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Mémoire sur le sacre à Reims. [Signé : J.-B.-F. Géruzez.]

De
15 pages
Le Batard (Reims). 1819. In-8° , 16 p..
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MÉMOIRE
SUR LE SACRE
A REIMS.
A REIMS,
Chez LE BATARD , Imprimeur - Libraire et Marchand
de Papiers, rue do l'Arbalète, n.° su.
FÉVRIER 1819.
AVERTISSEMENT.
ON a bien voulu me charger d'un Mémoire pour
constater les droits de la ville de Rheims à ce
que la cérémonie du Sacre se fit dans son enceinte.
Je me suis livré à ce travail avec tout l'empres-
sement qu'y devoit apporter un Rémois zélé pour
la gloire de son pays. Après m'être concerté, pour
quelques additions, avec M. SIRET, Bibliothécaire,
j'ai communiqué ce que j'avois fait, aux personnes ,
les plus respectables et les plus éclairées de cette
Ville, qui lui ont donné leur approbation.
Mais m'étant dessaisi de mon Mémoire pendant
quelques jours, bientôt parut l'écrit intitulé le Sacre
et Reims, où je ne me reconnus plus qu'en partie.
Le nouveau Rédacteur, en effet, a changé mon
style et bouleversé l'ordre de mes idées dans les
huit premières pages, et m'a copié presque mot
à mot depuis la neuvième page jusqu'à la fin. Il
me semble que l'on devoit au moins me consulter
avant de se permettre de telles corrections ,
et ne pas disposer aussi arbitrairement de ma
propriété, quelque mince qu'elle fut. Je m'abs-
tiendrai de prononcer dans ma propre cause,
et de décider si l'on a gâté on embelli mon
2
Ouvrage ; je le présente ici tel que je l'ai
fait : les connoisseurs jugeront entre l'original
et la copie; ils verront si le copiste a été heu-
reux dans ses additions, si son luxe oratoire est
préférable à ma simplicité logique, s'il n'a pas
affoibli les preuves en multipliant les mots ,
si etc. etc.
Je donne ici la liste des Rois de France, le
lieu et l'époque de leur Sacre : cette liste sert de
fondement à mon travail, et l'on étoit convenu
de l'ajouter au Mémoire.
EN QUEL LIEU
DOIT SE FAIRE
LE SACRE?
LE Roi, dans son discours à l'ouverture des
Chambres , s'est exprimé en ces termes :
« J'ai attendu en silence cette heureuse époque ,
» pour m'occuper de la solemnité nationale , où.
» la Religion consacre l'union intime du peuple
» avec son Roi. En recevant l'Onction royale au
» milieu de vous , je prendrai à témoin le Dieu
" par qui règnent les Rois, le Dieu de Clovis,
" de Charlemagne et de S. Louis. Je renouvellerai
» sur les Autels le serment d'affermir les insti-
" tutions fondées par cette Charte que je chéris
» davantage, depuis que les François , par un
» sentiment unanime , s'y sont franchement
" ralliés. »
Louis XVIII, dans ces belles paroles, mani-
feste clairement le dessein de se faire sacrer.
C'est dans Reims sans doute que se fera cette
cérémonie nationale ; c'est dans Reims que
Clovis et S. Louis sont venus prendre à témoin
le Dieu par qui règnent les Rois. Reims; est
véritablement la ville du Sacre.
3
(6)
En effet , depuis quatorze siècles Reims a vu
venir dans son sein la plupart des Rois de
France , pour y confirmer leur autorité par le
Sceau sacré de la Religion ; et le premier de
nos Rois, le Fondateur célèbre de la Monarchie
Françoise , y est venu recevoir l'Onction royale
des mains de S. Rémi , l'un des plus grands
Evêques de la Gaule.
Depuis quatorze siècles , c'est parmi les François
une opinion religieuse et monarchique , que nos
Rois doivent se faire sacrer à Reims. Les Ar-
chevêques de celle Cité ont toujours regardé le
droit de sacrer les Rois comme inhérent à leur
Siége, et ce droit paroissoit d'autant plus affermi,
que , selon une tradition ancienne et respectable ,
le Ciel lui-même avoit envoyé l'Huile sainte
dont on se servoit pour oindre les Rois. Nous
citons cette tradition sans la garantir ; mais elle
prouve au moins que tout ce qu'il y a de plus
saint parmi les hommes , tout ce qui a le plus
d'influence sur leurs idées et sur leurs opinions ,
s'est réuni pour confirmer à la Ville et à l'Eglise
de Reims le droit de sacrer les Rois.
Dans les premiers siècles de la Monarchie, où
la France étoit divisée et morcelée en plusieurs
royaumes indépendans, où l'histoire livrée à des
mains inhabiles omettoit souvent les faits les plus
intéressans et consistoit en de simples chroniques,
il paroît que les Rois , pour prendre possession