Les quatre filles du docteur Marsch

Les quatre filles du docteur Marsch

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Extrait : Vous continuerez de jouer la comédie aussi longtemps que vous mettrez avec plaisir une robe blanche à queue et des bijoux de papier doré. Vous êtes notre meilleure actrice, Meg, et tout sera fini si vous nous abandonnez, dit Jo. Nous devrions répéter ce soir quelques passages de notre pièce. Allons, Amy, venez reprendre la scène de l'évanouissement

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Nombre de lectures 57
EAN13 9782824712161
Langue Français
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LOU ISA MA Y ALCO T T
LES QU A T RE F I LLES
DU D O CT EU R
MARSCH
BI BEBO O KLOU ISA MA Y ALCO T T
LES QU A T RE F I LLES
DU D O CT EU R
MARSCH
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1216-1
BI BEBO OK
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– Christian Spr emb er g
– Manfr e d KleinLicence
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compris à Bib eb o ok.CHAP I T RE I
Où le le cteur fait connaissance
av e c la famille américaine
« Noël ne sera p as Noël si on ne nous fait p as de cade aux, gr ommela
miss Jo en se couchant sur le tapis.
— C’ est cep endant ter rible de n’êtr e plus riche , soupira Meg en r eg
ardant sa vieille r ob e .
— Ce n’ est p eut-êtr e p as juste non plus que certaines p etites filles aient
b e aucoup de jolies choses et d’autr es rien du tout », ajouta la p etite Amy
en se mouchant d’un air offensé .
Alor s, Beth, du coin où elle était assise , leur dit g aiement :
« Si nous ne sommes plus riches, nous av ons encor e un b on pèr e et
une chèr e maman et nous sommes quatr e sœur s bien unies. »
La figur e des tr ois sœur s s’é clair cit à ces p ar oles. Elle s’assombrit de
nouv e au quand Jo ajouta tristement :
« Mais p ap a n’ est p as près de nous et n’y sera p as de longtemps. »
1Les quatr e filles du do c teur Mar sch Chapitr e I
Elle n’avait p as dit : « Nous ne le r e v er r ons p eut-êtr e jamais », mais
toutes l’avaient p ensé et s’étaient r eprésenté leur pèr e bien loin, au milieu
des ter ribles combats qui meaient alor s aux prises le Nord et le Sud de
l’ Amérique .
Après quelques moments de silence , Meg r eprit d’une v oix altéré e :
« V ous sav ez bien que maman a p ensé que nous ferions mieux de
donner l’ar g ent de nos étr ennes aux p auv r es soldats qui v ont tant souffrir
du fr oid. Nous ne p ouv ons p as fair e b e aucoup , c’ est v rai, mais nos p etits
sacrifices doiv ent êtr e faits de b on cœur . Je crains p ourtant de ne p as
p ouv oir m’y résigner , ajouta-t-elle en song e ant av e c r egr et à toutes les
jolies choses qu’ elle désirait.
— Mais nous n’av ons chacune qu’un dollar , dit Jo ; quel bien cela
ferait-il à l ’ar mé e d’av oir nos quatr e dollar s ? Je v eux bien ne rien r e ce v oir
ni de maman ni de v ous, mais je v oudrais acheter les der nièr es œuv r es de
Jules V er ne qu’ on vient de traduir e ; il y a longtemps que je les désir e . Le
capitaine Grant est, lui aussi, sép aré de ses enfants, – mais ses enfants le
cher chent, – tandis que nous. . . nous r estons-là . »
Jo aimait p assionnément les av entur es.
« Je désirais tant de la musique nouv elle , mur mura Beth av e c un
soupir si discr et que la p elle et les pincees seules l’ entendir ent.
— Moi, j’achèterai une jolie b oîte de couleur s, dit Amy d’un ton dé cidé .
— Maman n’a p as p arlé de notr e ar g ent et elle ne p eut p as v ouloir
que nous n’ay ons rien du tout. A chetons chacune ce que nous désir ons
et amusons-nous un p eu ; nous av ons assez travaillé toute l’anné e p our
qu’ on nous le p er mee ! s’é cria Jo en e x aminant les talons de ses b oines
d’une manièr e tout à fait masculine .
— Oh ! oui, moi je l’ai bien mérité en m’ o ccup ant tous les jour s de
l’é ducation de ces mé chants enfants, quand j’aurais tant aimé r ester à la
maison, dit Meg qui avait r epris son ton plaintif.
— V ous n’av ez p as eu la moitié autant de p eine que moi, r eprit Jo .
