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Louis-Napoléon à la France, par H. Feyne,...

De
17 pages
impr. de Lagier (Jonzac). 1852. In-8° , 17 p..
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' ' LOI-NAPOLÉON
A LA
PAR H. FEYNE, pr.
Imprimerie de Lagier.
4852.
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A
Incedo per ignés.
Il est un jour néfaste où la vérité nue
Laisse son nimbe d'or, et descend de la nue-;
Une heure où dansun ciel constamment pur et clair
Retentit le tonnerre, et serpente l'éclair;
Un jour, où la pensée, ainsi qu'un météore,
Se trahit à l'éclat du feu qui la dévore ;
Une heure, où l'âme dit sans chercher de détour
Les motifs de sa haine, ou ceux de son amour!
— 4 —
France ! je suis ton fils.... pourquoi donc méconnaître
L'héritier de CELUI qui quinze ans fut ton maître ;
Dont la puissante main releva tes autels,
Et te fît dans un jour des destins immortels !
As-tu donc oublié sa gloire, son génie,
Sa grandeur, ses revers et ton ignominie !
Ne te souvient-il plus qu'à l'heure du malheur,
Tu jetas sur son front l'exil et la douleur;
Que ta voix proscrivit jusqu'à son nom sublime,
Quand, saluant du geste et l'audace et le crime,
Ivre de flots de vin, de luxure et d'orgueil,
Tu criais aux vainqueurs : brisez-le sur l'écueil !
France! aux regards de tous tu fus prostituée
Aux barbares du nord, qui t'ont presque tuée ;
Et tremblante de peur ou feignant le danger,
Sans pitié tu livras tes fils à l'étranger!
Tu ne les aimais plus... leur gloire militaire
Qu'ils avaient promenée aux deux bouts de la terre,
Tu la foulas aux pieds avec ton empereur,
-Pour venger tous ces rois de leur lâche terreur!
Oui, ce fut là ta honte, elle était méritée ;
De l'honneur de ton nom tu fus deshéritée,
Et ton sein tout meurtri porte encor de nos jours-
De stigmates cruels, qui paraîtront toujours !
— 5 —
Et depuis ces temps là, que nous dit ton histoire?
Sur quels champs a tonné ton bronze de victoire?
Quels peuples sont venus, jaloux de ta fierté,
Répéter devant toi ton cri de liberté?
Envain, pendant trente ans le drapeau monarchique
A flotté sur tes murs; ton vieux sang anarchique
A toujours conspiré contre ce grand pouvoir,
Et l'insurrection fut ton plus saint devoir !
Mais quand la royauté battue, assassinée,
A déserté ton sol. . . étrange destinée !
On te voit ramasser dans des égouts fangeux
Les sanglants oripeaux, qu'en des jours orageux
Portaient de vils tribuns à l'humeur libertine,
Qui te décapitaient avec leur guillotine ;
Tigres-loups qui jouant à la fraternité,
Etranglaient de leurs mains la pauvre humanité !
A bas les rois! dis-tu, vive la république!
Bravo, France!... pour tous c'est la chose publique,
C'est l'ordre, c'est la paix, ce sont les grandes lois,
Et d'un peuple affranchi les sublimes exploits ;
Vive la république !... et la canaille immonde
Hurle des chants de mort qui font pâlir le monde ;
Toi même en écoutant ces fils de ton amour,
Tu trembles de toucher à ton suprême jour!
6
On nous disait : une sanglante aurore
Va se lever sur la France aux abois,
Et des brigands déchireront encore
Le pacte saint cimenté per les lois :
De la terreur l'effroyable symbole
Relèvera son couteau menaçant ;
On chantera l'infâme carmagnole,
On dansera les pieds nus dans le sang!
On nous disait : le sol de la patrie
Miné partout, doit voler en éclats ;
La flamme est prête, et de la barbarie
S'arment déjà les stupides soldats :
Dans leur fureur, ils ont pris pour idole
L'affreux Marat, ce tigre rugissant ;
On chantera l'infâme carmagnole,
On dansera les pieds nus dans le sang !
On nous disait : les vieux murs de vos temples
S'écrouleront, consumés par le feu;
Et l'athéïsme aux scandaleux exemples,
Viendra s'asseoir à la place de Dieu :