Opinion sur les causes de l

Opinion sur les causes de l'état présent du commerce et de l'industrie, et les moyens de les rétablir sur les véritables bases de l'économie politique ([Reprod.]) / par Eschasseriaux aîné ; impr. par ordre de la Convention nationale

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27 pages

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[de l'Impr. nationale] (Paris). 1794. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Ajouté le 01 janvier 1794
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LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANC AISE
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CONTE NTIO N N AT I ONALE.
/ep c ses de l'état présent du commerce
et de l'industrie et leû moy*ns-de les
rétablir sur les véritables bases de l'écono-
mie politique >
Paa
Imprimés tak ordre DE LA
Citoyens,
Urne "politique prévoyante, votre
de la nation,
plus relâche
de la tribune de la Convention
portant. Si gloire la
lirique reife
fan, par un pas de plus vers la profpérité publique.
Ce ferok en vain que chaque, jour la valeur de nos fol-
çtats agrandiro|i-Ie cercle brilwrit «fe no| conquêtes, <fe
ponerck à l'étonnèmcnt & à l'admiration des peuples là
célébrité des français ce fercit -en vain que leur heureux
courage eai tenverfé à-la-^fois, & les efckves '-des defpôtél>
& les ennemis, intérieurs de la République f l'on ne Yoyoit
milieu de la' patrie^ au1 milieu de nous,"
decx rtmpjes fameux que l'on vit Jadis au fein di Rome
triemphante & libre, celui de là concorde & dubonhenr.
Vous devez faire plus pour verre propre gloire & peut
celle de la nation qui vous a envoyés. Vous avez fait aves
elle une grande révolution, & une révolmion ne doit point
pu l'on ne voit que
des ruines & des débris cote des triomphes; où le» cris
plaintirs des viftimej de la guerre viennent Ce mêler au|
avez été cooratetix législa-
teurs foyez bienfaifans vous devez lainer après vous
tout ce qui peut confier 3c réparer le* malheurs
toutes vof penfée» ne doivent être qu'une penfée da
bonheur pour le peuple tous vos fentimens p
vœu pour qu'il foit heureux; tous va; décrets, un.
création le refte de votre vie, un-facrific» à la Républi-
que. Les révolutions que l'ambition du rang fuprême
opère dans les palais des rois, ne font que renverfer un»
dynafti» Se changer un defpotifme & un efclarage pour un'
autre ies révolutions qu'enfante l!amour de la liberté, doi«
vent laifier après elles tout les biens te toutes les vertus.
Vou* devez faire' plus encore & la fatalité a attaché!
toutes les révolutions des infortunes intvitablcs vous devei
à la jugera un jour la révolution française,
montrer les fentimens qui animèrent les repréfeat&ns du
peuple, & le génie qui dicT:a vos décrets; vous devçz
dijre ce que vous aves fait pour la victoire. Tandis que la,
même;
tâché
A a
parer votre enrage les vrais principes de la Convention
d'avec les principes atroces Jk les crimes que le génie,de{;.
tructelir de quelques hommes a lancés parmi vous & autour
de vous) il, faut que le phjlofophe en en parcourant l'hif-
tbire voie) d'un côté vos Ion honorablement n'crites fur
fes .page: glorieufes & de l'autre votre juftice révère gva-
van t l'ignominie fur la tombe des cqnfpiratèurs que vous avez
frappés.
Vous devez prouver à la poftérité que il l'audace de vos
ennemis vous a forcés de lancer la loudre fur leurs têms cou-
pables, vos mains putés ne te font point armées de la hache
du»vandale pour brifer les ouvrages des arts & anéantir
l'induftrie. Vous devez convaincre la pof^lité que vous avez
voulu qu'il n'y eu: aucun-principe méconnu, aucun qui ne
fût vengé.,
C'efï donc l'induftàe natioaalo qui vient aajourd'hui vous
demander une juûe réparation: la- commerce fe trouve en-
coré au milieu des ruines que vous avez à relever. Je vais,
légiilareurs vous dire L vérké vous l'aimez, daignez m'en-
tendre. 11 ne faut que porter. Tes regards fur ce qui nous-
eÉvironne & pénéirer les réfulrats cruels où notre polit
ptiurroit nous conduire, pour fentir la nécefficé de changer}
promptement un fyftême d'économf e auiG ruineux que les
néffie & tie donner, d'après d'autres principes, tous les
moyens de vigueur! l'induftrie nationale & à la reproduc-
tion des ridiefles de notre territoire. Vous avez, dans une
de vos dernières icances commencé à porter la main fur
la plaie, vous devez la fonder aujourd'hui.
