Le quatorze juillet mil sept cent quatre-vingt-dix, ou La fédération de la ligue contre Louis XVI ([Reprod.])

Le quatorze juillet mil sept cent quatre-vingt-dix, ou La fédération de la ligue contre Louis XVI ([Reprod.])

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47 pages

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[s.n.] (Madrid). 1790. Quatorze juillet -- Ouvrages avant 1800. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Ajouté le 01 janvier 1790
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Langue Français
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r, r
QUATORZE JUILLET
MIL SEPT CENT QUATRE-VINGT-DIX,
o u
LA FÉDÉRATION DE LA LIGUE
CONTRE LOUIS XV!.
Monarque fainéant, mortel fans caractère,
Sénateur p!cbe'ïi;n, mauvais roi, mauvais pcre>
Signez donc les forfaits & les assassinats
Des ligueurs réunis pour piller vos états!
discours AU roi, rage 6.
A MADRID.
179O.
A
< LE 14 JUILLET 1790,
OU
FÉDÉRATION DE LA LIGUE
CONTRE LOU IS X VI.
0 paris Reine du monde, 'centre du crime
&de la vertu', ç*©ft dans ton fon que Mayenne
& ta ligue ont formé leur» terribles complots!
(;'et'\ dans ton fein que fut égorge le meilleur
de nos princes. ̃'̃&'̃
Louis tremble pour tes jours; Nos Ravail-
lacs -font rdun'u. ils marchent à l'autel des
furies.. il* vont te traîner au milliëii d'eux r.
fi les tytans fontii$ hydres que dieu envoie fur
la terre pour ddvôrer le» méchants. leur Ci
kw ne tombe que fur quelques fang-fues avi-
des qui ëpuifei^t les fidèles fujeU; taiais un m
narque foib!e & faîne'anteft un pilote imbéci e
qui fomeillè paifiblem^nt fur fon bord quand
l'orage mugit au loin. tes vents fifHeét, 1« voi-
les' sont déchirées, l«s ftots fe mutiheit & l
(O-
abymcs ouvertes ont le vailTeau. O ma
patrie! voilà l'état tftfreuk du ta rédui* Louis
XVI. & indigne
/Époufc qui dans fon lit..
p;ioce ofe-tu bien te réunir ?
nos tyrans jour (igner avec eux le patte de leur
révolte, de nctrc malheur ci de leurs Iniqui-
tés Ne ctains tu pas que Henri, fortant du fein
des morts, ne .vienne te reprocher l'ignominie
dont tu couvre fa ccndf«.deux I^meths, jeu-
ncîbarbbns & ignorans, un Robefpierre, ruin^
dl débauches, un comte de v,;l c,f-
pion couvert de fang & d'iniquités, un Philippe
d'Orléans; enfant d'ui)e union illégitime tf.
̃ monrtiueufe, un Bailly, pédent rhéteur m^(.
hiilut avare 6c jnfolcnt, y.n Pethion-de-VilIc^,
ntve, dont la voix étouffée dans 1<? barreau"
cliartr.iin milieu du ma-
admire fans, le comprendre» un la Fayette!
tir» la l'ayetie. trop heureux autrefois de de-
pofer à tes pieds les lauriers qu'il
des rebelles; & de baifer çn
cies du tj^ne qu'il viqnçde rervverfer aujour-
d'hui. Voilà donc les: tyrans qui
o>
A'
des loix (t) deja l'autel s'élève, la foudre gronde
envain fur les coupables tètes des ligueurs ),
rien ne peut les détouiner, de leur etnreprife-
Le» fermpes ëchcvelées & confondues avec .la
plus- vile populace ce'îebrent leurs fatvrnales.
