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Nouvelle notice des tableaux du muséum d'Angers, département de Maine et Loire,...

133 pages
A. Mame (Tours). 1816. 133 p. ; 17 cm.
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NOUVELLE NOTICE
DES TABLEAUX
DU MUSÉUM
D'ANGERS,
DEPARTEMENT DE MAINE ET LOIRE.
NOUVELLE NOTICE
DES TABLEAUX
DU MUSÉUM
D'ANGERS,
DÉPARTEMENT DE MAINE ET LOIRE,
Dont l'exposition aura lieu tous les jours, pour
les étrangers ; les dimanches, depuis midi
jusqu'à 3 heures , et les jeudis , depuis JI
heures jusqu'à deux heures, pour les habi-
tans de la ville.
PRIX, 75 CENTIMES.
CHEZ AUGUSTE MAME, IMPRIMEUR DU ROI.
i 816.
JSARRÊTÈ de M. le Maire de la ville
f d' Angers.
; Séance du 13 juillet 1816.
!TXJE Maire de la ville d'Angers, Chevalier
* de l'Ordre royal et militaire de S.t-Louis ,
après ayoir pris l'avis de MM. ses Ad-
joints* 5
Considérant que , pour l'agrément des
personnes qui desirent visiter les établis-
semens publics , et pour leur donner la
facilité de voir en même tems tous les objets
curieux qui se trouvent réunis dans le
local de l'ancien Séminaire de cette ville,
il est nécessaire de fixer , autant que pos-
sible , aux mêmes jour et heure , l'ouver-
ture des divers Cabinets de cet établisse-
ment ? ARRATE :
ARTICLE PREMIER.
Le Muséum de Peinture et le Cabinet
d'Histoire naturelle seront ; à partir du 21
de ce mois , ouverts au public les diman-
che et jeudi de chaque semaine; savoir :
le dimanche, depuis midi jusqu'à trois
heures, et le jeudi, depuis onze heures du
matin jusqu'à deux heures de l'après-midi.
• ART. II.
Pour y être admis, on devra être dé-
cemment vêtu 5 et les personnes qui se pré-
senteraient avec cannes, bâtons, baguet-
tes , sabres ou épées, ou avec des chiens,
devront préalablement les laisser chez le
portier, qui ne pourra exiger aucune rétri-
bution pour ces dépôts.
ART. III.
Les étrangers qui desireront visiter ces
établissemens , pourront seuls être admis
à tous jours f en se conformant toutefois
aux dispositions de l'article II, et en jus-
tifiant , par l'exhibition de leurs passeports,
qu'ils n'habitent pas la ville. Le concierge
ne pourra exiger d'eux aucune espèce de
rétribution , mais aura seulement la fa*
culte de recevoir les gratifications qu'ils
voudront bien lui donner.
ART. IV.
Il n'est rien changé par le présent aux
jours d'ouverture de la Bibliothèque, qui
■ continueront toujours d'avoir lieu les lun-
di , mercredi ? jeudi et samedi de chaque
semaine,, depuis dix heures du matin jus-
qu'à deux heures après midi.
ART. V.
Le présent Arrêté sera placardé aux
diverses portes d'entrée de l'établissement,
et inséré tant au journal du département,
qu'en tête de la Notice des Tableaux du
Musémll, qui sera incessamment réim-
primée.
A l'Hôtel de la Mairie d'Angers, le 13
juillet 181 6.
Signé, DE VILLEMORGE, Maire.
Pour copie conforme,
Le Maire de la ville d'Angers ,
Signé, DE VILLEMORGE.
AVERTISSEMENT.
P ZUSIEURS morceaux précieux ayant été
ajoutés d ceux qui décoraient le Musée, et
n'ayant pu nous dispenser de les placer parmi
ceux de l'école à laquelle ils appartenaient,
et d'observer, pour leur placement, l'ordre
alphabétique, il en est résulté un dérange-
ment général, qui nous a forcés de recom-
poser toute la notice.
Nous trouvant dans cette obligation, et
d'ailleurs l'édition de la première se trouvant
entièrement épuisée, nous avons cru devoir
profiter de cette circonstance pour y faire
tous les autres changemens qui nous parais-
saient nécessaires. En conséquence f nous
avons placé l'école française au rang qu'elle
doit occuper en ce moment; nous avons donné
plus d'étendue aux explications des tableaux
qui nous en ont paru plus susceptibles, et
nous avons ajouté, à la fin de chacull, un
jugement succinct, quipût mettre les amateurs
et les élèves à mdme pprécier le mérite de
ces morceaux. Par ce moyen, la fréquenta-
tion de ce Musée ne se bornera plus à satis-
faire une curiosité stérile ; on pourra y ac-
quérir, sinon une connaissance parfaite des
tableaux, du moins celle qu'il est indispen-
sable d'avoir.
Nous aimons à croire que cette nouvelle
édition sera favorablement accueillie du pu-
blic ; du moins c'est ce que doivent nous faire
espérer les augmentations qui y ont étéfaites,
et le soin que nous avons mis à corriger les
fautes qui s'étaient glissées dans la précé-
dente par la précipitation avec laquelle on
fut obligé de la rédiger et de l'imprimer.
On voudra bien se rappeler qu'on ne peut
entrer dans le JSIuséum qu'après avoir laissé
au portier, cannes, baguettes, sabres, para-
pluies, manteaux; qu'on ne peut y amener
de chiens; qu'on doit s'abstenir de toucher
soit aux tableaux, soit aux autres objets ex-
posés aux regards du public.
EXPLICATION
DES TABLEAUX.
rVVVVVVWVVVVVVVVVX'VVVVVVVV^
ÉCOLE FRANÇAISE.
VWWVWVWWWWWWWWW
BACHELIER.
1. Un canard pendant à un clou sur
une planche de sapin.
CE tableau est peint à l'encaustique.
BARBIER.
DEux tableaux faisant pendant.
2. L'un représente une partie du Co-
lisée à Rome.
3. L'autre } le Tombeau de Cestius,
aussi à Rome.
BERTHELEMY.
4. Elèazar refusant de manger du
cochon.
ELÉAZAR, vénérable vieillard de
Jérusalem , était un des principaux
docteurs de la loi, sous le règne
(8)
d'Antiochus Epiphanes ? roi de Syrie.
Ce prince ayant voulu lui faire man-
ger de la chair de porc ? il aima mieux
perdre la vie que de transgresser la
loi.
