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Observations rapides sur les possessions françaises dans les deux Indes, (Signé : Amiel.)

De
12 pages
1796. In-8° . Pièce.
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OBSERVATIONS
RAPIDES
Sur les possessions Françaises dans les
deux Indes.
OBSERVATIONS
R A PI DES
Sur les poffeffions Françaifes dans les
deux Indes.
ON ne peut s'entretenir des colonies fans
rendre hommage' au génie audacieux de ce
hardi navigateur , qui , le premier , s'élança
fur l'immensité des mers ,&. revint en Europe
avec la découverte d'un nouveau monde. Pour
justifier la relation de fon premier voyage ,
Christophe Colomb remplit les coffres de l'Es-
pagne de monceaux d'or qu'il en avoit apportés.
L'amour du merveilleux & des richesses gagna
bientôt de proche en proche. Chaque peuple
Européen eut ses illuminés entreprenans. L'é-
mulation fit des miracles ; & l'art de la nayi-
gation fut porté au période de perfection où
nous le voyons aujourd'hui.
Tandis que les Efpagnols fouilloient les en-
trailles de la terre pour en arracher ce métail
( 4 )
fi pur ; les Français , nation tout-à-la-fois
agricole , commerçante & magnanime , s'at-
tácherent à Caresser la superficie du territoire
qu'ils abordèrent. La fertilité du fol dans les
Antilles, fournit des ressources inépuisables à leur
induftrieufe activité. .
La révocation de l'édit de Nantes y tranf-
planta plufieurs victimes d'un fanatifme, incon-
sidéré. Elles y porterent l'habitude de l'ordre,
du travail & l'exemple de leurs vertus. Elles
sauvèrent nos.premières plantations de l'inquié-
tude bouillante des Flibuftiers , affemblage
d'hommes terribles dans les combats. , qui
firent trembler la puissance Efpagnole,par leurs
incurfions & leur, témérité. L'hiftoire nous a
transmis des, faits de leur intrépide courages
qui tiennent du prodige.
Dès. le. principe, de nos établiffemens dans:
les deux Indes , les, Français. reconnurent que
ce climat brûlant ne leur permettoit pas de
fe livrer au travail manuel & affidu de la
culture des terres, & qu'il falloit une réuniont
da bras affez confidérable pour la rendre fruc-
tueufe. Des circonftances leur fournirent l'oc-
cafion de fe servir des noirs , qui réuffirent
au-delà de leurs espérances.
La traite en Afrique s'établit. L'agriculture
prit dans les colonies une confiftance active.
( 5 )
Le gouvernement français ouvrit les yeux fur
les immenses possessions que des hommes fans
caractere lui avoient acquises. Des fautes
énormes furent commises dans cette nouvelle
administration. Le defir de la fortune multiplia
cependant l'affluence dans nos ports de mer ,
qui fe peuplerent de négocians inftruits. Les
fpéculations s'accrurent. Pour faciliter la vente
des noirs , le crédit fut ouvert ; les Colons
en profitèrent , & cette avantageufe facilité
les rendit tributaires du commerce de France.
Avant la révolution , le pavillon français
flottoit fur toutes les mers connues ; le
commerce & l'industrie étoient parvenus au
période le plus intéressant. Nos fucres, , nos
cafés , nos cotons & nos indigos avoient.
la préférence dans tous les marchés. La
France devoit aux riches productions de fes
colonies , l'augmentation de ses manufactu-
res , l'aifance de ses habitans , & fa prépon-
dérance dans le fyftême politique de l'Europe.
Saint-Domingue donnoit au , trésor public
60 millions de droits d'occident. Cinq cents
navires , au moins , depuis trois jufqu'à six
cents tonneaux , partoient tous les ans des
différens ports de France , pour cette ifle de
prédilection. Les ventes & les retours en
denrées coloniales s'y faifoient rapidement.
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