Ces aimables nymphes couchées fur le duvet,
dort les doigt* mignon* craignoiem de cueillir
la rofe arrachées de leurs ,palais & des bras de
leurs amants font traînes dans la /ange Se
.livrées à. la, bmtale*pa(lion de la Fayette &d©
fcs foldat«.on.dh même que plu^'une Diane,
profita de ce défordre patriotique pour trou-
verson'çndiRiipn.Les canr.es, •letçapucins, les
recolkts. tous les lubriques ceiib'ataiiés morti-
fies depuis loug-tcrfips fous, la haire par la
E!"ope »yx Atïidnicnt A nous arôns un rnonîrquc foumet-j
tons nous i fes ioix /ans murmprer. Cette fable devicnl
jujutjtd'liu! une vérité incontefcble pour l'Univers j
fiinuîicre ie roi nou< voulons brifci-
l'idole, &.le ciel nous envoi* o'or.ze cents liydfcs.
r [â*| \a 5 k le 6 juillet tous les prêtres av «c les cour
tifaet's.-ks foUns, le* croclieteut», la Fayette, & le;
vagabonds. de Paris fe re'.unirect malgré la pluie; & fi:
tenaDt fous les bras, ils.fe rendirent au champ de Mar >
pour elever la famùilc tour de Bêbel.
( 4)
difcipline de faint françois chantaient de grand
Chanson patriotique faite au champ ai Man U $
juillet 1790, par pn Carme déchaussé.
Vers a hôte ».
Viens ma charmante bergère
Travaillons .à l'unissons,
A l'école de Cytiicrc
Je veux prendre u2c lccon. ti%.
L'ii MoiKti,
Troussons nos trocs & brûlons ros cilices,
En jurant tous de vacquer tour-à-tour
AU doux plsifir, tux téndres exercices
Du cliatup de Mar« êcdu dieu de l'amour.
Unt JEVHK ¡¡ NON £.
Dan» mon joli petit couvent
J'avo;s un fanfonnet eJiarmant
Je l'aimois mais il fut volage,
J'ca mats un autre dans fa cage.
U H C A R M I.
Bravons la tempête & l'erage,
Btavons les Dieux h leur courroux
Iris avançons notre ouvrage
Pont cci Dieux te moritr<nt jaloux., &e. &<.
A a
Enfin tout et1 preft, & dans quelques heures
le foleil va éclairer nos forfaits. Déjà la nuit
vient voiler l'univers; le crime & fes nombreux
minores font renferrncs dans les faflueux palais
de Paris. C'eft le camp desRutuéles; les Mézerfce.
ou les, la Fayette & fa cohorte font plongés
dans l'yvresse. Chaque député plébéien, vient
de payer Ce) louangeurs, & le vin a fait oublier
au peuple le poids des chaines que lui ont don-
né <?ou?e cents roitelets Aimable Antoi-
nette, qui joignez les grâces aux talens,vous
rougissez d'être confondue avec ce peuple que
dieu avoit fournis à vos loix &. comme il a
tout à redouter de vos lumières & de votre
génie, il aims contre vous le menfonge & la
calomnie la plus cruelle; m*i* envàin itJ merce-
naire auteur de la france libre, ofe vota nom-
^&e pourra di'tromper la po^ritd Elifa|)eth fut
digne de porter le feeptre, & nous, efpc?rons que
malgr9 »os ligueurs, Maric-Antoinete faura re-
conqucrirla France, venger fon époux & raf-
fermir le trône où doit monter ce jeune prince,
que Philippe & la Fayette voulurent étouffer au
berceau.
O Mufe! trace arec moi fur les rrlarbresôc fur
(6)
l'aitain, teiparolles fublimes que notre. augufle
ifouvcraine, adrefso à Louis, quand lé fénat le fit
avertir le treize juillet, que tout étoit prêt au
champ de mars, Çc qu'il eût i s'y rendre le lende-
main, pour fignerfon efchvage. • •••
Lou'i, obéissez qùand le fénat l'oreonne
'Dépotez a fes pkeîs lé fcepfre & la couronne;
Laî<ie?-?ôus eochaWr fans rlclamer les loi*
Li payctte & Pl'i'ippe ont conquis tou» »fts droit;.
Monarque fiin^int mortel fans carsflere
ScnJteur plébéïcn, mauva's roi, otautais père,
Signez Jonc les forSsk» & les assassinats
Des Igujurs réunis pour piller vos t'iar»!
Au travers de ces murs teints de fang 5c <!e crimes
Knlendez-vous les cris de ces relies ri^mes
DoDt 1et plairtives voix du fond d« Jeun toinb»3ux
A l'unirert furpris <?e'tjoi>ccnt leurs bourreaux?
D'Aiguillon trop toonu fomun deli»M perfide,
.Vottloit cacher ton fexe & fon glaive honiiçide
Vos foldats & les mieos ont détourné les ;coups
Que ce perfide Ifmao dirigeoit contre nouf.