Comment feriez-v ous s’il v ous fallait r ester , ainsi que moi, enfer mé e des
heur es entièr es av e c une vieille p er sonne capricieuse et gr ognon, qui n’a
p as plus l’air de se rapp eler que je suis sa niè ce , que si je lui ar rivais tous
les jour s de la lune ; qui v ous fait tr oer toute la jour né e , qui n’ est jamais
contente de rien, qui enfin v ous ennuie à tel p oint qu’ on est toujour s tenté
2Les quatr e filles du do c teur Mar sch Chapitr e I
de s’ en aller , de p eur de la bar e ?
— C’ est mal de se plaindr e ; cep endant je p ense que la chose la plus
désagré able qui se puisse fair e ici, c’ est de lav er la vaisselle et de fair e
les chambr es comme je le fais tous les jour s. Je sais bien qu’il faut que
cela se fasse , mais cela me r end les mains si dur es que je ne p eux plus
étudier mon piano », dit Beth av e c un soupir que cee fois tout le monde
entendit.
Ce fut alor s le tour d’ Amy :
« Je ne p ense p as qu’aucune de v ous souffr e autant que moi ; v ous
n’av ez p as à aller en classe av e c d’imp ertinentes p etites filles qui se mo quent
de v ous quand v ous ne sav ez p as v os le çons, critiquent v os vêtements,
v ous insultent p ar ce que v ous av ez v otr e nez et p as le leur et dé daignent
v otr e pèr e p ar ce qu’il a, p ar tr op de b onté , p erdu sa fortune subitement !
— La vérité est, rép ondit Meg, qu’il vaudrait mieux que nous eussions
encor e la fortune que p ap a a p erdue il y a plusieur s anné es. Nous serions,
je l’ espèr e , plus heur euses et bien plus sag es si nous étions riches comme
autr efois.
— V ous disiez l’autr e jour que nous étions plus heur euses que des
r eines.
— Oui, Beth, et je le p ense encor e , car nous sommes g aies, et, quoique
nous so y ons oblig é es de travailler , nous av ons souv ent du b on temps,
comme dit Jo .
— Jo emploie de si vilains mots ! » dit Amy .
Jo se le va tranquillement, sans p araîtr e le moins du monde offensé e ,
et, jetant les mains dans les p o ches de son tablier , se mit à siffloter g
aiement.
« Oh ! ne sifflez p as, Jo ! On dirait un g ar çon, s’é cria Amy , et même
un vilain g ar çon.
— C’ est p ourtant dans l’ esp oir d’ en de v enir un, mais un b on, que j’
essaie de siffler , répliqua Jo .
— Je déteste les jeunes p er sonnes mal éle vé es. . ., dit Amy .
— Je hais les bambines affe cté es et prétentieuses. . . répliqua Jo .
— Les oise aux sont d’accord dans leur s p etits nids, chanta Beth d’un
air si drôle que ses sœur s se mir ent à rir e et que la p aix fut rétablie .
3Les quatr e filles du do c teur Mar sch Chapitr e I
— V ous êtes ré ellement toutes les deux à blâmer , dit Meg, usant de son
dr oit d’aînesse p our réprimander ses sœur s. Joséphine , v ous êtes assez
âg é e p our abandonner v os jeux de g ar çon et v ous conduir e mieux ; cela
p ouvait p asser quand v ous étiez p etite , mais maintenant que v ous êtes si
grande et que v ous ne laissez plus tomb er v os che v eux sur v os ép aules,
v ous de v riez v ous souv enir que v ous êtes une demoiselle .
— Je n’ en suis p as une , et si mes che v eux r ele vés m’ en donnent l’air , je
me ferai deux queues jusqu’à ce que j’aie vingt ans, s’é cria J o en ar rachant
sa résille et se couant ses longs che v eux br uns. Je déteste p enser que je
de viens grande , que bientôt on m’app ellera miss Mar sch, qu’il me faudra
p orter des r ob es longues et av oir l’air aussi raide qu’une r ose trémièr e !
C’ est déjà bien assez désagré able d’êtr e une fille quand j’aime les jeux, le
travail et les habitudes des g ar çons. Je ne me résignerai jamais à n’êtr e p as
un homme . Maintenant c’ est pir e que jamais, car je meur s d’ envie d’aller
à la guer r e p our vaincr e ou mourir av e c p ap a, et je ne puis que r ester au
coin du feu à tricoter comme une vieille femme ! »
Et Jo se coua tellement fort le chausson de laine bleue qu’ elle était
en train de tricoter , que les aiguilles fir ent entendr e comme un cliquetis
d’ép é es, et que sa p elote r oula jusqu’au milieu de la chambr e .
