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Mes insomnies à l'hôpital ; par un vétéran français... (Signé : J. de M., ex-sous-préfet [8 mai])

De
15 pages
Pélicier (Paris). 1825. France -- 1824-1830 (Charles X). [16] p. ; in-8.
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MES INSOMNIES
A L'HÔPITAL.
PAR UN VÉTÉRAN FRANÇAIS,
MEMBRE DE LA LÉGION - D'HONNEUR.
N° Ier
PARIS,
CHEZ PÉLICIER, LIBRAIRE,
PLACE DU PALAIS-ROYAL.
1825.
DE L'IMPRIMERIE DE PLASSAN, RUE DE VAUGIRARD, N° 15,
DERRIERE L'ODEON.
INTRODUCTION
OU AVANT-PROPOS
(PEUT-ÊTRE MÊME EST-CE UN PROSPECTUS.)
Sors de l'obscurité et fais du bruit, si tu le
peux, enfant conçu durant les heures silen-
cieuses de la nuit.
C'est à toi de frayer le chemin à tes frères
nés et à naître ; leur sort, comme le tien, dé-
pend de l'impression que tu feras sur ceux
qui daigneront jeter les yeux sur toi.
S'ils te reprochent d'être trop mince et trop
petit, hâte-toi de leur dire que sous la main
de ceux qui ne se bornent pas à te regarder,
tu te développes, grandis à vue d'oeil, et que
c'est là le propre de tous les enfans de ta race;
une légère dose de suffisance ne messied pas :
quelquefois même elle en impose.
Si l'on entre en conversation avec toi, peut-
être te demandera-t-on pourquoi tu ne t'es
pas présenté plus tôt. Tu répondras qu'ayant
à parler de la Russie, tu jugeais à propos d'at-
tendre, pour paraître dans le monde, qu'il y
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eût cent ans, mois pour mois, que le czar
Pierre-le-Grand l'a quitté, et qu'alors Saint-
Pétersbourg , ville aujourd'hui si fameuse ,
sortait à peine de terre : cela donnera une idée
avantageuse de ta petite capacité historique.
Enfin tu ne manqueras pas d'ajouter que
ta mission spéciale est de publier un Avertis-
sement, depuis trop long-temps dédaigné, et
qui, dans les circonstances présentes, mérite
plus que jamais qu'on le prenne en considé-
ration.
Va, mon enfant, ma bénédiction t'accom-
pagne, et elle t'est bien due. J'éprouvais, en
te donnant l'être, quelques consolations et un
peu d'espoir. Il n'en fallait pas moins pour
rendre supportable ma situation actuelle (1).
J. de M., ex-sous-préfet,
ex-officier supérieur d'état-major,
membre de la légion-d'honneur.
Au Val-de-Grâce, ce 8 mai 1825.
(1) Évitons une méprise que je ne me pardonnerais
pas. Loin d'avoir à me plaindre de mon séjour actuel
dans un établissement digne, à tous égards, de la ré-
putation dont il jouit, je voudrais, au contraire, qu'il
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me fût possible d'y rester encore, quand ma guérison
sera achevée, ne fût-ce que pour y être plus long-temps
témoin du zèle avec lequel M. Coutanceau, médecin de
la salle où je suis, prodigue sa santé, naturellement dé-
licate, à la pratique assidue et à l'étude approfondie de
l'art qu'il professe avec tant de succès. Ses élèves et ses
malades pensent comme moi, que s'il n'était pas déjà,
et depuis plusieurs années, membre de la légion-d'hon-
neur, on pourrait croire qu'il aspire à le devenir.