Les Administrateurs du département d

Les Administrateurs du département d'Ille-et-Vilaine aux citoyens du même département. (17-18 juillet.)

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Vve Vatar et Brûlé (Rennes). 1793. France (1792-1795). In-8 °. Pièce.
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Publié le 01 janvier 1793
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Langue Français
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A
Lr&S ADMINISTRATEURS
ê]U DÉPARTEMENT
^TLLE ET V 1 L
'Aux Citoyens du même Département
CITOYEN S,
Nous avons vu la liberté dans un danger
imminent,' & nous nous hommes élevés auffi-
tôt contre ceux qui prétendoient nous asser-
vir. Nous vous avons fait part des mtfures
qui nous sembloient propres à faire échouer
les projets des nouveaux Defpores qui ef-
fayoient- de s'établir sur les ruines de la
Royauté, & vous avez donné de mille ma-
nières , votre approbation à ces mesures; mais
plus notre vigilance est devenue redoutable,
pour ceux qui promettoient de nous surpren-
dre & de vous opprimer, plus ils se tour-
mentent pour se débarrasser de notre trop
fidelle surveillance; ils sentent que, tant que
durera la confiance que vous nous avez té-
moignée , toutes leurs tentatives seront vaines ;
2
en conséquence, il n'elt aucun moyen qu'ils
n'emploient pour l'altérer.
1 Tantôt ils répandent par leurs émissaires
que tout va. bien ; tantôt ils font dire à d'au-
tles que l'on ne peut se difiimuler que l'ordre
public a été troublé , mais que nos mesures
ne tendent qu'à perpétuer ce trouble. L'appât
du gain, l'appât des places , l'animosité , la
haine, la calomnie, l'amitié même, il n'est
pas de passions qu'ils ne flattent pour vous
agiter & pour vous surprendre. Tour est per-
du , Citoyens, si vous donnez dans leurs
pièges.
Oh ! comme ils font criminels ou peu ins-
truits, ceux qui prétendent que tout va bien.
Quoi ! tout va bien ; mais la Convention a-
t-elle été libre le 2 Juin ? Non, certes , puis-
que la Commune de Paris a osé lui diéter des
Loix à la tête de cent mille hommes en armes.
Quoi ! tout va bien.. ,
, Mais la Convention est-elle libre actuelle-
ment ?
Non, certes, puisque la Commune de Paris
intercepte & soustrait toutes les pétitions,
toutes les réclamations qui ont pour objet de
faire réprimer ses aitentats. ;
Quoi ! tout va bien.
.- Mais sommes-ncus libres nous mêmes ?
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Non ; certes, puisque, par l'effet d'une
tyrannie, dont. le despotisme ancien n'offre
même pas l'exemple, la Commune de Paris
eie fupptimer toutes les lettres, toutes les inf-
trudions qui tendroient à nous éclairer sur ses
forfaits & sur le véritable état des choses.
Non, la liberté n'existe pas, quand la Re-
,. pféfentation Nationale, à qui le Peuple en
a confié le dépôt, est violée; quand une
Section du Peuple ose mettre fort vœu à la
place de là volonté générale, & arracher des
Loix .par la force ; quand des Tribunes in-
solentes & fiipendiées, viennent mêler leurs
vociférations aux Délibérations des Législa-
teurs, & les couvrir de leurs huées sédi-
tieufes.
La liberté n'exifle pas, quand une faction
couverte du fang versé le 2 Septembre, en-
graissée du pillage du Garde-Meuble, vient,
le poignard à la main, casser la Commission
chargée de poursuivre ses crimes , arracher à
la Représentation Nationale trente-deux de
les Membres qu'elle désespère de corrompre,
& annoncer qu'il faut un Chef à la Nation.
Et nous Français , nous souffririons tant
d'audace! Nos réclamations ont été vaines ;
des Députés chargés de porter des paroles
de paix, de présenter les" alarmes du Peuple
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a Ses Représentans, font livrés au Tribunal
révolutionnaire; à ce Tribunal dont l'établis-
sement, détruisant i'inftiturion fainte des Jurés,
soumet nos Départemens à la Jurisdiction de
Paris; à un Tribunal qui condamnera la
vertu, après avoir absous le crime dans
Marat.
Dans ce profond oubli des droits du Peu-
ple, la résistance à l'oppression étoit le plus
suint des devoirs. D'une extrêmité de la Ré-
publique à l'autre, un cri d'indignation s'est
fait entendre; Marseille, Lyon, Bordeaux,
la Normandie & la Bretagne; plus de soixante
Départemens se font levés ; les Républicains
<lu Nord, de l'Ouest & du Midi, font en mar-
che , & se disputent l'honneur de porter les
premiers coups à la faction contre-révolu-
tionnaire , & de raffermir la fiatue de la liberté y
ébranlée par l'anarchie.
Peut-être, disent les agitateurs, leurs agens
& leurs dupes, les Députés dont on a pro-
voqué l'arrestation, étoient-ils coupables?
Mais la Convention, dans sa liberté, ve-
noit de déclarer calomnieuse l'inculpation por-
tée contre eux par la Commune de Paris.
