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Mémoire des députés de la ville de Tulles, relatif aux troubles du Bas-Limousin : pour être mis sous les yeux de l'Assemblée nationale ([Reprod.]) / [signé : Melon de Pradou,... et de Saint-Priest,...]

De
195 pages
[Demonville] (Paris). 1790. 3 microfiches ; 105*148 mm.
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K
ip LA VILLE DÉ TULLES,
Relatif aux troublts du B&s-Limoufin
four être mis fous
Xi es Villes, Paroiffes, & Municipalités de
Tulles» Limoges, Uzerches, Alaffac, Mar-
tel en Quercy Vigeois Beaulieu, Forzès,
Corrèze, Egleton*,
Luberfac, Perpefoc, Saint- diamant, Saint-
Pardoux, leLonzac,Neuvie, Chamboulive, r
l
Bort, Hautes
Paye, Meyflac,, Çoîonges, Nave*,&c.
Ayant été tomes témoins & plufieurs d'en-
tre elles viaimes des violences exercée* dan,
partie da Quorcy, par dep
troupes de malfaiteurs raffemblés jufçru*a»
;•.
homme», qui ^nt pill£
dçs -châteaux, & un plus grand nombre de
maifôns de /bourgeois & de cultivateurs
exigé des contributions en argent, confommé
ou gâté rompu les
digues & chauffées Ides étangs, & péché le
poiffon* & commis beaucoup d'autres excès.,
dont les preuves réfdteront^es procà* ver-
baux mis fous les yeux du Comité des Rap-
portes de l'Affembléè j 6; ayant lieu de crain-
fdre le retour de ces défordfes implorent -avec,
confiance & reTpeâ la juftice de l'Afiêinblée
Nationale, pour obtenffd'elle qu'elle prenne
vinces adjacentes, la fureté &Ha tranquillité pu-
bliques. •̃
Cette demande eil l'objet de la mi (Bon de
deux Députés extr dinaires de la ville de
Tulles auprès de PAflemblée Nationale., au-
torifés par un rîbmbte confidérable des -villes
qu'on vient de nommer, & chargés en cela,
des intérêts du Limoufîn & de quatre Provinces
voifines le Quercy, le Périgord le Rouergue,
& l'Angoumois,
Ceft villes Se ces Provinces, animées dn
zele de tour les bons citoyens pour notre fi
berté naiffante & peut j'heufeafe Conftmition
/w*
qà va nous l'affurer à jamais; pleines d'an
refpeâ qui ne s'eû jamais démenti'pour
femblée Nationale, & vouées à une fouroif-
non entiere fes Décrets, rfauroient pas été
dans lanéceflîté de recourir a elle au milieu
dè les importantes &preffaiites -occupations,
fi le furfis décrété le 3 mars n'avoit affoibri ou
même détruit l'exécution de toutes les fen-
tencës prévôtales le moyen puiflant à l'aide
duquel èlles avoient recouvré & elles main.
tenoient chez elles la tranquillité publique.
Elles ne diflimulent point qu'elles regar-
dent le rétabliffemenî de la Juftice établlè
dansvtoute fon aâivité & febnles formes qui
ont pourvu fagement à en prévenir tous les
abus, comme le feul moyen d'affurer chez elles
la tranquillité publique 'd'ici à l'&abiifTement
de l'ordre judiciaire, de garantir les propriétés
des Citoyens paifîbtes de faire exécuter les Dé-
crets de l'Aflemblée Nationale, & d'achever
l'édifice de la Conftitution, par la formation
complette dés Municipalités des Diftrids
& des Départemcns. Elles croient enfin que
c'eft Punique route qui puifte mener au but
vers lequel tendent avec ardeur tous les bons
Citoyens, l'achèvement du grand ouvrage,
fuivi avec tant de zele & de courage par *es
Repréfentans de la Nation.
̃ ̃: T4)
craignons de fâcheules
nos Provinces Semblent devoir être..étrange-
res, & fur la motion d'un Député qui n'appar-
tient à aucune d*elles nous fo mm es forcés
de remonter aux auteurs des impreffions com-
muniquées à la Commune, & qui ont pane
dans l'Âifemblée cette
recherche, nous reconnoiflbris que c*eft fur
dé faux expofés des- faits que la Commune &
le Membre de l'Aflemblée qui a provoqué le
Décret, & rAffemblée elle- même, fe font
laiffés conduire. Tout notre travaif fe réduit
par-là à rétablir les faits, à préfenter les con-
féquences qui réfultentde ceux qui ont eu lieu
réellement à de l'état aâuel où Ce trouvent
aujourd'hui les Provinces dont nous défen-
dons la caufe & les intérêts. *;̃̃̃̃ 4
Four remplir cette tâche nous tracerons
un tableau raccourci des troubles qui
ont dénoté nos vProvinces qui fera ftiivi de
I3 difcuflion des faufles impu-
tations mites lous les yeux de là Commune
de Paris du Comité des Rapports & de
rAffemblée Nationale s & nous prouverons
enfuite Pindifpenfable néceffité de rétablir in^,
lammcnt dans Je la* jo$
ivr
A3
dont nos Provinces ont été le théâtre.
Récit qui ont eu lieu dans
le Bas-fymûujtn partie du Querçy » tir4
des protés verbaux drejfésfur des lieux &'
tranfmis ait Comité des Rapports de VAf-,
là deftroâion des bahifbade$& bancs des
églifes & cette des poteaux de juflke a été
le bas Li-
moufin* Bkmôt oa a plaii^ des potences
pour deux ou paieroient les
ithtes; Des les eam-
éfprit de révolte &
^de Les GJûvatew* paifibles étoient
quelquefois forcés de' quitter' leurs foyers
tantôt fe dérobant aux & untôe
forcée de fes Cuivre. Le ralliement ft faifoit
avec un tambour & un étow parvenu à For-
fit autres inftràn*enî. Ces
Forê«, Sairiw
1.
Hilaire Saint-Gcrmain-les-Vergnes Cornil
Saint Sa Ivadour, &c.
Bientôt la licence croiffant par l'affurtnce
de l'impunité fe porta. à de plus grands ex-
cès dans les f aroifles de Litfac Chanteix
Orgnac AlafTac Favart Glandier &c.
Il eft notoire qu'au château de LiffaeVle
Seigneur, âgé de 78 ans, & la dame, ont,été
perfonnellement infultés & ineh!acçs par des
gens en armes; que la fontaine du château a
été démolie 3 qu'une potence a été dreffée à
la porte du. château que le feigneur de Liffac
a été tellement àffedé de ces outrages » qu'il eft
mort deux jours après que ta dame de Ûflac a
été obligée de fuir avec fes enfans & d'aban-
donner fa maîTon au pillage que le château
a été en effet dévafté $ les bâtiroens dégradés,
les portes & fenêtres brifées & brûlées » les
'denrées confommées ou détruites, qu'on s'y
eft fait donner de force de l'argent des dé-
II eft prouvé qu'à Alaffac, le 24 janvier,
jour auquel avoient été publiés au prône le»
Décrets de rAflcmblée
ganifaûon des Municipalités, un attroupement
Ce forma, qui alla ferifer la baluflrade de Fé*-
glife paroifliale enleva les bancs des Officiers,
m
A 4
WÀhSzv, la place publique,
Que les Officiers- municipaux s'étam trans-
portés furies lieux. & ayant exhorté les rau-
1 tins àie féparer, ils furent menacés d'être jetés 's
dans les flammes*
Que la Municipalité- di les- Notables raf-
femblés s'etant déterminés, d'après une déli-
feératien à publier la Loi martiale, & ayant
exécuté^cette publication-, & fommélesgens
de fe retirer, furent aflaillîs àcoups
de pierres, & forcés. de fe réfugier dans une
'̃ maifons des fleurs de
Bruchard, d'Eyfat, Lafteyrie, Châtras, Cledat.