Aux pieds de la statue de Bacchus,
et près d'un autel sur lequel brûlent
des parfums, un jeune prêtre de ce
dieu, à genoux devant Eléazar, lui
présente un plat dans lequel est une
côte de porc rôtie. Entouré de soldats,
Antiochus 7 assis sous un portique
élevé, commande au saint homme de
manger de la chair qu'on lui présente,
ou de se résigner à la mort. A cet
ordre cruel , Èléazar fixe le ciel et se
dévoue. Aussitôt les satellites d'An-
tiochus le prennent par ses vêtemens,
et l'eutraînent au supplice.
Ce tableau est bien composé , d'un
bon ton de couleur 5 peint d'une ma-
nière large et facile. La figure d'Eléa-
zar est belle et pleine d'expression.
Celles qui l'entourent ? sont bien des-
sinées , ont du mouvement et du ca-
ractère.
BERTIN (Nicolas), né à Paris en 1667f
mort dans la même ville en 1736,
apprit son art sous Vernansal , père,
Jouvenet et Boulongne , l'aîné.
5. Jésus - Christ apparaissant à la
- ( 9 )
1 *
Madeleine sous la forme a un
jardinier.
BOUCHER (François) ? né à Paris en
1704 y mort dans la même ville en
1770. Ses succès rapides, sous le cé-
lèbre Lemoine, lui méritèrent , à
l'âge de 19 ans le premier prix de
l'Académie de peinture et l'occasion
de faire le voyage d'Italie , dont il
retira les fruits les plus précieux.
6. La réunion des arts.
LES différens génies des arts, dé-
signés chacun par les attributs qui les
caractérisent , sont rassemblés près
d'un arc de triomphe élevé à leur
gloire.
Cette composition est riche , agréa-
ble , pleine de mouvement et de
grâces.
BOUCHET (François).
7. Homère chantant ses poésies.
DES habitans apportent au poëte
des offrandes. L'auteur a choisi le
moment où Homère décrit les mal-
heurs de Priam.
BOURDON ( Sébastien ), né à Mont-
( 10 )
pellier , en 1616, mort à Paris en
1671. Il apprit les premiers principes
de son art de son père , qui peignait
sur verre, et qui le mit à sept ans
chez un peintre à Paris.
8. La chasteté de Joseph.
JOSEPH, fils de Jacob et de Rachel,
ayant été vendu au général des armées
de Pharaon , nommé Putiphar; ne
tarda pas à gagner la confiance de
son maître , qui le fit intendant de
ses autres domestiques. La femme de
Putiphar conçut pour lui une passion
violente. Cette femme voluptueuse
l'ayant un jour voulu retenir auprès
d'elle dans son appartement, le jeune
Israélite prit le parti de se sauver J en -
lui abandonnant son manteau par
lequel elle l'arrêtait.
Dans un appartement somptueuse-
ment décoré, la femme de Putiphar,
presque nue sur un lit, fait de vains
efforts pour retenir Joseph qu'elle n'a
pu parvenir à séduire. Le jeune hom-
me , inquiet ? troublé, fuit en lui
laissant son manteau.
Ces figures sont bien dessinées , ont
de l'expression; celle surtout de la
femme de Putiphar est belle et pleine
d'aine 5 mais peut-être , dans celle de
Joseph ? desirerait-on un caractère de
( » )
tête plus aimable, et une expression
moins équivoque.
BOUR.
9. Portrait d'un Arménien couvert
d-'une pelisse et coiffé d'un tur-
ban.
10. Portrait d'un jeune Flamand
ayant une cuirasse, une chaîne
d'or, un manteau, et sur la tête
une toque.
CES deux têtes sont d'une jolie cou-
leur et d'un fini très-précieux.
CASANOVA.
11. Attaque d'un Fort.
� LES troupes françaises attaquent un
fort et s'en emparent. Des tourbillons
de feu et de fumée enveloppent les
combattans, que l'on voit de différens
côtés ou gravir de hautes échelles 5 011
se précipiter sur la brèche 5 mais par-
tout répandre l'épouvante et la mort.
Pendant ce tems , sur le devant du
terrain, et dans un chemin creux
les grenadiers de Condé , à cheval
s'avancent fièrement.
(la )
12. Un Convoi harcelé par des Hus-
sards.
SUR le bord d'une rivière, plu-
sieurs voitures, chargées de bagages,
d'hommes, de femmes et d'enfans ,
sont arrêtées par des hussards sabrant
impitoyablement tout ce qui leur fait
résistance. Plusieurs charretiers, pay-
sans ou soldats , déjà victimes de leur
fureur , sont foulés sous les pieds des
chevaux , ou précipités dans la rivière.
Pendant que cette troupe répand ainsi
l'epouvante et la mort, l'artillerie dé-
file dans la plaine.
Ces tableaux ont de l'éclat 5 on y
voit une grande facilité de pinceau y
du mouvement, du feu ; mais on dé-
sirerait qu'ils fussent un peu plus
rendus ; et d'une couleur moins fac-
tice.
C AZES ( Pierre-Jacqiies né à Paris en
1676, mort dans la même ville en
1754. Cet élève chéri de Bon-Boulo-
gne, et qu'on a regardé comme le
meilleur de tous, a bien montré, par
ses grands ouvrages y que le voyage
d'Italie n'est point d'une nécessité
indispensable pour former les jeunes
peintres.
13. Jésus au Jardin des Olives.
( 13 )
JÉSUS , accablé, tombe à genoux,
les mains jointes et les yeux doulou-
reusement fixés sur le calice qu'un
ange lui présente , pendant que plu-
sieurs autres, au milieu d'une gloire,
soutiennent une croix.
Dans ce tableau , il règne un bon
ton de couleur, un faire agréable et
de l'harmonie. Les anges , surtout,
y sont bien peints et bien dessinés ;
peut-être desirerait-on un peu plus de
noblesse dans la tête de Jésus.
CHARDIN ( Simon ) , né à Paris, en
1701 , mort dans la même ville y en
1779.
i4. Tableau de fruits , où l'on voit
des pêches et des prunes.
1 b. Tableau faisant pendant azi pré-
cédent y et où sont une bouteille
de liqueur, des macarons , un
pot de faïence et une orange.
16. Tableau de fruits représentant
une corbeille de raisins, des
pommes d'api, une poire et un
masse-pain.
16 (bis.) Tête de Vieillard (au pastel.)
( 14 )
COCHIN ( Charles-Nicolas ) , le fils.
17. Dessin (au crayon rouge), repré-
sentant la S.te Trinité.
CORNEILLE (Michel) y né à Paris,
en 1642, , mort dans la même ville,
en 1708. Son père , un des douze an-
ciens de l'Académie , fut son maître.
18. La Vierge ayant devant elle l'en-
fant Jésus debout sur une table,
et à droite le petit S.t Jean.
TABLEAU largement peint, et d'une
bonne couleur.
COYPEL (Noël), né à Paris en 1629,
mort dans la même ville en 1707.
