Le Mieux est l

Le Mieux est l'ennemi du bien. (Signé : de Beaunoir.)

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21 pages

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Corréard (Paris). 1819. In-8° , 22 p..
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Ajouté le 01 janvier 1819
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Langue Français
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LE MIEUX
EST
L'ENNEMI DU BIEN.
DE L'IMPRIMERIE DE DENUGON.
LE MIEUX
EST
L'ENNEMI DU BIEN.
« Le voeu le plus cher à notre coeur,
» c'est que tous les Français vivent en
« frères, et que jamais aucun souvenir
« amer ne trouble la sécurité qui doit
« suivre l'Acte solennel que nous leur
« accordons aujourd'hui. »
( Louis XVIII, Charte conslit. )
A PARIS,
Chez CORRÉARD, libraire, Palais-Royal, galerie de bois.,
n° 258 ;
Et chez les Marchands de Nouveautés.
1819.
LE MIEUX
EST
L'ENNEMI DU BIEN.
QU'UN pair issu d'une famille noble, dans la
force de l'âge, fier de son origine, puissant de
son éloquence, brillant de ses paradoxes, su-
perbe de la variété de ses écharpes, sonne le
tocsin d'alarme, s'indigne du repos et se fasse
chef de ligue, je n'en suis pas surpris; je re-
connais l'aristocratie regrettant ses privilèges
anéantis, et ne pouvant se résoudre à en faire
le sacrifice à la nation qui les a détruits.
Qu'un pair, né plébéien, dans l'âge qui per-
met le repos ; toujours modeste, toujours ami
de l'ordre ; qui, de simple employé dans le ca-
binet d'un ministre de Louis XV, devient se-
crétaire d'ambassade, ambassadeur en Suède,
(6)
en Suisse, en Angleterre, directeur de la répu-
blique; transporté à la Guiane, rentré en France
au 18 brumaire, sénateur-comte de l'empire,
pair-marquis sous le règne de la légitimité ; qui
n'a dû son élévation progressive qu'à la conti-
nuité de ses vertus, qui n'est riche que de l'es-
time générale, jette en pleurant, à la fin de sa
carrière, le brandon de la discorde sur une pa-
trie qu'il a toujours chérie, toujours fidèlement
servie, voilà ce qui m'étonne, voilà ce qui m'af-
flige, voilà
L'estime profonde que j'ai pour les vertus
civiques et particulières de. M. Barthélemy me
modéreront dans l'examen de la proposition
qu'il a faite, le 20 février dernier, à la Chambre
des Pairs.
Quel intérêt, me dira l'égoïste insouciant,
vous attache au sort du peuple? Etes-vous pro-
priétaire; commerçant, patenté? Non. —
Etes-vous député, éligible, électeur?— Non.
— Qui vous force donc à prendre la plume,
quand soixante-treize hivers ont glacé votre
main? Ils ont pu glacer ma main, ils n'ont
pas refroidi mon coeur. Je suis Français; j'aime,
je respecte.mon Roi ;.je suis fier de ma nation :
malheur à celui qui n'existe que pour lui , qui
(7)
voit le terme de son existence dans le tombeau ,
qui ne s'élance pas dans l'avenir ! Si,un seul
mot peut être utile à ma.patrie, pourquoi né le
dirais-je pas ? Tant d'autres.....
Louis XVIII, en remontant sur son trône ,
occupé depuis huit siècles par ses aïeux , en a
rassuré les bases en en posant lui-même les bais
rières.
Il a donné volontairement et de son plein
gré à son peuple une Charte qui, par l'accep-
tation de la nation, est devenue loi d'état cons-
titutionnelle.
Le Roi s'est réservé la puissance executive
(art. 13);
Il est le chef suprême de l'Etat, (art. 14);
La puissance législative s'exerce collective-
ment par le Roi ,la Chambre des Pairs et la
Chambre des Députés des départemens (art. 15);
Le Roi seul sanctionne etpromulgne les lois
(art. 22);
Voilà les bases fondamentales de la Charte.
Voici les articles organiques :
La Chambre des Pairs, est une partie essen-
tielle de la puissance législative (art;.24); r
La nomination, des pairs de France appar-
tient au Roi ; leur nombre est illimité; il peut.
( 8 )
en varier les dignités, les nommer à vie ou les
rendre héréditaires, selon sa volonté (art. 27) ;
La Chambre des Députés sera composée des
députés élus par les collèges électoraux, dont
l'organisation sera déterminée par des lois
(art. 35);
Aucun député né peut être admis dans la
Chambre, s'il n'est âgé de quarante ans, et s'il
ne paie une contribution directe de mille francs
(art. 38);
Les électeurs qui concourent à la nomination
des députés ne peuvent avoir aucun droit de;
suffrage, s'ils ne paient une contribution di-
recte de trois cents francs, et s'ils ont moins de
trente ans (art. 40).
D'après cette organisation du Gouvernement
français, réglée par la Charte,
Le Roi naît Roi; il acquiert en naissant tous
les droits de ses aïeux; il les exerce nominati-
vement, même au berceau ;
Les pairs, honorables restes de la noblesse
antique, sont faits par le Roi;
Les députés sont choisis par les électeurs ;
Les électeurs sont les vrais représentans du
peuple; les députés ne sont que leurs manda-
taires et leurs interprètes.
(9)
En donnant aux Français la Charte constitu-
tionnelle , le Roi avait déclaré que l'organisa-
tion des collèges électoraux serait déterminée
par une loi.
La session de 1815 en fit sentir toute la né-
cessité.
En conséquence, le 29 novembre 1816 ,
M. Lainé, ministre de l'intérieur, la présenta
au nom du Roi à la Chambre des Députés ,
comme la plus importante des institutions qui
se rattachent au système représentatif.
La Chambre des Députés la discuta, y fit
quelques amendemens, et l'adopta
Alors, elle l'adressa à la Chambre des Pairs,
Le 29 janvier 1817, M. le comte de Lally-
Tolendal en fit le rapport à la Chambre, et an-
nonça, au nom de la commission,
« Que la loi était pure dans son principe,
» Nécessaire dans son but,
» Sage dans ses moyens. »
Le noble pair conclut à l'adoption pure et
simple de la loi proposée par le Roi, et adoptée
par la Chambre des Députés avec tous les amen-
demens, sans un seul de plus ni de moins.
Le lendemain 30 janvier, la Chambre adopta
tous les articles du projet, ainsi que les. amen-