Bonnette Treuil & de quelques autres
bourgeok :lE habitans r OR' été pillées,: leurs
portes^ fenêtre! brifée^, les armoires enfon-
tè-linge &a & jufqu'amB
inflromens aratoires emportés les vins bus;
& que j de plufieurs d'entre eua, on a exigé
• des. quittances & des reconnoiffances, & de
l'argent comptant.
Que le même jonr après fe- pillage de»
maifons bourgeoifes r 'attroupement fe porta
fur Je château» de Kouffignac appartenant à
M. de Lamare dont on commença à brifer
les toits & les croifSei à* coups de pierres-;
qu'après représentât*
̃> ">tr ̃̃̃
leurs violences les: gens du château tirèrent
fur eux, & qu'il y eut deux peribnnes tuées
fur quoi il eft important, d'obfcrvcr que leur
attaque le faifoit dans la nuit, puifqufelle avoit
commence vers les huit heures du foir, &
qu'elle dura jufqu'à onze.
Que, le lenditmain 25 les défordres recom-
ainO que le pillage
particulières qu'on mit à contribution, &
que, malgré une nouvslle. publication de lai
Loi martiale. faite par le maire diJzetches,
arrive avec un petit détachement de fa garde
-nationale, 5c malgré*- rarrivée d'un détache-
mens de près de trois cents hommes de là Mi-
lice nationale 4e Brivçs, le qui Ce raira fans
rattroupemeni une nouvelle
troupe de gen» éîrange*t^ la ParouTe>d'Alaflàc
& è (9 tête de laquelle Ce montra le fieur Du*
rieuic), réunie ̃ la première, fe précipitèrent
fur Je château de Rouffignac» que le fieur de
tainazt & fa famille avoient abandonne fut
i'dfi%ance q«e ta milice <!• Briveslui aroit
donnée de le défendre.
Queles toit. ont été coup de pierre»,
les portes du faloh firacaffées, & le» vol.
leurs ferrures enlevés; tout, les carreaum
<les fenêtres caffés, la glace du fàlon bri%
*P5
en petits morceaux ainfî que beaucoup de
meubles » les armoires enfoncées, les effets
en habits & ünge enlevés les papiers & l'ar-
gent pi liés, les outils aratoires emportés, &c.
tout faits eonfignés dans te procès verbal greffé
la 16 17,'février, éprouvés par la te-
neur des informations..
Il eft prouvé de même" par dûTérens pro-
eU verbaux, drefles par des Officiers deJuf-
les étangs des Chartreux de
Glandier fitués fnria Paroiflè de Chanteix ont
été vidés & pêches par des troupes de payfen*
religieux,i qu'ils^ font fait donner de force du
vin, de l'argent* dei quittances de rente.
9- -en prouvé encore pour lelieu deFavart,
que Tefpoir du pillage & de l'impunité aug-
mentant tous les jours le nombre des malfai-
teurs, des troupes de pay (ans, de journaliers, de
ramaffés furies ateliers
des grandes routes presque tous gens fans
propriétés, faifant an*
dans les différentes Paroiffes, avec
Qu'un attroupeirtent de et= efpece élant
occupe le 24 janvier à éventrer la digue de
folhcitée par la dame de S. Hilaire de venir
fori feçoufs, ne put arrêter le dégât qu'en fe
faifîffant d'un nombre de Séditieux, ce qu'elle
fit fans tirer on coup de fufil ,1)|iioiqu*ii fok conf-
tant par l'information que les cavaliers ont
été couchés en joue; & des amorces brûlées
par les mutins.
Que le lendemain attroupement
de S à J)oo hommes formé audit lieu- dé
Favar t a forcé la dame' de S. Hilaire <f écrire
la municipalité de Tulles pour obtenir l*c*-
largifKemcnt des dix-Huit mutins pris la veille»
ayant, en cas de refus» le projet de fondre
̃v fur la ville de Tulles, pour tirer de1 force des
pnfons ceux qui y étaient'détenus.
Que la Municipalité dé Tulle», reconnoiflanr
la néceflïté milaitte de' prévenir des défordre»
qui ^menaçoient toute la province; ayant dé-
termine de joindre quatre-vingts hommes, de
étant arrivée au lien de Favart après avoir fait
ferment de ne mer
folue neceflité te fieur de^tarcillac, com-
mandant/de h Maréchauflee parlant aux
féditieux, & leur ordonnant de te retirer, a
reçu trois coups de jRifil doni il eft rewé griè-
v ént bleffé i que plu (îeurs volontaires j aial
de marechauffée, ont été
Il
bleffés pareillement & quelques-uns dé-
montés.. ̃ *• •'•'̃'•̃ ̃ •(!
̃
Et qu'enfin, obligés de repoufler la force
par la force, ils ont* fait feu fur les mutins»
& en ont arrêté huit les armes à ta main»
cV dans les jours Cuivans plufieuri autres
connus pour avoir été dans les attroupe-
meus, & entre autres le nommé Durieux
Tambour -Major de la Milice nationale de
Brives.
Ces faits ont été altéra & dénaturés p
divers moyens contre lefquels les viUes &
Municipalités du haut & du bas LimouGn
ne peuvent fe difpenfer de réclamer.
Le premier èft un mémoire de deux Dé-
extraordinaires de la ville de Brèves,
préfenté à la Commune de Paris, & remis en:
fuite au Comité des rapports^e mémoire in-
valpe les propriétaires qui Ce' font défendus
contre les Violences des brigands, la con-
duite de la milice nationale de la ville de
Tuiles» pour réprimer & contenir les bri-
gandages, & enfin les procédures & juge-
ment du Prévôt de Tulles.
Le Second moyen employé pour dénature!
& altérer les faits, eft l'ufage qu'ont faa les
mêmes Députés des papiers publics > & nd-
H
( la)*
ce* piecw après
mit en avant quelques obfervation* '(or la
les fieur» Serre le jeune
extraordinaire a»*
Commune de Paru, & fur ia fect-
til&atoibqaélie leur «énonciaiton y a été
& les viifc» dont nom Tommes
Royaume, pour
%^gteb-ic iàiponam iemees qu'elle a reri.
ir^1diddéeaiBe rétolation qui doit faire
I*£|WmA Je boobew de la Nation..
r '.î&mk tecoiHiÉHilent auffi fuis peine la fu*
V^f^^1^p«kfiioqg?ie»psi}e ceotfe du gou*
la patrie
Métro,. de
cet avantages de la
-Tilles du Royau-ej & fa rtlk de
tmeodu aftâsc fut
1
pouvons-nous pas nous étonner de ls démarche
des Députés de Brives, qui vont porter à la
Commune de Paris une caufe qui divife lêi
villes & les habitans d'une dés Provinces du
royaume. A quel titre cette Commune
pouvoit-eiie être juge de nos dhTérens» &
.,dans Péloignement où elleeft du théâtre des
faits décider entre Brives d'une part & de
l'autre Tulles, Limoges, & tant d'autres villes
& Municipalités quel rapport, même éloi-
gné,. peuvent avoir les -intérêts, Ces fondions»
& fes droits, avec des événemens paffés dans
le Limoufm & dans le Quercy î
Nous ne craignons pas de dire qu'en s'a
drefiant ainû à un Tribtfhal fans autorité fur
nos Provinces, les députés de Brives accufent
la foiblefle de leur caufe par l'emploi d'un
moyen aulli irrégulier que celui-lï?Le Co-
mité des rapport, & d'après lui & l'expofé
dés faits & des rairons, i*AffembIée natio-
haie, ou un Tribunat diftinâ, auquel il eft
encore plus naturel de renvoyer de Sembla-
bles queuions, étoient les feuls juges foui
les yeux désuets il falloit mettre les pièces
du procès, & les plaintes & réclamations des
On nous dira peut-étre que la Commune
elle-même, en recevant la dénonciation faite
t«4Î
par les Députés du Comité de Brives» a
juftifié leur démarche, qu'elle auroit ripouf-
fée fi elle Favok crue déplacée.