19. Zéphyr et Flore.
DANS un bosquet charmant, les
jeux et les amours folâtrent autour de
Zéphyr et de Flore , dont l'attitude et 1
les regards expriment la tendresse.
20. Esquisse du plafond de la salle
des Gardes du Palais-Royal.
21. Vénus invitant Vulcain à forger
des armes pour son fils Enée.
( 15 )
DEMARNE.
22. Paysage.
DANS un endroit solitaire, ombragé
par de grands arbres , et près d'une
fontaine à laquelle une femme vient
de puiser de l'eau, deux jeunes per-
sonnes se baignent, pendant qu'une
de leurs compagnes garde leurs vête-
mens. Dans le lointain , on voit la
rivière serpenter , un pont la traver-
ser, et quelques maisons se détacher
sur un horison montagneux.
Ce paysage est d'un beau style, et
dans le goût du Poussin.
DESHAYES ( Jean - Baptiste né à
Rouen en 1729 , mort à Paris en
1765. Restout et Carle Venloo fu-
rent ses maîtres.
23. S.te Anne instruisant la Vierge.
CETTE sainte debout près d'une fe-
nêtre , tient un livre et lit. Devant
elle est la jeune Marie , les mains
jointes , et l'écoutant avec une ex-
trême attention.
Ce tableau est d'un effet piquant,
d'un bon ton de couleur , et porte,
dans le faire, un caractère particulier
à cet artiste.
( 16 )
DESPORTES (François ) né en 1661 ,
au village de Champagneul, en Cham-
pagne , mort à Paris en 1743. Il ma-
nifesta ses talens pour la peinture
durant une maladie. Il était au lit et
s'ennuyait ; on lui donna une estampe
qu'il s'amusa à dessiner, et cet essai
indiqua son goût.
Il excellait à peindre les grotesques,
les animaux, des fleurs , des fruits,
des paysages , des chasses) et réussis-
sait dans le portrait.
24. Chasse aux Renards.
A la sortie d'un bois, dans un pay-
sage entrecoupé de rivières , d'arbres,
de rochers et de nlontagnes, deux
renards sont vigoureusement pour-
suivis. L'un est prêt d'être étranglé
par un chien dont il mort rudement
l'oreille; l'autre se retourne en fuyant,
ayant l'air de s'applaudir de la bles-
sure qu'il vient de faire à un chien,
que l'on voit renversé sur le dos.
25. Tableau d'animaux 9 de fleurs,
de fruits, etc.
SUR le perron d'un jardin, où l'on
voit d'un côté un oranger f et de
l'autre un rosier dans un vase de
bronze, un chat et un chien sont
( 17 )
en arrêt, et s'empêchent réciproque-
ment de toucher à un faisan et à deux
perdrix qui sont à terre, avec des
pêches j des poires, des figues et un
melon. Au pied du rosier , est un
lièvre mort , ayant les pattes en l'air
et la tête pendante.
Une grande vérité, une bonne cou-
leur , un faire large et moëlleux" ca-
ractérisent ces tableaux ? ainsi que
tous ceux de ce maître.
DETROY ( François ) , né à Toulouse
en 1645 ? mort à Paris en 1730. Il
fut élève de son père, Nicolas Detroy.
François Detroy réunissait dans ses
ouvrages l'expression ? la correction ?
le grand fini, la force et l'harmonie
du coloris.
26. Bethzabé au bain.
BETHZABÉ , femme d'Urie , étant
au bain, fut aperçue par David. Ce
prince fut si touché de sa beauté, qu'il
la fit venir dans son palais et en
abusa.
Tandis que Bethzabé ; hors du
bain, et renversée sur des carreaux,
se fait essuyer par une de ses femmes,
David ? du haut de son palais , l'a-
perçoit ? et paraît la considérer avec
plaisir.
( 18 )
Ce tableau a beaucoup de mérite;
il est bien peint, d'un bon ton de
couleur , harmonieux et vrai : mais
on desirerait encore, dans Betbzabé ,
une attitude plus heureuse, un plus
beau choix de formes, peut-être un
peu plus de graces, et que David fût
moins imperceptible.
DORBAY.
27. Des Mendians.
PLUSIEURS mendians , à la porte
(l'un cabaret, entourent une table sur
laquelle il ne reste plus y du repas
qu'ils viennent de faire y qu'un pot,
un verre , une pipe, et le papier qui
apparemment enveloppait le petit salé
ou le fromage dont ils s'étaient munis
pour s'exciter à boire. Le vin a déjà
produit en eux des effets différens. Le
sommeil accable l'un, la gaieté anime
les autres ; le seul qui ne partage au-
cun de ces plaisirs, s'appuie contre
un mur, et là, débarrasse son esto-
mac du trop de liquide dont il l'avait
chargé. Ceux qui paraissent prendre
le moins de part à cette scène bachi-
que, sont un chien qui dort, et un
enfant tranquillement assis, qui se
gratte.
m
( 119 )
28. Les trois petits frères.
DANS un appartement, un petit
amour relève un rideau pour laisser
passer deux autres amours portant
une corbeille de fleurs.
FRAGONARD.
29. Mort de Corésus. (Esquisse.)
CoRESUs. grand-prêtre de Bacchus,
n'ayant pu parvenir à se faire aimer
de Callirhoé, jeune fille de Calydon,
s'adressa à Bacchus , pour le venger
de cette insensibilité. Le Dieu frappa
les Calydoniens d'une ivresse qui les
rendit furieux. Le peuple alla consul-
ter l'oracle , qui répondit que ce mal
ne finirait qu'en immolant Callirhoé
ou quelqu'autre qui s'offrirait à la
mort pour elle. Personne ne s'étant
présenté ? on la conduisit à l'autel.
Alors corésus, privé de tout espoir,
la voyant ornée de fleurs, et suivie
de tout l'appareil d'un sacrifice, au
lieu de tourner le couteau contre elle,
s'en perça lui-même.
Sous un péristile, au fond duquel
se fait remarquer la statue de Bac-
chus , on voit les apprêts d'un sacri-
fice 5 de jeunes prêtres , portant des
bassins, s'avancent déjà pour rece-
( 20 )
voir le sang de la victime ; les spec-
tateurs prosternés ? considèrent reli-
gieusement celle que le glaive du sa-
crificateur doit frapper, lorsque Coré-
sus troublé, ne pouvant plus soutenir
l'aspect de celle qu'il aime , étendue
à ses pieds les mains attachées , le
visage pâle y l'air abattu , oubliant la
jalouse fureur qui lui avait fait desirer
sa mort, et n'écoutant plus que sa
tendresse et son désespoir, au lieu
d'immoler la jeune personne , s'en-
fonce le couteau dans la poitrine.
