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Napoléon : au profit des pauvres / par Émile Coquatrix

De
18 pages
impr. de H. Boissel (Rouen). 1867. 16 p. ; in-8.
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AU PROFIT DES PAUVRES.
NAPOLEON
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EMILE COQUATRIX.
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« On parlera de sa gloire
« Sous le chaume bien longtemps,
« L'humble toit dans cinquante ans
Ne connaîtra plus d'autre histoire.
« BÉRANGER. »
PRIX : FRANC.
ROUEN,
IMPRIMERIE DE H. BOISSEL,
RUE DE LA VICOMTÉ, 55.
1867.
NAPOLÉON.
« On parlera de sa gloire
« Sous le chaume bien longtemps,
« L'humble toit dans cinquante ans
« Ne connaîtra plus d'autre histoire.
« BÉRANGER. »
1.
Napoléon! ce nom qui remplit notre histoire
Et nous revient sans cesse, en France, à la mémoire,
A tellement jeté de splendeur en tout lieu,
Que le peuple ébloui de l'Homme a fait un Dieu.
Parcourez, visitez ce sol qui fut royaume,
Sous le plus pauvre toit, sous le plus humble chaume,
Au-dessus du foyer, vous verrez aujourd'hui,
Près d'un vieux Christ en bois, une image : c'est LUI !
LUI qui semble, absorbant en lui toutes les gloires,
Nous contempler du haut de quarante victoires.
1867
©
2
II.
Dieu, ce maître inconnu, qui, caché dans les cieux,
Reste, — visible à l'âme, — invisible à nos yeux,
Jette, quand il lui plaît, là-haut et sur la terre,
De grands rayonnements qui nous sont un mystère.
Tous les mondes créés se meuvent sous sa main
Et dirigés par lui poursuivent leur chemin.
Quand les obscurités deviennent trop profondes,
Il lui plaît quelquefois d'illuminer ces mondes,
Et tout à coup, alors, surgissent radieux
Le grand Homme, sur terre, et la Comète aux cieux.
III.
A ces hommes choisis, lorsque Dieu donne une âme,
Il leur met dans le cœur un rayon de sa flamme,
Et les pousse en avant avec la volonté
De se frayer la route à l'Immortalité !
Regardez-les agir, ces célestes manœuvres !
La Gloire se fatigue à consteller leurs œuvres,
Et malgré le secours de ses deux ailes d'or
Peut à peine les suivre en leur rapide essor,
Tant ils atteignent vite, en dépit de leurs fautes,
Portés par la Victoire, aux cîmes les plus hautes!
IV.
Leur vie est, pour leur siècle, un éblouissement ;
Et quand Dieu les rappelle, il semble, en ce moment,
— 3 —
Tant d'occuper l'histoire ils avaient l'âme avide,
Que dans le monde en deuil il se fait un grand vide.
Leur Ombre, alors, pareille à ces astres errants,
Qui, dans le ciel éteints, sont pour nous apparents,
Projète de la tombe une splendeur immense.
Quand l'Histoire finit,. la Légende commence.
La Mort en les frappant ne leur a rien ôté ;
La Mort, pour ces noms-là, c'est l'Immortalité
V.
Voyez ce jeune Roi, monté sur Bucéphale,
Commencer à vingt ans sa course triomphale !
A-t-il assez bon air? ne vous semble-t-il pas
Voir la Gloire attachée à chacun de ses pas?
Le Granique aujourd'hui, demain Issus, Arbelles :
Des actions partout aussi grandes que belles.
0 Gloire ! as-tu jamais, de la tombe au berceau,
Ramassé de quoi faire un plus riche faisceau ?
Vous aurez du passé beau remuer la cendre,
Vous n'y trouverez rien de plus grand qu'Alexandre.
VI.
Que c'est beau la jeunesse, allant droit devant soi,
Avec ses rêves d'or, son courage, sa foi,
Et, pleine d'espérance, en son vol que Dieu règle,
S'envolant fière au but, aussi vite que l'aigle !
Avoir trente ans à peine et déjà, sous sa main,
Comme un coursier soumis tenir le genre humain !
4
Des âges fabuleux surpasser l'épopée !
Porter une Iliade au bout de son épée !
Ainsi, fit-il, passant comme un splendide éclair,
Ce descendant d'Hercule, issu de Jupiter !
VIT.
Voyez cet autre encore, émule d'Alexandre,
Qui des Dieux, par Vénus, fier aussi de descendre,
Et dans Rome à l'étroit, jaloux du premier rang,
Veut pour sa renommée un théâtre plus grand.
Laissant Rome à ses jeux, ses rivaux à leurs rôles,
Il s'en va, lui, combattre et conquérir les Gaules.
Idolâtré du peuple, escorté de son nom,
Il peut, sans crainte alors, passer le Rubicon,
Promener au Forum sa gloire colossale,
Et, certain du triomphe, apparaître à Pharsale.
VIII.
Huit siècles passeront avant que sous les cieux,
Naisse, grandisse et meure un homme aussi grand qu'eux.
La Force, du Progrès éteignant tous les phares,
Fait sa curée au bruit de ses rauques fanfares.
Tout est sombre : le Droit vainement se débat
Et va tomber meurtri dans un dernier combat ,
Quand, de sa large main, un Homme le relève,
Qui rallume le monde aux éclairs de son glaive,
Et de sa forte voix dont l'Europe a besoin,
Dit au Fléau marcheur. « Tu n'iras pas plus loin. »
-5-
IX.
Il paraît. regardez ! L'humanité respire,
Et, ne pouvant douter que c'est Dieu qui l'inspire,
Tous les Peuples émus se plaisent à le voir
Marcher dans les splendeurs qu'il donne à son pouvoir.
Autour de sa grande Ombre, ainsi que des guirlandes,
Vous allez, à sa mort, voir fleurir les Légendes.
Pendant quatre cents ans, l'Europe ne sera
Eprise que d'un nom dont on se souviendra,
La France, l'Italie, ainsi que l'Allemagne.
Dieu le veut. et ce nom. quel est-il? Charlemagne.
X.
Et LUI ! quelle légende il nous laisse après lui !
L'œil fixé sur son règne, il me semble aujourd'hui
Entendre et voir tomber de la hauteur des nues,
Des bruits nouveaux pour moi, des lueurs inconnues.
Immortels souvenirs, mystérieuses voix,
Venez, Abeilles d'or, me dire ses exploits,
M'aider, avec les fleurs que vous aurez choisies,
A composer le miel des grandes Poésies,
Ne m'abandonnez pas en un sujet pareil !
— Je pense à Phaëton sur le char du Soleil.
XI.
N'est-ce pas de ma part une audace notoire
D'essayer à mener les coursiers de la Gloire?