̃« Mais cette apologie nous paroît infuffi-
famé. L'Aflemblée de-la Commune, qui
doit fon évidence à l'efprit de liberté & qui
Montre tant de zèle pour tout ce qui tient
à une f jufte caufe, a pu fe JailTer aller trop
facilement là recevoir une dénonciation qui
féinblôït(^8vbir pour motif les intérêts des^
citoyens contre une opprefTîon mais jufques
les Deputés. de Brives en rendant ce,
à la droiture de fes intentions on ne peut
croire i la jufteffe, de) lès vues. pe jeunes
gens viennent Jukpréfenter un mémoire con-
tenant le récit de vexations horribles, de maf-
Nacres faits fous Je, nom de juMice de ci-
toyens opprimés, aflaflînés par le glaive d'un
Prévôt; les fenthrrens s'exaltent mais en
même temps le jugement s'altère. Le doute &
la réferve doivent ^alors garder la lâgefly de
a l'homme public il de fes vertus
la voix de J*huma-
nité que lorsqu'elle eft d'accord avec telle
de la juftice 5 & nous ofdns croire qu'en fe
conformant à cyt règles la Commune de
Paris n'eût point accueilli la dénonciation
'dàtêçmés de Brives, & fur-tout ne l'eût
jamais portée à l'Affemblée nationale.
Cette plainte fans aigreur que-nous croyons
pouvoir nous permettre au nom de nos Com-
mettras fe trouvem bien juftifiée par, l'exK
pofê vrai de la manière dont la dénonciation
des Députés de Drives a été préfentée à la
Commune, expofif que nous puiferons dans
la lettre écrite à ,MIVî. de Brives par leurs
Députés dont nous avons 14 copie fous
les yeux. Nous ne ferons qieen citeriquelques
Ces Meflleurs nous apprennent d'abord
que le récit qu'ils ont fait verbale»
ment de Uur affaire, plusieurs Membres fe font
levés &~bnt pris vivement U parti du peuple
Ainfî c'eû d'après un fimple fécit verbal
fans vu de pièces & de preuves, que des
Juges fe- lèvent prennent vivement (notez
vivement) leparti du peupte qu'on leur re-
présente comme opprime, fans favoir s'il l'eft
en effet, fans s'en aflurer par aucun tfioyén»
Nous prévenons nos tois
pour toutes de l'abus qu'ont fait les Dé-
pute! de Brives de ce mot peuple en l'ap-
pliquant à des brigands contre lefquels le
vrai peuple, le peuple citoyen de nos pro-
"Y
ne cène
que. r
Ceft fans doute un mouvement louable
que de prendre le parti du peuple opprimé*
mais M ce qu'on appelle le peuple opprimé
Wefl qu'une troupe de brigands, fe livrant
aux plus grands excès j fi ce font au contraire
de vrais Citoyens des Bourgeois des Culdva-
teûrs,des Ouvriers paiÛblesquiométéviâimes
de ces -violences, De voit* on pas que des'
|hpmmes publics doivent fermerleur ame aux
mouvement d'une ferablable compaifion.
Ne falloit-il pas encore diftingugr' fûrement,
les opprefleurs & les opprimés ce que
ne pouvoit pas faire la- Communé de Paris,
fur un rélit fait verbalement par les Députés
de Brives, fans pièces à l'appui, comme fans
contradiction.
Ceue réflexion eil fi naturelle qu'elle n'a
pas échappé à quelques membres de la Com-
mune, qui ont remarqué, difent les Députés*
que TAffembiée, avant de fe déterminer à
u fer de fon crédit fur fis Repréf entons à VAf-
femblée nationale pour leur recommander
V affaire de MM. les Députés de Brives, de-
voit prendre coîmoiffance des procès verbaux*
faits, fur les lieux des inJhrreQions, Cette re-
marque étoit jufte, -les Députés en con-
viennent.
B
♦tennent. lis y répondent que les pièces étoient
entre tes mains de MM. du comité des rap-
ports mais cette réponfe ne peut les. exeufei:
de n'avoir pas différé leur demande £ la Corn*
mune jufqu'à ce qu'ils euffent pieces un main,
& il refit toujours demander comment la
commune a cru à leut fimple récit verbal.
NDUslifonsenfuite dans la lettre des Députés
de la commune ayant invité ces
piéces juflificatives ils furent ajfe% mnlhcu*
feux pour te pas JVf. le préfident
du Comité des rapports qui en itou le déten-
teur} mais que la prù"
tut prias des procès verbaux i tel que leur mé-
moire le leur fourni ff oit i des faits arrivés dans
lts troubles de la Province.
Quelle négligence d'abord ,& enfuite quelle
légèreté des députés Il s'agit des intérêts de
leur ville & de toute une province» en matiere
grave aflurément ils ne prennent pas les
moyens ordinaires & sûrs de trouver M. le
Préfident chez liti d'obtenir de lui des pièces
fanslefqueKes ils ne pouvaient faire une démar-
che fi importante auprès d'une aiïemblée atifli
fefpedable que celle de -la Commune & ils
m °.V le..)
croient pouvoir fubftituer àpis pièces
cis hit de mémoiré^On laifleau ledeur à qua-*
cette conduite,
Mais voici quelque chofe de plus étrange
encore toujours tiré de leur lettre. Introduits
dans la falle de la Commune, ils y avouent
̃K baux mais à la place ils engagent leur parole
d'honneur pour preuve de ^authenticité des
faits contenus au mémoire qu'il; laiffeni fur
Ce mémoire efl celui qu'il» ont préfenté
y enfuite au Comité des rapports; 6V on verra
1 tout à l'heure, par Tanalyfe que no us en ferons,
quels faits gaianiis fur leur
parole d'honneur. Màis peut-on affez s'étonner
de rafTurariceayec laquelle ils fubflitûent cette
parole à des procès verbaux.
Leur affurance prouve, dira 1- on leur
franchife leur' nous voulons
'_bien y croire. Il paroît en effet impon*îbl4
importante en elle-même & par les fuites $
fans être convaincus de la jutlice. de la caufe
qu'ib fe chargeoient de foutenir.
Maïs la conviction de deux hommes» fur des
faits dont ils n'ont pas été les témoins, n'eft
pas une preuve. Elle n'ea eg pas une fur-tout*
B2
lorfqu'elfè n'eu pas énoncée dans les formes •"
prefctiites par les lois de tous les pays. Elle
ne peut pas tenir lieu d'un procès verbal fait
fur les lieux » & des informations .& auditions
Que fera«ce, fi » comme nous le démontre-
rons tout à l'heure » la convitfion des Dépu»
tés porte fur des^its que les procès verbaux
& fur les faits les plus*
graves » les plus decîfifs dé la qtieflion?
Nous ajouterions enfin que f cet engagement
de,leur- parole d'honneur pouvo'it être cîe quel-
que poids ce ne feroit que fur des faits affez
liuipïes pour que l'imagination iVfprit de
parti la paflîon trop commune dans les mo-
mens triques où nous nous trou vons,& qui
fo«»lle l'intention là plus droite ne puf-
fent pas les repréfëèter fous de faux jours* Mais
il s'en faut bien que ce qne les Députée
cette natdre. Ils font au contraire très-compte
appuyés de
fujlpoimQns, e^pkiqués par des raifonnemens,
6c u>ut homnie reconnoïtra, à la firople
leâure du mémoire auquel les fléputés ren-
voient que rien n'eâ moins propres que de
pareils faits à être confiâtes par unèMimple
parole d'honnçur,
Ceptndant les Députés de Ërîves àfTurent
dans leur lettre, leurs Commettans que
MM. delà Commune furent fatis faits de cette
Noùs voudrions pouvoir penfer que cette v
affertion de leur part éft auHi hafardée que
bèaucoup d'autres qu'ils fe font permifet. Mai*
la démarché de la Commute auprès de i*Af-
femblée^ nationale eft une preuve qu'en effet v
elle ieft contenta de la parole d'honneur de
deux Députés de Brives, pour déférer à l'AP-
v femblce nationale Ja conduite du Prévôt & de la
ville deTulies, & des citoyens qui ont repouffé
les brigands. Il nenous appartient pas de carac-\
térifer cette*, facilité, mais nous en appelons à
^out juge impartial & Cage fur les plaintes que
nous en formons.
