Manifeste du Parti Communiste
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Manifeste du Parti Communiste

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Description

En 1848, Karl Marx et Friedrich Engels veulent rendre publics les principes du communisme, dans un manifeste qui exprimerait clairement ceux-ci : c’est le Manifeste du Parti communiste. A cette époque en effet le communisme en Europe est craint par tous mais est aussi très vivement critiqué. C’est pour ces raisons majeures, pour éviter les erreurs ou les a priori sur le communisme, que Marx et Engels et bon nombre de communistes de nationalités diverses se réunissent en 1848 à Londres et rédigent ce manifeste, qui fixe à la fois les grands principes du communisme mais aussi ses projets. Ce texte n'est pas l'œuvre d'un homme isolé mais une commande de la Ligue des communistes. Karl Marx a rédigé le texte final sur la base de textes et discussions préparatoires au sein de la Ligue des communistes, et notamment sur la base d'une contribution de son ami Friedrich Engels. Le slogan final — « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » — avait été adopté par la Ligue des communistes plusieurs mois auparavant. Il est d'abord paru anonymement, puis a été réédité plus tard avec mention de Karl Marx et Friedrich Engels comme auteurs, sous le titre Manifeste communiste.

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Publié par
Nombre de lectures 126
EAN13 9782824711157
Langue Français

