une des enclitiques que, ne, vç , est jpinte à
un mot, alors l'enclitique est censée être la dernière syllabe
du mot. Ainsi dans ce vers :
1 | 2 13 1 4 1. 5 I-
Non vi|xit maLc, qui na l ills inoriieris(^ieJ&lJrelUt. H.
Mis de moriens n?est pas regnrdé comme une césure, parce
1
DE POÉSIE LATINE. 5
De l'Elision.
L'élision est un retranchement de syllabe. Elle
.'a lieu que darçg deux circonstances ;
1°. Lorsqu'un mot finit par une voyelle on une
diphthongue, et que le suivant commence deméme,
ou par une A, il faut, en scandant le Vers, retran-
cher la voyelle on la diphthongue qui finit le
premier mot. Ainsi, au lieu de dire cura ingens,
ou curce intentes, ou corda hominum, vous direz
cur1 ingens, cur'ingentes, cord'hominum.
2°..Lorsqu'un mot finit par une m, et que le
^suivant commence par une voyelle , une diphthon-
.gue ou une A, il y a encore une élision. Si vous
joignez ensemble ces mots : Phœbum alno, ou
monstrum horrendum , en scandant vous direz,
Phæb'amo monstr'horrendum. Ex.
Scribendi reclè sapcre est et principium et fons. H,
Scandez.
Seribènldi rèc;tè sapeire est ēt|prīncĭpĭum et fōns (i).
{Tout doit tèndre au bons sens,.. Que toujours vos écrits
'- Empruntent de lui seul et leur lustre et leur prix. B.
RÈGLE Jucundus quærit.
Ces mots , jucundus quærit, sont un commen-
qu'il est suivi de que , qui , ne faisant qu'un même mot avec
moriens, rend ens pénultième syllabe.
(i) Remarques. 1°. Lorsqu'il y a élision entre deux mots,
on ne retranche la syllabe qu'en scandaat ; du reste, on lit
et on écrit les mots dans leur entier. 2°. Quand oij met la
quantité sur les Vers , on n'en met point tur les syllabes qui
.souffrent retranchement.
6 - ÉLÉMENS
cernent de vers, qui sert d'exemple à la règle que
nous allons expliquer.
Règle. Lorsque la dernière syllabe d'un mot est
brève et terminée par une consonne, cette syllabe
devient longue, si le mot suivant commence par
une consonne. ■ -
Explication. Dans jucundus, dus est brefy mais
ce mot finissant par une consonne , la syllabe dus
deviendra longue , si le mot suivant commence
par une consonne. Or jucundus est suivi de quœrit^
qui commence par une consonne. 'Conséquemment
la dernière syllabe de jucundus devient longue par
sa position,, de brève qu'elle étoit de sa nature. -
Exemple. Supposons pour matière ces mots :
quod dătŭr, sëmpedd dûrat, dătōrēm quĕ sĕquĭtur.
Il est impossible de faire un vers avec - tant de
brèves; mais par la règle ci-dessus, on fera loitgs
les monosyllabes quod, id, et les finales per, rat,
tur, en les faisant suivre de mots qui commencent
par .une consonne :
QuÕd datur, îd sempēr durât sequitūr que datorem.
[ Jamais même ici-bas un bienfait n'est perdu.
Remarques sur le Vers Hexamètre.
1°. La dernière'syllabe d'un vers quelconque est,
à la volonté du poëte, longue ou brève. Quand vous
finiriez le vers hexamètre par un trochée, il n'en
serait pas moins exact. 2°. Le dactyle et le spondée
étant seuls admis dans le vers hexamètre, chaque
pied doit nécessairement commencer par une
longue (1). Ex.
Len tēscūnt tempore cūræ. Ov.
(i) On trouve dans Viigile quelques Vers, où un pied cour-
DE POÉSIE LATINE. 7
[ Sur les ailes du temps la tristesse s'envole. La F.
V cu ras hQm't¡num! o quan!tu'!¿ est ïn\rèbus : j/!a/ze/ P.
EQùe de vide, ô mortels, dans tout ee que vous faites! R.f:
3°. Le vers hexamètre ne doit pas finir par un
mot de quatre ou cinq sy llabes, ni-par un mono-
syllabe, à moins que ce ne soit le verbe est, et
qu'il ne se fasse une élision (1) comme dans ce vers :
élis.
Fortuna miserrima tuta est. Qv. w
[Quandon a touverdu, que sauroit-on plus craindre? Cor-,
DU VERS PENTAMÈTRE.
LE mot Pentamètre signifie cinq mesures. Le
vers de ce nom a cinq pieds. Voici la mnnière la
plus aisée de le scander. On le divise en deux
moitiés égales qu'on appelle Hémistiches. Chaque
hémistiche renferme deux pieds et demi.
mence par une brève, c'est que ce pied est. un anapesie. Il
ne faut pas imiter cette licence. Ex.
Flŭvĭō| rum rex Eridanus, camposque per omnes.
(1) On peut encore finir un Vers, 1°. par un monosyllabe,
quand ce mot fait image , comme :
Parturient montes, nascelur ridiculus mus.. H.
[La montagne en travail enfante une souris. B.
28. Par deux monosyllabes, quand ils commencent une
phrase ou un membre de phrase. Ex. -
Ampliat ætatis spatium sibi vir bonus: Uoc est
Vivere his, vitâ posse priore Ji'ui. Mart.
- t On peut vivre beaucoup, sans végéter long-temps. Volt.
3 ÉLÉMENT
Les deux pieds du premier hémistiche sont,
comme on v-eut, dactyles ou spondées. Vient
ensuite un demi-pied qui doit être une césure,
comme: Mêns manet et vti tus.
Les deux pieds du second hémistiche sont tou-
jours des dactyles. Suit encore une césure. Celle-ci,
finissant le vers, peut être longue ou brève,, comme:
cǣblĕră mōrtĭs I ĕrūnt.
ces cés
Mens manet 1 et vir fus: cætera | mortis e rEnt.
[ Tout passe, tout périt, hors l'ame et Ta vertu.
Règle. Le vers pentamètre doit toujours finir par
un dissyllabe, comme mĕus, tŭus, mthi ^màiius,
etc. Exemple.
- Non venit e molli vivid a fama toro.
[ Le duvet paresseux assoupit le genie. S. Mar.
Ne quis quæve nisi tentet umare parent
- [ L'amitié disparoît où l'égalité cesse. Aubert.
Remarques. t°. On peut quelquefois finir ce
Vers par un mot de quatre syllabes. Ex.
Semper eris pauper, si pauper es , Æmiliane;
Dantur opes nulli nunc nis.i dwitibus. Mart.
{
Puisque Charles est indigent,
IL ne sauroit cesser de l'être ;
En l'âge où le ciel l'a fait naître,
L'argent ne cherche que l'argent. Maynard*
2°. Ce vers n'a point de grâce quand il est ter-
miné par un mot de trois syllabes, comme ;
Si post fata venit gloria, non eopero. M.
{Quand dans la tombe un pauvre homme est inclus,
*■ Qu'importe un bruit, un nom qu'on n'entend plus? folt*
DE POi>S/ £ LATINE. 9
*" i-'
3°. Evitez aussi de Le finir par un monosyllabe,
toinnie :
Injucundus eris, ni vidcare quod es.