Nous trouvons cependant dans la fuite du
récit des Députés ftnbn de quoi excufer, au
moins de quoi expliquer ce mouvement im-
primé à la Commune,- & dont il nous Zombie
qu'elle eût dù fe défendre. Ils nous appren-
nent qu'après avoir lu- leur- Mémoire ils invi-
tèrent la Commune à protéger leur èaufe qui
était dirent-ils celle de Vhwhanitf, outragée $
que Vimprejjion que, fit leur récit fut vive§
que galerie le témoignèrent
,d'une îhwitr* fui fut de bois augure pour eux È
i
Wi
0 qitaprès pluJ£eunK
mené»
bres & pàint préparés 9 la Commune, arrêt4
champ ftx yDéputé*
galerie font en
effet capables fortes-;
publics ne de-
r vroit-eUe pas s'en défendre » & fe tenir en dé-
fiance coiureTemploi de femblables moyens.
Une aflemblée n'a pas dû croire fims preu-
ves. y que la caufe des prifonniers de Tulle»
étokcdlcde elle n'a
pas grande élir-
l'on veut mais. prononcés fan» pré»
paration, & par confeqoent fans examen, dans
une queflion qu'on, ne pouvoû
men. Enfin elle n'a pas dû céder aux mouvez
mens d'une galerie uioîtsltueufe qu'on peut
agiter aveÇ les. mots d'humanité & de- liberté»
jufqn'à fouler aux pieds L'une & l'autre, & qui,.
coup sûr »n'eft paa en. état de piger avec
équité uoe affaire fi compliquée, qui ne lui eft
pas préfentée. avec tous.les moyens d'inûiuc^
lion qujl doivent fervir la décider^
La Commune de tenue}
p
.dans ces fages limites, lorsque, toujours faris
avoir eu ancune piece fous les yeux elle a
arrêté fon adreiïe à l'Aflemblée nationale pour
lui tëinoigner, difent les Députés le vifihté-
rêt quelle prend au fort des infortunés pay-
fans du bas limouftn détenus dans les prifons ]
de Tulles & menacés de firir par les mains
des bourreawton comme avoient déjà péri
motif Cïfé voit-elle que d'infortunés payfans
.dans des hommes pillant des maifons, fefai-
faut donner des contributions, menaçant la vie
des citoyens, ^cc enfin pris en fiagrant délie
& les armesà la main, tous faits inconieftables,
(& informations fubfcquentes..
Comment fe permet-on cet emploi des mots*
pathétiques de bourreaux & de frères, qui ne
prouvent rien? Ne faut-il pas des bourreaux
où il y a des criminels & des dévaftateurs
& des brigands font.. il. nos frères & ne
font-ils pas dés ennemis publics ?
La lettre des Députés de Brives à leurs éom-
.mettant nous préfenteroit beaucoup d'autres
traites qui ferviroient à caraÛérifer Pefprit de
leur démarche. Us annoncent, par exemple»
qu'il règne dans t A ff emblée une très-grande
horreur pour les juridictions p revotâtes; que
ta*)
B4
leur itflruSkon ne peut mampter tParrîiterJbw
peu de jours; què le grand Prévôt de Mat*
pille eft convaincu dit puis grandes prévarica-
tions envers les citoyens défenfeurs de la ré-
volution} 'que ceux-ci ne font acculés de Jè'di-
non quc par tes aristocrates &c. t
Mais nos Leâeurs n'ont pas béfoin d'être
avertis combien toutes ces atfertions font lé-
gères & imprudentes.
La dëftraâiori des Juttices prévôtales. avant
l'établîfiement entier d'un nouvel ordre judi-
cia.ire, où elles auront certainement un équi-
valent n'eft pas prête à être prononcée.
Le Prévôt de Marfeille n'a pas été convaincu
de prévarications » puisqu'il a été mis hors de
caùfe*
II eft, à toute force, potfible que âes dé-
fenfeurs très-zéléî de la révolution méritent
Panimadverfion de la fufitce, & que ceux qui
regarderaient de tels hommes comme coupa-
bles de grands crimes ne foient pas des
aristocrates.
Il eft temps de paffer à 1"examen du Mé-
moire fourni au Comité des rapportes par
les Députés dé Myes, & que nous avons dit
être la première pièce, où les faits arrivés dans
lebasLiraoufin ont été altérés & dénaturés pour
provoquer la décifiou de l'Ai&mblée portant
{ a| f
iiippreftion de l'exécution des jugemefts pr3^
I. Selon le Mémoire préfenté au Comité de*
irapports par les Députés de Drive,'
La Payfants qui ont été arrêtés dans le bas
W^imoufiri) nefonf coupables quppar V ignorance
cbfolue oit ils vivent. der décrets de l\4ffem-
hléé nationale que les riches ont affeSéde leur
cacher ainfi qu'à tpus autres*
On demande d'abord fi les Payfans du
bas Limoufin font affez ignorans pour croire ne'
rien faire que de légitime» «?n afljégeant un
château & en pillant les maifons même des
bourgeois & des cultivateurs, & s'il eft befoin
que les décrets de FAfiemblée les éclairent
fur cette violation de la propriété & de la fû-
reté de leurs concitoyens. V
On prie MM. les Députés de Brives d'ex-
pliquer ce qu'ils entendent par l'affeâation des
riches à cacher aux payfans ,les décrets de
J'Aflemblée. Les riches font-ils en cette qua-
lité, chargés de faire connoître aux pauvres
les décrets de l'Aflemblée. Ces décréts ne font-
ils pas envoyés à toutes les Municipalités ?
Ce qui intéiefle le plus particulièrement les
gens de la campagne, n*eft-îl pas tu au prône
affiché à la porte des églifes t Le décret rela-
tif à la tranquillité publique ou, loi martiale»
dans les
broient-ils pris pour en dérober la connoif4
fance au peuple 1 Et. par quelle extravagance
& quel oubli de leurs intérêts memes-auroient-
ils affeôé de cacher cette loi proteûrice de leurs
propriétés?
De quelle indécence n'eu pas dans la bou-
che des Députés cette diftinâion des riches
d'avec les payfans f diftinâion it faut le dire.
qui, en appelant les pauvres à la guerre con-r
tre les riches, donne le fignal du bouleverfe*
ment des Empires. s
Lespayjans continuent les députés ,«$tçfe
s arrêtés au hafard, fans qu'on ait eu fa
^informer s'il éroit vrai qu'il y en eût de cou-*
pables quoiqu'ils ne fujfent que
qu'ils fuffent entraînés par,
l'exemple & par le torrent,
Quel mépris nous ofons le dire, des plust
(impies notions delà juftice & de l'ordre publie!!
Panes les itifurreâions 8c les mouvemens
populaires, la police la plus humaine eft toiw
jours forcée de: regarder comme coupables, j
toutes les perfonnes attroupées. CinqouCje
cents hommes ravagent les campagnes pil-
lent, brûlent les habitations il eft impofllblo
de diftinguer parmi eux celui quia mis le feug
ont fait qneîqntf
yeux de
deftrudive de
tout ordre public V
qu'on arrête ne font donc point arrêtés an
arrêtés eh infurredion ac-
tuelle & en armes, ils font coupables par cela
(eul d'un délit que- puniflent lès lois de tous.
les payidvilifes.
MM. les Députés, & com-
ment prouveroient-ils que les pay fan* arrêtés
& détenue, voient contre eux que ce délit
commun & général de s'être trouvés dans Fat*
troupementf Connoifîent-ils les- motifs parti-
culiers db Femprifonnement de chacun? Si
l'on nta cherché à arrêter que les plus violens
ceux qui ont tiré, ceux qu'on a cru voir me-
nant Jes autre, $ il ne fera plus; vrai qu'on les
ait arrêtés au hafard. On a pu le tromper en
cherchant à faire cette diftindion. Aufîî de
2.6 détenus; dans; l'af&ire de Bavart, en a-ton
xelâché, i6. Mais ceux-là mé^ne n'ont pas été,
arrêtés au haftrd;
En vain let Députés nous difent-ifs qu'il
n'y a point tuimJJmoufindt moteurs des difèr*-
dres; que les pay fans font incapables de for~
tV)
ynèr aucun plan d'attaqué ni tPinfurnâim j'
qu'aucune n'a été ni préméditée ni prévue;
& du mouvement des efpriis.