Exrait

KARL MARX
MAN I F EST E DU P ART I
COMMU N IST E
BI BEBO O KKARL MARX
MAN I F EST E DU P ART I
COMMU N IST E
1895
Un te xte du domaine public.
Une é dition libr e .
ISBN—978-2-8247-1115-7
BI BEBO OK
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Le te xte suivant est une œuv r e du domaine public é dité
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encourag é à le fair e .
V ous de v ez aribuer l’ o euv r e aux différ ents auteur s, y
compris à Bib eb o ok. ( )  de la Ligue Communiste , qui se tint à Londr es en
No v embr e 1847, char g e a Mar x et Eng els d’élab or er et de publierL sous for me de manifeste , le pr ogramme thé orique et pratique
du Parti Communiste .
Ecrit en allemand dans le courant de Janvier 1848, le Manifeste était
env o yé à l’imprimerie de Londr es quelques semaines avant la ré v olution
du 24 Fé v rier . La traduction française p ar ut à Paris p eu de temps avant
l’insur r e ction de Juin  ; elle est de v enue intr ouvable . La pr emièr e
traduction anglaise de Miss Helen Macfarlane fut imprimé e dans le Red
Republican , l’ or g ane du chef Chartiste , Julian Har ne y . D es é ditions danoises et
p olonaises fur ent ég alement faites à l’ép o que . En 1863, le Kolokol de
Herzen, en 1872, Et Socialista de Madrid, et der nièr ement La Critica Sociale de
Milan le r epr o duisir ent en Russe , Esp agnol et Italien. La traduction
française que nous donnons faite p ar Laura Lafar gue a été r e v ue p ar Fré deric
Eng els.
Près d’un demi-siè cle s’ est é coulé depuis l’app arition de ce Manifeste ,
et les phénomènes é conomiques et p olitiques qui se sont pr o duits dans
cet inter valle , n’ ont fait que confir mer les v ues thé oriques des deux p
enseur s communistes. Le Manifeste de 1848 qui est un des plus imp ortants
1Manifeste du Parti Communiste Chapitr e
do cuments historiques du So cialisme scientifique , demeur e aujourd’hui
encor e le saisissant et e x act e xp osé de la mar che é v olutiv e de la so ciété
capitaliste et de la for mation de ses deux classes antag onistes, la
Bourg e oisie et le Pr olétariat  ; bien que certaines p arties aient viellies et que
d’autr es demanderaient des r etouches, ainsi que le constataient Mar x et
Eng els dans la préface de l’é dition allemande du Manifeste , publié e en
1872.
n
2LE MAN I F EST E DU
P ART I COMMU N IST E
3Manifeste du Parti Communiste Chapitr e
Un sp e ctr e hante l’Eur op e  : le sp e ctr e du communisme . T outes les
puissances de la vieille Eur op e se sont unies en une Sainte- Alliance p our
traquer ce sp e ctr e  : le Pap e et le Czar , Meer nich et Guizot, les radicaux
de France et les p olicier s d’ Allemagne .
elle est l’ opp osition que n’ ont p as accusé e de communisme ses
adv er sair es au p ouv oir  ? elle est l’ opp osition qui, à son tour , n’a p as r
elancé à ses adv er sair es de dr oite ou de g auche l’épithète flétrissante de
communistes  ?
D eux choses r essortent de ces faits   :
1º D éjà le communisme est r e connu p ar toutes les puissances
d’Eur op e comme une puissance .
2º Il est grand temps que les communistes e xp osent, à la face du
monde entier , leur manièr e de v oir , leur s buts et leur s tendances  ; qu’ils
opp osent au conte du sp e ctr e communiste un manifeste du Parti.
D ans ce but, des communistes de div er ses nationalités se sont réunis
à Londr es et ont ré dig é le manifeste suivant, qui sera publié en anglais,
français, allemand, italien, flamand et danois.
4CHAP I T RE I
BOU RGEOIS ET
P ROLÉT AI RES
’     so ciété jusqu’à nos jour s n’a été que
l’histoir e des lues de classes.L Hommes libr es et esclav es, p atriciens et plébéiens, bar ons et
serfs, maîtr es de jurande et comp agnons, en un mot, oppr esseur s et
opprimés, en opp osition constante , ont mené une guer r e ininter r ompue , tantôt
ouv erte , tantôt dissimulé e  ; une guer r e qui finissait toujour s ou p ar une
transfor mation ré v olutionnair e de la so ciété tout entièr e , ou p ar la
destr uction des deux classes en lue .
D ans les pr emièr es ép o ques historiques, nous constatons pr esque p
artout une division hiérar chique de la so ciété , une é chelle gradué e de p
ositions so ciales. D ans la Rome antique , nous tr ouv ons des p atriciens, des
che valier s, des plébéiens et des esclav es  ; au mo y en âg e , des seigneur s,
des vassaux, des maîtr es, des comp agnons, des serfs  ; et, dans chacune de
5Manifeste du Parti Communiste Chapitr e I
ces classes, des gradations sp é ciales.
La so ciété b our g e oise mo der ne , éle vé e sur les r uines de la so ciété fé
odale , n’a p as ab oli les antag onismes de classes. Elle n’a fait que substituer
aux anciennes de nouv elles classes, de nouv elles conditions d’ oppr ession,
de nouv elles for mes de lue .