Ceux qui l'entourent, étonnés, ne
peuvent en croire leurs yeux. Les uns
reculent d'effroi, les autres s'appro-
chent pour s'assurer mieux de ce qu'ils
voient. La seule Callirlioé ? anéantie,
semble étrangère à cette scène san-
glante, ou avoir elle-même reçu le
coup fatal.
Ce tableau est harmonieux d'effet
et de couleur ; les figures principales
sont bien à leur place, portent le ca-
ractère qu'elles doivent avoir; la com-
position a du mouvement y de l'inté-
rét, et en est bien pensée; aussi doit-
on regretter que ce morceau intéres-
sant ne soit qu'une esquisse.
GERARD.
3o. Joseph reconnu par ses frères.
(21 )
GIRODET.
31. Romulus faisant tuer Tatius.
TATIUS, roi des Sabins, fit la guerre
à Romulus, pour venger l'enlèvement
des Sabines. Dans un combat où Ro-
mulus était près de succomber, les
femmes se jetant au milieu des com-
battans qui étaient leurs pères ou leurs
frères et leurs époux, vinrent à bout
de les séparer. La paix fut conclue, à
condition qu'il partagerait le trône de
Rome avec le fondateur de cette ville,
qui, fâché de ce partage , fit tuer Ta-
tius six ans après, lorsqu'il allait chez (
les Laviniens pour assister à un sa-
crifice.
Romulus , debout près d'un autel,
entouré de sacrificateurs, se disposant
à immoler un bouc, par son geste , a
l'air de dire à l'un des assassins de
suspendre un instant ses coups , afin
de le faire jouir plus long-tems de
l'horreur de ce spectacle. Ses trois sa-
tellites ont déjà renversé Tatius , qui,
s'appuyant sur une main , s'efforce
avec l'autre de repousser le fer qu'un
des trois scélérats est près de lui en-
foncer dans le corps. Près de lui sont
sa couronne, sa bandelette ; signes de
( aa ).
la royauté, et un vase renversé, dont
s'écoule le vin destiné au sacrifice.
Ce tableau est bien composé, le
groupe principal est heureux, les
figures en sont bien dessinées , et il
règne dans le tout un bon ton de cou-
leur et un assez grand caractère.
GREUSE (Jean-Baptiste.)
02. Portrait d'une jeune personne
ayant sur elle un petit chien
épagneul, qu'elle entoure d'une
couronne de fleurs.
CETTE tête est bien peinte et d'une
grande vérité.
* ————————————————————————————-
HOUEL.
55. Paysage où l'on voit un paysan
et des enfans jouant avec un
masque et une chèvre.
JOLLAIN.
54. Alphée et Arèthuse.
Aréthtjse , une des compagnes de
Diane, se baignant dans un ruisseau,
fut aperçue par Alphée. Se sentant
vivement poursuivie par le fleuve
amoureux ? elle implora le secours
( 23 )
de Diane, qui la métamorphosa en
fontaine : mais Alphée ayant reconnu
son amante sous ce déguisement, ne
s'en unit que plus intimement avec
elle , en mêlant son onde aux siennes.
Aréthuse poursuivie par Alphée,
ne pouvant plus fuir, et prête d'être
atteinte par le Dieu , tombe en im-
plorant Diane. La Déesse, portée sur
un nuage, accourt, repousse le fleuve,
et garantit Aréthuse de ses importu-
nités. Près d'elle , l'amour confus
s'envole.
Ce tableau, un des meilleurs de cet
artiste , est bien composé, d'un effet
piquant, et d'une couleur agréable.
1,1 9 'H ■'
LACROIX.
35. Paysage représentant le matin.
Aux pieds de rochers escarpés ,
coule une rivière , sur le bord de la-
quelle on voit des hommes pêcher.
Ce tableau est d'une couleur ar-
gentine, d'un pinceau large, moel-
leux et ragoûtant.
LAFOSSE ( Charles de ) , né à Paris
en 1640 , mort dans la même ville en
1716. Il fut élève de Lebrun.
( 24 )
56. Vénus.
DANS un paysage un peu sérieux,
Vénus, étendue nonchalamment sur
le gazon , considère l'amour aiguisant
ses flèches.
37. Diane.
Sous une touffe d'arbres, cette
Déesse, la tête appuyée sur une main,
et de l'autre caressant un chien , re-
garde l'amour accourant avec deux
lévriers. Les armes de ce petit Dieu
sont auprès d'elle.
LAGRENEE , aîné.
58. A lexandre visitant la famille
de Darius.
QUELQUE tems après la bataille
d'Issus et la mort de Darius, Alexan-
dre se rendit à la tente de ses captives.
Il les trouva s'abandonnant au déses-
poir. La femme de Darius mourante,
sa mère livrée à la plus sombre dou-
leur, sa fille anéantie par le chagrin 5
le plus jeune de ses enfans , joignant
ses larmes à celles de ses parens , de
leurs principaux officiers et domesti-
ques. Voilà la scène déchirante qui
s'offrit aux yeux d'Alexandre , et que j
l'artiste a rendue de la manière la J
plus intéressante dans ce tableau. ]
( 25 )
2
A l'entrée d'une tente , Alexandre,
accompagné d'Ephestion , s'arrête ,
tend une main vers Sysigambis, et
semble l'assurer qu'en lui elle a re-
trouvé un fils qui la respectera et la
chérira autant que celui qu'elle a per-
du. Cette princesse, étendue par terre,
s'appuyant sur une espèce de table,
près de laquelle est son petit fils san-
glottant et se frottant les yeux, écarté
son voile y se détourne ? et fixant
Alexandre d'un air fier et avec des
yeux rouges encore des pleurs qu'elle
ne cesse de répandre , semble l'écou-
ter avec peine et lui reprocher ses mal-
heurs. Près d'elle est sa petite fille , la
tête penchée et appuyée sur sa main,
tellement absorbée dans sa douleur,
qu'elle paraît ne prendre aucune part
à ce qui se passe autour d'elle , ni
même voir Alexandre. Au milieu de
la tente , et sur un lit dont un nègre
écarte les rideaux, la femme de Da-
rius est mourante. Une jeune per-
sonne presse une de ses mains qu'elle
arrose de larmes , pendant qu'un es-
clave, abîmé de douleur ? à genoux
aux pieds du lit , se cache le visage et
tend les bras vers Alexandre. D'au-
tres personnages , tant hommes que
femmes , remplissent le reste de la
tente ? dans un des côtés de laquelle
on aperçoit, sur un coussin de ve-
( 26 )
Jours, la couronne de Statira. Par terre
sont différens vases d'or et d'argent 5
et , à quelque distance , dans la cam-
pagne, on voit les chevaux d'Alexan-
dre et d'Ephestion , .tenus par des es-
claves.
