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Mémoire à Son Excellence le ministre des Affaires étrangères sur l'attentat commis, le 21 juillet 1868 ["sic" pour 1865], à Carupano Venezuela, sur la personne de M. Dque Piétri, agent consulaire de France / [Signé : Dominique Piétri, 18 mai 1868]

De
12 pages
impr. de E. Vert (Paris). 1868. France -- 1852-1870 (Second Empire). 12 p. ; in-4.
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MÉMOIRE
A Son Excellence
LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
SUR
r^AÏTENTAT COMMIS LE 21 JUILLET 186$ '>
AA CARUPANO, VENEZUELA
SUR LA PERSONNE
DE M. DQUE PIÉTRI, AGENT CONSULAIRE DE FRANCE
Pans, le 18 Mm 1868.
MONSIEUR LE MINISTRE,
J'ai eu l'honneur de soumettre à votre Excellence une
relation des faits qui ont précédé et suivi l'attentat odieux,
-dont j'ai été victime, le 21 juillet 1865, à Carupano (Vene-
zuela) en ma. qualité d'Agent consulaire de France. Won
premier mémoire a eu pour but d'éclairer le gouvernement
£fr 'de l'Empereur sur ce grave incident, de.l'édifier sur mes nom-
_ 2 —
breuses tribulations et d'implorer son concours, pour obtenir
les réparations qui me sont dues. Ces réparations attendues
par moi depuis bientôt trois ans sont légitimes. Votre Ex-'
cellence pourra facilement s'en convaincre, en consultant le
dossier de cette malheureuse affaire, composé de pièces
officielles émanant de la légation française de Caracas, d'en-
quêtes exactes et de témoignages authentiques.
Je prends la liberté, Monsieur le Ministre, de résumer de
nouveau les faits qui se rattachent à tous les griefs que je
reproche aux États-Unis de Venezuela. Je remplis cette tâche
pénible dans le but de ne laisser subsister aucun doute sur la n
validité de mes réclamations.
Premier Grief. — Ce premier grief est relatif à l'at-
tentat du 21 juillet 1865.
A la suite de cet attentat, dont il est inutile de rappeler
toutes les circonstances, les Vice-Consuls d'Espagne, d'Italie
et de France à Carupano firent des rapports à la Légation
française de Caracas, pour l'informer du crime et lui faire
connaître que les autorités de cette ville en avaient été les
complices.
Cette complicité, d'ailleurs, était évidente, puisque le Juge
du Tribunal de première instance avait donné à mon assassin
l'ordre écrit, tout à fait arbitraire, de m'arrêter au moment
de mon embarquement pour France.
Dans une dépèche, écrite le jour même de l'attentat, et
adressée au chargé des affaires de France à Caracas par
l'Agent consulaire français intérimaire à Carupano, on trouve
relaté le mobile du crime, dans les termes suivants :
« Cet attentat, scandaleux, dit-il, et plus encore vexatoire pour le ca-
» ractôre de Piétri, notre agent consulaire, s'est passé devant le juge de
» première instance et a occasionné une alarme générale parmi les ha-
» bitants. A c e qu'il parait, Balan (c'est le nom de l'assassin) a eu peu
— 3 —
» que Piétri se rendant en France en même temps que lui, ne lui fasse
» du tort auprès du gouvernement français par ses rapports défavora-
« blés (sur ses réclamations), et il a voulu absolument que les autorités
» (dont plusieurs membres sont ses proches parents) l'empêchassent de
» partir sous prétexte qu'il y avait contre lui une exécution rendue sur
» la demande civile de Balan par le juge de première instance. Et quoi-
» que le juge eût décrété, selon le désir de Balan, la détention de Piétri,
» les fils Balan ont eu recours à la violence pour empêcher le voyage
» de l'agent consulaire, comptant, sur l'impunité et même l'appui des
» autorités. »
Quelle fut la réponse de la Légation de France au Vene-
zuela? *
La voici, en date du 12 août 1865 :
« Monsieur, je vous remeroie d'avoir pris soin de porter à ma con-
» naissance tous les détails de l'attentat si scandaleux qui a été commis,
» le 21 juillet dernier, contre la personne de M. D. Piétri, agent consu-
« laire de France à Carupano.
» Je me suis empressé de prendre, dans cette grave circonstance,
» toutes les mesures qui doivent me faire espérer qu'on infligera un
» châtiment des plus exemplaires aux coupables, en attendant les ins-
» tructions que j'ai demandées à Paris au sujet des réparations et sa-
» tisfactions.qu'il plaira au gouvernement impérial d'exiger de qui de
» droit. »
De leur côté, les vice-consuls d'Espagne et d'Italie déclarent
qu'il y a eu complicité de la part des autorités. En effet, le
vice-consul d'Italie s'exprime ainsi ■'
« Toutes les autorités sont mal avec Piétri. Ces autorités n'accomplis-
» sent pas leurs devoirs envers les agents consulaires. Souvent elles nous
» vexent. Elles n'ont aucun égard pour notre caractère d'employés de
» nos gouvernements. »
C«s deux représentants étrangers, ainsi que le vice-consul
de France de Cumana, terminent leur dépêche en déclarant
— A —
qu'une prompte réparation est nécessaire, et expriment le
voeu qu'elle soit exemplaire. (Voir leurs dépèches au dossier.)
Il y a aussi, Monsieur le Ministre, un autre fait important
qui appelle votre attention. Plusieurs jours avant l'attentat,
c'est-à-dire le 12 juillet 1865, mon avocat, qui était en même
temps trésorier général de la Nouvelle-Andalousie, à la rési-
dence de Cumana, écrivit à la Légation française, pour lui
révéler certaines craintes graves. Il dit :
« Je vous envoie une brochure sur l'affaire Balan, qni vous mettra
» au courant de l'injustice notoire commise envers Piétri, Je dois, en
» outre, vous faire savoir que, bien qu'il ait appelé de la sentence de la
» cour supérieure, celle-ci lui a nié ce moyen de défense, et qu'il n'y a
» pas de tribunal suprême auquel on puisse avoir recours. Un semblable
» procédé est une violation scandaleuse de la loi. Il y aura très proba-
» blementune exécution contre Piêtn, laquelle nuira d'une manière sé-
» rieuse à ses intérêts et à ses droits; et comme il n'est pas ici pour se
» défendre et protester contre un attentat si énorme, il ne me vient à
» l'idée d'autre moyen que de m'adresser à vous pour que vous fassiez
» pour les intérêts de Piétri les démarches que vous jugerez convenables. »
Pourquoi les autorités de Carupano m'ont-elles déclaré une
guerre sans trêve ?
Le chargé des affaires de France de Caracas va répondre à
son tour à cette question.
Dans sa dépèche, en date du 24 août 1865, et adressée à
votre prédécesseur, on lit ce qui suit :
« J'ai l'honneur de transmettre à Votre Excellence, les documents
» ci-joints qui la mettront à même de se faire une idée plus exacte de
» la conduite inqualifiable des autorités de Carupano
» Le ministre des relations extérieures des Etats-Unis de Venezuela
» aura pu juger de la force de mon indignation lorsque je lui ai annoncé
» que les assassins de notre vice-consul étaient protégés par les auto-
» rites de Curupano, tandis que L s français courageux qui lui avaient
» sauvé la vie avaient été mis en prison.