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Lucioles...

De
20 pages
impr. de L. Toinon (Paris). 1868. In-8° , 18 p..
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LOUIS DE COURMONT
LUCIOLES
BONNE NUIT! - MADRIGAL.
MON CAPITAINE. — LE PENDU. - DERNIERS VESTIGES. -
RÊVE DE LA BIEN-AIMEF. — PAXTECUM.
PARIS
DE L'IMPRIMERIE DE L. TOINON ETC ie
A SAINT-GERMAIN EN LAYE
1868
LOUIS DE COURMONT
BONNE NUITI
HOMMAGE A MA MÈRE
LA MÈRE
L'Angélus sonne au loin l'heure pieuse et tendre
Où la voix de nos cœurs plus haut se fait entendre :
Tout vibre, tout frémit dans le baiser d'adieu ;
Et les rêves, quittant leur palais rose et bleu,
Pour bercer le sommeil, sur ton front vont descendre.
L'ombre s'étend et le jour fuit.
Avant de fermer ta paupière,
Mon ange, à la Nature entière
Ensemble disons : — Bonne nuit 1
L'ENFANT
A la Nature tout entière,
Bonne nuit !
Bonne nuit !
1868
©
2 LOUIS DE COURMONT
LA MÈRE
Bonne nuit à la Terre, et que Dieu la bénisse !
Gardienne des tombeaux, des berceaux protectrice,
Tout éclôt dans son sein, dans son sein tout s'endort :
Elle donne sans fin, dévorante nourrice,
Et la mort à la vie, et la vie à la mort.
Les vents tièdes soufflent sur elle ;
La fleur dans l'air sème son fruit;
A la Terre féconde et belle
Ensemble disons : — Bonne nuit !
L'ENFANT
A la Terre féconde et belle,
Bonne nuit !
Bonne nuit !
LA MÈRE
Par delà l'horizon où le regard s'arrête,
Où semble commencer et finir l'univers,
S'étend la Mer, toujours palpitante, inquiète,
Prête à répondre au vol ardent de la tempête,
Sillonnée en tout sens par tant d'esquifs divers.
Points noirs légers glissant sur l'onde,
Ils vont où l'homme les conduit.
A la Mer terrible et profonde
Ensemble disons : — Bonne nuit !
L'ENFANT
A la Mer terrible et profonde,
Bonne nuit !
Bonne nuit !
1 BONNE NUIT! 3
LA MÈRE
Vois ce globe enflammé qui s'éteint dans l'espace,
Et dore tes cheveux de son reflet vermeil.
Salue, ô mon enfant 1 C'est un ami qui passe
Dans la splendeur des soirs d'été : c'est le Soleil.
Demain tu le verras sourire à ton réveil.
Il chauffe, il éclaire, il féconde;
Tout est en fête dès qu'il luit.
A ce Foyer brillant du monde
Ensemble disons :- Bonne nuit !
L'ENFANT
A ce Foyer brillant du monde,
Bonne nuit!
Bonne nuit !
LA MÈRE
Bonne nuit aux oiseaux qui, refermant leurs ailes,
Endorment dans leurs nids l'allégresse du jour ;
A l'innombrable essaim d'êtres légers et frêles,
Joyaux mélodieux — vivantes étincelles —
Emplissant l'air de chant, de jeunesse et d'amour.
A ce qui naît, chante ou soupire ;
A ce qui meurt, dort ou bruit ;
A toute Larme, à tout Sourire
Ensemble disons : — Bonne nuit !
L'ENFANT
A toute Larme, à tout Sourire,
Bonne nuit 1
Bonne nuit !
4 LOUIS DE COURMONT
LA MÈRE
Pour l'Homme, fils du ciel en exil sur la terre,
L'existence est bien lourde, et pleine de combats ;
Il erre incessamment, pèlerin solitaire ;
Aux quatre coins du monde il porte sa misère ;
Dans ses larmes, partout, il marche à chaque pas.
Comme son ombre sur le sable,
Partout la souffrance le suit ;
A l'Homme faible et périssable
Ensemble disons : — Bonne nuit 1
L'ENFANT
A l'Homme faible et périssable,
Bonne nuit !
Bonne nuit!
LA MÈRE
Une étoile, là-bas, glisse à travers les voiles
Transparents de ce ciel si limpide et si beau :
Telle est la vie. — Un souffle en éteint le flambeau.
Ah ! j'ai vu s'envoler ainsi bien des étoiles,
Bien des cendres tomber dans la nuit du tombeau !
Aux pauvres dépouilles mortelles
Que le temps emporte et détruit ;
Aux Ames qui prirent des ailes
Ensemble disons : — Bonne nuit !
L'ENFANT
Aux Ames qui prirent des ailes,
Bonne nuit !
Bonne nuit !
BONNE NUIT! a
LA MÈRE
Enfant, lorsque tu vins au monde, deux pensées
S'unissant dans l'amour au bord de ton berceau,
Te reçurent, ainsi que deux mains enlacées ;
Si tu savais, depuis, que de veilles passées
Pour te faire un doux nid, mon cher et frêle oiseau l
A cet Amour que rien n'altère,
Ni les promesses, ni le bruit,
Ni les vains plaisirs de la terre,
Ensemble disons : — Bonne nuit 1
L'ENFANT
A cet Amour que rien n'altère,
Bonne nuit !
Bonne nuit !
LA MÈRE
Bonne nuit à ton front qui sur mon bras se pose ;
A ton cœur que je sens battre si près du mien ;
A ta jeune pensée au jour à peine éclose ;
A ta lèvre aux baisers s'ouvrant comme une rose;
A ton berceau sans tache ; à ton Ange gardien ;
A tes vertus où le ciel même
Se reflète et s'épanouit ;
A mon beau Chérubin que j'aime
Ensemble disons : — Bonne nuit !
L'ENFANT
A ton beau Chérubin qui t'aime,
Bonne nuit !
Bonne nuit 1
4
6 LOUIS DE COURMONT
LA MÈRE
Mais au-dessus du temps, de l'homme, de la vie,
- Des ombres de la terre et des rayons du jour,
Plane l'Essence même où tout se vivifie ;
L'Infini que le monde adore et glorifie :
Dieu, dont l'immensité sans borne est le séjour !
Il veille, lui, quand tout repose ;
Quand tout dort, lui toujours produit ;
A Dieu, l'auteur de toute chose, *
Ensemble disons : — Bonne nuit !
L'ENFANT
A Dieu, l'auteur de toute chose,
Bonne nuit !
Bonne nuit !
MADRIGAL
Monsieur l'Abbe nous a prêché,
Dans une retraite,
Que l'amour est un grand péché :
J'en suis fâché,
Coquerinette !
Si c'est vrai, moi je suis damné
Des pieds à la tête ;
Car de l'amour, infortuné ,
Pour vous j'en ai,
Coquerinette 1