Ce tableau, bien pensé et rendu avec
le plus grand soin, réunit une infi-
nité de beautés , mais de ces beautés
que tout le monde peut sentir, et qui,
pour être aperçues , ne demandent
que des yeux; car, quel est celui qui ,
en voyant Sysigambis , ne sera pas
frappé de son expression ? Qui n'y
verra pas cette noble fierté que les
grandes ames conservent jusques dans
l'adversité ? Qui pourra ne pas être
touché de cette douleur profonde ré-
pandue dans tous ses traits , et qu'ex-
priment si bien ses yeux appesantis
et rouges des pleurs qu'ils ont versés?
Pourra-t-on ne pas voir que ces mêmes
yeux, en fixan t Alexandre, cherchent
à pénétrer en son ame et à découvrir
si les sentimens que sa bouche expri-
me , sont bien ceux de son cœur? Quel
est encore celui qui , en regardant la
jeune Statira , pourra ne pas s'écrier :
ah ! qu'elle est belle ! comme elle in-
téresse ! Certes il n'est pas qu'Alexan-
dre qui se sente ému en la voyant , et
qui prenne part à son affliction. Et
ce petit enfant, n'a-t-il pas aussi des
( 27 )
droits à notre admiration ? Que son
attitude est naturelle et bien d'accord
avec le sentiment qui doit affecter son
ame naissante ! Que ses larmes sont
innocentes ! Et cette petite main qui
cherche à les écarter de ses yeux , ne
semble-t-elle pas se mouvoir ? Quelle
vérité dans la posture de cet esclave !
Quelle expression dans le mouvement
de ses bras ! Que l'on entend bien ce
qu'ils disent ! Enfin il n'est aucune
partie de cet intéressant tableau qui ne
mérite des éloges ; mais je n'entre-
prendrai pas d'entrer dans plus de dé-
tails sur les beautés sans nombre que
l'on y peut admirer, je me bornerai
à dire qu'on ne saurait , après l'avoir
fixé un moment f se persuader n'avoir
qu'une peinture devant les yeux , et
ne pas croire voir cette scène se passer
réellement.
59. Mercure confiant Bacchus aux
nymphes de Vile de Naxos.
CHARMANT tableau pour le faire
aimable , les graces et la pureté du
dessin.
LAGRENÉE, jeune.
4o. Un jeune homme, à genoux, de-
vant un autel, près duquel est
( 28 )
un vieillard, pose une couronne
de fleurs sur la tête d'une jeune
fille. Derrière eux Mercure et
Minerve, à l'ombre de quelques
arbres contre lesquels ils s'ap-
puient J président à cette céré-
monie.
L'ALLEMAND.
41. Marine au Soleil couchant.
SUR le bord de la mer , non loin
d'un assez bel édifice ? s'elèvent, sur
un rocher , plusieurs arbres dont la
masse de feuilles couvre une partie du
ciel. Devant ce rocher, une espèce de
gondole paraît se diriger vers un vais-
seau voguant à une certaine distance
en mer. Cette composition ? qu'ani-
ment encore quelques pêcheurs , est
intéressante , tant par le bon ton de
couleur, que par l'agrément de la
touche et la vérité des effets.
LANCRET ( Nicolas ), né à Paris en
1690, mort dans la même ville en
1745. Les qualités de l'esprit et du
cœur rendaient cet artiste aussi re-
commandable que ses talens. Il était
élève de Gilot : mais il comprit, de
bonne heure 7 qu'il devait étudier la
( 29 )
nature ; et il se forma sur la manière
de Wateau.
42. Le Repas de Noces.
DEVAIT une maison rustique , à
l'ombre de plusieurs arbres , une
jeune mariée , placée à une table
entre son époux et son curé, prête
une oreille attentive aux sages avis
que le bon pasteur a l'air de lui don-
ner. La mère de la jeune personne est
près de lui et l'écoute avec satisfac-
tion, ainsi que ceux qui les entou-
rent. Sur le devant de la scène ? ceux
qui ne peuvent être à table ? s'amu-
sent à danser.
43. La Danse de Noces.
NoN loin de l'église du village , sur
une place entourée d'arbres, le marié
et son épouse ouvrent la danse. Au-
tour d'eux est une nombreuse assem-
blée composée de gens de differens
âges et conditions. Parmi tout ce
monde , les enfans surtout paraissent
se livrer avec plus d'ardeur au plaisir
et à la joie qu'inspire cette fête.
Ces deux tableaux sont touchés avec
esprit et légèreté.
44. L'Été.
45. LJ Hiver.
(3o)
LAVRINCE.
46. Une femme au bain, vue par der-
rière, et retroussant ses che-
veux.
47. Une femme au bain, vue par de-
vant, se frottant avec un linge.
LEBEL.
48.. Trait de Piété filiale.
En 1740 f un jeune homme dont la
famille est tombée dans l'indigence ?
s'engage pour délivrer son père pri-
sonnier pour dettes. Son colonel est
témoin de l'emploi qu'il fait du prix
de sa liberté.
LEBRUN ( Charles ) , né à Paris en
1619, mort dans la même ville en
1690. C'est un de ces hommes rares
et extraordinaires, nés pour faire
honneur à leur art ? à leur patrie , à
leur siècle et à l'esprit humain. Il fut
élève de Vouet, le peintre le plus ha-
bile de son tems.
49. Diomède mangé par ses chevaux.
DIOMÈDE, roi de Thrace, nour-
rissait ses chevaux de chair humaine.
( 31 )
Hercule, pour le punir de sa cruauté ,
le fit manger lui-même par ses propres
chevaux.
Hercule, ayant renversé Diomède,
le tient sous lui pendant que ses che-
vaux le mangent.
50. Combat des Romains et des Sabins.
( Esquisse. )
51. Jésus hors du sépulcre. (Grisaille. )
LEBRUN ( Elizabeth. )
52. L' Innocence se réfugiant dans les
bras de la Justice. ( Pastel ).
LA Justice , représentée par une
femme d'un âge mur, joignant à une
figure noble un air de bonté, accueille
affectueusement une jeune personne
paraissant troublée par quelque objet,
dont la vue excite en elle l'inquiétude
et la crainte. A la beauté de ses traits,
à l'aimable candeur qui les caracté-
rise , il est impossible de ne pas re-
connaître l'Innocence. La blancheur
de sa draperie , la couleur des roses
dont est formée sa couronne, et l'a-
gneau qui est près d'elle, annoncent.
la candeur et la pureté de son ame, et
sont en même tems ses attributs,
comme la balance et le faisceau sont
( 32 )
ceux de la Justice y dont ils indiquent
la force et l'impartialité.
