Lire est le propre de l’homme. De l’enfant lecteur au libre électeur (l

Lire est le propre de l’homme. De l’enfant lecteur au libre électeur (l'école des loisirs)

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De l’enfant lecteur au libre électeur © 2011, l’école des loisirs, Paris, pour la présente édition hors commerce. Chaque auteur conserve le copyright de son texte ou de son dessin. Dépôt légal : septembre 2011 ISBN 978-2-211-11451-6 Lire est le propre de l’homme De l’enfant lecteur au libre électeur Témoignages et réfexions de cinquante auteurs de livres pour l’enfance et la jeunesse l’école des loisirs e11, rue de Sèvres, Paris 6 Aux enfants… Pourquoi ce petit livre ? Connaissez-vous deux verbes plus proches que lire et élire? Connaissez-vous deux mots plus proches que lecteur et électeur ? C’est souvent en ces temps d’efervescence politique que l’on comprend le mieux le lien vital qui existe entre lecture, éducation, liberté et donc… démocratie. L’enjeu rappelé dans ce recueil est bien là: c’est l’éducation du sens critique qui donne aux lecteurs la liberté de choisir et leur assure d’être demain des femmes et des hommes libres. Cet esprit anime l’école des loisirs depuis bien- tôt un demi-siècle. Une cinquantaine de ses auteurs, de textes ou bien d’images, parfois des deux, nous ont fait l’amitié de nous éclairer, chacun à sa manière, sur la motivation profonde de leur création en direc- tion de l’enfance et de la jeunesse. Voici, pour vous, leurs témoignages et leurs réfexions.

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Publié le 13 février 2014
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De l’enfant lecteur au libre électeur
© 2011, l’école des loisirs, Paris, pour la présente édition hors commerce. Chaque auteur conserve le copyright de son texte ou de son dessin. Dépôt légal : septembre2011
ISBN 978-2-211-11451-6
Lire est le propre de l’homme De l’enfant lecteur au libre électeur
Témoignages et réflexions de cinquante auteurs de livres pour l’enfance et la jeunesse
l’école des loisirs e 11, rue de Sèvres, Paris 6
Aux enfants…
Pourquoi ce petit livre ?
Connaissez-vous deux verbes plus proches que lire et élire ? Connaissez-vous deux mots plus proches que lecteur et électeur ? C’est souvent en ces temps d’effervescence politique que l’on comprend le mieux le lien vital qui existe entre lecture, éducation, liberté et donc… démocratie. L’enjeu rappelé dans ce recueil est bien là : c’est l’éducation du sens critique qui donne aux lecteurs la liberté de choisir et leur assure d’être demain des femmes et des hommes libres. Cet esprit animel’école des loisirsdepuis bien-tôt un demi-siècle. Une cinquantaine de ses auteurs, de textes ou bien d’images, parfois des deux, nous ont fait l’amitié de nous éclairer, chacun à sa manière, sur la motivation profonde de leur création en direc-tion de l’enfance et de la jeunesse. Voici, pour vous, leurs témoignages et leurs réflexions.
Jean Delas et Jean-Louis Fabre, directeurs del’école des loisirs, septembre2011
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Je suis protégé par des amis discrets et passionnants
Quand j’avais sept ou huit ans, les nuages com-mencèrent à s’amonceler au-dessus de ma tête. Ma mère devenait étrange. Elle changeait de compor-tement d’une seconde à l’autre. Elle marmonnait des choses incompréhensibles et prononçait tout à coup des mots violents. Elle avait l’habitude de faire chaque jour une promenade d’une heure dans la campagne toute proche de notre banlieue. Et, depuis peu, elle avait avancé l’heure de cette promenade. Elle quittait la maison vers trois heures et demie du matin. Quand je lui demandai pourquoi elle se levait si tôt, elle me répondit qu’elle ne voulait pas ren-contrer des gens. Bientôt, elle ne sortit presque plus de notre appartement, sauf pour aller à l’église le dimanche matin et le mercredi soir. Mes parents faisaient partie (et, par conséquent, mes frères et moi aussi) d’une secte protestante qui interdisait tout : le
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cinéma, le sport, le théâtre, les livres. Tout sauf la Bible. Cette secte était dirigée par un « apôtre » qui se prétendait immortel. Et tous ceux qui le croyaient allaient, le jour choisi par le Seigneur, entrer au paradis avec lui. Chaque soir, lorsque mes parents étaient cou-chés, ma mère accusait mon père d’infidélités et l’insultait avec des mots interdits. Des mots qui m’auraient valu une gifle immédiate si j’en avais prononcé un seul. Mes deux frères avaient quatorze et onze ans de plus que moi. L’aîné se maria quand j’avais huit ans, le second ne rentrait que tard le soir, quand tout le monde dormait. Moi, je couchais dans un coin du salon. Juste derrière le mur qui le séparait de la chambre de mes parents. J’entendais tout. Je n’arrivais plus à m’endormir. Ma situation était délicate. J’aurais voulu disparaître. Dans la journée, je n’avais pas de problèmes. Je passais ma vie dehors à jouer au foot avec mes copains, à discuter, à traîner. Mais le soir ? Dans notre classe, il y avait une caisse avec une trentaine de livres que les élèves avaient le droit
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