Observation d

Observation d'un croup confirmé,... par M. le Dr Fourquet,...

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impr. de P. Montaubin (Toulouse). 1852. In-8° , 12 p..
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Publié le 01 janvier 1852
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Langue Français
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OBSERVATION
D'UN
CROUP CONFIRMÉ
Traitement énergique par des moyens divers. — Cautérisa-
tion. — Expulsion de deux tubes pseudomembraneux
considérables. — Guérison. — Réflexions sur la cautéri-
sation, les saignées, les émétiques et les mercuriaux.
Par M. le docteur FOURQUJgf,
Vice-Président de la Société nationale de Médecine, Chirurgie et Pharmacie de
Toulouse, membre du Comité central de Vaccine du département de la Haute-
Garonne, ancien médecin des Dispensaires de charité de Toulouse,
médecin honoraire de ces établissements, ancien Prosecteur de
l'Ecole de Médecine de Toulouse, ancien chirurgien interne de
l'Hôtel-Dieu, ancien médecin suppléant des épidémies de
la Haute-Garonne, membre-correspondant des Socié-
tés nationales de Médecine de Bordeaux, Lyon,
Marseille, Montpellier, Paris, du Cercle
chirurgical de cette dernière ville, de la
Société académique de Médecine
de Marseille, et de l'académie
de Médecine et Chirurgie
de Barcelonne.
TOULOUSE,
IMPRIMERIE DE PH. MONTAUBIN,
Petite rue Saint-Rome, 1.
1852.
MltMION B'II CROUP CONFIRME.
Traitement énergique par des moyens divers. — Cautérisation.
—Expulsion de deux tubes pseudomembraneux considérables.
— Guérison. — Eéjlexions sur la cautérisation, les saignées,
les éméliques et les mercuriaux.
l'AR Ul DOCTEUR FOURQUET.
La nature du croup, le diagnostic différentiel, le pronostic
et le traitement de cette terrible maladie, ont (Hé de tous les
temps le sujet de discussions et de controverses parmi les mé-
decins. Celle divergence d'opinions dépend d'abord des difficul-
tés présentées naturellement par celle formidable maladie, et
puis de l'abus trop fréquent qu'on a fait du mot croup. On a
abusé de cette dénomination comme on a abusé et comme on
abuse encore de celle de fièvre typhoïde, d'état typhoïde et d'au-
tres. La mode et la vogue ont malheureusement trop d'influence
sur toutes choses, même en médecine pratique.
Dans l'observation dont je vais rapporter l'histoire, il sera
établi : 1° que la cause essentielle qui donne lieu aux phéno-
mènes, qui caractérisent celte affection, consiste en un état mor-
bide, spécifique ou spécial, soit des solides, soit des humeurs,
puisqu'elle produit des effets particuliers qui ne peuvent s'ex-
pliquer ni par l'inflammation franche, ni par l'inflammation ca-
larrhale, ni par l'élément morbide nerveux ou spasmodique,
etc. Cello. cause essentielle, qui constitue la nature de l'élément
diphfhétérique, est inconnue, mais son existence est évidente
par ses effets. 2» Qu'un croup, devenu très-intense., avait dé-
buté sous la forme d'un rhume, d'une angine gulturo-laryngée
assez légère, sans taches blanchâtres, pelliculaires sur les par»
lies accessibles à la vue, (le gosier). 3<> Que malgré l'existence
de fausses membranes , existence incontestable, puisque deux
tubes considérables et plusieurs fragments ont été expulsés, la
maladie s'est terminée par la guérison. 4<> Que des résultats qui
n'avaient pu être produits par des moyens thérapeutiques éner*
— 2 —
giques divers, ont été obtenus par des cautérisations réitérées,
pratiquées avec une solution concentrée de nitrate d'argent,
lorsque tout espoir de.sauver le malade paraissait perdu.
OBSERVATION.