La Fayette avec lui contemploft \t carnage
Et dennndoit la paix en excitant l'orale;
Je conoois leurs complots; j'ai vu ces facTteux,
Cîs tigres affama dépeçant fous nos yeux
Ces hc'fos intmorteb qui places près du 'trône
Du rempart de leur corps défendaient nia perfonne.
Le monarque attentif! ces mots, garde un
(7)
A4
fon épouse et son
fils d'un air attendri. Il voit l'abylne, où la
France eft ploBgéeî il entend gronder l'orage
mais fcmblable au voyageur glacé d'effroi quand
une nuée obscure commence à voiler le ciel &
que l'éclair sillonnant lé nuage, lui. biffe en-
trevoir par intervalles la route qu'il doit suivre;
rtfte immobile & croit fc {ou!\raire 1. la
fou.dre qui éclate fur fa tête ? « Chere awie
» dit-il que veux tu que j'entreprenne ? i\
foutenu les efforts que vous avez faits pour me
venger, et tout autre prince que moi eut peut-
cire allumé la guerre civile. Que de périls
», Vcnviro.meat? Orléans fatfaitchancder gnon:
v tïône i le peuple l'avoit déjà nomme roi (i) ,j
& je ne craignoss rien tant au monde que
»> deme voir loigne de mes fu jets Chcrc:
(1) Jean Plii'ippe due d'Or!é»nf dont la t?ba!< tft fi|
-connus, fut nomme roi pendant trais jouts, quand il vintj
•nnnnccrau f>aU!s-royal «t tout Paris, nue le le odrirta.n
4 juillet tout ferait en feu dans la ca,)ita!c. Cc joer A
̃fans f< «Je enrobe, dont nous célébrons rafl.nivrrftire c
conitet cWmJr^iis, ces prétend\$ cnueiAî» n'éto-tnt qu
Ici que iiou> » «ufe de
maiitursqu
(8)
amie, que!» Soient vos dèfleîns ? La vé*
»> rite n'a pu percer jufquâ rnoi La Fayette
» pie tient dans les fers, & je le dis en trem-
biant. Je ne ia;$ où fuit où me cacher
pour me foult.aire à la ra^e de mes peiftf-
cuteurs 0 ciel, j'en fiémis Moi fif;ner
» ce p*fk que font mes fjjets pour me ravir
» mon autorité Moi <J»vemr l'égal de cette
Vite populace Non, non, chere Antoi-
» nette mes larmes effaceront la honte que
» ma main doit tracer ».'A ccs mots, Antoi-
nette enibraiïant (on,ils, le prefle contre fon
feir», & profete quelques mots entrecoupés de
fan&ïoii. « Cher enfant, tu devôis comman-
n der à ce peuple qui vieutde nous enchaîner;
♦> captif dis le berceau, quel fera ton fort quand
» cet infâme fenat, après avoir bouleverfé la
monarchie, aura fait figner à ton père nôtre
»♦ cfclavage oc l'arrêt de notre mort. Hclaî,
mon fils, tu me preffes dans tes bras.
» Innocents viftime dudefpotime delà Fayette,
d'Orléans et du fén3t. Je redoute ce jour
fatal que le 14 juillet me rappelle d'é-
o poqucs fanglantei 0' mon époux au
n nom de cet enfant. au nom de mes malheurs
n & des vôtres au nom des Français qui ge-
(9)
» miffcnt de l'état aiïrcu* où la licence nous-
a rcduittclcignons-nons'dcces licux.Un Uour"
» bon .ell-il fait pour fc plier aux caprices in-
o fentes de quelques féditieux ? Vous frémifTe?.