Une grande nation ne doit point cacher fes maux lorf-
qu'elle a dans fes mains des remèdes puions pour les gué-
rir. Des manufactures à demi-rumées des ateliers déferts
les bras '& les av«-s qui les recondoienc découragés^, quel-
ques-uns expatriés les matières
v?il de l'ouvrier les contrées qui produiCoient le lin (or-
t«n: Tout réc^mnient de la dévaftaiion de l'ennemi d'autres
contrées où ci*ci abondamment le chanvre encore en proie
importer les proHuftioni
qui donnen;:
4'
ie vérferdes capitaux immenfes chez l'étranger, pour acheta
nos besoins divers ils' moyens &,les démens -de l'agricul-
ture diminués les canaux de la. circulation obftrués une
admimftration. contre nature, contre toas' les vrais principes
dirigeant tout tel eil à-peu- près le tableau de notre poûiion
intérieur mais tout Ce que cette poiiuon peut avoir d'a-
larmant, doir difparoîqre devant un territoire fertile & une
na:ion induft'rieufe. La profpérité nationale n'a été que
fufpcndue. Les révolutions reAemblent à ces grands mou-
vemens de la narure, qui offrent le fpeitacle ou plutôt
'l'apparence d'une deftruâion inftantanée, pour répandre
par-¡out des principes de vie & d'une régénération nou-
Ce n'ett point par l'effet lent d'un mauvais fyftême de
̃légiilation que le commerce a été réduit à l'état de lan-
gueur oÙ il fe trouve. Le commerce eft dans ce moment
un corps vigoureux bletré prêt reprendre toutes fes for-
ces, auiÏÏtôt qu'une main lalutaire y aura porté la gué-
riton.
Ce n'eft point loin de nous, ce n'eft point à travers les
mers que nous avons befoin d'aller prendre les élémens
néceffairespouï ranimer notre commerce & l'induftrie na-
tiorml? nous n'avons befoin que dé les demander- à la na-
ture & au fol qu1? nous habitons naus Savons befoin que
de les demander à certe activité courageuse'd'un peuple qui
a préparé en i; peu de temps la foudre. qui 'il renverfé les
tyrans:. il faut 'déployer pour le commerce la même énergie
que pour la guerre, & nous aurons en peu de temps, avec
la victoire un commerce iïoriiïant & l'abondance.
Ciroyras tout fe prépare déja pour ,certe ré;énérat'ion
la l'.cpubique 6i1 prête à recevoir J'impuliîon Se i'n&ivuc
que vous allez lui donner vers l'induftrie commerciale. Les
grandes villes, ces arfenaux des arts, tournent leurs regards
A: leurs cipéi\mces Yen vous. vous
demeii'lr: la liberté des cncouragetnens & du travail. Les
hommes que la raine de 1s:*l-s ateliers a forcés d'aller porter
leur r.ùin-d'çuvre chez l'étrajijer n'attendent peut -être
de vous qu'un lignai peur rentrer dans leur patrie
Les métiers
A j
font pr&s à reprendre leur mouvement; mais beaucoup
pnt abandonnes, quelqHes-u»s détruits il feat que vous
leur fâffiez des avances îl faut qu'en brifant roures les en-
traves de l'agriculture-, qu'une jaftice rigwireufe en mettant
le prix de fes'travaux en proportion avec :celui de tous
• les autres objets, rende enfin aU manufactures les matières
premières fa«s"lefq«ell<;s il n'y a -ni art ni création. i-re-
néz les mefures pour anéantir enfin pour tout ce qui n elt
pas fubiiftance .ne loi funefte que vous impofa contre
tous les- principes la force des circo»ftances une loi qui
a ruiné 1 iadaftrie à fa raciflP, qui a trompé la promue
fidèle aux lois. enrichi la criminelle avidiré qw les brave
qui a enfanté un autre agiotage plus dangereux peut-être
que celui que vous avez détruit dans les. finances & qui
lemblaUe à ces maux Secrets dont on n'appercoit pas d'a-
bord le danger, a deiïéché tous l.s «anaux de prolpente,
& nous a amenés lentement à cet état de gêne .que nous
iubiiloHS.