, Comment donc se fait-il qu'on les condamne
sans les entendre, sans entendre la Commis.
sion des Douze, & qu'on écarte de jour en
5
jour le rapport du Comité sur l'acte énonciatif
de leur crime? Ah! croyez que, si l'on en
avoit eu à leur reprocher, la fadion eût saisi
avec empressement ce moyen de motiver sa
conduite.
Il ne peut donc y avoir que des hommes,
que des passions ou leur intérêt aveuglent,
qui ne veuillent pas voir que la Commune
de Paris a évidemment commis un attentat le
2 Juin , & qu'il est instant de réprimer cet
attentat; que, si on pouvoit douter de ses
vues ambitieuses & de la perversité de ses in-
tentions , lorsqu'elle s'ell portée à un pareil
attentat, il ne faudroit que suivre sa conduite
subséquente.
En effet, ne domine-t-elle pas le refle de
la République , lorsqu'elle ne lui Iaiffe paffer
que ce qu'il lui plaît ; lorsqu'elle ne reçoit d'elle
que ce qui lui est agréable , que ce qui flatta
ses vues & alimente son intérêt ; lorsqu'elle
se fait délivrer des sommes énormes pour que
ses administrés mangent à bas prix & aux
frais publics, une denrée malheureusement trop
chère par-tout ailleurs, & pour être dans le cas
d'envoyer & entretenir dans tous les points de
la République, un grand nombre d'émiffdires ?
Si les Officiers Municipaux de Paris n'avoient
pas à craindre la vengeance publique; si les
i)
Membres de la' Convention qu'ils ont trompés;
ou corrompus n'avoient pas intérêt à empêcher
tout éclairciflement, les. aiuoit-on vu s'op-
ppfer de toutes manières , aux risques même.
de perdre entièrement la chose publique, à ce
que la force armée se rendît auprès de la
Convention ? Nos. Freres de tous les points
de la République, ne font-ils donc plus les"
Freres, les égaux des Habitans de Paris? N'ont-
ils plus les mêmes droits, les mêmes avan-
tages à partager, les mêmes charges à sup-
porter ? Si c'efl un avantage de se présenter.
en armes près les Membres de la Convention,
pourquoi nos Gardes Nationales n'en joui-
roient-elles pas ? Et si c'est une charge, pour-
quoi ne la partageroient-elles pas lorsqu'elles
le defirent ? Un droit exclusif, ou une charge
exclusive, doivent être choses inconnues parmi
des hommes vraiment égaux & libres.
Inutilement donc des hommes salariés ou
intéressés à ce que le désordre subsiste, vou-
dront calomnier des mesures prises dans des
intentions pures, sollicitées ou approuvées
de la plupart d'entre vous ; ils -ne parvien-
dront à tromper que ceux que leurs passions
préoccupent, & dont l'erreur ne- fera à-coup-.
sur que passagère mais il peut se présenter
des mesures nouvelles à prendre; & dans une
7
situation où il n'exifle pour nous aucune règle
certaine. Nous avons un jufle sujet de craindre
de nous écarter de votre vœu ; il nous im-
porte donc de le connoître à chaque infant.
Nous nous sommes engagés vers vous en ac-
ceptant la confiance honorable dont il vous
à plu nous entourer, à faire les premiers tête
à l'orage, à vous donner l'éveil sur vos dan-
gers, & à porter le premier poids du fardeau
de la chose publique. - —
Nous croyons avoir rempli nos engage-
mens ; mais dans le moment d'une crise vio-
lente ,quelque foit notre courage, nous avons
besoin de lumières ; nous vous invitons donc
avec instance à nommer un Député, foit par
Commune, foit en donnant des pouvoirs
suffisans, à celui nommé par une autre Com-
mune , qui, avec un Membre de chaque Ad-
ministration de District, que nous invitons éga-
lement à venir se joindre à nous , vienne en
votre nom concourir à tout ce qui peut être
réglé pour le bien général, & convaincre par
sa présence les agitateurs; que le Peuple entier
du Département est vraiment attaché à l'ordre,
sans lequel il n'existe point de Liberté.
8
EXPOSITION des mesures que le Dé-
parlement d'Ille & Vilaine a prises 9 pour
parvenir à rendre à la Représentation
parvenir à' ren dre à la Rep r éfentatiolà
Nationale , sa liberté, son intégralité.
Auffi-tôt que nous avons été instruits de la
violation de la Représentation Nationale dans
les journées des 30,31 Mai & jours suivans ;
transportés d'une juste indignation contre les
auteurs de ces, actes liberticides, nous nous
hommes occupés des moyens de rendre à la
Convention sa liberté, son intégralité, & de
poursuivre la punition légale des fadieux, qui
avoient osé y porter atteinte.
En conséquence, & de concert avec les
autres Autorités conflituées de Rennes, que
nous avons appellées à nos Séances pour nous
aider de leurs lurpières, nous avons d'abord
arrêté le projet d'une Adresse à la Conven-
tion , pour lui peindre toute l'horreur des évé-
nemens des 30 Mai & jours suivans, ainsî que
l'indignation qu'ils ont généralement excitée.
Cette Adresse ayant été préfentéeaux Citoyens
de Rennes , appellés par des bannies publiques
à se réunir dans le ci-devant Palais, a été
adoptée & couverte d'une infinité de signa-
tures.
Les