o de ce confeil Henri IV n'a-c-il pas
» reconquis fes fujets ? Ce prince dont la
» France bénit le règne les fe*
» cours qu'il reçut de fes voifins ? Il étoit la
>» père de (on peuple, & il verfa fans remords
le fang de» ligueurs il confondit Mayenne,
& les plaines d'Ivry font les champs de fa
» gloire. Son prédecefleur fut viflime de
»> fa clémence; & l'erreur qui arma Jacques*
» Clément contre fon prince, vient aujourd'hui
x de. faire adopter fes dogme* aux lâches en-
» nemis de notre repos & de notre gloire
Louis s'éloigne a'ces mots il désiroit
pouvoir suivre ces plans. Mais qui le aècon-
deroit dans ses entreprises? O Louis! il
est trop vrai l'univers t'abandonne. Au-
guste monarque je ne suis point dénombre de
l;s enfans rebelles mais que puîs-je contre les
^tfiieux qui rehverfent ton trône? Je fuis né fous
la\:liaurniere,& levain mot dV%alit4 n'a jamais
^Oubls le bonheur d« înavic. Il n'yadVgaux
fur la terre que Louiî XII Henri IV & Louis
( ïo)
XVI Elifabeth', Chrifùnc & Antoinette
Alexandre, Charles XII & U>w XIV Cor-
neille & Racine Voltaire & j. J. Rouiîcau.
Les Montmorency peuYent fe confondre avec
la populacC, ils n'en defeenrfront pas moins 'do-
cette noble famille que la religion & l'empire
recdnnoîfront toujours pour leurs premiers dé-,
ienfeurs. sBajlly.Thouret/Barnave, Chapelier,
Gerard,& .<. font dgaux.pdurle mérite & pour
la natflance à np» Jeari Batt, nos Carra, à nos
G«rat il i?os Mafat I nos abbés Noal à notre
gazetiereflcùirâffé, ¡ notre républicain J. Bei-
gemont ,'i.m>î H^fros du Pc^rt-au-bled à nos hé-
Halle, ¡' la nation dont la main
dégoûta éhcote du ftng(i) des défenfeurs
înon.a/qu» fk de son augu fie famille.
Mais vous .tous que ce décret outrage vous
que la fur les marcher du
(i) Il y a quelques jours on At une niotien su e!ut>d<î
Jacobins pour engager )ce municipalités du royaume
tivoyer a h téiCmha du 14 ju'Hct les citoyens qui
cUroicrrt ̃ ptffîtîa ou ^gor^l Quelques •riAocratcs Ti
iront au émtipie Mu» iitûils éet vlitmni glorieux
teints MoSîau'tân Vsience ( C$011
I#yoa, N>fcytrl ftflrtqt.ajr.i *3 .çiiljf, CtU« motioa
(n)
tsône; lâches Sardanaples, jufquà quand fçltere/-
vouscouchés fur des lits de rofe ? Les myrthes de
Vénas font-ils plus verds que les huriers deMars?
Les Satrapes fuyoient lâchement, quand Darius»
à Arbelle difputoit à. Alexandre fon trône &
Ion empiçe. Si les dcfcendans des Crillons des
Condé des Conti des Bourbons font énervés
& anéantis par le luxe & l'indolence qui vea-
géra Louis ? Tendres beautés qui tenez Mars en-
chaîné vos pieds dérobez â nos héèos leuft
glaives & leurs armures, vengez ces guerriers
qui ne favent plus` que craindre & foupirer
Chapes VI1 n'a pas rougi de devoS^ fa couronne
à l'intrépidité d'une héroïne des femmes ou
plutôt des furies ont enchainé Louis XVI; que
des hérpines l'arrachent de ce honteux ecchot
où la Fayette & fss fuppotî le gardent vue.
Médce fçut endormir le terrible dragon qui gar- ,̃
doit les trésors du champ de Mars; Ariahe fauva
donna lieu 1 ce quatrain qu'on pèopofe de mcttre m
liaut du cirque
Vainqueur» des graeds & du monprque,
Nous a*6ns eonquii tous leurs 'droits;
JEe bientôt dans la Comïu baique,
Nout les KHttroDS tous la fois.
̃('»)
Thcïécdc la rage du Minotaure &des dangers
du labyrinthe, Voulue les ris les grâces &
l'amour accompagnent, ne rougiflez-vous point
d'être confondue» avec les lâche* oppiefleurs de
vos amans & de votre prince ?
Les dames romaines vendirent leurs diamants
leurs bracelets pour foutenir la république,
que les nobles franççifcs fondent leurs bijoux
pour racheter leur monarque [ i ] ou plutôt que
les nobles" & les prélats le. réveillent Dieu a ddjà
exaucé le£ vteux de fes minores; la famine de-
/ole l'cmpire, la guerre s'allume dans l'Europe
& tout feinble concouriraux voeux du monarque.