Ce n'eft pas afl»z encore le travail la création des
?<-ts ne font qu'une partie dj,la richefte d'une nation; c elt
:il la terre qui en cft la première la véritable iource, aux
hommes qui la cultivent Se la trempent de leurs lueurs »
nue la legiilation doit porter tous les encouragemens & les
bienfaits. Que les lois lui readent doac enfin ce que la
Juftice, la- reconnoiffance réclament depuis la révolution
pour elle.
Il efl u» principe économique que l'on ne peut trop re-
tracer les manufactures &'le commerce le plus floniiant
appartiendront toujours à la nation qui aura inculture
la plus floriflanfjt. Un autour de lui taus
les alimens de fo.n iHduftrie de l"i«duftne des aurres peu-
ples, fera toujours le plus riche & le plus puillanr. (.. eft tous
cec afpeft que la politique doit toujours conhdtrei- le terri-
toire d'une nation.
des ruines en agiicuî-
tare &- réclame dans pldieurs contrées, vos (oins répâ-
rateurs il l'induRne- & la caltare..
fn.o ont détruit pour un moment une des branches la
»us irïéciesje du commerce do la République les!culm-
fes qui le travàilloienr
ont najn ,és- de la mcme deiicu&ion. Une multitude, de
manu facture; dont les travaux actifs, depuis les rives d? la
Somme julqu'à celles de la Seine, failoien? vjvre un' peuple
ïnciiifirieux, ne 'four plus; il faut que i'adrniniftration (e
hâte de. porfer des fecours encourageails & les germes de la
reprodu&ien. dans ces p;,ys dé.vaités; il faut hâter de ra-
viver vjr commerce Vendée n'attend plus
que la défaire des rebsik-i pour rendre ùs 'terres fécondes
à l'agricalture Se Ces productions au commerce pour voir
renaître entre àe-s muns libres l'adivi'é de* fes fabriques. Le
midi s'indigne de voir vtrkr tous les ans 8 millions dans
Te Piémont & la Sariaigne. pour acheter les foies qui aji-
menrent nos manufactures, tandis que l'indultrie pourroit
il aiiément accroître fur {on territoire fertile la çuliure des
mûriers. L'Efpagne, l'Italie & à' Angleterre font enrichies tous
les ans de 50 millions que vous y portez, pour fabriquer vos
draps; l'éducation de vos races de bdliaux le perreftien-
a g oint encore affranchis, de
cet honteux tribut, Commandez enfan, léeiîïateurSj pardesinf-
tru^ions ik dos lécoir.p-nies au. génie des trinczis; com-
fnandrz à votre territoire rurale, auquel
la ferrilité &' la vous {arj^aili-
rez bientôt en' beauté les laiues étrongercs qu'un commerce
ruineux voir, aj^pvnre.
Il cft un aurrf genre de richeflè que la Mature femble
recelé. que-île n'accorde qu'au travail patient
&
fein de la terre des
y a enfouis &i dans les nritières qui les
a négligé
A4
«ouf y aller chercher le fer .qui le ,cuivre
lui double qui oesupenrnos
ufines. lWdons enfin ces nouvelles Ktîources aux tefoms
de la patrie, «d'an des mines lia poiients.
Dans le fein de la terre & fur (a furfacé la nature ter-
cvnde offre à votre induftrie les élémens dune nouvel*
création, .'une nouvelle la volonté ferme
de faire exécuter les pUns de deflècbement
nerez vkre conux des travaux puWics de vous propoteri
rendez o o raillions de matières premières à votre commerce
en reftituant à la cLîlcare quinze cent nulle arpens de mumi»
enfouis & perdus fous les eaux. Que des franchîtes des
exemptions viennent encourager la cuIjuk de vos vignts,
la fabrication de tos ea»x-de-vie Çc de' vos tels, & toutes
les produdions indigènes aue la nature a refufées au loi des
autres nations mais quune habitude impéraeuk & d>f^,
goûts avides leur «nt rendu néceflaiEes. Que teus ks genres
de votre indviftrie reçoivent enfin d'un bout de la hépi*h-
que l'autre. une 8Q«velle impulfioo une activité nou-
elle; que par-tout, fur un territoire bien eukivé, chaque
famille préience une fabrique, chaque ville un vafte ate-
lier, chaque contre* un an nouveau approprié à. la qaaluS
4e fwi. fol & au génie de fes habitans. Que^ par-tout Ion
YQie l'amour l'on entende les chants républicains dvrt
travail honoré, heureux que le gouvernement foit là pour
protéger pnt de bonheur |c de vertu- & défiez eniture har-
diment les autres peuples de rivaliferavec vous, de nchejles
£f de commerciale.