Ce pastel, un des plus beaux que
l'on connaisse , suffirait pour faire la
réputation de l'artiste aimable à qui
on le doit, si le grand nombre de
chefs-d'œuvre sortis de son pinceau ,
ne lui en avaient déjà assuré une à
l'épreuve du tems. La perfection que
chaque moment ajoute à des talens,
auxquels on ne croirait même pas son
sexe susceptible d'atteindre, doit un
jour la mettre non-seulement au-des-
sus de celles qui se sont acquis le plus
de gloire dans cet art ? mais la placer
même à côté des plus grands peintres
de son siècle.
LEMOINE ( François ) ? né à Paris en
1688 , mort dans la même ville en
1737 1 fut élève de Galloche.
55. Laban et Rachel.
LABAN ayant atteint Jacob sur la
montagne de Galaad ? ils offrirent
ensemble des sacrifices, et se réconci-
lièrent. Laban redemanda seulement
à son gendre les idoles qu'il l'accusa
de lui avoir dérobées. Jacob qui n'a-
vait aucune connaissance de ce vol,
lui permit de fouiller tout son bagage.
( 33 ) -
2 *
Rachel, assise dessus , s'excusa de se
lever , feignant d'être incommodée.
Laban fait sa recherche : on voit
tout le bagage sens dessus dessous, et
beaucoup de gens occupés à vider ou
à remplir des coffres. La seule Rachel
est tranquillement assise sur une cais-
se , de dessus laquelle , malgré les ins-
tances de Laban , elle ne veut pas se
lever.
Ce tableau, quoiqu'une simple es-
quisse , est intéressant par la grâce ,
le mouvement et la vie même que
l'artiste a su donner à sa composition.
LEPRINCE ( Jean - Baptiste ) , né à
Metz en 1733, mort à Paris en 1781,
fut élève de Boucher.
54. Concert Russe.
Au fond d'un jardin et près d'un
perron , conduisant à un pavillon
élégamment décoré, un jeune Russe,
sa femme et quelques autres person-
nes paraissent jouir délicieusement
d'une musique exécutée par plusieurs
musiciens et musiciennes. Un jeune
homme et une jeune femme en parais-
sent tellement émus, que, ne pouvant
apparemment résister davantage à
l'impression vive qu'elle fait sur leurs
sens, prennent, pour les calmer , le
- ( 34)
parti de s'enfoncer dans le bosquet
voisin.
Ce joli tableau intéresse par la vérité
et la richesse des costumes, et par la
grace de la composition.
LETHIERS.
55. La femme adultère, aux pieds
de Jésus.
LOIR { Nicolas ) y né à Paris en 1624 ?
mort dans la même ville en 1679. Il
fit une étude si particulière des ouvra-
ges du Poussin , et les copiait avec
tant d'art, qu'il est difficile de distin-
guer la copie d'avec l'original.
56. Moïse sauvé des eaux par la fille
de Pharaon.
5j. Eliézer, envoyé par Abraham,
demande Rebecca en mariage.
CES petits tableaux sont bien com-
posés , d'un bon style et d'une couleur
chaude.
LORDON.
58. Hylas attiré par les Nymphes.
( 35 )
LUCAS.
5g. Zéphire et Flore.
60. Bacchus et Ariane.
CES deux tableaux , de même gran-
deur, sont d'une couleur suave et
d'un effet piquant.
MACHY.
61. L-arc de triomphe.
DES hommes, des femmes, et des
animaux , passent sous un arc de
triomphe à âemi-ruinê, et dont plu-
sieurs débris gisent à l'entour. Ce
riche morceau d'architecture se déta-
che sur un fond léger, dans lequel
on voit différens édifices et monumens
s'élever.
Beaucoup de vérité, une bonne cou-
leur , une composition agréable , et
un bon effet rendent ce tableau in-
téressant.
MAUZAISSE.
62. L-Arabe pleurant son coursier.
LE peintre a voulu reproduire l'inten-
( 36 )
tion exprimée dans les vers du Chant élé-
giaque de M. Millevoye :
« Ce noble ami, plus léger que les vents,
m Il dort couché sur les sables mouvans.
» Du meurtrier j'ai puni l'insolence ;
J) Sa tête horrible aussitôt a roulé ;
m J'ai dans son sang désaltéré ma lance t
» Et sous mes pieds je l'ai long-tems foulé :
m Puis, contemplant mon coursier sans haleine,
» Morne et pensif, je l'appelai trois fois,
» Hélas ! en vain ; il fut sourd à ma voix;
M Et j'élevai sa tombe dans la plaine. »
MÉNAGEOT.
63, Cléopâtre au tombeau de Marc-
Antoine.
ACCA:BLÉE de douleur, Cléopâtre,
soutenue par ses femmes, vient rendre
un dernier hommage aux cendres
de son amant, et répandre quelques
fleurs sur son tombeau.
Ce tableau est bien composé ? d'un
effet bien analogue au sujet. La figure
de Cléopàtre est belle, a de l'expres-
sion , et ne laisserait rien à desirer si
la tête avait un peu plus de graces et
de dignité.
64. Astyanax arraché des bras de sa
mère.
Fils unique d'Hector et d'Andro-
maque y Astyanax perdit très-jeune
( 37 )
son père. Lors de la prise de Troie 9
sa mère le cacha avec soin , parce que
les Grecs avaient répandu le bruit que
cet enfant vengerait la mort de son
père. Ulysse l'ayant découvert, le fit
précipiter du haut des murs de Troie.
Ulysse debout, dans une attitude
fière , a l'air de commander à ses sol-
dats de s'emparer d'Astyanax jde l'ar-
racher même des bras de sa mère , et
de ne point se laisser attendrir par ses
larmes. Désespérée de ne pouvoir flé-
chir ce prince, Andromaque , à ge-
noux, fait de vains efforts pour rete-
nir cet enfant chéri, qui , semblant
prévoir le sort qu'on lui prépare , ne
peut se détacher de sa mère , vers la-
quelle il tend encore les bras. Les
femmes qui entourent Andromaque ,
attendries , désolées , manifestent, de
diverses manières ? la douleur qu'elles
éprouvent.
Un air un peu moins portrait à la
tête d'Andromaque, un peu plus d'ef-
fort dans ses bras pour retenir son fils,
et un moins grand dans le soldat qui
s'en empare, ajouterait beaucoup à
la perfection du tableau et à l'intérêt
qu'inspire cette scène attendrissante ,
bien rendue d'ailleurs.
(38)
MIGNARD (Pierre) , naquit à Troyes
en 1610 , et mourut à Paris en 1695.
La nature l'avait fait peintre. Des l'âge
de douze ans il prit le crayon, et nt
des portraits dont la ressemblance
parut frappante.