Il eft difficile en effet de croire à cette
étrange méchanceté qui régle d'avance un
plan de dévaluation qui difpofe froide-
ment un fyftême d'incendie & de meurtre
mais en deçà de ce degré de perverfité, il en
eft beaucoup d'autres que la fociété doit ré-
primer de toutes les forces. Qu'importe que
des brigands aient ou n'aient pas de plan
qu^ifs aient ou n'aient pas un premier chef
qui les dirige ? lorsqu'ils pillent & qu'ils rava-
gent a-t-dn befoin de (avoir comment & paf
ijuî ils font pbuffesf Le droit naturel, celui
de la dlfenfe légitime, n'autortfe-t-ii pas à
la force ?
On peut dire cependant que la populace
eninfurredion a toujours quelques chefs qui
l'excitent & la éonc'nifent, & qti%. feroit fans
doute trcs-défirajble qu'on pu t les diftinguer &
les punir ou plus févercment ou même
feuls ior%ue leur punition fuffiroit à Ja tram-
Mais quoique la ^oi ne puHTe pas toujours*
ainfr le plus coupable du moins
coupable, il ne s'enfuit pas qu'elle puifïb
tai
laiffcr -le crime impuni, lorf^i'en-fon moïtti
tire degré il en encore une fource de mat"
heurs publics. Si par la4raîfon qu'on n'auroit
pas pu difliftguW ou faifir le chef & le princi-
pal moteur d'une infurredian, il falloulaifler
les émèutes impunies, où enferoit Jafoçiété?
1 Si Poil vquloit abfolumem t
» pûtes, trouver des coupables, la juftice vou-
» loit dn, moins que Je procès des Noblesse
» des Bourgeois qui ont tiré les premiers fût
inftruit avec la même rigueur car aux yey
Nationale le fang du peuple
n'efl pas moins précieux que celui des au*
» très daffes de citoyens
Nous ne craignons pas de dire que cette
obfervaapn porte,^4 caradere de l'injuftice la
plus réyoltante..
Qu'entend on par ces paroles, fi Ton voit*
loit trouver des coupables ? Qui
eft- ce qui veut trouver des coupables là où
il n'y auroit que des mnocens ? Le Prévôt
& les Magiflrats qm ont condamné deux des
féditieux à mon Air vingt -fix» les ont donc
.condamnés parce qu"ils ont voulu les trouver
coupables. Quelle horrible inculpation, & fut
quelle bafe pone-t«élie
En (econd lieu quelle eft donc cette juf-
tice veut qu'on fafle le procès aux No^
1993
.lAéi. & aux Bourgeois qui ont tiré les premiers
iur des gens qui venaient piller leurs mai-
Ions f En vertu de quelle loi,, de quelques
Nation que un homme affailli dans
l'aile domeûiquèeftiipbligé d'attendre .qu'on
le fuuile lui & les liens # pour avoir le droit
de tirer' fui même. Tout citoyen n'a-t-ïïpa»
droit de fe défendre contre un tel brigandage
par tous moyens ?
3°. Selon le fécond procès verbal remis
au Comité des Rapports par les Députés
décrives, ,& que nous avons fous les yeux
levure de la Lqi martiale f
qttily ait eu perjonfu de lors même
que le fieur de Lamaze s'eH défendu de fa mai-
fon inveftie paries brigands, on
f avoir de quel côté efl parti
Il n'y auroit donc pas matiere à faire le
procès aux Nobles & aux Bourgeois pour avoir
tiré les premiers; 8c les Députés dans leur
Mémoire font ici en cpntradidion manifefte
4vec le procès verbal dreffé par leurs Com-
mettans.
4°. La dernière réflexion de ces Meiïïeur*
eft encore plus repréhenGble. Ils veulent qu'on
faite le procès aux Nobles & aux Bourgeois,
parce qu'aux jeux de National*
(30)
le
celui des autres citog mu
C'eft là fans doute une vérité incontef-
table; mais on en fait ici, je ne crains pas de
le dire. un ufage bien immoral & bien criminel.
Dans quel efprit peut* on oppofer ainfi les
Nobles & les Bourgeois au peuple ? Le peu-
plè François eu compofé de citoyens de tous
les états & de tous les degrés de fortune. Les
Nobles & les Bourgeois en font partie ,&
les en féparer c'ett les mettre en butte à la
haine de la multitude uniquement parce qu'ils
,ne font pas le plus grand nombre. Ceft Ce-
couder & juftitier les violences de ceux qui
n'ont rien à perdre, contre ceux qui ont quel-
que propriété; c'eft, encore .une fois allumer
la guerre des pauvres contre les riches, qui
ett la fubverfion de toute fociété.
Le fang de tout citoyen eft également
précieux aux- yeux-de la loi, mais nous oions
aiîurer qu'il l'a été également & pour notre.
Milice nationale, & pouftfbtre Municipalités,
qui fe font employés à reprimer les défordres
̃^de là Province* & pour la juridiâion prévô-
talé unie à notre Sénêchauflee qui. a puni
un petit nombre de coupables -dans ce qu'on
appelle le peuple.
Si deux malfaiteurs, condamnes par un la-,
gement
mes qu'ils ont cpmmis contre la tranquillité
publique» en attentant la vie fit à la pco*
priété des Citoyens comment ofe-t-on en
prendre droit d'infinuer que le fang de ce qu'on
appelle le peuple a eu moins de prix à nos
yeux que celui des Nobles & des Bourgeois.
Des brigands ont beau faire partie du peu*
pie, lorfqu'ils deviennent criminels leur fang
n'eft plus précieux aux yeux de la loi. La loi
regarde comme un devoir pour elle d'aider
de toute la force -publique tous les Citoyens
dans la défenfe de leurs perfonnes & de leurs
propriétés» & ne craint pas dans cette légitime
défenfe de voir,verfer le fang de l'homme du
peuple»- devenu par fes violences ennemi de
la fociété.
Parmi lef faits altérés dans le même Mé-
moire que nous examinons ici fe trouvent
encore tous ceux qui font relatifs au fieur
Durieux Maître 'de billard dans la Ville de
Brives, Tambour-Major de fa Milice Nationa-
le, & membre de fon ancien comité» arrête
dans la Ville de Tulles comme y tenant des
propos féditieux» &accufé par la voix publi-
que d'avoir été l'auteur & partie de plufîeurs
auroupemehs.
trouvant ainfi impliqué
/;<
àB-
dans les procédures faites^ CôttirtMl
prévenu d'avoir éié le moteur &
caufe fe trouve
Jiée à celle de la Municipalité, & du Prévôt, Se
:de la Milice Nationale de cettè^villej auffi les
Députés de Brives ont ils regardé fa
.lion comme un objet de leur mtffion par cette
même raifort de les fuivre
dans la difcuflioudelacaufe dufieurDurieux.
Jl faut d'abord (avoir; que lefieur Durieux
eft prévenu pat une dénonciation de la dame
du arf février 1700 par le procès
verbal de fon arreftation du mȔme jour pat
un réquifitoire en plainte du Procureur du
Roi de Tulles & par les déposions de cin-
quante & tant de témoins, de propos fédi-
tieux de violences de pillage, de s'être trouvé
comme excitateur & complice dans phifîeurs
notamment
.1°. D'avoir été à la
i^fartetV". ,> _J>
d'en avoir pillé les denrées.
D'avoir répandu en différent endroits
que chacun pouvoit aujourd'hui fe rendre juf-
tice qu'il ne iiaUoit plus
autres propos féditieux, aux yeux même des
̃ 3î >
c
De s*ètre trouvé à l'attroupement de Lif-
fac, près de Bïives, où il s'en commis les
plus grands
cément, & d'y avoir déclaré que la Milice dé
Brives: ne ferôit rien 1 ceux qui
le Château-, pour venger ceux d'entre eux qui
tués, qu'il appéloit leurs frères.