{ Chacun pris dans son air est agréable en soi :
Ce n'est que l'air d'autrui qui peut déplaire en moi. B.
Cependant vous pouvez très-bien le terminer par
"le verbe est, avec une élision , comme :
elis.
Heu ! quàm quod studeas ponere ,ferre grave est! Ov.
1 Qu'il est iur de porter un fardeau qu'on déteste ! Rac.f.
- 4°« Le premier hémistiche ne doit jamais enjamber
sur le second. Un exemple de cette faute vous la
fèra sentir :
Ignavus, pulchre video, sis quàmlibet ; alter
Ig.iavus magìs a J quo timearis, ent..
Ce vers pentamètre ne vaut rien , parce que le
premier hémistiche enjambe sur le second. La
préposition à doit être dansle même hémistiche que
son régime quo : n'y étant pas y le sens est mal sus-
pendu. Il faut donc ou mettre ces deux mots dans
le premier hémistiche, ou changer le vers à peiu
près ainsi :
Te magis ignavus, cui timearis, erit.
{Il n'est, je le vois bien , si poltron sur la terre,
Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi. La F.
Voilà ce qu'il faut- savoir à peu près pour re-
tourner des vers. En travaillant les matières sui-
vantes, il faut bien-observer trois choses.
1°. En rangeant ses mots, on doit faire attention
à la ponctuation. Si , dans la matière d'un vers, il
y a une virgule ou un point, on ne peuL, en faisant
ce vers, mettre agrès la virgule les motsquL&ouC
10 ÉLÉMENS
avant ; de sorte que si le premier mot de la matière
est suivi d'une virgule, ce mot sera aussi le pre-
mier du vers.
2°. Quand 011 fait un vers, il faut le scander,
pour voir s'il a le nombre de pieds nécessaire , et le
relire ensuite trois fois , pour voir si l'on n'a point
péché, i'. contre la césure , 2°. contre l'élision,
3°. contre la règle fiteuticliis qiicet-it.
5°. quand on cherche dans le Gradus la quantité
d'un mot, il faut lire le vers qui suit le mot. C'est
le moyen d'éviter bien des fautes de quantité.
----------------------
VERS HEXAMÈTRES.
Větěrēs laūdāműs, sẽd nōstrīs anins ülzmur.
JVe credas ūtĭlĕ quīdquām, quõd hŏnēstūm nãn szt.
Quod rc/jmc allerrta caret, non est dūrābĭlĕ,
Si perdts ōmnĭă, mĕmēntō servaie J'cimdm.
Victuros semper ăgĭmŭs , nee ūnquām vīvĭmŭs.
Mendacia famcc ridet mëns rēciī cōnscĭă.
Vídës pllücä flūmĭnă ē fōniĭlũs māgnīs ōrtă.
Mēntēs eapit prceciptie dēxtĕrã īndūlgēntĭă.
Leoncs hamuli parere docuil dies longa.
Hospes tūrpĭūs ējĭcitŭr quam nan ã lmītītŭr.
Msi i'us sīncērūm ēst, ăcēscĭt qy.odcu.mque ififundis.
Quõd tu dŏlĕās fāctūm libt, ne ūllī fēcẽrĭs.
JVon quot, scd quales dirére aliquid , notandum est.
Si tollas olia, arcus Cupidinis pcrière.
Cuique est suum velle , nee, llno vivitur.
Ingenium, si non acuatur studio, hebescit.
N011 gaudet de malè quœsitis tertuis hœres.
Est ingratum quod licet : quod non lic. t , llrit acriùs.
Petito id solum, gnarl negares nulli jure.
Amicus certus incertis in rebus spectandus.
D II POES r E .L AT IKE. I i-
rJùm in cursu Juror est , furori currenti cede. 0
ESt facile esse bOllum, ttOi quod ■ SSJ rcuit, remotumest.
Quid eril urantalibel gloria ,si tallitl/it est gloria ?
Fortuna ardua penates privatos nescit.
VERS HEXAMÈTRES ET PENTAMÈTRES.
Non est cert us amor in hospitibus, errat ut ipsi.
Caüsií lion buna frit prjnr ptiii ocTiun.
Cur prave prudens ma'to ncs< ire qva:n d'scere?
LãC1jlllæ Inlerdum hab. nl VOLIS pondera.
Si quid paras lurpe, ne pueri alUlnS spieveris.
Venena imptd la ëllt sub me lie dūlcī.
Non semper est in. medico ill regcr relevetur.
Bŏnis plăcĭlĭs abstinuissi 'virtus est.
Recti decor ipse, si prœmia facti desint,
NOll movet, et probttm gratis a si poenitet.
Videmus curando Jiei i majora fJuædallJ
Vulnera , quœ fuit melius no t letigisse.
Si natura difficilis tihi negavit f rmam,
Titce fornix damna ingenio repen Ie.
Virum nolo qui famam redimit sanguine facili,
Volo hunc qui si.,c morte laudari potest.
Ut vires desint, volants tamon est laudanda.
Ego auguror Ders luic esse contentos.
Hæcfacit u-: pauper qd que ad uras veniat gratus ;
Et agna non minus cæso hove placeat.
Proprio in ore sordescit omne genus laudis.
Pis ut landem le ? priÙs disce taeere.
Bonus laudandŏ melior fit, malignusque pejor.
Nil prodest quod ĭdem non poAit Iced JVC.
jEtate utendum est : œtas cito labitur pede:
Mollis heri hœdus eril eras hirtus caper.
Agenti henè tota vita brevis est, at sequentiprava.
Nox unica refert œvi longu tempora.
1
12 ÉLÉMENS
RÈGLES- DE LA QUANTITÉ.
LES Règles tle la Quantité sont ou générales ou
particulières.
SECTION PREMIÈRE.
Règles générales de la Quantité-
RÈGLE PREMIÈRE.
LORsQuE de deux voyelles dans un mot ou. n'en'
fait qu'une, celte voyelle est toujours longue. Ainsi
dans cogito, qui vient de coûgito, et cÕgo, qui
Tient de coago , co est long. Ex.
Si scelus intra se tacitum quis cōgitat ullum,
Facti crimen habet. J.
{
Qui nourrit en secret un désir téméraire ,
Même dans un corps pur porte une âme adultère.Rac-f.
Observez la même règle, 1 °. dan s nil mis pour
nihil, dans mī qui vient de mihi ; 20. dansles mots
où l'on restreint, en scandant, deux syllabes en une,
comme Dii pour Dit-, cul pourcui, etc. Ex.
Sint Illeecenates, non deërunt, Flacce, Alarones. M..
[Un Auguste aisément peut faire des Virgiles. R.
RÈGLE 11. Toutes les dipbthongues sont longues,1
comme dans musœ̄ , pt-Liiitet, aiii-iini. Ex.
Ardua per prœceps gloria vadit iter. Ov.
[.Aucun chemin de fleurs ne conduità la gloire. La F.
Exceptions. La préposition prcc est brè ve dans
DE POÉSIE LATINE. 13
les mots composés où elle est suivie d'une voyelle,
çomme præit, præest, etc. Ex.
