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Lettre d'actualité aux électeurs patriotes du canton de l'Île-Adam, par E. Letulle,...

De
29 pages
Impr. nouvelle (Paris). 1871. In-16, 31 p..
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AUX
ÉLECTEURS PATRIOTES
DU
CANTON DE L'ILE-ADAM
LETTRE D'ACTUALITE
AUX
ÉLECTEURS PATRIOTES
DU
CANTON DE L'ILE-ADAM
PAR
E. LETULLE
de Nerville.
PARIS
IMPRIMERIE NOUVELLLE
RUE DES JEUNEURS, 14.
1871
Nerville, 16 octobre 1871.
Messieurs les Electeurs
Patriotes
du canton de l'Ile-Adam.
MES CHERS CONCITOYENS,
La Réaction, c'est-à-dire : la. Horde de ces
éternels ennemis du Progrès, des Lumières
et de nos Libertés que nous avons battus
dans toutes les élections depuis 1868, a
— 6 —
remporté hier, dans notre canton, un suc-
cès qu'elle va d'autant plus grandir et exa-
gérer, qu'elle n'y comptait pas, et qu'il n'a
été dû qu'aux actes étranges dont vous avez
été tous témoins, depuis huit ou dix jours.
Eh ! Pourtant ces moyens, que je m'abs-
tiens de qualifier ici, n'ont produit, en fa-
veur des réactionnaires, que les résultats
suivants :
Conseil général
MM. EUGÈNE BÉLIER. . . 1609 voix
EMILE LEFORT . . . 1454
Différence. . 155
Conseil d'arrondissement
MM. CAILLEUX 1156 voix
E. LETULLE 1008
Différence. 148
— 7 —
Quarante-deux votes au nom de E. LE-
TULLE ont, en outre, été trouvés dans l'urne
pour le Conseil général, où ils ont été dépo-
sés par erreur, et bien qu'ils aient été
annullés, ils portent le chiffre total réel des
suffrages portés sur mon nom, à 1015 .
1502 électeurs n'ont pas voté hier.
Si, en examinant ces chiffres, on veut
bien se rappeler que ma candidature ne
s'est produite » que l'avant-veille du vote ;
» — qu'elle n'a été révélée aux électeurs
» que par une courte circulaire ; — que je
» n'ai pas visité une seule commune, ni un
» seul électeur; — que je n'ai pas fait
» apposer d'affiches, ni distribuer de bulle-
» tins à la porte des mairies ; — et que j'ai
» ainsi, avec loyauté, laissé chacun aux
» inspirations de sa conscience, on com-
» prendra pourquoi je prise ces 1050 suf-
» frages donnés librement, bien plus haut
— 8 —
» que les 1156 obtenus, vous savez com-
» ment. »
Portés sur le seul candidat (au Conseil
d'arrondissement) qui ait ouvertement dé-
ployé son drapeau, et exprimé les aspira-
tions libérales et démocratiques de toute sa
vie, ces 1050 suffrages prouvent, pour
moi, que notre canton saura bientôt se
relever de l'échec subi.
Pour cela que faut-il ?
RIEN OU PRESQUE RIEN !...
Il faut seulement que les 1050 ci-
toyens qui ont démontré, par leurs votes,
qu'ils sympathisent avec ces principes, s'en
constituent, les « propagateurs incessants.»
Après tout, s'ils obtenaient, en l'état ac-
tuel , un déplacement de soixante-quinze
voix, la majorité, molle et passive, des élec-
teurs d'hier, leur appartiendrait ;
— 9 —
Mais cela ne saurait suffire.
Il faut qu'ils ramènent à eux, par l'exem-
ple, par le raisonnement, par la confession
de leur foi en l'avenir, les « 1156 égarés et
trompés » qui ne se sont pas doutés qu'en
votant pour la réaction, ils forgent eux-
mêmes les liens du servage auquel on veut
de nouveau les river.
