Obsèques du Gal Maurice de Partouneaux. Discours prononcés sur sa tombe, le 4 février 1865

Obsèques du Gal Maurice de Partouneaux. Discours prononcés sur sa tombe, le 4 février 1865

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P. Amarante (Menton). 1865. Partouneaux, Maurice. In-12. Pièce.
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Ajouté le 01 janvier 1865
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Langue Français
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OBSÈQUES
DU GÉNÉRAL
MAURICE DE PARTOUNEAUX
DISCOURS
PRONONCÉS SUR SA TOMBE
Le 4 février 1865.
EN VENTE
CHEZ PASCAL AMARANTE
MENTONE BAZAAR.
MENTON. - IMPRIMERIE J.-V. ARDOIN
derrière la Poste aux Lettres.
OBSEQUES
DU GÉNÉRAL
MAURICE DE PARTOUNEAUX
On ne pourrait pas croire qu'il y a tant de monde à
Monton si une circonstance, aussi solennelle que regrettable
dans ses effets, la mort du Général Comte de PARTOUNEAUX ,
n'avait amené à ce pompeux enterrement toute la population
de la ville qui l'a vu naître, et dont il était le père et l'ami.
Les annales de Menton garderont longtemps mémoire de
cette cérémonie impssante, cérémonie qu'on ne retrouve qu'à
de rares intervalles dans l'histoire des villes et des nations
quand leurs plus grands citoyens, les plus aimés, terminent
les carrières les mieux remplies.
Avant de donner les discours tels qu'ils ont été prononcés,
nous allons reproduire ici le compte-rendu que le journal du
département des Alpes-Maritimes a fait des obsèques du Gé-
néral. Nous donnerons ensuite, en entier, les discours prononcés
sur sa tombe, — c'est ce que le Journal de Nice n'a pas fait,
faute d'espace simplement.
Nous sommes heureux de pouvoir les donner ici au public.
OBSÈQUES DU GÉNÉRAL MAURICE DE PARTOUNEAUX.
« Samedi nous avons vu la ville de Menton toute entière
accourir pour faire un cortège triomphal à la dépouille mortelle
— 4 —
du général de division comte Partouneaux, que l'on conduisait
de sa demeure natale au champ d'asile où il est allé éternel-
lement dormir. C'était là un triste mais consolant spectacle l
« A cinq heures les cloches de toutes les églises ont annoncé
le commencement de la cérémonie. La levée du corps a été
faite par le curé de la paroisse, accompagné de tout son clergé.
Le deuil était conduit par MM. Paul, Jules et Gaston de
Partouneaux, neveux de l'illustre défunt. A cinq heures et
demie le cortège s'est ébranlé ; la gendarmerie ouvrait la
marche ; après elle, les corporations religieuses, le corps de
musique de la Ville, alternant avec le chant religieux, par des
symphonies funèbres ; les écoles municipales, le collége, le
clergé, précédant le cercueil, sur lequel étaient déposés les
insignes militaires du Général, ses nombreuses décorations et
son épée. Le cercueil était porté par six soldats de la garnison.
Les coins du poêle étaient tenus par MM. le Préfet, le général
Corréard, le maire de Menton et d'Adhémar, colonel en retraite.
Venaient à la suite, M. Genty, secrétaire général, MM. les
Adjoints et le Conseil Municipal. Les honneurs militaires
étaient rendus par la compagnie du 3me d'infanterie et par
les brigades des douanes.
« Au milieu de la haie marchaient toutes les notabilités de
la Ville, plusieurs personnes de distinction venues de Nice, le
Commissaire de marine à la tête des marins de l'Etat et des
marins du port, des officiers appartenant à des armées étran-
gères, etc.
« Le cortège, se dirigeant de la maison mortuaire vers la
paroisse située à mi-côte, a traversé une foule compacte, en-
combrant les trottoirs et les bas-côtés des rues dans une attitude
respectueuse et recueillie.
« L'église principale entièrement tendue de noir était trans-
formée en chapelle ardente ; le vaisseau était comble. Le corps
a été déposé sous un dé, pour y recevoir les dernières prières.
— 5 —
« L'ascension au Château, qui domine, à cent mètres, la
plage, s'est effectuée lentement à travers un dédale de rues
étroites, tortueuses, rampantes, éclairées par les torches des
pénitents. Ce spectacle, avait quelque chose de saisissant qui a
vivement impressionné la foule.