^°, De s'être fendu à Favàrt, finie à plus
de dix milles de Brives des le lendemain de
l'émeute d'avoir dit aux pay fans qu'ils a voient
mat fait de ne pas brûler ic Château que
les & de Bordeaux puniroient
Ja ViHe de Tulles, pour s'être oppofée aux dé-
gâts, & qu'il falloit employer contre la milice
de Tulles les fléaux dont on bat le blé, &c-
Enfin le lieur Durieux fe trouve chargé, part
une dénonciation de la Dame de, LiflTac da
37 Février 1700, par le procès verbal de ion
arreftation du même jour, par un réquifhoire
en plainte du Procureur du Roi de Tulles, &
par les dépofiiiôtis de $0 & tant de témoins,
de propos féditieux de violences, de pillage;
de s'être trouvé comme excitateur & coni*
pUte dans les attroupemens de Li1fac de
Yegennes, d'AlatTac de Marel deFavart &c.
Ceft de cet homme que les Députés de
Drives difent, dans leur mémoire au Comité
t. 34)
«des rapports qu*il en un bon Citoyen & dans
une lettre lignée d'eux, & inférée au Journal
de M. Mercier, intitulé. Annales Politiques,
qu'il efl leur camarade; qu'ilr fe font gloire
de l'avouer, & que la ville de Brives le re-
connoît comme un des plus {élis & des plus
braves citoyens qu'elle renferme dansjbnfe'uu
Nous ne prétendons ni prévenir, ni diri-
ger le jugement fufpendu fur la tête d'un ac-
curé mais les éloges, donnés au feur Durieux
par les Députés de Brixes étant en contra-
didion avec les plaintes & les dénonciations
de toutes les, municipalités delta province,
,du fieur Durieux, faite par MM. les Députes»
MM. les Députés s'efforcent d'infirmer ou
d'adoucir les. inculpations rapportées ci-deflus
'̃" par les raifons fuivantes.
La premiere eft que le fieur Durieux n\Jl
pas plus coupable que les autres prijbnniers.
Mais comme les autres prifonniers ont été,
au moins la plupart pris ea flagrant délit;
qu'ils' ont tous eu part aux attroupemens &
:aux défordres qui les ont accompagnés, on
laifîe à juger comment cet argument prouve
l'innocence du fieut Durieux.
La féconde raifon en fa faveur c'eLt qu'il
a mon-ré un grand \ele pour la formation de
liS ?
C 2
la Milice de B rivas une granit ajftduitiaux
affemblées de VJtytel-de- Ville & des ituen»
> lions bien connues pour le maintien de la ré-
vûlution. Sur quoi on fe contentera de deman-
der à ces Meftîeurs s'ils penfent véritablement
que tous ceux qui ont pris les armes pour for-
mer la Milice nationale qui ont été afildus
aux aûemblées, &qui ont montré du zèle pour
la révolution fant par cela feul à l'abri de;
tout ,,on, font tous des hommes irrépro-
chables, incapables d'aucune mauvaife ac-
tion, incapables de. brûler & de piller les
châteaux & même des maifons de
̃ geois &Cr que fi, comme beaucoup d'exem-
ples le prouvent & comme le plus (impie bon
tens l'enfeigne il eg tres-pomble qu'à un très-
grand zèle pour la révolution, on joigné des
aâions très- criminelles il faut en revenir à
Juger la conduite du fieurDurieux d'après les
faits; & l'on a vu combien, en fuivant cette
route, on arrive à des préventions fâcheufes
pour lui.
Les Députés nous aflurent enfuite qu'à
Alaflac le fieur Durieux s'èft comporté de
manière à ne pas mériter le blâme dit fesfupi-
rieurs & eux-mêmes fe donnent comme ga-
rans de fa conduite, & prétendent que le feur
de Lamaze lui devroit des remerciemens, au
t 3* )
Hêu été ft portét pour fon dénonciateur.
Mais ces Meffîeurs nous permettront d'ob-
de ce qu'ils n'ont ni vu aucune
aï entendu, aucun propos
violent du fiéur Durieux à Alaflac il ne s'en-
fuit pas qtffl n'ait ni commis d'aâion blimable,
lit tenu des propos vioieris; car pendant iz
ou 14 heures que la Milice de Brives et renée
à Alaffâc ils ne diront pas fans doute qu'ils
dont jatnais perdu dç vue le fîeujr Durieux
& leur tétttoignage bégatif ce détruit pas la
forcé dés dépofitions confignées dans l'infor-
qui s'eft paffé à AlaflTac.
Or daa* l'information faite contre le freux
pami les témoins entendus le pre-
le 4, le jylé 10, le 11 le 14»
té tf, le ip le ,'20, le a2 le 36, le 46*
dépofentiie propos féditieux & inflahuiratoires
de Alaflac & le repréfentent
comme ayant extité i encouragé les violen-
ces qui j'y font
MM Jes Députés voulant aiToiblir les loup-
içons qui réfuitent bien hâturellement contre
le ifieur Curieux de fon voyage de Brives à
Savait fnué à quatre lieues de Brives, où
il te rend âkt le lendemain du pillage & où
il el aceufé d'avoir reproché aux pàyfans de
«'cire mal défendus contre la MarççhauiTée &
W ̃
Cj
à fe défendre mieux déformais nous ctijfeflc
étant Jur Jh route, fy ptfftr 9
que, ia vue: eu tnrps des payfans
teille 9 y exalta jon imagination » ce fui lui
fit tenir, à TuiUzs der propos indifcretpt fr
Voccafion dejautls ity a été arrêté*
On remarquera d'abord qu'il n'eft pu. vrai
que Favart foit fur k chemin dfe Briv«s à
Tuiles, de forte t comme ces Meffîeoes le
difent <ju*on fait obligé d'y pajjer*
Ldrfqu*oR voit d'aiHeurs le fieuf-DurTeux
fc trouver à toutes les émeutes» de courir »
pouf airçfi dire, les fédhions-, on peut bien
croire que ce n?«ft pas uniquement pour fui-*
vre fa route gu'it 's'eG. rendu à Favarr err al-
lant à Tuiles»
Après tout 3 avoit fans doute te droit
«J'aîler à Favart mais il n'a voit pas: celui dè
reprocher aux payfans de n'avoir pas brûlé
le Château, de les excuer à de nouvelles vipr
lences, de les raffurer contre la Milice fl< la-
MarécbauQee -4* Tulles, en leur
à s'en comme ces. faits fenir
établis par fatu^pour les-
détruire, autte ehpfe q\«e les témoignage^
w
«l'efHme que donnent au ueur Durieux Me£
les Députés.-
Oé parmi les témoins entendus contre
Durieux ,le 7e !e se; Je Il', le 46e dépo-
fent des propos tenus par Durieux à Favart;
ptopos qu'on ne peut regarder comme de
Amples converfaûons,& dont la tendance mani-
felle étoit félon l'expofé des témoins, d'ezci.
ter les payfans au pillage, à la fédition aux
attrorpemens.
Les dèux.Députés fuivant encore l'apologie
du fieur Daneux, ajoutent que» loin d'avoir fo-
menté aucune infurreâion contre la ville de
Martel ilsne croient pa s qu'il y ait mis les pieds.
Il ne s'agit pas de ce que croient ou ne
croient pas MM. les Députés; on recueille
des informations par témoins que le fieur
Durieux a été à la tête des attroupemens de
la ville de Martel il faut ou démentir les té-
moins, ou en convenir, & l'opinion des Dé-
putes ne fait rien à cela.
Que peuvent-ils oppofer en effet aux dépo-
4S>4?>*9$fo;S*>
153e témoins aflurant tous que Durieux était
à la t^te de l'attroupement de Martel V & quel-
.ques-uns qu*il rangèoit les attroupés en ligne.
Que peuvent -Us enfin contre les dépofi-
tîons qui, nous montrent Durieux exerçant
:<39l
Ci
les vioIences > excitant les infurreâions ?