65, La Vierge ayant Venfant Jésus
sur ses genoux.
LA Vierge tourne la tête vers le petit
S.t Jean, à qui elle a l'air de parler.
Pendant ce tems , Jésus quitte le sein
de sa mère, et fixe d'une manière vive
et gracieuse ceux qui le regardent.
Beau tableau, et bien fait pour sou-
tenir la réputation qu'avait cet artiste
de bien faire les Vierges. Celle-ci est
belle y a de superbes mains ; l'enfant
Jésus est admirable, tant par la ma-
nière dont il est peint, que par son
expression pleine de vie et de grâces.
NAIN ( Louis et Antoine Le), frères,
nés à Laon , morts en 1648.
66. La Nativité.
LA sainte Vierge, à l'entrée d'une
étable , reçoit les bergers qui, attirés
par la nouvelle de la naissance de Jé-
sus , viennent lui rendre hommage
et lui offrir des présens. La plupart
( 39 )
sont à genoux , et adorent le nouveau
né. Dans la partie la plus élevée, des
anges se réjouissent de sa venue , et
chantent ses louanges.
L'effet sombre de ce tableau, dont
toute la lumière est fixée sur le groupe
de figures entourant le petit Jésus y
donne à cette composition tout l'air
mystérieux qui convient au sujet.
PAROCEL ( Joseph), né à Brignole,
département du Var , en 1648, mort
à Paris en 1704. Cet artiste s'est illus-
tré par le talent de peindre des ba-
tailles.
67. Un combat de cavalerie.
PAROCEL ( Pierre ) , né à Avignon y
mort en 1709.
68. La Résurrection de Jésus-Christ.
PATER (Jean-Baptiste), né à Valen-
ciennesen 1695, mort à Paris en 1736.
Il apprit sous Wateau.
6g. Les Baigneuses.
PRÈS d'une fontaine, plusieurs jeu-
nes personnes se baignent, pendant
que d'autres, sur le bord de l'eau, gar-
dent leurs vêtemens ou se promènent.
(4°)
Charmant tableau y d'un fini pré- 1
cieux, d'un pinceau agréable et léger,
d'une jolie couleur y d'une composi-
tion pleine de vie et de grâces.
70. Le Bal champêtre.
Plusieurs personnes dansent dans
un jardin, près d'un perron où l'on
voit un balcon soutenu par des caria-
tides. Auprès de ce perron , des hom-
mes et des femmes, les uns debout,
les autres assis , attendent que leur
tour viennent de danser.
Ce tableau n'est qu'ébauché. -
PELLIER.
71. (Edipe maudissant son fils Poly-
nice malgré les supplications
el' Antigone et d'Ismène.
POUSSIN (Nicolas), né à Andely, pe-
tite ville de la Normandie , en 1594,
mort à Rome en 1653. Ce peintre
peut être considéré comme le plus sa-
vant qui ait jamais existé.
72. Le frappement du rocher. (Copie.)
DANS un vaste désert, la plupart
des Israélites sont près de périr de
soif, lorsque Moïse, frappant de sa
( 41 )
verge le rocher d'Horeb, en fait sor-
tir l'eau en telle abondance, qu'aussi-
tôt il s'en forme un ruisseau considé-
rable, où ils trouvent suffisamment
de quoi se désaltérer. A la vue de ce
prodige , ils se prosternent, remer-
cient l'Eternel ou se précipitent vers
cette source miraculeuse. Les uns,
avec des cruches, puisent de cette
eau ; d'autres, penchés, boivent avec
avidité dans le ruisseau même où. elle
coule. Plusieurs, malgré la soif qui
les dévore ; s'empressent, avant de la
satisfaire , de soulager celle de leurs
petits enfans. Quelques autres , trop
} éloignés de cette eau salutaire, et man-
1 quant de force pour se traîner jusqu'à
elle, expirent, étendus sur la terre.
Malgré la quantité prodigieuse de
figures qui remplissent ce tableau, il
n en est cependant pas deux qui aient
la même expression , qui offrent la
même pensée et qui soient dans une
attitude semblable.
PREVOST.
j 75. Un panier de fleurs et de fruits;
duquel sort un linge blanc.
RABILLON.
) 7 4. Tête de femme (au pastel.)
( 42 )
REGNAUD, de Rome.
75. L'Amour et Psyché. j
Cupidoît , amoureux de Psyché, la
fit transporter par Zéphir dans un lieu
de délices où elle demeura long-tems
avec lui sans le voir ni le connaître. l
Les sœurs de Psyché, jalouses du bon-
heur dont elle jouissait, lui persua- l
dèrent que celui avec qui elle habitait I
était un monstre hideux, et la déci-
dèrent à le tuer pendant qu'il dormi- !.
rait. En conséquence, une nuit, te- -
nant un poignard d'une main, et de
l'autre une lampe, elle s'approche
doucement du lit, dans le dessein de
lui ôter la vie 5 mais au lieu d'un
monstre, voyant la figure charmante
de l'Amour endormi , le poignard lui
échappe de la main, et dans l'excès
de sa surprise, elle fait pencher, sans
s'en apercevoir , la lampe ; une goutte
d'huile enflammée s'en échappe, tombe
sur le dieu 5 la douleur le réveille, et
il s'envole.
Psyché, à peine couverte d'une gaze
légère, ayant une lampe à la main,
s'approche du lit sur lequel elle s'at-
tend à trouver un monstre. Sa sur-
prise est extrême en voyant l'Amour
dormant dans l'attitude la plus sé-
( 43 )
causante 5 l'etonnement et le plaisir
qu'elle en ressent, se manifestent dans
tous ses traits.
Joli tableau , d'une composition
agréable , et frais de couleur. Si l'ar-
tiste avait observé d'y répandre la
lumière un peu moins égalelnent, et
de lui donner un ton plus vrai, l'effet
en serait plus piquant, plus harmo-
nieux, et le tableau y gagnerait beau-
coup.
76. Les trois Graces.
LES Graces , se tenant toutes trois,
et se présentant de divers côtés et en
différentes attitudes , offrent ce que
peut avoir de plus enchanteur le corps
d'une femme : taille élégante , mou-
vemens souples , formes gracieuses ,
fraîcheur de coloris , délicatesse de
traits, tout en elles concourt à don-
ner un nouveau prix à la beauté qui
les caractérise , et à prouver qu'il
n'est rien qu'elles ne doivent embellir.
RESTOUT (Jean), né à Rouen en
1692, mort à Paris en 1768 y fut élève
de Jouvenet, et conserva toujours la
manière de peindre de ce peintre jus-
tement célèbre.