Pauperibus, quicumque prœ̄es, mitissimus e-sto.
[Qui sert les malheureux, sert la Divinité. De la Touch;
RÈGIE III. une voyelle devant une autre
voyelle dans le même mot est brève ; comme dans
Deus, plus , côéltnl, nĭhil, etc. Ex.
Fallitur egregio quisquis sub principe credit
Servitium : nunquam libertas gratĭor exstatm
Quàm sub rege pzo. Cl.
[ Sous un roi citoyen, tout citoyen est roi. Axe. y.
Except. 1°. Dansfio,i f est long à tous les temps'
seulement où r ne se trouve pas, comme fībam,
fiet, etc. Ex.
Omne malum fīet, si patiare, leve. Prop-
» .La patience
t Rend plus légers les maax que l'on ne peut guérir. Clt.
2°. e entre deux i est long au génitif et au datif
des noms de la cinquième déclinaison , comme diēi ,
faciti. Ex.
Ne te sollicitet venturœ cura diëi.
Dieu laissa-t-il jamais ses enfans au besoin ?.
Aux petits des oiseaux il donne la pâture,
Et sa bonté s'étend sur toute la nature. Rac-
3°. i est douteux dans les génitifs en ius., comme
unĭus , ill ĭus , null ĭus. Ex.
Umus ob noxam poenas dare non decet omnes.
[ L'équité doit régler et peine et récompense. Volt,
i est long dans les génitifs allus, solīus, et bref
dans alterĭus. Ex.
Invidus alterĭus macrescit rebus opimis. H.
[.. L'envieux maigrit de l'embonpoint d'autrui. Rousse
I
14 ÉLÉMENS
4°. Les noms propres tirés du grec, et terminés
en as, ea , es, os, yia, ont. la pénultième voyelle
long-ne, comme ÆlLëas, Media, Herōes, Har-
pyīa : i dans Maria est aussi long. Ex.
Ne pueros coram populo Medēa trucidet. H.
[Ce qu'on ne doit pas voir, qu'un récit nous l'expese. B.
La plupart des noms propres terminés en aon,
ion, ais, ont aussi la pénultième voyelle lorigne,
comme lIlach¡¿on, Amphion, Menelāüs. Ex.
Firma valent per se, nullumque Machāona-quœrunt. Ov.
Les noms propres latins en ailts, ClUS, comme
Câius , Pompēius, ainsi que les noms possessifs
terminés de même, comme Grāius, Trōius, etc.
font longue la voyellle qui est devant i. Ex..
Quis llUllC Pompei de stirpe aut Cœsaris esse -
Noscitur ?
[ 0 destin , tu détruis les plus augustes races. Le Fr.
Régi, e IV. Les interjections Õ (*), ah, lûu,
ëhèu, heī, prōh, vah, sont longues; õhe fait o
douteux. Ex.
Ō formose puer, nimiiim ne crede colori. V.
{ Ah! ne comptez pas tant sur vos belles couleurs ;
Un jour peut les flétrir, un jour flétrit les fleurs. Gr.
Règle. V. Une voyelle suivie de deux con-
(*) 0 interjection est quelquefois bref, quand il est suiti
d'une voyelle Ex.
Torva lecena lupum lequitur, lupus ipse capellam,
* Te Corydon, o Alexi. Trahil sua quemque voluptas. Y.
[ Tout suit de son penchant l'impérieux attrait. Gress.
DE POÉSIE LATINE. l5
sonWLdans le même mot est longue, comme dans
umint, piiscitur, pōst. Ex.
fngentes geminant dīscrimina magna triümphos. Cl.
[ A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Corn.
Except. Une voyelle suivie de deux consonnes
dans le même mot est douteuse, si la seconde des
aeux consonnes esL une 1 ou une r, et que la
voyelle ne puisse se joindre ddiis la prononciation
à la prendre des deux consonnes (1). Ainsi dans
tih rum, li est douteux , parce que la voyelle i est
suivie d'un b et d'uue r, et qu'on prononce li\brum,
et non pas lib\rum. Il en est de même de a dans
,.,¡;/trÚ, ltire/J'"ma; u dans sz-ilpremus; lo\cũples,
etc. Ex.
Instar opis, debes variis excerpere lībris ;
Ast unurn ulilius volyere sœpè lĭbrum.
Si quelque goût par bonheur vous a lui
Pour la lecture, étudiez celui
D'un ami sage, et qui puisse vous dire
Quand, et comment, et quoi vous devez lire. Rouss.
Mais si la voyelle p ut se joindre a la première
des deux consonnes, comme dans ob\ruo, celle
voyelle est longue (2). Ex.
Est infra pecudcm nimio mens obruta Baccho.
Nectar , lien des cœurs , sois Famé des repas :
Usez-en, ô mortels, mais n'en abusez pzie. -Ditl.
(1) Il faut excepter le cas où la voyelle est longue de sa
nature. Airst a étant long dans mater, frāter, il l'est aussi
dans ma tris , f ràlris. Ex.
Morere, et fratrem nc desere frāter. V.
(2) Observez la même chose à l'égard d'une voyelle brève
qui termine un mot. Si lo mot suiva-nt commence par deux
J6 ÉLÉMENS
RÈGLE VI. Une voyelle suivie d'une de cea-
lettres doubles, x, z, dans-lemême mot, est longue.
Elle l'est aussi presque toujours quand -elle est
suivie de j consonne; comme dans xêxat, gāza ,
pëjor, ëjus. Ex.
Ficta voluptatis causa sint prōxima veris. H.
Une merveille absurde est pour moi sans appas;
L'esprit n'est point ému de ce qu'il ne croit pas. B.
-M
SECTION II.
Règles particulières de la Quantité.
CES Règles seront la manière de six Chapitres, où
nous fixerons-la Quantité des mots Dérivés, des
mots Composés, des Crémens, des Prétérits, des
Supins et des Finales.
consonnes, dont la première semble appartenir dans la pro-
nonciation à la voyelle précédente, cette voyelle, quoique
brève de sa nature , devient longue par position. Ex.
Ferte citijlammas , date telā, scandite muros. V.
a dans tela est long ici, parce qu'en prononçant ces deux
mots, tela scandite , 9 semble appartenir au mot tela , et
qu'on dit tela si candite. Horace n'a pas observé cette règle
dans ce Vers :
* Seeps s tylum vertas , iterum quae digna legi sint
Scripll/l'IlS.
[Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. B.
Cela preuve qu'elle n'est pas inviolable. Le mieux est
pourtant de s'y conformer, et toujours avec des exemples qui
servent d'autorité.
- * DE POÉSIE LATINE. 17
- CHAPITRE PREMIER.
Des mats Dérivés.
U N mot dérivé est celui qui vient d'un primitif,
comme humanus de homo, mortalis de mors.
RJBGLE GÉNÉRALE. Les dérivés -suivent ordinai-
rement la quantité de leurs primitifs. Amsi dans
vïnum , la première syllabe est longue ; elle l'est
aussi dans vīnitor, vīnosus : de même dans senex,
se est bref ; il l'est aussi dans sĕnile, senectus. Ex.
Laudibus arguitur ivlni tiinosus Homerus. H.
Immodicis brevis est œtas, et rara senectus. M.
