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Lettre du citoyen Rittiez aux patriotes de 1830

De
12 pages
Prévôt (Paris). 1831. In-8° , 12 p..
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LETTRE
DU
CITOYEN RITTIEZ
AUX PATRIOTES DE 1830.
Ah ! si les amis des droits du peuple se laissaient
étouffer à Paris, ou s'ils se laissaient aller à la mol-
lesse et à l'inertie, ils seraient bien coupables en-
vers l'humanité ! (PAGE 6.)
PARIS,
PRÉVOT, LIBRAIRE-ÉDITEUR,
RUE DE VAUGIRARD, N. 22.
1831
IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUGIRARD N. 36.
LETTRE
DD CITOYEN RITTIEZ
AUX PATRIOTES DE 1850.
Depuis plusieurs mois, un système constant de
compression et de diffamation a été organisé et suivi
contre les patriotes de 1830 : quelques-uns d'entre
eux ont déjà subi des condamnations rigoureuses,
d'autres gémissent sous les verroux : devons-nous
nous en étonner? Non, car ce n'est là qu'une consé-
quence de la marche adoptée par nos gouvernans.
Ceux qui méprisent les principes de liberté et d'éga-
lité ne doivent pas craindre de faire poursuivre et
condamner leurs plus ardens défenseurs. De tous l'es
partis qui s'agitent en France, aucun n'a pour but le
bonheur du pays, tous sont fondés sur l'élévation dès
personnes. Les patriotes serfs, étrangers à de pareil
les affections, veulent ce qui est juste, car seuls ils
veulent consciencieusement la destruction des abus
et des priviléges qui nous dévorent : voilà ce qui ex-
plique parfaitement pourquoi, et par préférence, ce
système de persécution et de calomnie est dirigé
contre eux par les hommes qui ont l'exploitation des
— 4 —
priviléges et des abus; mais les patriotes se laisseront-
ils décourager en face des clameurs et de la mauvaise
foi de leurs adversaires ? ou bien, fatigués de lutter
en vain, perdront-ils l'espoir de voir des jours meil-
leurs, et abandonneront-ils par lassitude la lutte glo-
rieuse dans laquelle ils sont engagés? Nous ne le pen-
sons pas, car des motifs puissans doivent soutenir leur
énergie et leur espérance. Ce qui porte l'affliction dans
l'ame des amis de la liberté, ce sont les résultats si dé-
plorables de notre glorieuse révolution : à peine elle
s'élançait dans la carrière, qu'elle a été arrêtée tout-à-
coup et comme paralysée : des mains impures se sont
accrochées à son char, non pas pour le diriger, mais
pour le faire verser, ou du moins l'arrêter et le je-
ter dans une route contraire à celle qu'elle devait
suivre. Nous l'avouons, c'est là un fait douloureux
à constater; mais enfin n'a-t-elle rien produit, et ne
peut-elle pas se réveiller encore toute-puissante de ce
sommeil léthargique dans lequel on veut la plonger?
Si la révolution, qui devait asseoir sur la France un
gouvernement tout neuf, et appuyé sur des principes
dignes du dix-neuvième siècle, a été rejetée sur la base
vicieuse de la Charte de 1814, elle aura néanmoins
grandement servi la cause de l'humanité. Le cri de
liberté des Français a retenti dans toute l'Europe : les
auteurs de la sainte-alliance ont frissonné à ce cri,
car leurs trônes ont craqué : deux peuples ont levé
l'étendard de l'insurrection; la guerre entre la liberté
et le despotisme est donc recommencée, attendons
maintenant les secrets du dieu des batailles.