.Vêgennes à Liflac à Jugeai, à Gignac &c
C'eftfan&doute 4 difficulté de contefter tous
ces faits,,qui acéduitles Députés à chercher des
excufes pour Durieux, en les tuppofant vrais.
Ils difent d'abord que « l'imagination de
Purieux facile à.-émouvoir, a été exaltée à
Tulles par la vue des préparatifs de guerre
fort déplacés qu'il y trouva, & qu'il lui échappa
à cene occafion certains propos. indiscrets
Ces propos doivent fe trouver dans l'infor-
mation, &- ce n'eft que d'après les pieces
q,u'on peut juger fi la qualification de propos
indiscrets n'efl pas un peu trop foible pour
défigner ceux qu'a tenus le Ceur Durieux. On
voit bien qu'un homme dont l'imagination
s'exalte fi facilemeju a pu paffer de beau-
coup cette mefure; & après tout lorfque les
Magiflrats out à, empêcher ou à punir des pra-
pos féditieux* ils ne font pas tenus,, ce me fem
bie, de s'informer fi celui qui les répand dans
le peuple a une imagination facfile à s'exalter.
Ils voient le fait & fes fuites dangerçufes à la
tranquillité publique, fans remonterauxcaufes.
Ils ajoutent un autre aveu qui trahit bien
toute la foibleffe de leur caufet.en fie rejetant
fur les attaques d'épilépfie auxquelles- cet
homme eflfujet; mais que n'ont-ils eu recours
ce moyen toat de fuite ? Ils n'avoient befoîrt
ti'aucun autre. Un homme dont l'efprit s'aliène
la fuite d*un mal aûflî terrible que l'épilep»
Se, ne peut plus être coupabte. Si le fîeur
Durieux s'eft trouvé à toutes les émeutes dit
pâys s'il a excité les payfans aux pillages,
aux incendies, s'il a dit aux gens de Tulles
que les canons étoient là pour les ma fiacrer,
&c, c'efi qu'il fe reflentoh des attaques de fort
'épilepfie & qu'il avoit l'efprît aliéné.
Ce fait une fois conftaté
s'il eft commis dans l'accès. Il ne faut que
plaindre le malade. Il faut feulement tenir rern"
fermé un homme auquel les accès de fon mat
laiffent des mou vemens fi dangereux, & én ce >
cas encore, il faudroit qu'il fût toujours gardé
à Tulles, & son pas reniât à Brives,où la
bonne opinion qu'on a de lui malgré fou
épilepfïe poncroit engager les habitans à lui
rendre une liberté (i funette, 6c à-le faire de
nouveau membre de leur Comité.
Nous ne pouvons sous difpenfer d'ajouter
quelques obfervatJons fur une autre pièce
tendante aùffi à la juftifîcmion du fîeur Durieux,
cV faite dans les mêmes principes. Elle eft
lignée les membres du comité & de
national de li ville Je B rives, & revêtue d'eQ-
viron vingt fignaturcs.
Y fait du fîenr ChrieiùC
en fondée fur les motifs fuivans.
Que le {îeùr Durieux n'a été qu'indifcret
qu*il a ignoré lés difpofitions -de la loi mar-
tiale 9& qu'il a été emporté par fin çelepour
la révolution; qu'il afouvent des atteintes de
démence & d'aliénation ce qui
aKefté par les Médecins ou Chirurgiens &
enfin qu'il éjt d'une nombreufe fa-
Cette apologie rentrant à beaucoup d'égards
dans celle que nous venons de combattre il
nous fuffira d'obferver
propos du fîeur Purieux ont un tout autre
caraélere que, celui de la liniple indifcréiioo,
2°. Qu'u^ citoyen aufli zélé pour la Conf-
titution auflj afll^u aux Affemblées de l'Hb-
été le fieur Durieux, félon
la ville de Brives dans le mémoire remis au
comité des ^pp^octs & que nous analyferons
tout à rheuce^ ne pet|t pas avoir ignoré l'exif--
tence, & les & le but véruable
de la loi
3°' Qii«Ie«;«Ie pour la révolution ne feti-
*bit excufer yes adipns
s'il eft .prouvé que le fleur Durieux en aitf
commis dételles»
40. Qu'il y a contradiâion à vouloir jufli-
fier un homme d'adions violentes féditieu-
•fes & même criminelles, lorfqu'on convient
.qu'il a fouvent l'efprît alién^L & qu'il eft aban-
donné à lui-même, & fans ceffe en aâivité
j°. Enfin que la considération de la nom-
broute famille dont eft chargé le fieur Durieux,
peut exciter la compauloh envers elle, & non
envers celui qui, avec de plus puüfans motifs
d'être bon citoyen & de refpe&er les lois
Jeroit coupable du crime de leze-tranquillitë
publique
Telles font lés réflexions que nous avions
3 oppofer pour notre province, & pour îa ville
de Tulles, & pour tous les citoyens qui ont
défendu tètirs propriétés contre les brigands,
aux deux pièces préfentées par les Députés
extraordinaires de Brives foit à rAflemblée
de la Commune de Paris foit au comité des
rapports, &qui ne tendent à rien moins qu'à
excuser des violences intolérables dans tout
pays pottcé, & dont rimpumté ne peut fe
concilier avec la tranquillité publique
La Province fe plaindrait de* Députés ex-
traordinaires de Brives avec moins d'amertume,
T«T
̃̃ rtls n'eu flent employé d'autres moyens que
dès pièces de ce genre* qui (ont judiciaires &
foumifes à l'examen de juges qui pouvant
coriftater les faits & difcuter à fonds lavait-
dite des preuves, arrivent à la vérité & y
ramenent tôt ou tard l'opinion publique. Mais
comment pardonner à ces Députés d'avoir con-
figné dans.des ouvrages périodiques, le Jour-
nal dû fieur Mercier & le Journal de Paris des
imputations injurieufes à toute une ville à
toute une province à un grand nombre de
citoyens à un corps de Magiflraiif des impu-
tations dépourvues de preuves, & qui font
de nature à ne pouvoir jamais être présentées
fépar ément des preuves qui ;pourroient les
appuyer, s'it y en a voit de relies.
On ne peut prendre fans doute des moyens
trop prompts & trop efficaces de publier &
de répandre la vérité* de dénoncer l'oppref-
fion, & de vepeer hautement l'innocence;
mais ç'-eft la vérité prouvée ,ifoppreflion conl-
tatée1 j l'innocence reconnue & on ré-
pand des fauffetés f l'on dénonce ;comme
coupables d'oppreflbn, des hommes opprimées
x eux-mêmes & leurs oppre fleurs comme in-
nocêns 8c ces calomnies
ou feulement des accufations dénuées .de
preuves, on fe fert d'un Ouvrage périodique.
(̃44).
dont il fe répand en un jour plufieun mAfïéri*
d'exemplaires » ne fe tend on pas coupable'
L'Imprimerie étoit déjà une arme terrible
dans tes mains de la calomnie; mais borné»
fes moyens i ordinaires &* pour ainiï dire
natures de diffuCon elle étoit bien moins
meurtrietfe, qu'aidée, qu'on nous pardonna
cette des aîks que lui prête laperiez
dicité^' •' '-̃"̃ ̃••/ -%t
Une calomnie répandue dans un livre or..
dinaire ne f e propage que lentement; etle va
à (Ufférens kâeurs ce à un»
nombre; on a quelque
temps pour en prévenir les effets, ou pouc,
s'en défendre 5 en la fepouffânt aufli dans un>
Ouvragé imprimé, on la combat avec des armes,
moins inégales.