[ Telle est la loi du sort , nul excès n'est dur-able. Buff,
Exceptions. 1°. Certains dérivés sont brefs quoi-
que leur primitif -soit long. Dans,d £ cz.$\, génitif de
dux, dit est bref, quoi qu'il soit long dans duco ,
etc. Ex.
Lata via est et trita simul qua duoit ad arcum :
Invenit hoc., etiatn se duce, ccecus iter.
[ Mille chemins ouvérs conduisent chez les morts. Rac.
2°. Il-y a des dérivés qui sont loags quoique
leur primitif soit bref ; comme régis, génitif de
rex, qui vient de rĕgo ; hûmanus de hŏmo. Ex.
Irafuror brevis est, animum rĕge ; qui nisi paret,
Imperat H.
- [Le repentir commence où finit la colère. S. Mar.
Robustus fossor rege est felicior css.ro.
[Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré. La F.
18 ÉLÉMENS
- CHAPITRÉ II. ,
Des mots Composés.
UN mot composé est un mot formé de plusieurs
autres, comme omnipotens, qui est formé de omnis
et de potens. La dernière partie du mot composé
étant la principale, nous commencerons par elle.
ARTICLE PREMIER.
De ta dernière partie des mots composés.
Règle générale. Les mots composés, considérés
quant à leur dernière partie , suivent la quantité
de - leurs simples. Dans imprŏbus, pro est bref,
parce qu'il est bref dans prubus. Ex.
Labor improbus omnia vincit? V.
[ La peine surmontée est le sel du plaisir. S. Mar.
Remarque. Cette règle a lieu lors même que
la voyelle du simple est changée. Ex.
Insani sapiens nomen for at, œquus inīqui,
Ulirci cjuain satis est virtutem sipetat ipsam. H.
Il faut parmi le monde une vertu traitable :
A force de sagesse on peut être blâmable.
La parfaite raison fuit toute extrémité,
Et veut que l'on soit sage avec sobriété. M.
Dans occido, la pénultième et longue, lorsque
ce verbe vient de câ;clo, est brève quand il vient
de câdo. Ex.
- Occīdit miseros crambe repetit a magistros. J.
Occidit etjuvenis, ceu flos tener occidit agris.
DE POÉSIE LATINE. 19,
ARTICLE II.
De la première partie des mots composés.
La première partie des composés est ou une pré-
position , comme dans abeo, propano, ou tout autre
mot, soit entier, soit tronqué , comme quandoqui-
dem, tremifacis.
§ Ier.
RÈGLE I. Les prépositions ab , ad, circum, in ,
inter, qÇ, per, præter, sub , super, sont brèves
dans les mots composés, lorsqu'elles sont suivies
d'une voyelle; comme ăbigo , circŭmago, ôbeo ,
subeo , etc. Ex.
Quod violenla nequit, pĕragit tranquilla potestas. Cl.
[ Plus fait douceur que violence. La Font.
lnou 1T. Les prépositions a, eli de, di , se, Ira,
sont longues dans les composés, quand elles sont
suivies d'une consonne , comme avala, ëligo, dé-
disco, sēduco, etc. Ex.
Magnum delata potestas,
Majorem contcmpta probat. C1.
{
Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême, "-
Mais pour y renoncer, il faut la vertu même. Corn.
Exception. D'irlmo et dĭsertus ont di brcf. Ex.
Fecundi calices quem non fecére dĭsertum ? -
[ Le vi n au plus muet peut fournir des paroles. B.
RÈGLE. III. re est toujours bref, comme dans
redeo, rĕparo. rĕfero, etc. Ex.
Ad mores facilis natura reverti. Cl.
- [ Chacun a son défaut, où toujours il revient. La F.
rO ÉLÉMENS
Exception. Dans l'impersonnel rëferl, re. est
long , parce qu'il vient du mot res. Ex.
Non refert quali sit natits quisque parente,
Ingenuus modò sit. H.
Mon nom commencé en moi : de votre honneur jaloux,
Tremblez que votre nom ne finisse dans vous. Yolt.
RÈGLE IV. Pro est long dans les composés, comme
prosum y prômitto, prüvcnio-, etc. Ex.
Verbaque prõvisam rem non invita sequentur. H.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement ;
Et les mots pour le dire arrivent aisément. B.
Exceptions. 10. Pro est href dans p"ðcfja, prôor
cus, profanusprof art, prufestus, pro//cisvi\ prQ-
fiteri, prlfugere, pronepos, propinquus prater-
vus ; il est encore bref dans les noms (lui viennent
du grec, comme Prômetheus. Ex.
Quem verbis profitere, proba tu rebus amorem.
[L'amour est dans l'effet, et non dans les paroles.
2°. Pro esL douteux dans procumbere, propa-
gare, prÕpago nom, propellere, propinare. Ex.
Sternitur exanimisque tremens procumbit humi bos. V.
5 11.
Des composés dont la première partie est mot
oit partie d'un mot.
Pour trouver la quantité de la .dernière syllabe
du premier mot des composés, par exemple , pour
trouver la quantité de mi dans homicida, il faut
décomposer ces mots, et observer ce qui suit:
RÈGLE A et 0. Les voyelles a et o sont ordinaire*
ment longues dans la dernière syllabe du premier
mot des composés, comme .a dans quare, - niala It
DE POÉSIE LATINE. 21
( verbe coii-i posé de magis et volo ) et o dans nelunt
quocumquè, etc. Ex. ; ,).
Uxorem quàre locuplctem ducere nolo.
Qucqritii f -tuc'ori rucbere nolo mem..M.
[ Je r-a Éllis-pas si sot -quç d'épouser mon maître. B.
- - Exceptian, D est bref dans hodie, quandoqui-
dewi , quoque , adverbe: Ext - 1
42ras vives hodie jam vivere, Posthume, serum est. - M.
Vivez. Je Je ferai. Mais qliand donc ? Dèï «ïemain.
Eh 1 mon ami, la mort, peut vous prendre en chemin j
Yvyez lès aujourd'hui.La F.
RÈGLE E-, 1, U, Les voyelles e , , sont ordi-
nairement brèves dans la dernière. syllabe du pre-
iiiiw met des composés ; comme e dans- valedico,
nefas trecenti ;dans biceps, bijugus, aliger
lehifer., omnipotens, homïcida, caustdicus, ïdem
neutre; u dans ducenli, quadrupes, Trojugena,
etc. Ex.
Non veniunt in idem pudor at que amor. Ov.
[L'amant et le héros s'accordent mal ensemble.
Exceptions. i". e est long dans néquam, nèquic-
fuàm , nëquando, memet, tècum , sicitin. Ex.
- Quæ dinceps imitére, legas ; nec desinat unquàm
Tecum Graia loqui, tecum Remana vetustas. Ql.
Fouillei, puisez dans les sources antiques j
Lisez les Grecs , feuilletez les Latins :
Je ne dvs-Vius, car Renie a ses Catins. Rouss.
2°. i est long dans les mats où -cet i change selon
les cas, comme dans quidam, quïvis , unicuique ,
quantïcumque, , masculin, et-c-Ex.
Qui facilis credit, facilis q tlóqutlJ'aliitm-- idem.