Cep endant, le caractèr e distinctif de notr e ép o que , de l’èr e de la b
ourg e oisie , est d’av oir simplifié les antag onismes de classes. La so ciété se
divise de plus en plus en deux vastes camps opp osés, en deux classes
ennemies  : la Bour g e oisie et le Pr olétariat.
D es serfs du mo y en âg e naquir ent les éléments des pr emièr es
communes  ; de cee p opulation municip ale sortir ent les éléments constitutifs
de la Bour g e oisie .
La dé couv erte de l’ Amérique , la cir cumnavig ation de l’ Afrique ,
offrir ent à la Bour g e oisie naissante un nouv e au champ d’action. Les
marchés de l’Inde et de la Chine , la colonisation de l’ Amérique , le commer ce
colonial, l’accr oissement des mo y ens d’é chang e et des mar chandises,
imprimèr ent une impulsion, inconnue jusqu’alor s, au commer ce , à la
navig ation, à l’industrie , et assurèr ent, p ar consé quent, un rapide dé v elopp
ement à l’élément ré v olutionnair e de la so ciété fé o dale en dissolution.
L’ancien mo de de pr o duction ne p ouvait plus satisfair e aux b esoins
qui cr oissaient av e c l’ ouv ertur e de nouv e aux mar chés. Le métier , entouré
de privilèg es fé o daux, fut r emplacé p ar la manufactur e . La p etite b
ourg e oisie industrielle supplanta les maîtr es de jurande  ; la division du
travail entr e les différ entes cor p orations disp ar ut de vant la du
travail dans l’atelier même .
Mais les mar chés s’agrandissaient sans cesse  ; la demande cr oissait
toujour s. La manufactur e , elle aussi, de vint insuffisante  ; alor s la vap eur
et la machine ré v olutionnèr ent la pr o duction industrielle . La grande
industrie mo der ne supplanta la manufactur e  ; la p etite b our g e oisie
manufacturièr e cé da la place aux industriels millionnair es, — chefs d’ar mé es de
travailleur s, — aux b our g e ois mo der nes.
La grande industrie a cré é le mar ché mondial, prép aré p ar la dé
couv erte de l’ Amérique . Le mar ché mondial accéléra pr o digieusement le
dév elopp ement du commer ce , de la navig ation, de tous les mo y ens de
communication. Ce dé v elopp ement ré agit à son tour sur la mar che de
l’indus6Manifeste du Parti Communiste Chapitr e I
trie  ; et au fur et à mesur e que l’industrie , le commer ce , la navig ation, les
chemins de fer se dé v elopp aient, la Bour g e oisie grandissait, dé cuplant ses
capitaux et r efoulant à l’ar rièr e-plan les classes transmises p ar le mo y en
âg e .
La Bour g e oisie , nous le v o y ons, est elle-même le pr o duit d’un long
dé v elopp ement, d’une série de ré v olutions dans les mo des de pr o duction
et de communication.
Chaque étap e de l’é v olution p ar cour ue p ar la Bour g e oisie était
accomp agné e d’un pr ogrès p olitique cor r esp ondant.
Etat opprimé p ar le desp otisme fé o dal, asso ciation se g ouv er nant
ellemême dans la commune  ; ici république municip ale , là , tier s-état tax able
de la monar chie  ; puis, durant la p ério de manufacturièr e , contr ep oids de
la noblesse dans les monar chies limité es ou absolues  ; pier r e angulair e des
grandes monar chies, la Bour g e oisie , depuis l’établissement de la grande
industrie et du mar ché mondial, s’ est enfin emp aré e du p ouv oir p olitique ,
— à l’ e x clusion des autr es classes — dans l’Etat r eprésentatif mo der ne . Le
g ouv ernement mo der ne n’ est qu’un comité administratif des affair es de
la classe b our g e oise .
La Bour g e oisie a joué dans l’histoir e un rôle essentiellement ré v
olutionnair e .
Partout où elle a conquis le p ouv oir , elle a foulé aux pie ds les r
elations fé o dales, p atriar cales et idylliques. T ous les liens multicolor es qui
unissaient l’homme fé o dal à ses sup érieur s natur els, elle les a brisés sans
pitié , p our ne laisser subsister d’autr e lien entr e l’homme et l’homme que
le fr oid intérêt, que le dur argent comptant . Elle a no yé l’ e xtase r eligieuse ,
l’ enthousiasme che valer esque , la sentimentalité du p etit b our g e ois dans
les e aux glacé es du calcul ég oïste . Elle a fait de la dignité p er sonnelle
une simple valeur d’é chang e  ; elle a substitué aux nombr euses lib ertés,
si chèr ement conquises, l’unique et impito yable lib erté du commer ce . En
un mot, à la place de l’ e xploitation, v oilé e p ar des illusions r eligieuses et
p olitiques, elle a mis une e xploitation ouv erte , dir e cte , br utale , éhonté e .
La Bour g e oisie a dép ouillé de leur auré ole toutes les pr ofessions
jusqu’alor s réputé es vénérables, et vénéré es. Du mé de cin, du juriste , du
prêtr e , du p oète , du savant, elle a fait des travailleur s salariés.
La Bour g e oisie a dé chiré le v oile de sentimentalité qui r e couv rait les
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