Il faut qu'ils triomphent de l'inertie,
de l'incurie, de l'ingratitude des « 1502
aveugles abstentionnistes » ; — ceux-là
doivent aux principes démocratiques, d'a-
voir été élevés à la dignité d'électeurs, c'est-
à-dire « d'hommes libres, » et ils assistent
froids et impassibles, à une lutte dont l'en-
jeu est la liberté elle-même, au risque
d'être rejetés (si elle succombait encore) au
rang des Parias et des Ilotes !
Il faut surtout, il faut que ces 1050
citoyens, dont le vote d'hier a prouvé l'in-
telligence et le patriotisme, ne cessent (pour
— 10 —
dissiper cet épais nuage d'ignorance qui
enserre encore tant de leurs concitoyens),
de répandre autour d'eux tout ce qui peut
contribuer à les instruire et à les éclairer.
Il faut enfin que les égarés, les aveugles
et les ignorants soient poussés à comprendre
de quel côté sont ceux qui s'intéressent à
l'amélioration de leur sort moral et matériel.
Ce ne peut pas être du côté des anciens
partis, qui pendant leurs divers passages
au pouvoir, n'ont cessé d'opprimer le
peuple, et de lui ravir, une à une, toutes
les libertés qu'il avait conquises en 1789.
Se replacer sous leur joug, ce serait cou-
rir au suicide !
N'est-il pas plus sage, plus logique, plus
sûr, au lieu de laisser prendre l'administra-
tion de la France, à des hommes qui sous
les vains titres de Prince, Consul, Roi ,
Empereur, nous oppressent et nous rui-
—11 —
lient, que nous fassions nos affaires nous-
mêmes, par l'entremise de nos mandataires
directs ?
Les esprits même les plus faibles peuvent
en juger, et si comparaison n'est pas tou-
jours raison, au moins, en comparant; on
s'éclaire :
Qu'est-ce que la France ?
Un immense pays démocratique, composé
de grandes, moyennes et petites villes, et
d'un plus grand nombre de villages, qui
s'administrent eux-mêmes par le moyen de
— Conseils municipaux, — Conseils d'arron-
dissements — Conseils généraux — et Assem-
blée de représentants, dont les membres,tous
élus par le peuple pour un temps limité,
doivent, quand il est expiré, se représenter
devant le peuple qui les juge, en renouvel-
lant leur mandat, ou en les remplaçant.
A quoi sert un Parasite, un Soliveau,
— 12 —
(comme a dit La Fontaine, noire illustre
fabuliste), un être quelconque à cou-
ronne, à manteau et à trône dorés, — en-
touré d'une âpre lignée et de courtisans non
moins affamés, — à côté de tous ces élus
du peuple, seuls responsables de l'adminis-
tration du pays.
Vous allez le savoir !
Le 4 septembre dernier, le peuple, qui
pour se débarrasser de tout élu de son choix
qui malverse, devrait n'avoir qu'un bulletin
de vote à déposer dans une urne, a été obligé,
pour chasser le capitulard de Sedan, de faire
sa 10e révolution, depuis 1789, suivie, comme
toujours, de la prise des Tuileries, — et là,
dans les meubles les plus secrets et les
mieux fermés qu'a-t-on découvert ?
On a mis la main sur des pièces, des do-
cuments et des livres de comptabilité d'une
telle importance, et d'une si étrange nature,
que, si tous les citoyens français pouvaient
— 13 —
y fixer leurs regards, ils seraient à jamais
guéris de cette aberration maladive qu'on
nomme tantôt l'impérialisme, tantôt le
royalisme, ou de tout autre vocable simi-
laire.
Lorsqu'on aborde des faits pareils, il faut
passer la parole aux documents eux-mêmes.
Ils ont été recueillis et publiés par l'Im-
primerie Nationale ; j'ai sous les yeux le
2e volume de ces curieuses révélations.
De la page 45 à la 54e, il reproduit par
ordre de dates, toutes les quittances des
sommes, que les membres de la race des Bo-
naparte, ont reconnu avoir touchées depuis le
Coup d'Etat de 1851 ; le tout est aligné dans
ces 10 grandes pages, et à la dernière (la 54e)
on lit ceci :
« RÉCAPITULATION. »
» Ainsi, sans tenir compte de quelques