Mais comment fe défendre d'une imputa-
tion calomnieufe, reçue en une matinée 'pair-
dix mille perfemnes, & tranfinife,
journée à vingt oc quarante mille autres
moyeu humain de détfom-
perdeshommes avidesde croire le mal, ayant
toujours les oreilles ouvertes à la calomnie, &
ennuyés du îettlûu-e deréponfe, de défenfe*
A Dieu ne plaire qu'on veuille donner afc^
Ï4fJ
teinte ici à la liberté de la Prefle ce moyen
canfemteur desfociéiés, Se la véritable fource
où elle? peuvent puifer le bonheur auquel
elles doivent atteindre Mais cette libenf utile
«Û telle de la difcuflîon des principes gêné-*
faux «des vérités fécondes» & non des faits
individuels & des allégations perfonnelles. Le
bonheur des fociétés ne uent pas ce qu'on
puifle imprimer fans preuves & fans autorité.
<& fur-tout imprimer dans un Ouvrage péri^
clique, qu'un iel individu, Même Jorfqu'ii
«emplit des fondions publiques, eft coupable
«d'an tel crime, 4'une telle prévarication ? il
fi'eftpoint néceflaire aux progrès des lumières
,ques que le Prévôt de Tulles & les Magiflrats
avec le.fquek il a jugé fatitdçs Ariflocrates
•qui ont pris pour viâinus lettons Citoyens 9
lui les immolent du rejfentiment des riches
Privilégiés 4 & les affafftntnt par le couteau
du Ariflocrates j ou dans le Journal de Paris,
que la glaive du Prévôt Je Tulles fe
frappant comme au hafard des têtes innocentes.
Cet ufage de la Preffe eft moins funeÛe eU-
cote par l'effet qu'il prqduic dans la Capitale,,
,que pat ceux qu'on en reflent au loin & dan'
les Provinc^ Ici l'ieupretliron d'une calomiiin
(4^
èft affaiblie par. cent autres qu'on entend ou
fit le même jour. L'abus énorme qu'on en fait-
devient lui-même un remède au mal. D'ail-
leurs l'erreur, en ce genre, conduit plus dif-
fîcilement les. habitans d'une grande Ville. à
l'aâion & enfin une police vigilante & vigou-
reufe peut y empêcher plus aifément l'abus
qu'on peut faire d'un femblable moyen.
Mais en Province c'eft autre chofe. Un
Papier périodique s'y répand où l'Auteur
traite à fa manière, aVec/es préventions, (es,
préjugés, &- quelquefois fon injuftice & là
-violence, des hommes qui font l'objet de
l'attention publique; & -dans le cas dont,
il s'agit ici les Officiers d'un Tribunal
d'une Municipalité, les Chefs de ta Garde na-
tionale, une claffe entière de Citoyens défi-
gnés fous le nom de ci-devant Privilégiés, de
Propriétaires, de Bourgeois de Riches qui
ont été forcés d'implorcr la force publique
contré une partie nombreufe du peuple. Les
déclamationsdu Joumalifle deviennent le texte
d'un Démagogue forcené; &, la Feuille à la,
main, il entraîne le peuple à de nouveaux
excès* Voilà certainement des abus de la li-
berté de la Prefle à laquelle il faut Bfen que
la Nation trouve quelque remède; & ce que
(47) .̃'
nous allons relever des Annales politiques 8C
du Journal de Paris en fera Centir encore mieux
lâ|iéceflhé.
La piece, inférée dans les Annales politi-
que's & littéraires, dont nous avons lieu de
nous plaindre» eu une lettre datée du 2 mars»
&-frgnée des fîeurs Serre jeunes, & Faye, fe
difant Dépuiés extraordinaires de la Coin-
mime de Baves.
On y-dit d'abord que les troubles du Bas*
Limoufin ont été exagérés par les Arifiocraïes
nombreux de ce pays, avec leur malignité or*
dinaire, quoiqu'ils puiffent bien eux-mêmes en
4tre lés auteurs fecretsî^ Ce qu'on peut dire
de plus modéré fur cette- première allégatigri,
dénuée de ,çreuves^ & de
que les auteurs de la lettre ont écrit avec l'é-
tourderie de leur âge & la violence de leur*
i°; Dire que les défordres de la Province
ont été exagérés, c'eit fe foumettre à l'obli-
gation de s'infcrire en faux contré' les procès
-verbaux où l'on préfente des habitations pil-
lées des citoyens rançonnées, des chauffées
d'étang percées, des troupes de fept à huit
cents brigands parcourant & dévaflant Je
pays, & menaçant par-tout la tranquillité &
(48)
1a sûreté des citoyens & ces procès verbaux
n'ont pas encore été argués de faux.
En fecond lieu, n'ell ce pas une lâcheté
d'appeler du nom odieux d'ariflocratesydes gens
qui racontent les violences dont ils ont foufiêrt,
& les accufer de malignité, lorfqu'ils fe plai-
gnent des excès dont ils ont été les yidin^es ?
En troifteme lieu qu'eft-ce que cette étrange
imputation faite aux- prétendus Ariftocrates
d'être les auteurs fecrets des dévaluons de
leurs propres pofleflîons ? Qu'une calomnie
suffi dépourvue de fens puilfe être crue par
te peuple le plus greffier c'eft ce qu'on 9
peine à comprendre mais comment conce-
voir que les deux Députés de Brives fe la per~
mettent)
On peut dire,. il eft vrai, qu'ils ne la don-
lient pas comme prouvée & qu'ils te con-
tentent de dire que les Aritlocrates du Limou.
fin pourraient bien être lis auteurs fecrets du
pillage de leurs propres maifons.
Mais quelle. criminelle légèreté dans des
hommes revêtus d'un caraclere public, que
d'appuyer fur une prétendue poffibilité une
imputation atroce Dans quelle morale &
chez quelle Nation policée peut-il être permis
de répandre par la voie de l'impreflion que
tel
V4
tel ou tel citoyen, ou un ordre de citoyens, peut
vent bien être les £un crime pu-
Les Auteurs de la immédiats Jpntconnusf,
au Public, que lès là Province font,
en général dHin bon naturel; & ce
nous qui démentirons en cela, leur témoi-
gnage. quoi peut-il Servir en une pa-
reille caufe?
On peut dire généralement, & avec vérité,
que les hommes font bons que les peuples
policés font bons que le peuple des grandes
villes l'eft; & cependant» dans les temps d'a-
gitations, de troubles, de guerres civites que
d'atrocités ne fe font pas commifes L'Hi Aoire
de toutes les Nations en eft remplie. Nos pro-
vinces en ont été récemment le théâtre; &
jufqiies dans la Capitale, on en a vu des
exemples qui ont fait frémir l'humanité, &
que tous les bons citoyens voudroient ,effacer
de leur fouvenir. Il eP vrai <ç\e c'eû proftituer
le nom de peuple, que. de le donnée à des
hommes capables de ces excès. Mais c'eft
l'effet malheureux des grandes agitations po-
pulatres de faire oublier aux hommes leur
juflice & leur bonté naturelle. En difant que
le peuple du Bas-Limoufin eil bon on n'o-
père donc pas fa juflificaîion.
IjùI
Bans tous. les, tenips, dirent les Députés r
lés cruellement vexés, 6- ils
t?ont encore tiréaucuàe vengeance de ces vexa-
On demande à, toute perfonne qui) a con-
fervé quelque fentiraent de juilice & de mo-
dératiop,, fi ce langage & ces exprelHons font
convenables dans la bouche de Députés d'une
Commune d'hommes qui ont revetu un ca-
raâere public ?
Les vexations dont ils partent ici eh les
fuppofant les plus réelles & les mieux confia-
fées* tenoiem à l'ordre ancien, ouétoient dés
violences paniculieres & pérfonnelles des Sei;
gneurs6> des Riches..
Dam te premier cas il eft auffî déraifonna-
ble qu3inju(îe d'approuver les vengeances que
tireroi«nt aujourd'hui les payfans de ce qu'on
appelle les vexations qu'ils ont fouffertes de
Pancien régime féodal. Tout ce que peut 6c doit
faire une nouvelle Gonftitution eft de détruire
jufques dans leurs racines les abus auxquels
donnait lieu l'ancien état & c*eft ce qu'a fait
l'Aflemblée, dc ce qui lui mériteca la recon-
noiffance éternelle de la Nation. Mais l'Af-
femblée n'a pas prétendu fans doute', qu'après
avpii détfuit ces tyrannies» qui étoient celles