1 [ Qui croit trop aisément; est aisément trompé.
22 ÉLÉMEN5
i est encore long dans les mpts où il y a, une con-
trad ictipn, comme ïlicet, scilicet ( qui -viennent
d'ire licet, scire licet,), et dans blgœ. Ex.
Scilicet ut fulvum spectatur in ignibus àurum, ■ ■
Tempore sic duro est inspiciendafides. Ov.
[ (Et) l'ami d'un heureux n'est souvent qu'un-flatteur. Gr.
i est aussi long, i'. jdbn «s Jes mo|s composés de
dies, cov^me. fijduum ,K merïdiçs pridiè, postridié,
triduum ( quotïdiè fait i douteux ) <2°. da/is ihi-
dem ynimïrùm, trïcani, sïcubi, ubtcjue, utroblqûè :
mais ubî ètwcumq&lo font i douteux. Ex. -
- Nondim virtutis cultus uhïquèjacet.
Du torrent débordé quel que soit le ravage,
L Le ciel a ses amis qu'il sauve du naufrage- /lac.J',
CHAPITRE III.
Des Crémens.
LB crément est un accroisement de syllabes, qui
a lieu dans les noms et dans les Verbes.
Lorsqu'un mot croit d'une syllabe, c'est la pénu{-
tième qui est crément ; s'il croît de deux, c'est la
pénultième et l'antépénultième; s'il croît de trois
ou Se quatre syllabes, les crémens se comptent
toujours en commençant par la pénultième, paroe
que la dernière n'est jamais crément.
ARTICLE PREMIER.
Des Crémens des Noms.
Il y a dans les noms deux sortes de crémens,
ceux du singulier et ceux du pluriel.
DE POÉSIE LATINE. 23
S i"
Des Crèmens du singulier.
Tout nom ( substantif ou adjectif, n'a qu'un cré-
ment du singulier, excepté quelques-uns qui en
ont" deux, comme iter, ilineris ; supellex, supel-
lectilis.
Lorsqu'un nom a au génitif singulier une syllabe
de plus qu'au nominatif, cette syllabe s'appelle cré-
ment. Ainsi sermo a deux syllabes ; sèrrhànis eh a
trois : il y donc un crément dans sermonis, qui est
'la pénultième mo.
Les crémens du singulier gardent la même quan-
tité au pluriel : mo étant long dans sermonis, il l'est
aussi dans sermQnibus.
La première déclinaison n'a pas de crément au
singulier.
Seconde Déclinaison.
RÈGLE. Le crément du singulier, dans les noms
de la seconde déclinaison , est toujours bref, comme
*
puer, puëri; vir, vïri. On excepte les noms propres
Iber, Ibëri; Celtiber, Celtibéri, qui ont le crément
lon g. Ecc.
Juranti puero non adhibenda fides.
[Un menteur est toujours prodigue de sermens. Corn.
, Troisième Déclinaison.
RËGLE A. a crément du singulier est long dans
les noms de la troisième déclinaison , voluptas ,
voluptâtis , calcar-aris, Titan-ânis , exemplar-
âris. Ex.
Sperne voluptatem, nocetempta dolorevoluptas. H.
[ Fuyçz d'un doux poison l'amoree enchanteresse. Voit.
2Â ÉLÉMENS -
a est encore long dans les adjectifs en ax, comme
fugax ,fugâcis, capax-âcis. Ex.
Manus ad fucrta rapaces
Cautior invitat custos.
[ Quiconque est soupçonneux, invite à le trahir. Volt.
Exceptions. 1°. a crément est bref dans les noms
neutres terminés en a, commediadema, diadema-
lis; dans les noms propres masculins al et en ar ,
comme Annibal-âlis, Cœsar-âris; dans mas, mctr
risi vas, vâdis; mais vas, vâsis fait a long. Ex.
Cœsaribus virtus contigit ante diem. Ov.
1 * * 1 * * * - - Aux âmes bien nées
1 La yertu n'attend pas le nombre des années. Corn.
2°. a est bref dans les noms en as, qui font adis
et atis au génitif, comme Pallas-adis, anas-âtis)
dans sal-alis , lar-âris, par-aris , et ses composés,
impar-aris, etc. Ex. -
-
Nunquam sunt grati qui nocuêre sales. Sen.
[ Que l'objet d'un bon mot, lui-même le répète. Le Br.
3°. a est encore bref dans ces noms neutres,
hepar hep ans ; tacchar-aris , jubar-aris , nectar-
aris. Ex. *
Bacchare frondem
Cingite, ne vati noceat mala linsuafuturo. V.
[ Jamais un envieux ne pardonne au mérite. Corn.
Règle E. e crément du singulier est bref dans
les noms de la troisième déclinaison, comme car-
cer , carceris ; ulcus r ulceris ; seges , segëlis ;
nex , necis ; grex , gregis , etc. Ex.
Incurata manent læsæ semel ulcera famœ.
[ On est suspect encor, lorsqu'on est corrigé. Yolt.
DE POÉSIE LATINE. 25
E:i:llll'lÍons. e crément est long dans hæres,'
heredis , loçuples-étis, merces-édis, quies-etis,
ver,vëris; lex, légis ; rex, régis j vervex-écis.
Ex.
Quidquid delirant rëges, plectuntur Achivi. H.
[ Gloire, idole des rois, le peuple est ta victime. de Bel.
e est encore long 10. dans les noms en en qui
font enis au génitif, comme ren, rénis; splen,
splenis. Ex.
Argüìt iasulsum male quasso splene cachinnus. T.
[ Je hais un sot qui rit sans cause et sans mesure.
2". Dans les noms en r et en s, qui ont un êta
à la pénultieme du génitif, comme crater, crateris,
tapes-etif : joignez-y les noms hébreux, Daniel-
elis , Israël-ëlis. Ex.
Fecere disertos
Pocula fecundisque joci crateribus orii. B.
[L'élève de Silène est père des saillies.
RÈGLE I. i et y crémens du singulier sont brefs
dans les noms de la troisième déclinaison, comme
Jiomo, homïnis , hospes-ïtis , nomen-ïnis , prin-
ceps-ïpis, slips, stipis, Styx , Stjgis 2 etc. dans les
*
noms en ix, cpmjne calix-îcis, nix, ntvis, etc.
Ex.
, Prima est hæc ultio, quòd se
Judice nemo nocens absolvitor.Juv.
De ses remords secrèts triste et lente victime,
Jamais un criminel ne s'absout de sea dimes. RaC.f
Exceptions. 1°. i crément est long dans les noms -
en vi qui viennent du grec, delphin, delphinis,
26 ÉLÉMENS
Salamin-lnis , et dans les noms de peuple , Qui-
ris-itis, Samnis-itis. Ex.
Invenies imâ facundum plehe Quirilem. J.
Peut-être qu'un Virgile, un Cieéron sauvage,
Est Chantre de paroisse, ou Juge de village. Volt.
2°. i est long dan a certains noms en ix, radix.
Ícis, felix-icis , bombyx-ycis, et dans les mono-
syllabes, Dis, Dïtis ; glis, glïris ; lis, l'ilis, et
dans vires pluriel de vis. Ex.
Nodes atque dies patet atri janua Dïtis. V.