« Arrivé au cimetière, où reposent déjà dans une tombe de
famille le père et le frère puîné du comte Partouneaux, M. le
général Corréard s'est avancé, et a adressé à son frère d'armes,
un suprême adieu, au nom de l'armée dont il est lui-même un
valeureux représentant.
DISCOURS DE M. LE GÉNÉRAL CORRÉARD.
MESSIEURS ,
En présence de cette tombe qui va se fermer, permettez-moi
de rappeler en quelques mots les bons et loyaux services de
l'homme de bien que nous pleurons.
Le brillant général de division comte Partouneaux, sous le
Ier Empire, léguait une tâche difficile à remplir à celui de ses
enfants qui porterait l'épée, mais, noblesse oblige, Maurice-
Emmanuel son fils, né en 1798, a dignement marché sur ses
pas.
Sous-lieutenant en 1816, passé dans la Garde Royale en
1820, lieutenant au 3me Dragons en 1822, il fait la campagne
de 1 823 en Espagne avec ce régiment, capitaine au 2me Cara-
biniers en 1825, major et chef d'escadron en 1833 dans le
même corps, lieutenant-colonel en 1838, nommé colonel' du
1er Lanciers en 1841.
Général de brigade en 1830 et placé dans l'Isère , il se fait
— 6 -
remarquera l'époque du coup d'état et parvient par sa fermeté
et les sympathies des habitants qui M sont acquises, à main-
tenir l'ordre dans Grenoble et le département. En 1851, une
brigade de cavalerie de l'armée de Paris est plaeée sous ses
ordres.
Général de division en 1853, il commande la division de
cavalerie de Lyon, sous les ordres du maréchal de Castellane
qui avait voué une véritable affection au général Partouneaux,
dont il appréciait et le mérite militaire et les qualités de coeur.
Appelé en Italie en 1859, Partouneaux se distingue tout
particulièrement à Solferino, en fournissant à la tête de sa
belle division de cavalerie, une brillante charge sur l'ennemi.
Elevé à la suite de ce fait d'armes, à la dignité de grand
officier de la Légion d'Honneur ; il était en outre commandeur
de 1re classe des ordres des Saints Maurice et Lazare, de Savoie
et chevalier de Charles III d'Espagne.
Membre du Conseil Général des Alpes-Maritimes.
Heureux et fier d'avoir pris part à cette glorieuse et rapide
campagne d'Italie qui rendait à la France sa ville natale, il
venait, aprèsquarante-nuit ans d'honorables services, se
reposer auprès de ses concitoyens dont il était l'orgueil, lorsque
la mort l'a frappé un an à peine après son admission dans le
cadre de réserve.
L'émotion me gagne en pensant à sa famille désolée, à cette
noble et sainte mère, si cruellement éprouvée, qui malgré
son grand âge et ses infirmités retrouvait toute l'activité de
la jeunesse pour prodiguer des soins incessants et calmer les
souffrances de ce fils bien-aimé, que la Providence dans ses
impénétrables décrets vient de lui enlever.
Adieu mon général, reposez en paix au sein de Dieu, votre,
tâche est dignement remplie, à nous de marcher sur vos traces.
— 7 —
« Après cette allocution, M. de Monléon, maire de Menton,
à qui il appartenait tout particulièrement de se faire l'interprête
des sentiments de ses administrés, s'est avancé à son tour et
il a dit, d'une voix profondément émue, le discours suivant :
DISCOURS DE M. CH. DE MONLEON
Maire de Menton,
MESSIEURS ,
Malgré l'émotion qui m'oppresse, je ne veux pas laisser
fermer cette tombe sans dire un dernier adieu à l'homme de
bien, à l'ami dévoué, au brave général dont nous venons
d'accompagner la dépouille mortelle ; et sans payer, à cette
heure suprême, un tribut de reconnaissance au citoyen plein
de coeur et de désintéressement dont la préoccupation constante
fut le bonheur de son pays natal.
Entré bien jeune encore dans la carrière militaire, que
son père avait suivie avec tant de distinction, Maurice de
Partouneaux se fit bientôt remarquer par la loyale franchise
de son caractère, par la noblesse de ses sentiments et par de
rares aptitudes pour la profession des armes.
Il parcourut, sinon très rapidement du moins avec dis-
tinction , les premiers grades de la hiérarchie militaire, toujours
apprécié et justement estimé de ses chefs, toujours entouré
des sympathies de ses compagnons d'armes, laissant partout
des regrets et de nombreux amis.
lorsqu'il eut atteint les grades supérieurs, il ne tarda pas
de se faire distinguer par son aptitude au commandement et