Oui, c'eft la nature qui à
être le plus commerçant comme le plus libre de Tynivers.
Son territoire, couvert d'un peuple immenfe, ingtnieux
abondant en toutes le* pn-duclions diverfes, en rac« du
Kjers à toutes les liçhçs coiv
ttées de l'Afie vaii-
feaux de toutes les nadons j coupé par des rivières qui por-
aux nations, qui font derrière lui celles de
le glob,e fero(>le avoir njis,
.V
pendance ôc lcs*avoir
tion & la profpcriïé de leur commerce, qu'à des conquêtes
Se des
par d'autres révolution*. Le commerce fe promena Ung-î
temps lirais les mers «je l'Afte. ctierchant en vsin un vaft$S
«eiviroirc wic grande nation! Réduit à fe
peler un rnoir.cnr-fur quelques villes il n'eut qu'une
portion aie circon(l.m'-es & de lialard, Se un éclat parTagar.
f' oulié rour-à-tour d'an peuple à un autre peuple d'une
contrée à une autre détruit tour-à--tour par les conquéransj
il éprouva long-ïeuip:, la même deftinée fans fe fixer.
Avant la renciiîinee des arts en Europe avant que les
lumiires eulfent écrire cette parie du Monde, lorfqu'une
cividfaàcn peu avancée eachoir encore^ la focié'é une"
partie des jouiflâiices & des commodités de
dans des âges plos près de nous ls réodaliré écendoit (e$ fers'/
le f.inadirae t'on ignorance & {es fureurs fur des peupW
le génie de l'homme
agitoit par tout les
ckes fanglanxs de la guerre civile la France alors
foyer liirricrrs ar des iîeuvcs & des iners, des chaînes'
niêiiyin: itùn»,, n'ofait i'c aux
9
Ophûox i' Efchajfcrïavc furie comment. A j
G eft en: vain que l'ignorance & /la tyrannie conjure-
raient pour l'anéantir c'eâ en vain que tous les faux prin-
dpes feroient li,gués pour le perdre: on urroit le décou-
rager mais jamais le détruire il rcnaîtroit fous la hache
des tyrans & des principes deftructeurs. Voyez les coups
que lui ont portés à diverfes époques & la révocation de
ledit de Nantes qui chalïa immola l'indiiûrie .au
fanatifmfc; & le fyftême infeni£ de Law qiù fubvertit toutes
les fortunes commerciales dans ces derniers temps, ce traité
perfide de commerce vendu l'Anglererre par une cour
corrompue voyez toutes les. plaies que lui ont faites l'igno-
rance & les crimes des miniftres, nos lois anciennes,' nos
privilèges, nos prohibitions nos chaînes il a fnrvécu à
tout & malgré qu'il ait fouffert encore dans a révolution,
impatient de réparer fes pertes génie bienfaifant de la pa-
trie il reprend fes forces pour s'élancer fur les mers cV
chercher, fous le pavillon de la liberté, les befoins d'un»
grande République victorieufe.
Mais-jifrn' arrête un moment, citoyens legénie delà démo-
cratie me commande ici de prononcer fur fÊscraintespolitiqties;
& permettez:mor encore quelques réflexions. Le jugement
de quelques écrivains éclairés anciens & modernes» un
poëre célèbre qui a écrit fur le tombeau d'une grande Ré~
publicue les caufes de fa ruine ont aceufé le commerce
& le luxe. hes efprits qui ont l'habitude d'attribuer à des
cauies étrangères ce qui eft l'enet des vices des gouverne-
mens, ont cru voir aussi dans le luxe qui eft amené par
le commerce & les. arts, la chute des états & des em-
pires «uelques hommes dans noire révolution ont laifî
ces préjugés pour juftifier les maux qu'üs avoient faits au
commerce: il e(1 du devoir du législateur de raffiner l'auf-
récité républicaine qui pourrait s'alarmer de ces faux prin-
cipes transmis jufqu'à nous.
Non, ce n'dt point le commerce qu'il faut aceufer des
maux du luxe c ell l'oifiveté des peuples chez qui le luxe
a ce font leurs mauvaifes infticutions. Il
permit par un
fut
i point l'ouvrage de l'induftrie des citoyens; iî eut égala-