Qu'attendei-vous pqur repoufferceî infolem pli-
béïens ? Fiudfa.t-ilquôleiLamcrh & lesÇlia-
pelier mettent votre tète à IJ'encjiA pour vous
y animer, & pour opérer le bonheùr de la Fian-
ce ? Tarde* encore quelque tems, & ce peuple
qu'il étoit fi facile de dompter, quand il c<j»rr-
tnençoit briferle
pote aujourd'hui va ramener le cahos, & bouU
[iJL'auttur a-t-JI oublie que les 6'oux du palais ro rai,
8u P©Dt.Neuf&de IVssembk^ du rvunege leur ont W-
(Note de l'cdlreur.)
<*3).
voifer le monde [i], Vaillant Condt\, vos ayeux
rallièrent des troupes contre leur roi & vous ne
pouvez roùvcr des détenteurs â Louis. Phi-
lippe d'Orléans, imitant la Montpenfier, f^ffe
gronder la foudre fur la tête du monarque; il
nous reRe encore de; defcendans de/Turenrie
de Vauban,de Catiiat& de Lowendal mais
toi noble fils de Crillon pends toi Louis
cet dans les fers; ou plutôt accours
délivrer le monarque & fcs fidclcs fujets. Que
fais-tu, Louis? la mort [2J marche à tes côtés
'Prc'diction dt 1790.
(t) Si dicu ne fout aide à dissoudre l'asscmbjc'e na-
twfiale, & à unir Çci lioontieux parîifjns, les nations
éblouies par les fausses lueuri de la liberté vont bien-,
tôt imiter nos ièfotitct: Avignon, le Bràkitt & 1'Éfpagne
font en feu. Le nu! ee commence qu'à fe f*!re fentlr
mais avec le temps & l'exemple de nos députés il fera fes
ravages & nous «nlcveri même jufqu'à l'tfpe'ranc^, cou-
fb'aute image du bonheur «jui s'enfuit pour jamais.
f>J 1a Fayette, Phifippe, Bailly & l'infâme lïnat
préparent notre monarque à dire ton iw manus. Le 3
juillet on a trié dans tout Paris: voilà le monftre arrête
A la porte des appartenons de fa majefté, forçant la
fentineKe & marchant vtti Je foi avec deux piftolet j qu'on
(
O toi qui Veille fur ton empire & fur ton fils
vainqueur du Rhin, immortel héros ouvre les
yeux des François & protège Louis contre fes
âflaffins. En attendant ce funèfte moment
notre monarque couché fur le duvet, femble
repofer fur dn lit d'épines tout l'agite» i'tn-
quiete, le tourmente, le déchire; il n'ofe ap-
peller le fommeil qui fuit loin de fa paupiere
il croit à chaque inftârit entendre fe* ayeux lui
reprocher la honte qu'i! fait au nom des Bour-
les portes du palais s'ou-
vrent avec fracas les gardes faffij d'effroi font
prorternes en fiknoe aux pieds de Louis XIV
ou plutôt du dieu tutelaire de cet empire, qui
s'avance jufqu'au lit de Loui*. -Çicli S'écrie le
monarque! que voiï-je– qui cs-:u ? 0 ciel, c'eft–
Ecoute uon' fits dit le vainqueur du Rhii), je
a trouvés dans Tes poches. • Digne rcjctton de Henri,
ton boa eccur & tes infortuncs te reprochent de ce 1) :ros
e peine tut-il tr'oniplié de la li(^ue, que le fi!» d'un riche
marchand de Paris, »mi de Mayenne, frappa cetaugufie
virage que la guerre & la li^uaavoient refpeflé Ci Jbn»-
t«mpr. Si ton assassin avoir ma! ai^uifé fon ftifet re-
doute ce jour fatal cù tu fign^rfls avec lui ixttèim'&f. S<$
(
viens t'apprendre ton fort je gouverne cet em-
pire, & la France foumife à mes loi* vit fleurir
fous mon règne les arts & les feiences. Le com-
merce vivitioit cet e'tat prefqueenfeveli aujour-
d'hui dans une molle indolence la guerre que
j'ai ft» terme pendant trente ans, fitcouler bien
des larmes ce Son peuple mais j'ai fu les
cfiuver, j'ai fu maintenir les loix, j'ai réprimé la
ligue des factieux, qui confondoient la licence-
avec h liberté J'aimais inon peuple, inais
je me fuis toujours regardé comme le pere d'une
famille nombreufe & fi chez les nations tes plus
barbares [ij un père a droit de décider du fort
de fwsenfans un roi dans un état monarcliîquô a
lui feul le pouvoir de difler le* bix aux rebelles,
cei fafticux ont bientôt fecoué le joug, quand u»
CO Un monarque cft vciitablemer.t père d'une t&m-
lre«rc fan:ille; & fi nous confiions JescoJesIct plus an-
tien», nous y verre ns c4ue 1ei rois ont eux fivh le droit
dïub.ïr et; nincb lclx & de reformer !es a' u;; la nation'
«n <oij)s n'eft ri n autre cliofo qu'une troupe d'enfans q«[
j-ritnt leur pere dj vou!olr bien adoucir Itur maux. Si dans
1'urdre dr 1a freietc un j^ere ne ces>;e jamais d'avoir droit
fur Jcs cnfsns en quelque %e «c en quel nonlbre qu'ils'
fo'ent comniea't un peuple pourroît-i! faire la loi à ion'
fc'Uvmîn?