77. Le bon Samaritain.
UN homme dangereusement hlessé,
( 44 )
et dans un état peu différent de celui
de la mort, est secouru par un voya-
geur qui étanche son sang et applique
sur sa blessure un baume salutaire. ,
Derrière eux est le cheval de cet homme
charitable , et à ses pieds sa valise..
Plus loin on aperçoit un prêtre et un
lévite qui, ayant passé près du blessé
sans l'avoir secouru , poursuivent froi-
dement leur chemin vers une ville
que l'on voit dans l'éloignement.
Ce tableau est d'un bon effet, peint
largement ; les figures en sont bien
dessinées, bien drapées et d'une bonne
couleur ; cependant, malgré l'intérêt
qu'il inspire , l'œil se prête difficile-
ment à l'effet qu'y produisent trois
jambes près les unes des autres , et
dans la même direction.
ROBERT.
78. Lafontaine de Minerve à Rome.
DANS ce tableau l'on retrouve la
touche spirituelle , le pinceau facile
et la couleur agréable et vraie de ce
peintre.
( 45 )
STELLA. ( Jacques ) , mort à Paris en
1647, âgé de 61 ans. Il n'eut point
de maître.
79. Saint Joseph tenant une corbeille
de fruits, est assis près de la
Vierge, sur laquelle est l'enfant
Jésus.
THEAULON ( N. ) , né à Aigues-
Mortes en 1739 , mort en 1781.
80. Offrande à VAmour.
Près d'une statue de l'Amour, pla-
cée à l'entrée d'un bosquet solitaire ,
auquel un jour sombre donne un air
plus mystérieux encore, un prêtre
reçoit l'offrande que deux jeunes
amans viennent lui présenter. La
jeune fille , prosternée , entourée de
guirlandes de fleurs , couverte d'un
voile transparent, et conduite par
celui qu'elle aime , attend que le mi-
nistre de ce dieu ait mis le comble
à sa félicité en l'unissant à celui que
son cœur a choisi. Derrière elle ? une
de ses compagnes , pressée par son
amant de faire le serment de l'aimer
toujours, paraît hésiter et avoir peine
à s'y résoudre. Pendant cette cérémo-
nie l'encens brûle y la musique se fait
(46)
entendre , et ceux qui accompagnent
ces heureux amans ont l'air de par-
tager leur bonheur.
Ce sujet, agréablement composé ?
d'une jolie couleur et d'un bon effet,
serait bien plus séduisant encore ? si
toutes les figures en étaient aussi agréa-
bles que celle de la jeune personne
voilée.
81. Une femme assise tenant un
miroir.
THEVENIN.
82. Joseph reconnu par ses frères.
TOURNIÈRES (Robert ) , né à Caen
en 1676 , mort dans la même ville en
iy52. Cet artiste a beaucoup approché
de la manière de Schalker. Il étudia
sous Bon-Boulongne.
83. Une Reine, en habit de cérémonie,
assise près d'une table sur la
quelle est un couronne.
84. La mort de Léandre.
LÉANDRJi:, jeune homme de la ville
d'Abidos , sur la côte de l'Hélespont ,
du côté de l'Asie, aimait Héro > prê-
tresse de Vénus, qui demeurait sur
( 47 )
la rive opposée. Un soir qu'il traver-
sait , comme à l'ordinaire , ce bras de
mer pour aller voir sa maitresse, il
fut surpris par un orage , et se noya.
L'instant du tableau est celui où
plusieurs dieux marins recueillent le
corps de l'infortuné Léandre, et où
l'Amour éploré vole annoncer à Héro
la funeste nouvelle de sa mort.
Ce tableau est d'une bonne couleur,
et d'une manière large et savante.
TREZEL.
85. Phèdre jugée aux Enfers.
CE tableau est bien composé , bien
peint et d'un effet bien vrai.
VANLOO (Jean-Baptiste), né à Aix en
Provence , en 1684 t mort dans la
même ville en 1745.
86. Renaud et Armide J sujet tiré de la
Jérusalem, délivrée , du Tasse.
Renatjd , jeune guerrier de l'armée
de Godefroi, séduit par la beauté
d'Armide , fille d'Hidraot, prince de
Damas et fameux magicien, après
s'être échappé du camp des chrétiens
pour suivre cette princesse , est trans-
porté par ses enchantemens dans un
( 48)
palais qu'elle avait construit exprès à
l'extrémité du monde. Là , dans un
jardin que la nature, plus que l'art,
semble avoir embelli, et au fond du-
quel on aperçoit un palais d'une élé-
gante structure, Renaud , assis à
l'ombre d'un arbre dont les branches
touffues s'étendent au loin, contemple
Armide avec délices. Cette princesse,
entraînée par le sentiment qu'il lui
inspire, se penche vers lui, et paraît,
en fixant ses yeux sur les siens, ne
pouvoir se rassasier du plaisir de le
voir. Autour d'eux , de charmantes
nymphes préparent un repas frugal,
ou s'ébattent sur le bord d'un clair
ruisseau , et près d'un groupe d'A-
mours, dont quelques - uns jouent
avec les armes de Renaud, tandis que
d'autres folâtrent dans les airs.
87. Saint André embrassant l'instru-
ment de son supplice, et recevant
avec une sainte joie la couronne
et la palme du martyre, qu'un
ange lui présente.
VANLOO ( Carie) ? né à Nice en 11705,
mort à Paris en 1765 , aimait son art
avec passion , et était très-laborieux.
La facilité avec laquelle il enfantait
de belles choses , ne l'aveugla jamais.
( 49 )
o
a
Extrêmement difficile sur tout ce qui
sortait de son pinceau , et ne voulant
rien laisser dans ses ouvrages qui fût
indigne de lui , plus d'une fois il lui
arriva de briser des tableaux entière-
ment finis, parce qu'il croyait y aper-
cevoir quelque léger défaut. Aussi ne
connaît-on rien de lui qui puisse nuire
à sa réputation de grand peintre, dont
il jouit de son vivant.
88. Sainte Clotilde.
CETTE sainte est à genoux devant
un tombeau, au-dessus duquel est
une gloire d'Ange.
89. Enée portant son père.
ENÉE, prince troyen , fils de Vénus
et d'Anchise, et père d'Ascagne, a près
que les Grecs se furent emparés de
Troie , se sauva pendant l'obscurité
de la nuit, et , pour ainsi dire, au
travers des flammes qui consumaient
cette ville, chargé de ses dieux, de
son père qu'il portait sur ses épaules,
menant son fils par la main, et sui vi
de Creuse, sa femme, fille de Priain.
Enée , portant son père, fuit avec
précipitation, accompagné de Creiise
et d'Ascagne. La nuit est des plus
obscures; les flammes seules qui dé-
vorent la ville, répandent une faible
clarté sur ce groupe intéressant.