Les petites femmes... / Louis Ratisbonne ; 32 vignettes par Ed. de Beaumont

Les petites femmes... / Louis Ratisbonne ; 32 vignettes par Ed. de Beaumont

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50 pages

Description

Sandoz et Fischbacher (Paris). 1872. 1 vol. (66 p.) : ill. ; in-4.
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Ajouté le 01 janvier 1872
Nombre de lectures 36
Langue Français
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LOUIS RATISBONNE
**
LES
PETITES FEMMES
PAR L'AUTEUR
DE
LA COMEDIE ENFANTINE
32 VIGNETTES PAR ÉD. DE BEAUMONT
La petite fille est un mythe,
C'est une femme. une petite.
PARIS
SANDOZ ET FISCHBACHER, ÉDITEURS
33, RUE DE SEINE, 33
1872
milUT>E\IE éMcA TE \U^EL L E
1
MINAUDERIE MATERNELLE
« Dis-moi, Claire, comment se nomme ta poupée?
— Alice. — Un joli nom ! Est-elle sage, au moins ?
— Oui, mais par ces babys on est trop occupée;
Ils donnent bien du mal, il leur faut tant de soins !
6 MINAUDERIE MATERNELLE.
— Quelle maman tu t'lis! Voyons-la, ton Alice.
Ravissante ! Son œil est bleu comme le tien ;
Elle a des cheveux d'or : c'est une Bérénice.
- Ah! dit en minaudant Claire, elle le sait bien! »
La petite fille est un mythe,
C'est une femme. une petite.
Lz4 SMEVXJEUSE
2
II
LA MENTEUSE
« J'avais mis une pomme ici sur cette table.
Est-ce toi qui las prise, Éva? — Non! mon papa. »
Mais frère Paul s'avance et dit : « Si! c'est Éva.
- Oh ! fit naïvement la petite coupable,
Justement il n'était pas là ! »
LOA VISITE
III
LA VISITE
« La Dame! un joli jeu! Jouons-y, Marguerite!
— La Visite plutôt? — Eh bien, mais c'est cela.
Quand on joue à la Dame, on joue à la Visite.
Allons, c'est moi qui viens chez toi, qui loges là!.
Bonjour, chère madame. — Eh! bonjour, chère amie.
Que vous êtes aimable et me semblez jolie !
Vous avez un chapeau vraiment délicieux.
14 LA VISITE.
Est-il de Laure ou de Barême?
- Mon Dieu, non, je l'ai fait moi -même.
- Vous êtes une fée. et. vous allez bien? — Mieux
- Comment, mieux? Vous avez été malade, chère?
- Non, fatiguée un peu par mon dernier chéri :
J'ai voulu le nourrir. Vous savez, on est mère!
- Et votre autre petit? Oh! l'autre était nourri
Par mon mari. »
Cette gaie innocence, elle est fort sage, en somme,
En confondant la femme et l'homme.
Les soins sont à tous deux, et chacun, nuit et jour,
Donne au petit enfant le lait de son amour.
LcA TUVE U'i( 'DE LISE
IV
LA PUDEUR DE LISE
« Lise, mademoiselle Lise,
On ne se montre pas quand on est en chemise! »
Lise ne savait pas. Ah! soyons tolérants;
On peut bien ignorer quelque chose à quatre ans.
L'enfant de la leçon promit de tenir compte,
Et d'avoir un^ep^pk^s de honte
3
i8 LA PUDEUR DE LISE.
Le soir on défait Lise : on va la mettre au lit.
Son - frère, un gros taquin et malin comme un singe;
Veut entrer. Justement Lise changeait de linge.
Du plus loin quelle l'entendit :
« Attends, s'écria-t-elle, émue, épouvantée;
Je ne suis qu'en chemise et ne puis me montrer. »
Elle ôta sa chemise, et, sa chemise ôtée :
« A présent, Paul, tu peux entrer. »
Chez la femme, dit-on, la pudeur est innée.
Je le crois; mais on peut avouer sans détour
Qu'il lui faut, pour fleurir, plus d'une matinée.
Sainte Innocence est seu le entière au premier jour
LC'A COLETTE DE \OSE
v
LA COLÈRE DE ROSE
Quand la petite femme en colère fait rage,
Raisonner, se fâcher, rien ne sert : il vaut mieux
Attendre la fin de l'orage
En se recommandant aux dieux.
« As-tu fini tes cris, Rose? vas-tu te taire?. »
22 LA COLÈRE DE ROSE.
La faire taire, ah oui! fermez donc un cratère!
Quel dommage pourtant! De ces yeux doux et bleus
Voir jaillir cet éclair farouche!
Entendre ainsi mugir cette petite bouche!
Exhaler ces cris furieux,
Quand on est toute fraîche et qu'on s'appelle Rose!
« Enfin elle a fini, je crois, c'est bien heureux!
— Non, je n'ai pas encor fini. je me repose!!
maA UVcAISE cXOTE
4
VI
MAUVAISE NOTE
« Pourquoi me donnez-vous une mauvaise note?
— C'est pour avoir mal travaillé.
— Eh bien, dit Marceline (elle n'était point sotte,
Elle avait l'air fort éveillé),
26 MAUVAISE NOTE.
Ne pourriez-vous pourtant m'en donner une bonne?
Ne me dites-vous pas toujours qu'il est moral
De rendre le bien pour le mal ?
Il me semble que je raisonne. »
La maîtresse sourit : « L'argument, chère enfant,
Est assez imprévu, mais n'est pas triomphant.
Vous n'avez pas fait mal à moi, mais à vous-même,
Et je dois vous punir parce que je vous aime. »
L cA DÆ I S È 1( E E;J\( FcA ;J\( TI;](E