Un enfant mâle, d'une organisation lymphatique, âgé de
trois ans et demi, (Gustave Gaget), présenta les symptômes
d'un catarrhe gutluro-laryngé dans les derniers jours du mois
de mai 184*. M. Carrel, médecin ordinaire, avait prescrit un
régime approprié, des boissons adoucissantes, quelques pas-
tilles d'ipécacuana et des cataplasmes sinapisés. L'emploi de
ces deux derniers moyens fut négligé. Le 3 juin, vers le soir,
le jeune Gaget fut pris de quintes de toux croupale, accompa-
gnées de grandes difficultés de respirer. M. Carrel le voit vers
sept heures , prescrit 7 cenlig. d'émétique dissous dans 100
grammes d'eau , à donner par cuillerée à bouche, de quart
d'heure en quart d'heure, jusqu'à effets vomitifs, et 4 sangsues
au devant du larynx. A minuit, il y a un peu d'amendement
dans les symptômes. L'écoulement du sang par les piqûres
des sangsues a été considérable. Une syncope légère s'est
produite (Sinapismes aux pieds, deux vésicatoires aux jam-
bes, boissons adoucissantes). Vers deux heures, le petit ma-
lade est très-gai et demande à manger. Cependant la voix
est toujours rauque, la respiration gênée et sifflante, la toux
moins fréquente. Une heure plus tard, la température, de la
peau est très-élevée, la fièvre est vive et l'agitation générale.
Le malade ne veut plus être couvert, ni rester au lit. Il de-
mande à manger d'une manière incessante. Bientôt un nouvel
accès se déclare, et au milieu d'un grand effort de toux, des
matières épaisses, visqueuses, membraniformes en partie sont
expulsées. Dès ce moment, le malade est assez calme pendant
deux heures environ. Il est repris ensuite par un autre accès,
dans lequel il rejette une espèce de pseudomembrane. Jusqu'à
six heures du malin, il témoigne des souffrances. Mais il y a
un calme assez satisfaisant dans les symptômes respiratoires.
À cette heure-là, nouvel accès très-violenl (Vésicaloire à la
nuque, continuation de l'émétique).
Le 4, 15 heures environ après les premiers accès, je suis
appelé en toute hâte, comme médecin consultant. Je trouve le
— 3 —
petit Gustave dans un accès suffocant. La respiration est très-
bruyaule avec sifflement dans le larynx et la trachée artère, et
du râle muqueux très-prononcé dans les poumons. L'inspiration
surtout est très-difficile, la voix affaiblie, le pouls fréquent,
sans être fort; chaleur modérée, sueur générale, principalement
à la face. Le voile du palais, les amygdales, toute la région
gultnro-pharyngienne sont légèrement rouges et engorgés, mais
n'offrent point de taches ou plaques blanchâtres. Par moments ,
l'anxiété et l'agitation sont extrêmes et suivies d'affaissement et
d'assoupissement. Ce dernier étal semble favoriser les recrudes-
cences de la maladie.
11 a été donné jusqu'ici, fractâ dosi, deux décigrammes de
tartre stibié, qui ont provoqué à plusieurs reprises les vomis-
sements déjà signalés; mais dans ce moment la tolérance s'éta-
blit pour l'émétique. Le médecin ordinaire et moi, reconnais-
sant l'imminence du danger, prescrivons la potion suivante :
Décoction de polyagala. ... 100 grammes.
Sirop d'ipécacuana 30 —
Ipéeacuana en poudre. ... 50 centigr.
Mêlez.
A donner par cuillerées à bouche, chaque demi-heure, jusqu'à
nouvel avis. Avant de quitter le malade, nous nous décidons à
pratiquer une cautérisation avec:,
Nitrate d'argent cristallisé. . . . 125 centig.
Eau distillée 6 grammes.
Le caustique est appliqué au moyen d'un morceau d'épongc
fine, déforme olivaire, et solidement fixée à l'extrémité d'une
tige de baleine, recourbée sous un angle d'environ 60 degrés.
Cette espèce de pinceau, imbibé de la solution cafhérélique, est
portée d'abord contre la partie postérieure du pharynx, puis il
relève l'épiglotte et est pressé pendant quelques instants sur la
glotte. Nous pratiquons deux fois cette application dans la même
séance. Les effets immédiats sont de provoquer des vomisse-
ments violents, de suspendre momentanément la respiration, de
produire une espèce d'étouffemenl, puis d'exciter de la loux
forte, profonde, lrès-bru}rantc, et de déterminer par les efforts
du vomissement, de la toux et de l'expectoration, le rejet de
matières ressemblant les unes à du blanc d'oeuf demi coagulé,
et les autres à des pseudomembranes. L'intelligence précoce du
jeune Gustave facilite l'application des remèdes et favorise