(i6)
roi tremble de les Punir. Mais fi la licence les
rend criminel» ta lache complaifancé n'eft point
éxcuïable Des millions de Français trempent
leur pain de leurs larmes; le' reftè de -es
/ujets.fans appui, fans telfource pouffent dès cris
plaintif* dont ton cœur eft déchiré.Des milliers
deviâirnts font immolées la feula gloire de la
liberté Ah mon fils la France eft anéanne,
,fi tu ne diffous cet infâme fénat.Sois lourd aux
cris de ces ligueurs forcené* le ciel les a maudit
dans fa colere; l'abyme eft ouvert fous leurs pas.
L'Efpagne, l'Angleterre k l'Etnpire vont faire
flotter leurs drapeaux, & fe liguent aujourd'hui
contre les rebslles.pour reconquérir ton trône,
O mon pere Quoi je puia raie. flatter de
goûter la paix & la liberté
Je pûis encore arracher mon tceptre des mains
de mes tyrans confolante idée he'las
j'cuffe mille fois mieux aimé naître fous la|h>u-
miero que fous les lambris dorés mes enne-
enis tiennent fufpendu fur ma tête le glaive de
la mort, depuis quatre ans, ils forgeoient [les
chaîneidont ils m'ônt chargés depuis quelque
honte, viens jurer par mes mânes de v<nger
l'affront que ton peuple fait à ma cendre. Hé-
las,
il
las mon père dit Louis mes tyrans veillent
jour & nuit, mon Palais ta environné de ba
taillons. -Marchons ces mots, une porte
s\>uvrc«<ux ordres du dieu de l'empire. Ils s'é-
tonnent grands pas déjà ils approchent' de ce
lieu où les arts & l'hiftoire ont tranfmis â nos
neveux la gloire & les exploits de ce héros £ i3«
Et] François, nation vi!e & rampante, quand ce«se»
ras-tu de mutiler la vérité. & d'adorer l'erreur & fa
isuCuhkt niiniftrci? Ce roi puissant & immortel qui
déclara- que tout franco!» ¿toit (on égal fan$ le palais
de VttfiWki ce dieu du génie & des atti efi foul4
aux pieds par le peuple. He"ros que l'univers adore j<j
te dirai toujouis avec un des gdnics de ton éede:
Qui peindra les beaut trait» de ta gloire immortelle?
Le pinceau tremblerait e otr» les maint d'Apelte.
Leimuref & les arts, tout parle de L«uis:
Si nom n'avons pu voir tes exploits inouï»
Nous lu avons appris, nous pouvons les écrire,
Et nos oeteux du moin» pourront encore les lir*.
on a muti!» les Ttitues de la place des Victoires j mais et
monu nent cft grave dans le coeur de tous les nobles fran*
cois; U nous pouvons appliquer à jufte titre i'a»emb!e'«
irtîtionale, ce que Mercier di'bit de Voluice. Elle n'a
vote'u sn^ânr ir la religion & les grandi homme' que pour
«voir «Ses Jute:. & des teniples rujij ces reptiles i>root un
jour la pliure des aig!r & le génie fera r*n»r«r dan. le
néant informes pijnj^«i.