( A tout âge, à toute heure on descend chez les morts.
Règle O. o crément du singulier est long dans
les noms de la troisième déclinaison, comme honor,
honoris , pricr-ûris, latro-onis, mos-oris, sol-olis,
et dans les noms propres Cicero-onis, Otho-ônis.
Ex.
Canlabit vacuus coram latrone viator J.
Le-V oyageur qui n'a rien dans sa bourse ,
Va son chemin sans aucunes frayeurs;
Et gai tout le long de sa course ,
Rit à la barbe des voleurs.
o est encore long- dans les noms grecs en os, qui
ont un oméga à la pénultième du génitif ; comme
Héros, Herôis ; Minos, Minois ; Tros, TrÕis. Ex.
Si nescis , habet ipsa suos heroas, alitque
ltelligio. Antilucrèce.
[ On peut être héros, sans ravager la terre, C.
Exceptions. II). o crément est bref dans les subs-
tantifs neutres en or, ur et us, comme manlZor-
oris ; eb ur, eboris ; corpus-oris, decus-Õris, (de-
cor-ôris fait o long.
Orandum est ut sit mens sana in corpore sana. J.
DE POESIE LATINE. 27
[Nous demandons au ciel ce qu'il nous faut le moins. B.
Sit dccoris tibi major amor, quam cura decoris. S.
2°. o est bref dans les noms propres en or, qui
viennent du grec , comme Hector-oris , et dans les
noms de peuple en o, Maoedo-onis, Saxo-bnis. Ex.
- Hectora quis nosset ,felix si Troja fuisset? O.
[ Qui parleroit d'Hector, sans les malheurs de Troie ?
3°. o est encore bref dans arbor-orls, memor-bris;
bos-ovis, compos-utis, inops-Ôpis, prcecox-ocis ,
lepus-bris. (Leporou lepos-ôris, grâce, faito long.)
Ex.
Rana, Lovi similis dum cupit esse, crvpat.
[ Il faut se contenter de sa condition. La F.
RÈG LE U. u crément du singulier est bref dans
les noms en ul, ur et ux ; consul, consulis ; mur-
mur, murmuris; crux, cruels ; et dans auceps ,
aucupis, pecus, pecudis ; intercus, intercutis. Ex.
Si fortuna volet, fies de consule rhetor. J.
[ La fortune souvent a des retours fâcheux. Camp.
Exceptions. 1". il est long dans friix, fi-iigis ;
lux, lûcis ; Pollux-ucis, fur ,fûris , et dans les
noms en us qui font uris. au génitif, comme jus,
jûris ; mus , mûris j crus, craris ; tellus-ûris. Ex.
Spes etiam validd solatur compede vinctum ;
Crura sonant ferro, sed canit inter opus. Tib.
(Est-ce pour les heureux qu'est faite l'espérance? Dur.
2°. u est long dans juventus-utis salus-âlis,
virtus-Ûtis, etc. dans incus-üdis , palus-üdis. Ex.
Una salus vietis nullam spemre salutem. V.
[Le salut des vaincus est de n'en point attendre. Rac.
28 ÉLÉMENS
Quatrième et cinquième Déclinaisons.
Le crément du singulier de la quatrième décli-
naison suit la troisième règle générale , où l'on
Yoit qu'une voyelle suivie d'une autre voyelle dans
le même mot est brève, comme dans fructui. —Le
crément de la cinquième suit la deuxième exception
de la même règle, par laquelle e entre deux i est
long , comme dans diëi.
Règle pour les noms singuliers qui ont deux cré-
mens. — Les'noms qui ont deux crémens au sin-
gulier les font brefs, comme iter, itïneris ; jecur,
jecïnoris ; anceps , ancïpïtis ; præceps, prcecïpï-
tis. Ex.
Prcecipiti flores Mors quoque falce metit.
S il.
Des crémens du pluriel..
Tout nom ( substantif ou adjectif) n'a qu'un cré-
ment au pluriel. Pour le trouver , on compare le
nominatif pluriel avec les autres cas. Si l'on trouve
au génitif ou au datif une syllabe de plus qu'au no-
minatif, la pénultième sera crément. Sermones a
trois syllabes, serrnonibus en a quatre : ni dans
scrmonibus est donc crément du pluriel.
RÈGLE Ve. a, e , o , crémens du pluriel, sont
toujours longs , comme dans musarum, diérum,
rébus, templûrum, etc, joignez-y duôbus , bÕÓus,
Ex.
Curia curarum mater, nutrixque dol6rumt
Sive sit ills dolus, siye sit ille dolor.
DE POÉS IE LATINB. 2Q
Ce n'est pas ce qu'on croit que d'entrer chez les Dieux i
Cet-honneur a souvent de mortelles angoisses.
Rediseurs, espions, gens à l'air gracieux ,
Au cœur tout différent, s'y rendent odieux. La F.
Règle IIe. i, -u, crémens du Pluriel, sont tou-
jours brefs, comme dans sermonïbus, piscïbus,
felicïbus fructibus , artûbus. Ex.
Omne solum forti patria est, ut piscibus oequor. Ov.
( D'un mortel courageux la patrie est partout. Ruc^ f'
ARTICLE If.
Des Crémens des Verbes,
Pouf connoîjre les crémens d'un verbe, comptez
combien il y a de syllabes à la seconde personne
du présent singulier de l'indicatif actif. Les autres
personnes, dans le reste du verbe, auront autant
de crémens qu'elles auront de syllabes de plus.
Prenons amo pour exemple. Amas a de'ux sylla-
Les , amamus en a trois : amamus a donc un cré-
ment, savoir la pénultième ma. Amabamus a
quatre syllabes , et conséquemment deux crémens,
qui sont ma-ba. Amabamini a cinq syllabes," et
par conséquent trois crémens, savoir, ma-ba-mi :
ainsi du reste.
Quant aux verbes déponens, on leur suppose
une seconde personne d'un indicatif actif qu'ils
n'ont pas. Supposez, par exemple, pour le dépo-
nent admiror , la seconde personne admiras : ad-
miraris ayant une syllabe de plus que le barba-
risme admiras, a un crément qui est la pénul-
tième ra.
REGLE A. a crément est long à toutes les per-
3o ÉLÉMENTS
sonnes des verbes, comme dans amare amaúiimus"
docebâmus, legàtis, aiédilîjnlis, etc. Ex.
Ne tange malos, peccare docehunt.
[. Les méchans nous apprennent à l'être. Cr.
Exception. a est bref seulement au premier cré-
ment du verbe do et de ses composés, comme
damus, dabâmus , circumdabit, etc. Ex.
Qui dabit, is magno Jiet mild major Homero;
Crede mihi, res est enim ingeniosa dÙre. Q.
Le conquérairt est craint, le sage est estimé:
Mais le bienfaiteur charme, et lui seul est a-imé. Voit*.
RÈGLE E. e çrément est long dans toutes les per-
sonnes des verbes,. comme amêmus habêre, audit-
bam , vidêto , etc. Ex.
Sí vis me flere, dolendum est
Primum ipsi tibi. H.
[ Pour me tirer des pleurs, il faut que vous pleuriez. B.