« Pauv r e Jo ! c’ est v raiment bien désagré able ; mais, comme cela ne
p eut p as êtr e autr ement, v ous de v ez tâcher de v ous contenter d’av oir
r endu v otr e nom masculin et d’êtr e p our nous comme un frèr e , dit Beth
en car essant la tête de sa sœur Joséphine d’une main que tous les lavag es
de vaisselle du monde n’avaient pu empê cher d’êtr e blanche et douce .
« ant à v ous, Amy , dit Meg continuant sa réprimande , v ous êtes à la
fois prétentieuse et raide ; c’ est quelquefois drôle , mais, si v ous n’y faites
p as aention, v ous de viendr ez une p etite cré atur e r emplie d’affe ctation.
V ous êtes g entille quand v ous êtes natur elle ; mais v os grands mots, que
v ous é cor chez et que v ous ne compr enez p as toujour s, sont aussi mauvais
dans leur g enr e que les mots tr op familier s que v ous r epr o chez à Jo .
— Si Jo est un g ar çon habillé en fille , et Amy une p etite soe , qu’ est-ce
que je suis donc ? demanda Beth toute prête à p artag er la gr onderie .
— V ous êtes notr e p etite chérie et rien d’autr e », rép ondit chaudement
Meg.
Et p er sonne ne la contr e dit.
4Les quatr e filles du do c teur Mar sch Chapitr e I
Comme les jeunes le cteur s aiment à se r eprésenter , même au
physique , les p er sonnes dont on p arle , nous allons leur donner un ap er çu des
quatr e jeunes filles, qui, p endant que la neig e tourbillonnait au dehor s
et présag e ait une nuit glaciale , tricotaient activ ement à la lueur
incertaine du feu. La chambr e dans laquelle nous les tr ouv ons, quoique
meublé e très simplement, avait un asp e ct agré able . P lusieur s b elles grav ur es
g ar nissaient les mur s ; des liv r es r emplissaient tous les r e coins ; des chr
ysanthèmes et des r oses de Noël fleurissaient entr e les fenêtr es ; enfin on
sentait p artout comme une douce atmosphèr e de b onheur et de p aix.
Mar guerite , l’aîné e des quatr e , allait av oir quinze ans ; elle était b elle
et fraîche av e c de grands y eux bleus, des che v eux châtains ab ondants et
so y eux, une p etite b ouche et des mains blanches dont elle avait quelque
tendance à s’ enor gueillir . La se conde , Jo , qui avait quator ze ans, était
grande , mince et br une et semblait ne jamais sav oir que fair e de ses longs
membr es. Elle avait une grande b ouche et un nez p assablement r etr oussé ;
ses grands y eux gris ne laissaient rien p asser inap er çu et étaient tour à
tour fins, g ais ou p ensifs. Ses che v eux longs, ép ais, magnifiques,
constituaient p our le moment toute sa b e auté , mais elle les r oulait g énéralement
dans sa résille afin de ne p as en êtr e gêné e . Elle avait de grands pie ds, de
grandes mains, des mouv ements anguleux ; ses vêtements avaient
toujour s un air de désordr e ; toute sa p er sonne donnait l’idé e d’une fille qui
va grandir vite , qui va de v enir rapidement une demoiselle et qui n’ en est
p as satisfaite du tout. Elisab eth ou Beth, comme chacun l’app elait, était
une p etite fille entr e douze et tr eize ans, r ose et blonde , av e c des y eux
brillants, des manièr es timides, une v oix douce et une e xpr ession de p aix
qui était rar ement tr oublé e . Son pèr e l’app elait : « miss Paisible », et ce
nom lui conv enait p arfaitement, car elle semblait viv r e dans un heur eux
monde dont elle ne sortait que p our v oir les quelques p er sonnes qu’ elle
aimait et ne craignait p as. Amy , quoique la plus jeune , était, à son avis du
moins, une p er sonne imp ortante : c’était une fillee aux traits régulier s,
au teint de neig e , av e c des y eux bleus et des che v eux blonds b ouclés
tombant sur ses ép aules ; elle était pâle et mince et faisait tous ses efforts p our
êtr e une jeune fille distingué e . ant aux caractèr es des quatr e sœur s,
nous laissons aux le cteur s le soin d’ en jug er .
La p endule sonna six heur es, et Beth, ayant balayé le de vant de la
che5