Exceptions LO. e crément est bref dans tous les
temps terminés en ram, rim , ro, comme fueram,
amcwërim, dOClierO; et dans les secondes yer-
sonnes en btfrÍs et bere comme amaberis, satia-
bere (i). Ex.
Quas dederis, solas semper habebis opes. M.
[ Les solid.es trésors sont ceux qu'on a donnés. Bac. ~/1-
2°. e premier crément est bref devant r dans les.
personnes des verbes de la troisième conjugaison ;
comme tegere, legerim, fremerent, cognoverit :
(i) Stcterunt et ses composés constiterunt, circumstete--
runt, font aussi la pénultième brève. Ex.
Multi constiterunt dicleria multis.
Et tel mot, pour avoir réjoui le lecteur,
A coûté bien, souvent des larmes à l'auteur. R
DE POÉSIE t AT I NE. 3f
mais e est long dans legërunt, legerir, letère ¥
futur passif, et à tous les seconds crémens en gé-
néral, comme legerémus ,frueremur. Ex.
Si metuis , si frava cup is , si duceris ircL-,
Serviti patiers jugum. C1:
Commander à ses passions
Est le plus beau des diadèmes.
RÈGLE L i crément est bref dans les personnes
des verbes, comme amabttur amabïmtni, eji-
cïtur, etc. Ex.
TVoseLtar q socio qui non cognoscitur ex se.
[ On vous juge d'abord par ceux- que vous vt>yez. Gr.
Exception, 1°. i est long au premier crément
seulement, dans les verbes de la quatrième conju-
gaison, comme audimus, audïvimus, mentiri ,
ï,mus, îiïimics, ses com posés abibo, exire, etc. Ex.
Quid Romœ faciam ? meniiri nezcio. J.
Mais moi vivre à Paris ! ehî qu'y voudrois-je faire!
Je ne sais ni tromper, ni fieindce, ni mentir. B..
~° i crément est long au présent du subjonctif
ies. Terbes volo, nolo , malo , sum, et ses com po-
ses ; comme dans velimus , nolimus, Fim us - pos-
sïmus , etc. ex. Dams les ouvrages dlespeit,
- Sunt delicta ( tamen ) quibus ignovisse velímus. H.
[En faveur des beautés , on pardonne aux défauts. V.
RÈGLE O. o crément est long daus toutes les per-
-*eonncs des verbes , comme amatÕte, eslÕte, itcte ;:
mais il est bref dans forem mis pour essem. Ex.
Venturœ memores jam nunc eslote senectœ.
Ne perdons point le temps. Heureux dans sa jeunesse
Qui prévoit les remords de la sage vieillesse ! Rac-f
KÈGLE U. werément est bref dans toutes les peu-
3} ÉLÉMENS
sonnes des verbes, comme sumus, possuinust
volumus, etc. Ex.
Non omnia possumus omnes. T.
[ Chacun son fait ; nul n'a tout en partage. La F.
Exception, u est long à la pénultième des parti-
cipes en rus, ra 3 rum , comme amaturus, man-
sûrus, etc. Ex.
Phœnices primi, J~am.ce si credimus, ausi
Mansuram rudibus vocem signare fieuris. L.
Ç'est de lui que nous vient cet art ingénieux
De peindre la parole et de parler aux yeux,
Et par les traits di vers de ifgures tracées,
Donner de la couleur et du corps aux pensées. Bréb.
CHAPITRE IV.
Des Prétérits.
RÈGLE Ire. LES prétérits de deux syllabes ont la
première longue, comme légi, véni, vidi, vici,
novi, júvi, etc. joignez-y les temps qui en sont for-
més, légeram, vénissem, viderim, etc. Ex.
Quisnam hominum est, quem tu contcntum videris uno
Flagitio ? Juv..
Dans le crime il suffit qu'une fois on débute ;
Une chute toujours attire une autre chu Le. B.
Exception. La première syllabe est brève dans
bi-bi, dedi, fldi, steti, scldi , fl'Ui. Ex.
Omne tulit puncLum qui miscuit utile dulci. H.
Rien ne dure que ce qui plaît;
L'utile doit être agi éable :
Un auteur n'est jamais parfait,
Quand il néglige d'être aimable. Af. de B.
DE POÉSIE LATINE. 33
Jf. 2
RÈGLE Ir. Les prétérits qui redoublent leur
première syllabe, font les deux premières brève?,
comme cevïni, dtdtci, pepûli , cecïdi de cado ;
cecldi de cœdo, fait longue la seconde syllabe. Ex.
Felix qui didicit conlentus vivere parvo !
[Qui "it content de peu, possède toute; chose. B.
CHAPITRE V:
Des Supins.
RÈGli: IRE. LES supins de deux syllabes , et les
noms qui en sput formés , fontla première longue ,
comme stràtum, stratus ; visum, visus, visitrus;
mÕtllfn, motus ; fusum, fusus, etc. Ex.
Stratus humi palmes viduas desiderat ulmos. J.
[L'homme, ainsi que la vigne, a besoin de support. DuR.
Exception. La première syllabe est brève dans
les supins sui vans : datum, datus, daturus ; ra-
tum, ralus de reor ; statu m (1) de sto ; sittum de
sV-° ; cfitïtum de queo ; cïlum de cieo (2) ; l'ttum,
de tino ; sfitum, satus de sero; ttwn, ïturus de eo;
rutum de ruo, et ses composés erutum, erutus ;
obrutum, obrulus, etc. Ex.
Et datus "ill1iigno non est honor, est onus.
[Il est beaucoup d'emplois, mais les talens sont rares. V.
(1) Quoique s ta dans stâtum soit bref, il est long dans
staturus et ses composés constaturus, obstaturus.
(2) Les composés de citum venant de cieo, ont la pénul-
tième brève, comme concïtus; au lieu que ceux qui viennent
de cio, la font longue, comme concïtus, excitus. Ex.
JSe pcenam repetas, fueris si concitus ira.
[Le conseil du courroux est toujours téméraire. Gr.
54 EL ÉMEI5
REGLE IIE. Les supins eL les noms qui: en sont
formés, terminés en utum, utus, et qui ont plus,
de deux syllabes, (ont la pénultième longue, comme-
imbutum, imbutus ; tributum, tribZltllS. Ex.
Quo semel est imbuta reccns, servabit odorem
Testa ditlt., H.
Certain, âge accompli ,
( Le vase est imbibé, l'étosss a pris son pli.. La F-
RÈGLE IIIe. Les su pins et les noms qui en sont
formés, terminés en etunz - etus ; itum, ikis , et
qui viennent des prétérils en evi et ivi, ont la pénul-
tième longue , comme expletum, expleintus ; qwsst'-
tum , quœs'dus. Ex.
Utere quœsitis opibus ; fuge nomen avari. C.
[L'usage seulement fait la pofsession. La F.
Exception. Quoique eo et ses composés fassent
ivi au prétérit, ils ont la pénultième brève au supin,
et dans les noms qui en sont formés ,. comme abt-
tum , abtturllS , abïtus ( départ ) ; obïtum obïtus ?
traiisïtum , transitus, etc. Ex.
Dicique beatlls f
Ánte obitum nemo supremaquefunera dehet. (5~
{ Ah! cGmbien. de héros glorieux., magnanimes,
t. Ont vécu trop d'un jour ! Rouss.
RÈGLE IVe. Si les verbes ne sont pas. terminés eit
ivi au prétérit, les supins et les noms qui en sont
formés, terminés en ilum, ililS, ont la pénultième-
brève, comme monïtum , monïtus de mcnui;
exerqituzn , exerdtus, d'exercui, etc. Ex.
Discite justitiam moniti, et non temner^ Diyos. V.
[ Appnenez, Ô mortels, a rcsj~t.er, 1~ I)i~ ~CC~~
75L POESIE LATINE. Ob'
CHAPITRE VI,
Des Finales.
NOUS distinguerons ici deux espèces de Finales ;.la
pénultième, eL la dernière ou finale proprement,
dite.
ARTICLE PREMIER.
Des Pénultièmes Syllabes.
Les Règles suivantes n'ont pour objet' que le^
nominatifs des noms substantifs et adjectifs qui est
au moins trois syllabes : et là-dessus observons ce
qui suit :
La pénultième du nominatif conserve sa quantité
dans tous les cas, même pluriels, où se retrouve-
cette syllabe, quand même elle ne seroit plus pénul-
tième. Cette quantité se conserve également dans
les dérivés. Ainsi dans celsitas, si est bref; il l'est
aussi dans cestitatis T cclsltudo. Dans utïlis, ti e"t
bref; il l'est encore dans utilibus , utïliter (1).
RÈGLE A. t". a penultième e5rt long dans les
noms substantifs (lui font inis au génitif, comme-
CO Nous ne dirons rien del; quantité des pénultièmes-
visiblement fermées d'un crément, comme creator, où {("
conserve la quantité qu'il a dans crearc, primitif de créa-
tor- Par la même raison, si nons fixions la quantité dl's
antépénultièmes, nous, ne parlerions pas des adjectifs en
abilis, qui font a long , parce qu'il est formé d'un crément
primitif long, comme amàbilis'd'amàre, amàbo. Ex..
..- Ut ameris, amabilis esto.. Ov,
56 CLEMENS
certamen, certaminis; ex a men, solamen, farrago,
Carthago, virãgo. Ex.
Qui sibi filit
Dux regit examen. H.
[Souvent la confiance est mère du succès..
2°. a pénultième est long- dans les adjectifs en
alis et anus, comme æqua/is, hyemâlis, mortalis,
quartatius ;et àans ai~tài-iis
(juarlânus ; et dans amârus, Jamiliâris, inânis ,
etc. Ex..
Currit morlalibus ætas,
Nec nasci bis posse datzır. Sil-It.
[Hélas ! peut-on deux fois se donner dans la vie ? AO
Exeeption. a est bref dans hilaris, barbarus,
etc. Ex.
Oderunt hilarem trisles, tristemque jocosi. H.
RÈGLE E. 10. e pénultième est bref dans tous les
substantifs en etas, comme Anxiétas, ebrictas,
pietas, etc. mais il est long dans les substanti fs en
edo , comme dulc.ëdo, torpëdo, etc. Ex.
Nescio cjua natale solum dulcedine cunctos
Ducit, et immemores non sinit esse sui. O.
[Mais] quels que soient les biens d'une terre étrangère ,
Toujours un tendre instinct, au sein de ce bonheur,
Vers un séjour plus cher rappelle notre cœur. Gr.
2°. e pénultième est long dans les adjectif en enus,
comme aliénus, egénus , serënus : clans sevêrus ,
suprémus; mais il est bref dans celëber , inferus ,
posteras, etc. Ex.
Omnem crede diem tibi diluxisse supremum. H.
(Ce jour même des miens est le dénier peut-être. R.f.
RÈGLE I. JO. i pénultième est bref dans Lous les
substantifs terminés, eu itas comme probïtas, va-
DE POÉSIE LATINE. - 37
nïtas , virginĭtas, utilĭtas : ajoutez-y les adverbes
en iter , comme fortĭter, utillter, etc. Ex.
Vulgus amicitias utilitate probat. O.
f -Une amitié commune -
( Se range du parti qui flatte la fortune. Rac.
i pénultième. est long dans les substantifs qui font
0
inis au génitif comme cupido , cupidinis ,formīdo,
libido, rubïgo, etc. Ex.
Ignoti nulla cupido.
[On ne peut désirer ce qu'on ne connoît pas. Volt.
2". i pénultième est bref dans, tous les superlatifs,
comme ductissĭmus, pessĭmus, maxiinus, etc.
Ex.
Nemo repentè fuit turpissĭmus.
[Ainsi que la yertu, le crime a ses degrés. Bac.
i pénultième est encore bref dans les adjectifs
en ilis et en idus, comme facĭlis, utĭlis, candidus,
cupĭdus, languĭdus, etc. et dans prodȉgus, tetrĭ-
eus, un/eus, elc. Ex.
Prona venit cupidis in sua votafides. Ov.
Et chacun croit fort aisément.
Ce qu'il craint et ce qu'il désire. La F.
Exception. i penultième est long dans anZlis,
exllis , senīlis , puerīlis, amīcus, pudïcus , supi-
nusy suhlimis, etc. et daps les adjectifs en ivus,
comme captīvus , fugitīvus , etc. Ex.
N e fortè seniles
Mandentur juveni partes pueroque viríles. H.
{Ne faites point parler vos acteurs au hasard,
Un vieillard en jeune homme, un jeune homme en vieillard.
Boileau.
RJE.GLE 0. Q ppnuliièiiie est long - dans tous les
38 ÉLÉMENT
adjectifs en orus et osus, comme decūrus, sonÕJ'lu''f
odiūsus venta sus , etc. Ex.
Hżc vivŭniıs ambitiōsd
Pauper-taie omnes. Juv.
Comme de vos besoins la-vanité se rit !
La farine vous poudre, et le son vous nourrit.- D. Gcr.
RÈGLE U. u pénultième est bref dans tous les di-
minutifs en ulus, comme bellulus, puerūlus ,
quantũlus; et dans garrũlus, annŭlus , etc. Ex.
Gutta cavat lapidem; consumītur annŭlus usa. O-
[ Il n'est rien que le temps n'absorbe et ne dévore. Rouss
2°. it pénultième est long dans les substantifs en.
Edo, comme fortitūdo , sollicitūdo ; et dans les a&J,-.
j.ectifs cadūcus , obseúru-S. T matūrus, etc. Ex..
BrefJi"s esse laboro,
Obscurus Jio H.
[J.'évÏJ.e d'être long, et je deviens obscur, È.
ARTICLE II.
Des Finales proprement dites.
Tout mot fmit par une voyelle ou par une con-
sonne. Nous commencerons par les voyelles.
§ I".
Des Voyelles finales.
RÈGLE Ã. a final est bref dans les noms, commer
gloriă, templâ ; dans ipsă, qua mis pour qllæ,
etc ..Ex.
Multis hora tulit vanum neglectă dolorem. T.
Je vis naîtré au matin la rose la plus b^llej-
Ma main voulut attendre au soir pour- la cueillir.
Le soir vient. Plein d'espoir, j'y cours. Vain repentir r
Ma-ma in ne trouve plus qu'unéépine cruelle. S-Mart.